Maman, c’est quoi l’amour ?

« Là on l’on s’aime, il ne fait jamais nuit »

Proverbe africain

Photo : Sandra C.

Photo : Sandra C.

L’autre jour, une amie me parlait de sa petite fille de 6 ans, qui avec de grands yeux curieux lui demandait  » Maman, c’est quoi l’amour ? « .Vaste sujet. Plusieurs angles possibles. Très joliment mon amie a eu cette réponse qui est restée imprimée dans ma mémoire comme un panneau lumineux : «  L’amour ça fait battre le coeur, alors ça aide à vivre « . La poètes qui s’ignorent sont les plus précieux. Leurs mots simples recèlent une puissance qui dépasse toutes les théories du monde.

L’amour est une énergie vitale. Pas une émotion. Ni un sentiment. Encore moins un concept.  Mais bien une énergie vitale. Une ressource à la fois rare et pourtant accessible à tout moment. Il suffirait de se laisser aller à ce battement de coeur, à cet élan, à cette onde de chaleur bienfaisante qui se déploie à chaque fois que nous nous permettons d’être touché, par la beauté d’un geste, d’un sourire, la splendeur d’un rayon de soleil ou d’un ciel étoilé. Il y a beaucoup plus à aimer sur cette Terre qu’un seul être humain, après tout. L’amour, c’est ce qui nous nourrit tous en profondeur. C’est le baume magique qui peut guérir tous les maux.

J’ai en tête cette étude scientifique, ( vous me pardonnerez, je ne retrouve plus le lien ), on y parlait d’une expérience avec un bébé singe séparé de sa mère. Il avait le choix de se tourner vers deux pièces. Dans l’une, une pompe lui fournissait du lait. Dans l’autre, point de lait, mais une fourrure bien chaude et moelleuse. Poussé par le réflexe de survie, on pourrait aisément imaginer que le bébé singe se tourne vers cette chose inanimée qui lui fournit les nutriments essentiels à son corps physique. Les scientifiques ont cependant constatés que l’animal délaissait cet objet au profit de la couverture bien chaude. Son réflexe de survie ne l’a pas amené vers la nourriture matérielle, mais bien vers la nourriture du coeur. Et là, à mes yeux, ça commence à devenir intéressant. Tout simplement parce que cela vient bousculer nos croyances matérialistes.

Cette étude m’a marquée. Elle a résonné.  Car dans les moments critiques, ce qui nous sauve le plus ce n’est peut-être pas ce que nous croyons. Pour survivre, différents types de nourritures sont nécessaires. L’amour est sans doute celle dont nous avons le plus besoin. L’amour, c’est le lien. Et ce qui nous relie, nous rend plus fort. Nous ne sommes pas faits pour être seuls, perdus au milieu des autres. Nous ne sommes pas faits pour nous battre les uns contre les autres. Ce petit singe vient nous dire quelque chose d’essentiel : le lien est nourrissant. Le lien est même guérisseur.

Le seul rempart à l’amour, c’est la peur. La peur d’aimer et la peur de ne pas être aimé en retour. La peur de ne pas être assez aimable. D’où vient cette peur ? Que vient-elle nous dire ? Est-elle vraiment la nôtre ?

Aimer, c’est pourtant être vivant. Aimer, c’est avoir un coeur qui bat. Toutes les choses que nous aimons participent donc à notre vitalité. Il est donc très important de faire et d’aller vers des choses que nous aimons. Sans culpabilité, sans peur. Car c’est cela qui nous rend vivants. C’est cela qui nous procure cette fantastique énergie qui permet de réaliser l’impossible.

La prochaine histoire que je vous raconterai, est une histoire vraie, et elle parle de ça. Des miracles de l’amour.  J’ai hâte de vous la raconter.C’est une question de jours. L’histoire de la renaissance de Maya. C’est tellement fort, que j’ose à peine m’y atteler. Mais cela viendra. Ce sera votre cadeau de  Noël. Moi-même je suis encore toute retournée par cette histoire. La réalité dépasse bien souvent la fiction. Vous verrez. C’est pour cela que j’aime la  vie, pour ces histoires, que la journaliste que je suis rêve d’écrire depuis  toujours. Des histoires d’espoir. On en manque tant. Je connais la valeur de ces histoires -là.

En attendant, l’inspiration du moment me conduit à partager avec vous ce message : «  Là ou il y a de l’amour, il ne fait jamais nuit« . C’est l’amour qui nous porte. L’amour de la vie. L’amour que nous nous donnons et que nous donnons aux autres. L’amour de chaque chose qui nous procure du bonheur. Chérissons ces petits instants qui nous procurent de la joie. Là ou il y a de la joie, il y a de l’amour et donc de la vie. Nous avons toujours le choix malgré nos malheurs de choisir la vie. La vie nous pousse à grandir et à apprendre et à faire connaissance avec le meilleur de l’être humain. Je bénis chaque jour qui me permet d’être le témoin de cette magie là. Quand on cherche l’amour, on le trouve toujours. Soyez-en certains.

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Le monde change et vous ?

« En dépit de tout ce qu’on peut vous raconter, les mots et les idées peuvent changer le monde. »

Dialogue extrait du film  » Le cercle des poètes disparus  » de Tom Schulman ( 1989)

C’est sans doute l’une des initiatives les plus rafraîchissantes et inspirantes de l’été. Le projet #changerlemonde dont vous avez eu un aperçu ci-dessus a été créé en juillet par deux jeunes comédiens québécois de 26 ans. Une belle initiative positive qui m’a donnée envie d’en savoir plus. Je suis ainsi entrée en contact avec l’un des deux jeunes créateurs de ces capsules vidéos positives, Francis-William Rhéaume, qui m’a très gentiment expliqué ce qui a motivé ce projet :

«  L’idée de base était de créer une chaîne d’actions positives sur les réseaux sociaux. Nous nous sommes vite rendu compte que ce n’était pas possible qu’elle vive par elle-même et que nous devions soutenir cette idée par des capsules web. Nous avons alors recruté deux personnes formidables pour faire les images et le son. C’est à partir de ce moment-là que le projet est réellement né.

L’objectif que nous avons est simplement de créer du contenu positif sur les réseaux sociaux afin de remédier au cynisme omniprésent sur internet. Nous voulons également créer un contexte, un mouvement auquel les citoyens et internautes peuvent adhérer. Nous avons le but de rassembler, défier et inspirer nos spectateurs. »

C’est ainsi que plusieurs vidéos ont été tournées dans les rues de Montréal cet été. En voici un aperçu.

Dans cette capsule, les comédiens ont demandé à des passants dans la rue d’appeler un de leurs proches, juste pour lui dire  » Je t’aime ». Ils ont été plusieurs à jouer le jeu. Et c’est tellement bon à regarder !

Ici, nos deux jeunes québécois ont demandé à des gens de partager avec un autre passant inconnu une bonne nouvelle. Et là encore, ce qui se passe est vraiment magique. Regardez.

Ce genre d’initiative me réchauffe le coeur. Cette jeunesse créative qui tisse une toile d’énergie positive à travers le net est animée par un profond désir de changement pour le meilleur. Les mots, les idées voyagent et c’est tant mieux. Des ponts invisibles se construisent entre les gens, entre les continents. C’est si bon à observer. Nous avons aujourd’hui la possibilité de choisir nos contenus. En nous nourrissant d’images positives, nous renforçons le positif en nous-même. Alors n’hésitez pas à visiter la page « Changer le monde « sur Facebook  qui compte déjà près de 2000 fans en un mois ! Rien de plus normal après tout !C’est de la vitamine C pour le coeur et l’esprit !

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Et si on prenait soin de notre joie de vivre ?

  » Ce qui compte c’est la puissance de la joie qui éclate à la vitre de nos yeux. Une apparition, une seule et tout est sauvé ».

Christian Bobin, écrivain français

Photo Florence Bonnet

Photo Florence Bonnet

Regardez ces enfants. Ils jouent. Ils s’amusent. Ils sont pleinement vivants. Cela n’aura peut-être duré qu’un instant, mais lorsque je contemple cette image, je plonge toute entière dans leur joie. Je m’y reflète et mon côté sombre s’y noie. J’aime me baigner dans cette joie transparente. Elle me lave et me nettoie. Je brille alors comme une poussière d’or. Le souci, c’est qu’il suffit d’une bourrasque pour mettre cette joie à terre. Un conflit, une frustration, un échec la piétinent en un instant.

Le baromètre de mes humeurs est aussi inconstant qu’un ciel breton. Des nuages passent entre deux éclaircies. Il pleut. Il fait beau.Il fait froid. Il fait chaud. En une seule journée, je peux vivre toutes les saisons. Un coup d’oeil sur les informations du jour et me voilà morose. Un changement imprévu et me voilà fébrile et angoissée. Une incertitude et me voilà anxieuse. Des changements climatiques si troublants que parfois ils dérèglent ma boussole intérieure.

Comment faire alors pour retrouver un peu de cette stabilité joyeuse qui m’habite pourtant la plupart du temps ? C’était ma question du moment. Et comme d’habitude la réponse est arrivée par le biais d’une rencontre.

 

 

Patricia Delahaie

Patricia Delahaie

 

Patricia Delahaie est l’auteur de  » Comment garder le moral même par temps de crises« . Ce livre nourri par de nombreux témoignages est un véritable travail d’investigation. Psychosociologue de formation, Patricia Delahaie a été journaliste avant de devenir conférencière et coach de vie . Elle est l’auteur de plusieurs best-sellers parmi lesquels  » Ces amours qui nous font mal  » et  » Etre la fille de sa mère« .

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Rencontre avec une femme qui a choisi le bonheur !

 » J’ai écrit ce livre, parce que je voulais comprendre pourquoi à difficultés de vie égales, certaines personnes arrivaient à garder le moral et d’autres non « , m’explique Patricia Delahaie. Nous avons tous été confrontés  un jour ou l’autre  au deuil, à une perte d’emploi, à une rupture amoureuse. Autant de tremblements de terre intérieurs qui nous secouent et nous laissent parfois en ruine. La tentation est grande alors de s’enfermer dans une souffrance asphyxiante. Pourtant, certains parmi nous arrivent à se reconstruire avec une force d’âme qui défie les lois de la gravité. Ils deviennent plus légers quand d’autres sont irrémédiablement attirés vers les abîmes. Qu’ont-ils de plus que les autres, ces êtres qui regardent toujours vers le haut ? »La première chose qui m’a interpellée, c’est que les personnes qui gardent le moral, ont toujours leur bonheur dans le viseur. Elles pensent toujours à être les plus heureuses possibles quelque soit  leur situation. Elles ne culpabilisent pas de se faire du bien. Au contraire, quand elles vont mal, elles inventent des stratégies pour aller mieux« , détaille l’auteur.

Quand la déprime guette, il est souvent très facile de s’enrouler dans la confortable couverture de la victime en attendant que le monde ou les autres changent pour retrouver le sourire. Une attitude que refuse d’emblée les personnes positives.  » La force des personnes qui ne se laissent pas abattre, c’est qu’elles sont réalistes. La vie est parfois difficile, elles le savent. Elles savent aussi que si elles ne prennent pas soin de leur bonne humeur, elle s’en ira. Il suffit d’un rien pour avoir le moral à zéro, alors elles se protègent« , explique-t-elle. Elle poursuit :  » Les personnes positives sont créatives. Elles se connaissent bien et ne s’attardent pas sur leurs traumatismes. Elles savent dire ce qu’elles ressentent avec précision et vont adapter le monde extérieur à leur monde intérieur. Si elles sont hypersensibles, elles vont éviter les films sombres et les discussions plombantes. Elles font très peu de choses par obligation. Elles assument le fait de vouloir aller bien « .

Garder le moral serait ainsi une posture à prendre. Une posture qui nous donnerait le droit de refuser tout ce qui mine notre bien-être intérieur. Une posture qui nous inviterait à ne pas ajouter du malheur au malheur surtout dans les situations de crise. Mais quand rien ne va comment garder le cap ?

 » Notre humeur n’est pas linéaire. Nous devons l’accepter. Ne culpabilisons pas de parfois baisser les bras. On fait comme on peut« , explique la conférencière. Pas question de céder non plus à une sorte de tyrannie du bonheur qui nous interdirait des passages à vide. Les émotions négatives existent. Il serait même sain de s’y abandonner. Mais pas trop longtemps. Un passage dans la machine à laver émotionnelle, peut certes nous essorer, nous nettoyer en profondeur, mais il faudrait savoir stopper le programme au bon moment, pour ensuite entamer un nouveau cycle : la recherche de solutions pour retrouver un peu de bien-être intérieur. Pour cela, à chacun ses stratégies. La créativité humaine est sans limites.  » Ce que j’ai noté , c’est que quels que soient les problèmes que nous avons à affronter, le fait de porter notre attention sur les bienfaits qui existent déjà dans nos vies, permet de neutraliser la puissance des idées noires. On retrouve alors de l’énergie pour agir et surtout pour être créatif« , conclut-elle.

La joie de vivre se cultive !

Et quand tout va bien ? Quand rien ne devrait venir nous perturber et que malgré tout, le spleen s’engouffre au coeur de notre monde intérieur comme  un courant d’air glacé ? C’est peut-être le signe qu’une fenêtre est restée ouverte trop longtemps. Selon Patricia Delahaie les baisses de moral seraient avant tout des messages à prendre en compte  :  » Les chutes de moral sont des signaux d’alarmes, elles indiquent une sensibilité particulière à des pensées, des situations, des remarques. La fatigue, le changement, les doutes, l’éparpillement favorisent les baissent d’énergie« , note-t-elle. C’est pour cette raison qu’il est si important de revenir à soi : « Les personnes qui gardent le moral se sont installées dans leur propre style. Elles savent ce qui fait leur bonheur et elles le recherchent à chaque moment de leur existence. Elles cultivent la joie de vivre en la nourrissant au quotidien. Quand elles sont tristes ou déprimées, elles s’arrêtent et se demandent ce qui ne va pas « , développe Patricia Delahaie.

Prendre soin de sa joie serait l’une des conditions d’un bonheur intérieur durable. Il serait également  primordial de connaître nos besoins et de faire le tri dans nos pensées, car notre mental est puissant.  80 000  pensées nous traversent ,parfois à notre insu, chaque jour. Faut-il toutes les retenir ? Dans son livre, Patricia Delahaie évoque le cas de Zinédine qui explique comment il essaie au quotidien de ne pas se laisser dominer par ses pensées. Maîtriser son monologue intérieur en n’accordant pas autant d’importance à la voix qui dénigre, qui râle, qui voit tout en noir demande une certaine discipline. C’est vrai. Mais c’est une manière de ne pas abdiquer, de continuer à avancer. Pour Patricia Delahaie, garder le moral signifierait donc avant tout  » ne pas se décourager de vivre « . Qu’est-ce qui nous donne envie de vivre ? Voilà la question qui mériterait d’être posée plus souvent. Les réponses se cachent dans les profondeurs de notre âme, cet oasis où nous irons puiser nos forces lorsque nous traverserons des déserts.

Patricia Delahaie avoue que l’écriture de ce livre l’a transformée. Elle m’explique qu’aujourd’hui, elle se laisse beaucoup moins démoraliser.  » Avant quand j’étais malheureuse, j’y croyais totalement. Maintenant au lieu de me dire que je suis malheureuse, je me dis que j’ai été contrariée par ceci ou cela. C’est très différent. Je me donne aussi beaucoup plus le droit d’éviter ce qui m’enfonce. C’est important de prendre soin de son moral. Si je ne prends pas soin de moi, qui va le faire ? »

Je retiens que prendre soin de soi est un devoir, un pacte que nous devons conclure avec nous-même au quotidien. Je retiens également que nos tempêtes intérieures ne sont que passagères, et que nous les traversons tous un jour où l’autre. Je retiens enfin qu’il est plus judicieux de regarder passer nos pensées avec le détachement d’un brin d’herbe. Nos pensées sont comme les nuages, elles ne font que courir dans le ciel. Où peuvent donc bien aller les nuages ? Ne finissent-ils pas par se dissoudre ?

C’est drôle le pouvoir des mots. Il me suffit d’écrire ces dernières lignes, et l’image d’un soleil jaune  comme une orange s’impose sous mes doigts et éclaire mon clavier. C’est sans doute le temps qu’il fera demain. Demain est un mot ensoleillé. Il est juteux de promesses. Mais il y a un autre mot plus fort encore. C’est « maintenant ». Maintenant. Je peux lui mettre du bleu, du jaune, de la nuit ou du jour. Maintenant je peux en faire ce que je veux, car au fond l’artiste de ma vie, c’est toujours moi, ici et maintenant.

Et vous ? A quoi ressemble votre soleil ? Qu’est-ce qui vous fait du bien ? Qu’est -ce qui vous remonte le moral ?

N’hésitez pas à partager vos expériences sur le sujet !

NB : Merci à la photographe Florence Bonnet pour avoir collaboré à cet article ! Ses portraits d’enfants sont fabuleux ! Allez voir !

©larevolutioninterieure.com

Liens pour aller plus loin :

-Le blog de Patricia Delahaie

Comment garder le moral, même par temps de crises  

6, 10 euros Le livre de poche 

Se souvenir des belles choses !

« Un souvenir heureux est peut-être sur terre, plus vrai que le bonheur »

Alfred de Musset ( 1810-1857 )

Bombay, février 2013Photo : Isabelle Debraye

Bombay, février 2013
Photo : Isabelle Debraye

Cette photo a été prise à Bombay en Inde, il y a seulement quelques jours, par mon amie Isabelle Debraye .  Elle vient à peine de rentrer en France, lorsque j’évoque avec elle l’idée de cet article sur le thème des « souvenirs heureux ». Tout de suite elle me parle de cette photo, prise au coucher du soleil, à la fin de son séjour. Comme par magie remontent alors à la surface  le grésillement des moustiques, le cri joyeux des enfants qui jouaient sur cette plage, la brise légère et chaude qui soufflait à ce moment précis. Cette photo a figé pour toujours un moment unique, c’est un instantané de bonheur. Isabelle me raconte que cette journée là, elle profitait de ses dernières heures en Inde auprès de ses amis.  Lorsqu’elle replonge dans ce moment déjà loin et pourtant si proche, ses yeux pétillent, son visage s’éclaire. Ce n’est pas de la nostalgie. Pas encore. Elle revit tout simplement la plénitude qu’elle a ressenti alors.

Les souvenirs ne sont pas toujours heureux, c’est vrai. Il y a en a qu’on range dans des tiroirs que l’on ouvre plus jamais, tant ils sont douloureux. Il y en a d’autres en revanche qui méritent d’être exhumés du passé plus souvent, car ils contiennent un baume cicatrisant très efficace pour soigner les bleus de l’âme.

Ce que j’aime chez les photographes, c’est qu’ils ont toujours les yeux et le coeur ouverts, ils n’oublient pas de laisser entrer la lumière, quand elle se présente. La beauté s’offre à eux car ils savent l’embrasser sans retenue.

Je me dis que nous pourrions tous être comme ces artistes, lorsqu’un moment de bonheur, de plénitude et de sérénité, s’invite dans notre espace intérieur, on peut décider de le figer en nous avant de le ranger dans la boîte qui contient les souvenirs heureux. En faisant cela consciemment, il est plus facile de retrouver cette boîte dans le labyrinthe de notre mémoire. Alors lorsque la mélancolie coule en nous, il suffit d’ouvrir à nouveau cette boîte, en faisant cela, on s’offre alors la possibilité de les revivre pleinement. Mais pour accéder à ce coffre à trésor, encore faut-il utiliser la bonne clé.  Une odeur, une saveur, une couleur ont le pouvoir de nous ramener en un battement de cil au bonheur. Nos sens sont les clés qui mènent à nos souvenirs.

Parfois, il me suffit de sentir l’odeur des embruns salés pour remonter le temps et me revoir enfant sur une plage de Vendée. Quand je respire l’odeur de l’océan, je respire la liberté et l’insouciance de l’enfance.

L’autre jour, une cuillère d’un bouillon aux légumes a redonné vie à ma grand-mère. C’était d’une incroyable intensité. Ce n’était pas un simple potage que je goûtais, c’était le souvenir de sa tendresse. Le souvenir des repas du dimanche. Le souvenir de ses bras moelleux.

Chérissons donc les moments de bonheur, ne laissons pas la poussière s’accumuler sur les boîtes qui les contiennent. Quand la mélancolie, la tristesse ou le découragement pointent, c’est peut-être le signe qu’il faut ouvrir la boîte aux souvenirs heureux. Il y a en a toujours, mais on les oublie si vite, si occupés que nous sommes à toujours attendre le meilleur du futur.

Les autres souvenirs, les douloureux, ceux qui font mal, à quoi bon les déranger ? Ils dorment dans les cavernes de notre mémoire et quand on décide de jouer les spéléologues, mieux vaut se munir d’une bonne lampe frontale pour ce genre d’expédition-là.  Quand on est prêt pour l’exploration, c’est que le besoin de comprendre est plus fort que la peur de souffrir à nouveau. Biensûr, je ne suggère  pas qu’il faut nier les mauvais souvenirs, ils existent on ne peut pas les effacer, mais à quoi bon y revenir encore et encore ? Personnellement, je préfère me souvenir des belles choses, j’aime en parler, j’aime leur redonner vie, car elles me réconfortent les jours de pluie.

C’est pour cela aussi que j’aime les photos, elles me rappellent que ce qui compte ce n’est pas le monde qui nous entoure, c’est notre manière de le contempler.

Et vous ? Quels sont vos souvenirs heureux ? N’hésitez pas à les partager si vous en avez envie !

Liens pour aller plus loin :

Un test pour découvrir comment fonctionne votre mémoire !

L’optimisme sans frontières !

« Une personne optimiste ne refuse pas de voir le côté négatif des choses, elle refuse de s’attarder dessus ».

Alexander Lockart (1841-1900 )

Photo : Gregory Criteau du blog http://gregorycriteau.wordpress.com/

Photo : Gregory Criteau du blog http://gregorycriteau.wordpress.com/

Depuis quelques semaines, je découvre régulièrement dans la presse des articles qui abordent sous différents angles le pessimisme des Français.  J’ai donc décidé de rééquilibrer la balance, en vous parlant aujourd’hui d’un mouvement philosophique et intellectuel qui s’étend à travers le monde depuis quelques années : la ligue des optimistes sans frontières.  Cette association a été créée par un homme tout à fait surprenant, Luc Simonet. Il y a quelques jours, il a laissé un commentaire sur ce blog. J’ai naturellement été intriguée par sa démarche et j’ai voulu en savoir plus.

Luc Simonet : Fondateur de la ligue des optimistes sans frontières

Luc Simonet : Fondateur de la ligue des optimistes sans frontières

Luc Simonet est un avocat fiscaliste belge. En 2005, il fonde la Ligue des optimistes de Belgique. Un mouvement destiné à promouvoir l’optimisme et l’enthousiasme comme philosophie de vie. Aujourd’hui son association s’est développée dans plusieurs pays : en France, aux Pays-Bas, au  Bénin, en Allemagne, entre autres.

La ligue des optimistes regroupe des intellectuels, des écrivains, des chercheurs autour de valeurs positives. En France, La ligue des optimistes compte actuellement près d’un millier de membres parmi lesquels : les écrivains Eric-Emmanuel Schmitt, et Erik Orsenna, le moine bouddhiste Mathieu Ricard, Philippe Bobola, physicien, biologiste et anthropologue ou encore Philippe Gabilliet, docteur en sciences de gestion.

 

Photo : Christophe du blog photobach.wordpress.com

Photo : Christophe du blog photobach.wordpress.com  *

Rencontre avec optimiste réaliste !

– Bonjour Luc Simonet. Qu’est- ce qui vous a poussé à créer l’association La ligue des optimistes ?

– Tout a commencé il y a presque 7 ans. J’étais avocat fiscaliste et puis un jour je me suis rendu compte que lorsque mes clients m’appelaient, je ne les écoutais plus. J’avais perdu l’enthousiasme. J’ai réuni mes collaborateurs et je leur ai dit, je vous laisse les clés de la boutique. Je leur ai annoncé que je prenais un congé sabbatique d’un an. J’ai d’abord occupé mes journées à jouer au golf et puis il y a eu un déclic pendant des vacances en Toscane. Mes enfants n’arrêtaient pas de se plaindre de la pluie. Je leur disais :  » Mais non , dîtes plutôt que c’est une belle journée de pluie » ! J’ai eu l’idée de créer des parapluies avec cette inscription ! En rentrant en Belgique, j’ai décidé de faire fabriquer 50 parapluies avec cette phrase, juste pour mon plaisir ! J’ai raconté cette histoire à des amis et on s’est dit que nous devrions créer une association pour promouvoir l’optimisme. Il y a  tout de suite eu un élan et un enthousiasme incroyables ! En 2005, on a commencé avec 175 membres, aujourd’hui l’association en compte 5000 en Belgique et 15000 personnes sont abonnées à notre Newsletter dans le monde ! Finalement, je n’ai jamais autant travaillé que durant ce fameux « congé sabbatique  » !

– Quel est le message que vous souhaitez faire passer à travers cette association?

– Je ne défends pas un optimisme béat. Je pense plutôt que nous sommes maîtres de nos pensées et que nous sommes responsables de notre bonheur. L’optimisme n’est pas une aptitude congénitale au bonheur qui nous affranchirait des problèmes douloureux et des grands chagrins de notre vie. Je crois que l’optimisme est un apprentissage par lequel, à partir d’une décision consciente, l’homme se construit dans la connaissance de lui-même, grâce à une forme de discipline intérieure. La confiance est lumineuse. Elle est à l’opposé de nos peurs,  qui souvent sont arrimées à l’ignorance et en particulier la peur de l’autre dans ses différences, de l’autre si différent de moi socialement et culturellement, de l’autre dont la peau n’a pas la même couleur que la mienne, de l’autre qui pratique une autre religion, de l’autre qui parle une autre langue.

Notre association ne cherche pas à convaincre les pessimistes, les sceptiques ou autres cyniques. Elle s’adresse aux personnes qui ont opté pour l’optimisme. En se réunissant, elles augmentent ainsi la force et l’efficacité de leur enthousiasme.

– Mais n’est-ce pas utopique en ces temps de crise ?

– Justement la crise est peut-être l’ opportunité de changer notre façon de regarder le monde. Quand je vois ces financiers qui dominent la planète, je me dis que cela ne peut pas durer ainsi. On va droit dans le mur si on suit le modèle d’expansion occidentale. On épuise les ressources et la vie finira par ne plus être possible sur la Terre. Je crois qu’il est temps de nous demander ce que nous voulons. Nous avons le devoir d’inventer un nouveau modèle. Et pour moi, l’être humain doit revenir au centre de ce nouveau paradigme.

– Et vous ? Comment faites-vous pour rester optimiste ?

-Je pense être optimiste de nature mais je suis toujours sur le fil du rasoir. C’est pour cela que l’optimisme, cela demande une sorte de discipline. Il faut constamment réajuster ses pensées. Mon expérience m’a démontrée que lorsqu’on est optimiste on attire les gens. On rencontre souvent les personnes dont on a besoin pour évoluer. Il y a une véritable énergie qui naît de ces rencontres. Je fonctionne beaucoup comme cela. Un jour par exemple, une dame à l’issue d’une conférence en Belgique, m’a parlé d’un jeune garçon libanais, qui avait perdu ses bras et ses jambes et qui était passionné par internet. Son prénom m’a interpellé, il s’appelait Saad Saad. En anglais cela veut dire triste. En arabe, cela signifie heureux. Et je me suis dit , ce garçon, je vais l’embaucher car j’ai besoin de quelqu’un pour gérer le site web de l’association. Et je ne regrette pas mon choix ! Il est formidable. Mon ami, Eric-Emmanuel Schmitt à qui j’avais raconté cette anecdote, l’a repris dans l’un des ces livres, d’ailleurs.

– Quels sont vos projets en cours ? Et quels sont vos objectifs ?

– Nous avons organisé de nombreux évènements en Belgique. Nous avons par exemple habillé un tram de Bruxelles de rose en pleine crise politique. Les gens ont bien réagi ! Nous avons également financé un projet fou : une voiture a fait le Paris-Dakar sans une goutte de pétrole .

Le Paris-Dakar sans pétrole !

Le Paris-Dakar sans pétrole !

Cela fait parler de notre philosophie d’une manière légère. Nous organisons également des conférences et de nombreux intellectuels nous rejoignent dans cette aventure. J’aimerais vraiment que ce mouvement touche toutes les classes sociales et pas seulement les intellectuels. Nous avons également créé un nouvel état que j’ai appelé « l’Optimistan ». L’Optimistan, est un état métaphorique, sans territoire physique, dont les optimistes sont les citoyens. C’est l’état de conscience selon la pensée de Pierre Teilhard de Chardin qui disait qu’à mesure que le monde se complexifiera, il conviendra d’en élever l’état de conscience. J’espère que de nombreuses personnes nous rejoindrons ! Je crois aussi beaucoup au partage de connaissances. Il y a tant de choses à découvrir sur l’être humain, sur ses forces, mais aussi sur les liens qu’il entretient avec l’univers. C’est une aventure passionnante et je suis heureux d’y prendre part !

 

 

 

 

 

 

 

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Liens pour aller plus loin :

Le programme des conférences en Belgique

La ligue des optimistes de France

*Merci à Christophe du blog photobach et à Grégory du blog Macro Polo d’avoir accepté de collaborer avec la Révolution intérieure  ! Grégory a réalisé sa photo spécialement pour cet article ! C’est une joie d’être dans la co-création !

Les bienfaits de l’optimisme !

 « Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit une opportunité dans chaque difficulté « .

Winston Churchill

Photographe : Isabelle Debraye

Photographe : Isabelle Debraye *

On l’appelle la  » science du bonheur »,  depuis une dizaine d’années la psychologie positive étudie les conditions et les processus qui contribuent à l’épanouissement et au fonctionnement optimal des individus. Popularisée à la fin des années 90 par les travaux du chercheur américain Martin Seligman, cette discipline a beaucoup à nous apprendre car elle nous aide à comprendre scientifiquement ce qui nous rend heureux et ce qui favorise en nous le sentiment de bien-être.

Si ce sujet vous intéresse alors je vous invite à vous rendre au congrès francophone de psychologie positive qui se tiendra à l’Université de Metz du 21 au 22 novembre 2013. Ce congrès organisé à l’initiative du professeur en psychologie messin Cyril Tarquinio et de Charles-Martin Krumm,  président de l’association française et francophone de psychologie positive, réunira des chercheurs passionnants. Ils partageront leurs découvertes autour des thèmes de l’empathie, de l’éducation positive ou encore de l’optimisme. Le congrès est ouvert aux psychologues, aux thérapeutes et aux coachs mais aussi aux enseignants, aux éducateurs et à toutes personnes curieuses d’en savoir plus sur ces thématiques. Des conférences seront également proposées au grand public.

larevolutioninterieure.com étant partenaire de cet évènement, je partagerai avec vous dans les mois qui viennent mes rencontres avec les meilleurs spécialistes de la discipline. De beaux entretiens en perspective !

Pour vous faire patienter jusque là, je vous propose de découvrir l’un des organisateurs de ce congrès.

Charles-Martin Krumm, président de l'association française de psychologie positive

Charles-Martin Krumm, président de l’association française et francophone de psychologie positive

Le parcours de Charles-Martin Krumm est très inspirant. Cet ancien athlète de haut niveau,  a été membre de l’équipe de France junior d’aviron, avant d’enseigner l’éducation physique et sportive pendant 18 ans dans l’enseignement secondaire. Il s’intéresse depuis longtemps à la psychologie du sport. Il a d’ailleurs consacré une thèse à l’optimisme dans laquelle il a tenté de comprendre pourquoi certaines personnes étaient capables de rebondir après un échec dans le sport ou à l’école et d’autres non. Maître de conférences à l’Université de Rennes ( Bretagne ) en sciences et en psychologie du sport, Charles-Martin Krumm se passionne pour la psychologie positive depuis de nombreuses années et se rend régulièrement aux Etats-Unis et dans des congrès européens pour échanger avec les meilleurs spécialistes de la discipline. Rencontre avec un humaniste optimiste !

 » J’ai décidé d’être heureux, parce que c’est bon pour la santé  » Voltaire

  • Bonjour Charles-Martin Krumm. Comment l’optimisme est-il devenu un thème de recherche pour vous ? Qu’avez-vous découvert ?

-Initialement professeur d’éducation physique et sportive en collège et lycée, j’ai réalisé un travail de thèse reprenant des thématiques de terrain,  empruntées aux domaines de l’enseignement ou du sport. La question était de savoir  pourquoi certains individus étaient capables de rebondir après un échec alors que d’autres non.  Ce que les deux principales études de ma thèse ont montré sur les 1200 collégiens interrogés au cours de cette recherche, c’est que ceux qui avaient le meilleur niveau d’optimisme étaient moins anxieux et avaient plus de facilités à surmonter leur échec que les élèves pessimistes. Les optimistes avaient par ailleurs moins peur d’échouer et cette attitude leur a permis de rebondir plus facilement que les autres.  Le second volet de l’étude a montré que le fait d’avoir une vision optimiste du monde, permettait d’inhiber le fait de penser ne pas être bon dans un domaine particulier.  C’était intéressant de pouvoir mesurer cela scientifiquement car cela  nous aide à envisager de nouvelles réponses face à l’échec scolaire. Il y a bien une relation entre l’optimisme et la résilience et entre l’optimisme, la motivation et la performance.

  • Qu’est ce que la psychologie positive ? En quoi cette discipline est-elle différente des autres champs de la psychologie ?

-La psychologie positive est d’abord une science. En cela elle est différente de la simple « pensée positive « . Les chercheurs s’efforçent de mesurer et de comprendre les mécanismes qui mènent au sentiment de bonheur. Cette discipline est complémentaire des autres champs de la psychologie, car elle se focalise sur les aspects qui contribuent à l’épanouissement et au fonctionnement optimal des personnes. C’est ce qui est novateur, car pendant longtemps la recherche en psychologie était centrée sur les pathologies, la souffrance psychique. Pour 21 études réalisées sur ce thème, une seule était consacrée au bien-être, à la joie et aux bienfaits des émotions positives . La psychologie positive permet de rééquilibrer la balance tout en gardant à l’esprit la prise en charge des troubles psychologiques.

  •  Que nous apprend cette discipline ? En quoi apporte-t-elle une autre vision du monde  ?

-Elle nous propose de focaliser notre attention sur nos forces et pas uniquement sur nos faiblesses. Elle nous aide aussi à comprendre les bienfaits qu’on peut tirer des bonnes choses qui nous arrivent dans la vie et que nous sommes parfois incapables de percevoir parce que nous sommes happés par  la négativité ambiante. En prenant conscience de cela nous ne sommes plus tournés vers  le passé et vers l’inconscient, mais vers l’instant présent et le futur.

  • Lors du congrès, une conférence sera organisée autour du thème de l’éducation. Que démontrent les dernières recherches en psychologie positive en lien avec l’éducation ?

-Des recherches récentes montrent qu’en développant le bien-être des élèves à l’école, nous pouvons les aider à progresser. Nous pouvons également leur enseigner à surmonter un échec, en les aidant par exemple à prendre conscience de leurs monologues intérieurs négatifs. On peut aussi les accompagner en leur proposant de se focaliser sur les solutions. Il existe différents programmes innovants dans ce domaine qui ont montré des résultats très encourageants. Des chercheurs comme Ilona Boniwell en Angleterre ou encore Michael Bernard en Australie, ont développé des programmes autour de l’éducation positive tout à fait intéressants. On constate que près de trois ans après la fin de ce type de programme on peut encore en mesurer les effets positifs sur les élèves.  En France, l’éducation positive pourrait répondre à un enjeu de santé publique, car une part importante de nos adolescents va mal.  Selon la dernière enquête PISA sur le bien-être des élèves à l’école, la France est à la traîne. De nombreux enfants et adolescents français traversent de plus en plus d’ épisodes dépressifs.  Le suicide est l’une des premières causes de mortalité des jeunes en France.  Par ailleurs plus généralement, les Français sont les premiers consommateurs au monde d’anti-dépresseurs et d’anxiolytiques. Une politique volontariste mise en œuvre tôt, dès l’enseignement primaire par exemple, aurait sûrement un impact sur le bien-être psychologique des adultes de demain.

  • En quoi la psychologie positive peut-elle nous aider au quotidien ?

– L’être humain semble s’habituer aux bonnes choses de l’existence. Il ne sait plus les reconnaître à leur juste valeur. La psychologie positive nous aide à prendre conscience de l’impact des émotions positives dans notre vie, mais elle peut aussi nous aider à mieux gérer les aléas de la vie. Elle nous enseigne qu’il est important de se focaliser sur nos réussites plutôt que sur nos échecs, elle peut aussi nous aider à interpréter différemment les évènements auxquels nous sommes régulièrement confrontés.

  •  Que faut-il retenir du fonctionnement humain vu sous l’angle de la psychologie positive ?

-Je dirai que l’être humain a longtemps fonctionné en réaction à des conditions environnementales difficiles. D’une certaine manière, c’est toujours le cas, puisque nos sociétés occidentales sont face à une crise économique que nous semblons avoir du mal à maîtriser. Je pense que l’être humain pourrait apprendre à rééquilibrer sa vision du monde qui l’entoure en regardant ce qu’il y a aussi de positif dans l’existence. A force de regarder les informations ( souvent négatives ) nous ne percevons  plus les belles choses autour de nous, qui existent pourtant.  De mon point de vue, il y a par exemple beaucoup plus de personnes dignes de confiance, gentilles, honnêtes que de personnes qui ne le sont pas. Pourtant, nous avons souvent une tendance à généraliser l’omniprésence “des méchants”.

  •  Comment voyez-vous l’avenir êtes -vous optimiste ?

-Je suis optimiste parce que je considère qu’il y a des solutions pour chacun à chaque niveau de la société. Certes il semble que nous n’ayons qu’un pouvoir limité sur ce qui se passe à l’échelle mondiale, en tous les cas en ce qui me concerne, mais  je considère que beaucoup de choses dépendent de moi : l’attention que je porte aux autres, ma manière de voir les choses. Force est de constater que le bien-être ou le bonheur deviennent des sujets à la mode. Il y a eu des émissions TV, il y a des programmes d’accompagnement qui se mettent en place dans les entreprises, le modèle de la santé semble petit à petit venir compléter le modèle de la maladie et même l’Education Nationale se penche sur les problèmes que rencontrent les élèves afin de proposer des solutions et de comprendre ce qui se passe. Alors oui, les choses me semblent avancer et cela me rend optimiste. On peut être réaliste et optimiste, ce n’est pas contradictoire !

* N’hésitez pas à aller encourager mon amie photographe Isabelle Debraye, qui a joyeusement accepté d’illustrer cet article. Son blog est ici !

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Liens :

-Le programme complet du congrès francophone de psychologie positive de Metz

Comment se protéger de la négativité des autres ?

 » Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d ‘en réaliser quelques-uns. Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d ‘oublier ce qu’il faut oublier.

Je vous souhaite des passions. Je vous souhaite des silences.

Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants. Je vous souhaite de résister à l’enlisement et aux vertus négatives de notre époque.

Je vous souhaite d’être vous « .

Jacques Brel ( 1929-1978 )

 

Photo : Sandra C.

Photo : Sandra C.

Il y a des matins où le simple de fait de contempler le ciel qui s’éveille suffit à mettre mon coeur en joie. J’aime ces matins-là car ils me remplissent d’une énergie certes impalpable mais néanmoins bienfaisante. Le monde m’ apparaît alors chaleureux et accueillant. Je me sens heureuse, vivante, c’est comme si un soleil bien jaune venait se blottir au creux de mon plexus, éclairant de sa lumière rayonnante tout ce qui m’ entoure.

Vous avez certainement vous aussi expérimenté ce sentiment un jour ou l’autre. Malheureusement par un curieux mécanisme que j’ai cherché à analyser, cette belle énergie s’évapore à chaque fois que j’entre en contact avec la négativité des autres. 

Imaginez. Vous vous levez un matin et vous vous sentez enveloppé sans raison particulière d’une belle énergie positive, vous êtes débordant d’optimisme et de foi en la vie. Vous sortez de chez vous et vous vaquez à vos occupations quotidiennes. Et vous voilà à la poste, par exemple. Vous attendez patiemment votre tour, un sourire aux lèvres. Derrière vous, une personne se met à râler, pestant contre cette file d’attente  interminable. Vous essayez tant bien que mal de garder le sourire, mais quelque chose a déjà changé en vous, insidieusement, une vague ombre menace la luminosité de votre soleil intérieur.

Vous continuez votre chemin et vous croisez quelqu’un, une vague connaissance dans la rue, s’en suit une conversation banale :  » Comment allez-vous ? Bien merci, répondez-vous. Vous enchaînez : Et vous ? Et voilà l’autre parti dans une longue plainte listant tous ces petits soucis du moment. Bizarrement à l’issue de cette conversation, vous vous sentez fatigué, vous constatez que votre dos s’est voûté.

Vous arrivez sur votre lieu de travail et là, vous poursuivez vos échanges avec vos collègues. Vous leur racontez que vous comptez déménager. Cette décision vous met en joie et c’est précisément au moment où vous l’exprimez que l’un de vos collègues en profite pour dresser un bilan  effrayant de l’état du marché de l’immobilier, en ne manquant pas de vous rapporter toutes les difficultés  qu’il a lui-même rencontré pour trouver un logement.

Un passage nuageux vient alors subitement obscurcir votre ciel et vous avez bien du mal à y discerner les rayons du soleil. Votre belle énergie positive semble subir de plein fouet une perturbation atmosphérique qui mérite selon moi d’être regardée d’un peu plus près.

Photo : Sandra C.

Photo : Sandra C.

En échangeant récemment avec le président de l’association francophone de psychologie positive, j’ai appris qu’il fallait ressentir au moins trois émotions positives ( joie, satisfaction ) pour neutraliser les effets d’une émotion négative ( peur, tristesse, colère ). Cette information a retenu mon attention.

En réfléchissant ces derniers jours à cela, je me suis rendue compte que les personnes positives et optimistes, sont des proies de choix pour ceux que j’appellerai  » les vampires énergétiques ».

Que nous apprennent la tradition et les mythes sur ces créatures de l’ombre que sont les vampires ? Les vampires vivent la nuit, lorsque les humains vivent le jour. Ce sont en quelque sorte des morts-vivants. Ils se nourrissent de sang humain ( l’énergie ). On peut les reconnaître car leur image ne se reflète pas dans un miroir ( ils n’ont pas conscience d’eux-même ? ) et surtout, fait très intéressant à mes yeux, ils ne peuvent entrer chez quelqu’un sans d’abord y avoir été invité. Et ce dernier élément a subitement éclairé ma réflexion du jour, que je vous soumets à titre tout à fait personnel et en toute humilité, car je ne suis pas diplômée en psychologie, ce qui ne m’empêche pas de chercher des réponses aux questions que je me pose.

Les personnes rayonnantes, remplies d’énergie, optimistes et gaies, disposent d’une énergie vitale qui attire à elles celles qui en ont moins. Les personnes négatives, c’est-à-dire des personnes  qui ne cessent de se plaindre, qui ruminent constamment  leurs échecs, qui sont incapables de se réjouir pour l’autre, celles qui voient toujours le verre à moitié vide, quel que soit le sujet de discussion, sont inconsciemment à la recherche de cette énergie vitale. La plupart du temps elles sont à mes yeux ignorantes de ce processus. Espérer les convertir sans leur accord à une vision positive de l’existence est une cause perdue d’avance, car elles restent enfermées dans leurs expériences négatives passées et voient le monde à travers ces filtres.

Le grand défi des personnes positives serait donc de rester positives malgré la négativité des autres. Il faut donc apprendre à se protéger. Et pour arriver à faire cela il est nécessaire de mettre en place une sorte de bouclier. Pour repousser une personne négative, le collier d’ail vanté par les mythes et les légendes peut être une option, mais elle est difficile à mettre en pratique de nos jours.

Ce que nous pouvons peut-être faire, en revanche, c’est  ne pas donner notre entière attention à la négativité des autres, car en accordant notre pleine attention aux paroles négatives, nous invitons  sans le savoir le vampire dans notre espace intérieur. Et une fois qu’il est entré, nous voilà bien démunis face à lui.

En restant centrés sur notre bien-être intérieur, grâce à la respiration, entre autres, nous renforçons le pouvoir de notre bouclier protecteur. Si nous ne pouvons pas agir sur les émotions négatives diffusées par les autres, nous pouvons peut-être en revanche décider consciemment de ne pas les laisser entrer en nous. C’est d’ailleurs ce que propose l’Américaine Judith Orloff, professeur de médecine pionnière de la psychiatrie énergétique qui a écrit un chapitre sur ce sujet dans son ouvrage «La liberté émotionnelle» (Ariane Editions, 2009). Dans ce livre elle propose différents outils très simples pour  justement tenir à bonne distance les ondes négatives. ( Voir le lien proposé à la fin de cet article ).

Les personnes négatives nous enseignent malgré tout aussi une chose très importante : il est bon de faire régulièrement le tri dans nos relations, en privilégiant les interactions avec des personnes qui cultivent le positif, car ainsi  nous renforçons l’énergie positive qui est déjà présente en nous.

Les chercheurs en psychologie positive nous apprennent que nous pouvons cultiver notre énergie positive en savourant les petits plaisirs de la vie. Ils nous expliquent également qu’en renforçant notre bien-être intérieur nous renforçons par la même occasion notre système immunitaire. Nous sommes donc responsables de notre bonheur !

Si vous êtes doté d’une nature optimiste alors vous avez hérité d’un cadeau dont il faut savoir prendre soin.  Toutefois si ce n’est pas le cas, pas d’inquiétude, de récentes découvertes ont démontré que nous pouvons apprendre à le devenir.

Je vous en parlerai prochainement, car en m’intéressant à la psychologie positive, j’ai découvert des chercheurs passionnants, qui ont démontré scientifiquement ce que nous expérimentons parfois intuitivement dans la vie de tous les jours.

Lorsqu’un rayon de soleil s’invite dans notre espace intérieur, honorons-le comme un don précieux. C’est un cadeau que la vie nous offre et notre devoir est d’en prendre soin.

A méditer ! Et n’hésitez pas à partager vos réflexions personnelles  !

©larevolutioninterieure.com

Pour aller plus loin :

Un article très instructif sur le sujet publié dans le journal suisse « Le matin « 

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