Comment devenir l’artiste de sa vie ?

 » Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure » Otto Rank

L'atelier intérieur "

Ecrire. Peindre. Créer juste pour le plaisir de créer.  Ces activités si naturelles et spontanées dans l’enfance sont souvent délaissées à l’âge adulte. A tort. La créativité parce qu’elle nous reconnecte à notre monde intérieur est un vecteur très puissant de changement. C’est ce que j’ai découvert en participant la semaine dernière à Moissac dans le Tarn-et-Garonne à  » L’atelier intérieur », un stage  animé par Sandrine Rouillon, art-thérapeute et énergéticienne.
Récit d’un voyage intérieur à la rencontre de notre pouvoir créateur.
L'ancien carmel de Moissac.

L’ancien carmel de Moissac

Il y a d’abord ce lieu. Magique. L’ancien carmel qui surplombe la ville de Moissac est un havre de paix. Il héberge tout au long l’année les pèlerins en route vers Saint-Jacques de Compostelle. Autant vous dire qu’il y a ici une énergie particulière qui d’emblée vous plonge dans un espace méditatif bienfaisant. Pendant trois jours nous allons nous retirer ici pour rencontrer à travers différentes pratiques artistiques nos aspirations profondes. Nous sommes sept. De tous âges. Entre 35 et 60 ans. Réunis ici le temps d’une retraite créative. Nos motivations sont diverses mais notre désir de nous recentrer est identique. Carole, est maman de trois enfants, au quotidien, elle jongle entre une activité professionnelle très prenante et une vie de famille bien remplie. Elle est venue ici pour se ressourcer : » J’avais besoin de prendre du recul, de ralentir, de prendre du temps pour moi. Je ne le fais jamais. « , m’explique-t-elle. Annabelle quant à elle cherche à recontacter sa source de créativité pour se remettre en mouvement :  » Je suis ici parce que je cherche une nouvelle voie professionnelle « . Les attentes sont différentes mais l’expérience va être la même pour tous. Nous avons besoin de stopper le disque rayé qui tourne parfois en continue dans nos têtes pour enfin nous écouter vraiment.

Sandrine Rouillon, art thérapeute, animatrice de l'atelier intérieur

Sandrine Rouillon, art thérapeute, animatrice de l’atelier intérieur

Sandrine Rouillon nous a préparé un programme où il ne sera pas question de réfléchir mais bien de ressentir. Difficile de faire le point sur soi, quand autour de vous tout s’agite en permanence. Sandrine, va nous offrir une pause. Un tête-à-tête avec nous-même. Un espace de création libre de tout jugement. Comment ? En laissant les couleurs nous parler. En nous invitant à coucher sur le papier ces mots qui ne demandent qu’à être entendus pour de bon. Sans nous soucier du résultat. Déconstruire le connu pour explorer l’inconnu. Voilà l’aventure à la fois individuelle et collective qui nous attend. Et pour accueillir tout cela nous allons utiliser un outil qui est loin d’être anodin : le mandala.
"L'atelier intérieur "

« L’atelier intérieur « 

Qu’est-ce qu’un mandala ? A l’origine, ce mot sanskrit signifie « cercle « . Et plus précisément  » pensée contenue dans le cercle « . Le dessin centré a été utilisé à travers les âges par de multiples cultures.  On le retrouve dans les temples bouddhistes, dans  les roues de médecine amérindiennes, dans les cathédrales du 13ème siècle sous la forme de magnifiques rosaces.  Et ce n’est pas un hasard. Le cercle est le symbole de la vie. Ce mouvement vital qui traverse  tout être humain oscille entre l’expansion et le retour au centre. Cette forme primordiale évoque la Terre, le Soleil, la Lune. Le cercle est un tout. C’est aussi une forme rassurante dans laquelle nous allons exprimer notre recherche d’équilibre personnel.

Le mandala est un puissant outil de recentrage, dans lequel nous allons projeter et organiser notre monde intérieur du moment.  » Au cours de tout processus créatif, il est important de débrancher notre cerveau gauche analytique, pour nous reconnecter avec notre cerveau droit qui est le siège de notre intuition et de notre imagination. Le mandala permet d’exprimer sa créativité en toute sécurité et d’accueillir différentes parties de nous-même qui peuvent être en conflit. La manifestation des couleurs et des formes est déjà un acte guérisseur. Notre esprit analytique ne comprend pas mais notre corps sait. La création devient alors un acte de réparation inconsciente« , précise Sandrine Rouillon.

atelier intérieur novembre 037Se rencontrer à travers les formes, les mots et les couleurs est une odyssée des profondeurs. Sandrine nous prépare au voyage en nous proposant des marches méditatives dans la forêt voisine. Durant ces instants de solitude nous partons à la recherche de tous les trésors que nous portons en nous : nos succès, nos talents, ce que nous aimons faire. L’idée est de laisser venir les sensations, les souvenirs pour ensuite les mettre en couleurs et en mots. Premier constat : ce n’est pas forcément simple d’accéder au meilleur de soi :  » Si autre chose se présente, c’est que vous venez de contacter ce qui vous empêche d’atteindre votre objectif de bien-être », nous rassure Sandrine. La lumière et l’ombre dansent ensemble . Lorsque nos désirs véritables émergent, la liste de nos incapacités à les réaliser nous assaillent d’emblée. Les prises de conscience s’enchaînent cependant au fur et à mesure de nos échanges en groupe. Comment se sentir heureux et vivant sans utiliser nos talents, notre enthousiasme, notre vitalité pour créer une vie qui nous ressemble ?  Qu’est-ce qui peut bien nous empêcher d’exprimer notre plus haut potentiel relationnel, affectif, créatif, professionnel ? Les réponses se révèlent dans nos témoignages respectifs. Nous sommes prisonniers de croyances limitantes héritées de notre éducation et de nos expériences passées. Florence par exemple si volubile dans son travail, nous confie ses difficultés à exprimer ce qu’elle ressent dans la sphère intime: «  Dans ma famille on ne montrait pas son amour avec des mots« , partage-t-elle. Annabelle qui a pourtant passé 6 mois avec ses enfants à voyager en Asie, n’arrive pas à se défaire de son passé d’enfant dyslexlique . La peur du jugement. La terreur du rejet. La frayeur de trahir les contrats inconscients transmis par nos ancêtres.  Voilà l’origine de ces blocages qui se montrent au grand jour pour être transformés. En mettant ensuite des mots et des couleurs sur nos aspirations véritables,  nous nous recréons.  La feuille blanche devient alors la métaphore d’une renaissance. Si nous étions libres d’être ce que nous sommes qui serions-nous ? La création spontanée nous ouvre alors la voie vers ce qui nous anime en profondeur et qui définit notre individualité dépouillée des conditionnements extérieurs.

A chacun son mandala !

A chacun son mandala !

Nos mandalas nous ramènent à l’essentiel. Ils sont surtout la preuve vivante du magnifique potentiel de beauté et de créativité qui réside en chacun d’entre nous. A l’issue de ces trois jours d’exploration notre vie ne va sans doute  pas changer du jour au lendemain, mais de nouvelles graines ont été semées, les mauvaises herbes ont été défrichées. Etienne l’un des participants se sent « revigoré et en mouvement « . Dominique a envie « d’être plus gourmande de la vie « . Sophie-Armelle a retrouvé  » son enfant intérieur, libre , créatif , inspiré « . Quant à moi je m’émerveille du pouvoir libérateur d’un partage authentique dans un esprit de co-création.  Voyez-vous nous ne sommes pas si différents derrière nos masques. Nous sommes confrontés aux mêmes questions et aux mêmes limites. Que cherchons-nous au fond ? Peut-être un peu plus de liberté. Peut-être à nous rapprocher de notre vérité. Créer sa vie c’est oser laisser derrière soi tout ce qui nous empêche de nous sentir en cohérence et en harmonie avec nous-même. C’est choisir les couleurs qui nous font du bien pour peindre un monde qui nous ressemble. Si je dois retenir une seule pensée de cette expérience je choisirai celle-ci : tout part de notre centre pour ensuite rayonner dans l’espace. Et non l’inverse. Pas de changement extérieur possible sans changement intérieur. En restant centré sur nos priorités, nos désirs, nous ne sommes ni égoïstes, encore moins égocentriques. Nous devenons des créateurs, prêts à offrir au monde notre rayonnement unique.

Sandra C.

Plus d’infos sur l’association « Eclore « ? C’est par ici.

Vous y trouverez des infos sur les ateliers bonheurs et le journal créatif.

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Comment réussir à être soi-même ?

 » Qu’est- ce que la réussite ? Se lit-elle dans le regard des autres ? Ou dans celui que l’on jette sur soi-même ? Ai-je tenu les promesses que je m’étais faites ? L’enfant que j’étais est-il fier de l’adulte qu’il est devenu ? « 

 Smaïn Fairouze extrait de   » Je reviens me chercher  » ( 2011 )
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J’aime bien photographier mes ombres. Elles m’apprennent toujours quelque chose de nouveau sur moi-même.
Quand je regarde celle-ci, je vois une personne affirmée, qui regarde la vie bien en face, tout en s’appuyant sur ce qui est là, présente.
Cette partie  de moi qui se révèle dans l’ombre, me fait souvent défaut ses derniers temps. J’aurai besoin d’elle plus souvent. Ou peut-être a-t-elle juste besoin que je lui permette d’exister, afin qu’elle prenne sa place dans le monde. Peut-être vient-elle me dire qu’il est temps de lui donner des couleurs, de la faire vivre au grand jour, de l’animer d’un souffle de vie et de la laisser s’exprimer pleinement.
Qu’est-ce que réussir ? Voilà une question qui me fait sortir de ma bulle silencieuse. Quand je pense à la réussite, je pense immédiatement au sourire satisfait de mes parents, si fiers de moi,  le jour où j’ai décroché mon Bac avec mention. Je pense au soulagement de ma grand-mère, le jour où j’ai décroché mon CDI. Je pense à mon banquier, qui a commencé à être d’une extrême amabilité, le jour où il m’a vu à la télé, à l’époque où j’étais journaliste et relatait en trente secondes des nouvelles pourtant pas toujours très positives .
J’avais alors le sentiment d’avoir réussi. On reconnaissait mon parcours scolaire, mon statut, mon image . Et pourtant ces honneurs ne m’ont jamais totalement comblée. Au fond de moi, quelque chose me soufflait, que ce sentiment de réussite n’était pas juste, n’était pas en accord avec ma vérité. Je jouais un rôle. Le rôle qu’on m’avait attribué.  Pendant des années, j’ai dépensé beaucoup d’énergie pour répondre aux attentes des autres, totalement déconnectée de mes propres besoins et de mes aspirations profondes. Pas de regrets, bien sûr. Chaque étape du chemin est nécessaire à la suite du voyage. A l’époque je ne me posais pas trop de questions. J’avais réussi. Alors à quoi bon aller chercher autre chose ? Qu’est-ce qui pouvait bien me manquer ?
Ce n’est que plus tard, que j’ai pu mettre des mots sur cet étrange malaise intérieur qui ne me laissait pas de répit. Ce qui me manquait, c’était non pas la réussite, mais le sentiment de m’être réalisée. Se réaliser, c’est matérialiser dans le monde son plein potentiel. C’est un sentiment de plénitude qui se traduit par des émotions positives. Mais avant de pouvoir se réaliser, encore faut-il savoir qui on est. Et c’est là que la quête intérieure commence.
Le regard des autres ne devrait pas nous façonner. Il y a quelque chose de contre-nature dans ce schéma de fonctionnement. Nous faisons tant de choses pour quelques miettes d’attention, pour un peu de reconnaissance. Jusqu’à nous renier tout entier. Nous faisons tant de choses qui ne nous correspondent pas, car un jour nous avons appris que pour être aimé, il fallait répondre aux attentes des autres. Nous sommes des affamés d’amour. Alors nous avons accepté sans sourciller d’honorer ces contrats inconscients  sans les remettre en cause.
Voilà la source de nos souffrances, de nos conflits intérieurs, de nos douleurs, de nos blessures intimes.
Nous sommes morcelés. Arrive un moment où cet éclatement devient insupportable.
Le reconnaître, c’est déjà commencer à guérir. C’est faire un premier pas vers l’unité.
Lâcher la peur de décevoir, la peur d’être rejeté. Faire de la place à la confiance, à l’amour de soi, au bonheur de partager ce que nous sommes en toute simplicité.  Oser montrer  nos forces et nos faiblesses car elles font de chacun d’entre nous des êtres uniques. Cela paraît presque facile, dit comme ça.
Qu’ apprécions-nous chez les enfants ? Leur spontanéité, leur innocence, leur créativité.  Le drame, c’est qu’une fois devenus adultes, nous voilà remplis de peurs. Nous n’osons plus nous dévoiler. Nous devenons des créatifs bloqués. Nous avons perdu le fil qui nous reliait à nos rêves et donc à notre vérité. Nous nous vidons de notre substance vitale à partir de cet instant-là. L’existence devient triste, morne, sans but. Nous errons alors comme des fantômes dans le monde. Exilés.
Deux visages.

Les trois visages de l’être.

J’aime bien cette photo, car elle exprime, ce que je ressens parfois au coeur de mon monde intérieur.

Au sein de notre espace intime, j’ai compris que nous n’étions jamais tout à fait seuls. Il y a qui je suis à droite.  Il y a une  fille en colère à gauche. Il y a un début de visage prêt à me gronder encore plus à gauche.

Quand je ressens de la colère, de la frustration, je sais que c’est la petite fille blessée qui s’exprime.

Quand je doute de moi, quand  je perds confiance, quand je parle négativement de moi-même, c’est le gros bonhomme pas commode qui hausse le ton et qui me juge et me critique à chacun de mes pas.

Mais quand je crée et que j’exprime ce que je ressens, – ce que je me suis autorisée à faire en  prenant cette photo par exemple et en la publiant -, je suis juste moi. Un moi dépouillé, transparent, présent à ce qui est là.

Tout le chemin consiste à répondre cette question : qui parle , quand je parle  ?  L’investigation en vaut la peine. Elle permet d’éclairer d’une lumière nouvelle nos relations. Elle permet de faire des choix différents. Plus nous devenons conscients de nous-même, plus nous gagnons en clarté.

Nous ne sommes pas obligés de faire plaisir à tout le monde. Nous ne sommes pas obligés de gagner l’amour des autres en nous conformant à leurs désirs. C’est cette prise de conscience, qui marque le début d’une véritable révolution intérieure.

Une révolution intérieure, commence toujours par une révolte de l’âme.

C’est une intuition qui émerge un jour et vous dit : tu as le droit d’être toi-même et d’offrir au monde tes talents uniques. Tu en as même le devoir. Tu n’es pas condamné à continuer à faire ce boulot que tu n’aimes pas. Tu n’es pas obligé de supporter la négativité de ta famille.  Tu n’es pas obligé de faire semblant d’être quelqu’un d’autre. Tu es parfait tel que tu es. Il n’y a rien à perdre, rien à gagner. Juste apprendre à être toi. Et observer où cela t’amène.

Alors démarre la quête de soi. C’est un beau voyage rempli de surprises. Il suffit d’être attentif aux signes, aux rencontres et de faire confiance à la vie. Et le processus suit son cours naturellement.

En ces temps troublés, où nous traversons de multiples crises :  crise économique, crise de sens, crise écologique. Il est temps de revenir à soi, pour savoir ce qui compte vraiment. Revenir à l’essentiel. Découvrir ses propres valeurs et les incarner. Créer sa propre définition du mot : réussir.

Oui, c’est possible. Il suffit juste de faire un pas vers soi. S’écouter. Se nourrir d’énergie positive. Toujours garder confiance. Focaliser notre attention sur ce que nous aimons faire.  Accueillir notre vulnérabilité. Attendre que nos rêves nous trouvent. Nous murmurer des mots doux quand nous nous sentons fragiles. Refuser de nous connecter à la violence du monde. Nous retirer dans nos cocons lumineux. Et attendre la métamorphose, car elle arrive toujours.

Sandra C.

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Le fabuleux destin de Sandra Jayat !

 » Si tu ne sais plus où tu vas, tu dois savoir au moins d’où tu viens « .

Sandra Jayat, peintre et poétesse tzigane

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Ma rencontre avec Sandra Jayat a d’abord été littéraire. Il y a quelques mois, une amie m’a offert un livre «  La zingarina ou l’herbe sauvage « . Ce cadeau inattendu a vraiment ouvert bien des portes en moi.

J’ai été captivée par ce récit poétique et autobiographique, qui raconte l’incroyable parcours d’une jeune adolescente tzigane. A 15 ans, au début des années 50, Sandra Jayat fuit un mariage arrangé, quitte l’Italie et décide de rejoindre Paris, à pied, pour retrouver un cousin, le célèbre guitariste  Django Reinhardt.

Elle connaîtra, la solitude, le rejet, la peur, mais une bonne étoile veille sur elle. Sa vie sera jalonnée de rencontres essentielles et de hasards bienheureux.

Après un long périple d’une année qui ressemble à une véritable quête initiatique, Sandra Jayat arrive à Paris. Autodidacte, elle peint, écrit des poèmes, danse les couleurs de son âme.  Une vie de bohème et d’abondance qu’elle partage, avec d’autres artistes , tels que Marcel Aymé ou  Jean Cocteau qui seront de fidèles compagnons sur le chemin de la création. La vie et le parcours de cette femme montrent qu’il est possible de vivre une vie en accord avec les couleurs de la liberté, de la confiance et de l’intuition, à condition d’apprendre à lâcher le passé pour suivre l’appel de l’inconnu.

J’ai eu envie de rencontrer Sandra Jayat car au-delà de son parcours , j’ai aimé sa façon de peindre son monde intérieur, avec grâce et légèreté.

Très gentiment, Sandra Jayat a accepté d’échanger avec moi et je la remercie.

C’est une dame aujourd’hui âgée de 73 ans. Elle vit toujours à Paris. Grâce à elle, j’ai encore une fois beaucoup appris.

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Sandra Jayat : peintre et poète

Nous nous rencontrons au Cabinet de Paris, dans le 5ème arrondissement. Drôle d’endroit pour une rencontre. Le cabinet de Paris n’est pas une galerie d’art, mais une agence immobilière. C’est pourtant là que sont exposées de nombreuses toiles de Sandra Jayat. Et ce n’est pas un hasard. Dans les années 60, ce lieu était un club où défilait les plus grands poètes. C’est le fils des anciens propriétaires, aujourd’hui responsable de l’agence immobilière qui par attachement pour le passé bohème de ses parents, a décidé de rendre hommage aujourd’hui encore  au travail de l’artiste tzigane.

J’ai le sentiment d’explorer encore une fois une maison abandonnée, où la lumière n’a jamais cessé de briller malgré les années. L’époque a changé, mais les murs vibrent. Ils se souviennent d’un temps où des artistes idéalistes se retrouvaient pour créer un autre monde. Un monde d’une beauté nouvelle.

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Elle apparaît avec ses grands yeux bleus qui n’ont rien perdu de leur éclat mystérieux. Sandra Jayat est une dame élégante, le cou serti d’un ruban bleu. J’ai des dizaines de questions qui me viennent et qui s’entrechoquent entre mes lèvres tant ma curiosité est grande. Elle me regarde avec un sourire amusé. «  Vous savez, je sens les gens, je ne peux pas vous l’expliquer, c’est peut-être l’instinct, mais je sens les gens », me dit-elle. Je ris, soulagée. Si elle est restée, c’est qu’elle est prête pour la conversation. Le courant passe. Je suis comblée.

Qu’est-ce qui me fascine chez cette artiste ? Qu’est -ce qui m’a poussé à la rencontrer ? Voilà la véritable question. En lisant ses poèmes, en écoutant ses chants, en plongeant le coeur dans ses toiles, j’ai senti que l’art, la créativité était bien plus qu’un passe-temps ou qu’un don.

Créer aide à vivre. C’est aussi simple que cela. Et c’est le plus grand secret que m’a révélé Sandra Jayat.

Ses errances, sa solitude, son passé difficile, les souvenirs de la guerre, où ,enfant, elle est cachée pendant des mois dans un grenier avec son grand-père pour éviter les camps de concentration où les tsiganes seront amenés au même titre que les juifs, les homosexuels et tous les êtres jugés déviants, sous l’ère nazie, tout cela est resté figé dans sa mémoire. Elle m’en parle, avec émotion.  » Peut-on jamais guérir du passé ? Aujourd’hui à mon âge, les souvenirs douloureux refont surface », me lance-t-elle, le regard perdu dans ses pensées. J’ai envie de lui dire que oui, on peut guérir, mais je me tais. Je sais que je suis venue ici écouter comment cette magicienne, a transformé la douleur en lumière.

Qu’est-ce que le destin  ? Est-il menaçant, injuste où se présente-t-il simplement à nous lorsque notre âme ressent l’appel de la liberté  ? Sandra Jayat a répondu à cette question avec le recul de ses 73 printemps.

En quittant une vie sécurisée au sein de son clan, la jeune tzigane a suivi sa propre voie, au prix d’une grande  solitude. Chez les nomades  quand sonne l’heure du départ, aucun retour en arrière n’est possible. «  Le gitan part à ce signal que personne ne donne et auquel tous obéissent », me souffle-t-elle. L’ âme de Sandra Jayat  avait choisi un autre destin que celui que sa condition lui avait attribuée et elle a eu le courage de partir sans savoir où elle allait.

Commence alors une vie d’errance dans l’Europe des années 50. Elle est seule sur les routes,  elle sait qu’elle doit rejoindre Paris, c’est sans doute sa seule certitude. Le reste ne sera qu’infinie solitude.  Elle marche donc seule, rejetée par des villageois souvent cruels et ignorants. « Je pouvais passer de longues semaines sans croiser ou parler à quelqu’un, mais dans ma tête je n’étais pas seule. Je créais des tableaux dans mon esprit. Je parlais aux pierres et à la lune. J’écrivais déjà des mots sur le papier  invisible de mon monde intérieur.  J’ai appris la vie comme ça. Le grand livre de la vie, c’est la Nature« , m’explique-t-elle.

Un chemin solitaire qui sera malgré tout éclairé par des rencontres bienfaisantes. Dans les pires moments de désespoir, une âme charitable lui tend toujours la main. C’est quand elle n’attend plus rien, que le ciel lui envoie des anges terrestres qui la laveront, rempliront son ventre affamé, avant de la remettre sur la route, revigorée.

Un jour, elle rencontre un peintre. Il lui apprendra tout ce qu’elle ne sait pas encore. Elle se sent bien à ses côtés mais elle sait aussi qu’elle ne peut pas restée dans son ombre. Pas après pas, elle arrive à Paris. Ce souvenir, provoque une vive émotion :  » Quand je suis arrivée à Paris, je suis arrivée porte d’Italie. J’ai pleuré de découragement, après tout ce voyage, je croyais que je n’avais fait que tourner en rond, je pensais que je n’avais jamais quitté l’Italie« , poursuit-elle, dans un éclat de rire.

C’est pourtant là que sa vie commence.  Elle était venue pour retrouver son cousin Django Rheinardt mais il est déjà mort. Elle ne pourra pas compter sur lui. Elle erre seule. Une femme la recueille. Aussi incroyable que cela paraisse, cette dame qui a perdue sa fille dans les camps de concentration croit revoir sa chère enfant disparue dans les grands yeux bleus sauvages de la petite tzigane. Sandra Jayat jouera le jeu pour éviter à cette femme une douleur atroce. Mais très vite, elle sent, que ce mensonge ne pourra pas durer. Elle quitte alors encore une fois un foyer sécurisant mais malsain, pour l’inconnu.

Pour survivre, elle vend les pierres bleues qu’elle portait avec elle depuis sa fuite. C’est comme cela qu’elle gagnera ses premiers deniers. La jeune femme a un talent certain. Ses dessins se vendent. Elle écrit des poèmes chaque jour dans un café, puis les déchire aussitôt. Ecrire est une manière pour elle de vider son âme tourmentée par toutes les émotions traversées. Un jour un homme lui demande s’il peut lire ses poèmes. Cet homme, c’est Marcel Aymé. Le célèbre poète deviendra l’un de ses plus fervents admirateurs et un précieux allié.

En plein coeur des années 60, Sandra Jayat représente la femme sauvage, libre, authentique, elle devient alors une muse, crée, danse, inspire. Suivra alors une ascension créatrice qui fera d’elle une pionnière. Elle deviendra la première ambassadrice du peuple tzigane. Elle ira raconter son histoire dans des écoles, tout en poursuivant une prolifique vie créatrice à travers la poésie et la peinture.

La recherche de la liberté est à son apogée à cette époque de grand changement. Les années 70 célèbrent l’amitié, le partage, la créativité. Son histoire et sa personnalité fascinent tous ceux qui s’éveillent à cette nouvelle réalité, au moment où de nombreux schémas sociétaux s’effondrent.

Tout ce qu’elle me dit résonne avec justesse en moi. J’ai toujours ressenti ce même besoin de liberté. Malgré les désillusions, la période  » Flower Power »  a ouvert bien des voies et distillé des germes d’espoir, d’amour et d’unité qui continuent de vivre aujourd’hui dans de nombreuses oeuvres d’art.

Sandra Jayat me l’avoue. Elle n’aime pas notre époque, si éloignée de ce temps béni où la vie était fluide, les amitiés sincères, l’abondance toujours au rendez-vous malgré le manque d’argent. Elle s’affole des hoquets du monde tenté à nouveau par le repli, la xénophobie, la peur de l’autre, la peur de perdre. » Aujourd’hui les gens ont peur les uns des autres. L’autre dans ses différences est pourtant d’une incroyable richesse », médite-t-elle.

Elle conclut notre entretien, avec des vérités qui font trembler mon coeur de joie.

Voici ce qu’elle me confie :  » Il n’y a pas de liberté possible en dehors de soi-même. Il faut apprendre à se créer sa propre liberté intérieure. Etre libre, c’est apprendre à respirer seul. A chacun de définir son bonheur. Pour moi, le bonheur, c’est être soi-même, s’accepter. Il faut d’abord être bien avec soi-même, pour être bien avec les autres. J’ai vécu des moments difficiles, mais je peux vous dire, que c’est en tombant très bas, que j’ai aperçu la lumière. J’ai appris aussi qu’il ne fallait pas se laisser influencer par les autres. On doit se créer son idéal, s’entourer de personnes positives et surtout écouter sa petite voix intérieure. »

Tout est dit. Je suis prise d’une émotion à ces mots que je ne comprends pas moi-même. Mon âme sait. Aujourd’hui, je sens qu’il est possible de trouver la lumière dans l’obscurité. Il n’y a qu’à suivre les signes que l’univers a laissé pour nous dans le noir.

Je plonge mes yeux dans le regard bleu de Sandra Jayat et je vois alors avec une clarté nouvelle le monde qui m’entoure.

partir de ce jour, je comprends que moi aussi j’ai le droit de suivre ma voie. J’accepte le défi. Je continue le chemin, sans savoir où il me mènera, en acceptant de laisser derrière moi, mes peurs, mes blessures et tout ce qui me pèse. 

Je pars devant en éclaireur chers amis et lecteurs. Cela fait plus d’un an que je cherche ,via ce blog, des réponses. Je ne les ai pas toutes, mais j’avance, à vos côtés, dans la confiance, portée par votre bienveillante énergie.

Ressentez-vous vous aussi, ce puissant appel qui nous pousse à changer notre façon de vivre et d’être au monde ?

Quoi qu’il arrive, vous pourrez compter sur moi, pour transmettre toutes mes découvertes. Nous avançons ensemble, chacun à notre rythme. Et nous irons ensemble au bout du chemin.

N’avez-vous pas vous aussi envie de savoir où il mène ?

Sandra C.

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"Hiver" de Sandra Jayat

« Hiver » de Sandra Jayat

Liens pour aller plus loin :

La biographie de Sandra Jayat

Où trouver ses oeuvres ?

Libérez l’artiste en vous !

 » La créativité est contagieuse. Faites-là tourner ». Albert Einstein

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Chez mon amie Karine !

Un matin, ma fille de 6 ans se lève et me dit au petit -déjeuner : «  Maman. Je suis sourde la nuit« . Elle voulait tout simplement me dire que le bruit du dehors ne l’avait pas dérangée. Je lui réponds :  » C’est joli ma chérie ce que tu dis. On dirait un poème« . Et je m’empresse de noter sur mon carnet sa jolie phrase. Elle poursuit alors :  » Je suis sourde la nuit. Je n’entends aucun bruit. Je n’entends que les moineaux chanter. Le ciel est tout calme. Et la lune dit : faites de beaux rêves ». C’était frais, spontané, et si joli !

Cette conversation avec ma fille  m’a fait remonter le temps, à l’époque ou j’étais comme elle inspirée par tout et rien, plongée dans mon imaginaire fertile, qui créait mille poèmes, mille histoires,  mille spectacles et mille danses. Pourquoi tout ceci s’est arrêté un jour?

Je me revois jeune adulte, bonne élève, focalisée sur mes études universitaires. Je n’ai plus de rêves mais des objectifs : réussir, gagner ma vie, trouver du travail, faire ma place, monter haut sur l’échelle sociale. Plus question d’avoir la tête dans les étoiles. La lune n’a jamais nourri personne me disait-on.

Et pourtant. Ma fille me rappelle tous les jours à quel point c’est faux. Elle se nourrit de jolis mots, de dessins colorés  et elle me nourrit également, car quand je regarde ses créations cela me fait du bien. Elles éclairent ma journée.  Au quotidien, mon travail me pousse à écrire froidement, sans affects, je dois être objective, synthétique, informative. Ma créativité est limitée. C’est pour cette raison que j’ai créé ce blog, pour retrouver de la liberté.

Et si la créativité était finalement plus essentielle que je ne le pensais ?  Ma question a trouvé une réponse grâce à ma rencontre sur le net avec la blogueuse québécoise Manon Lavoie, créatrice du site mcommemuses.com.

Manon Lavoie, créatrice de mcommemuses.com

Manon Lavoie, créatrice de mcommemuses.com

Manon est une jeune femme de 37 ans. Elle vit à 40 km de Montréal. Il y a 4 ans, elle a décidé de mettre la créativité au coeur de son existence. Pendant de nombreuses années, comme de nombreuses femmes, elle a délaissée l’artiste en elle, pour se consacrer à sa  » carrière ». Manon travaillait dans la communication et le marketing. A la naissance de son premier enfant pourtant, quelque chose s’est passé. Un déclic, un changement, une subtile transformation. La créatrice en elle s’est réveillée. La muse tapie au creux de son coeur avait besoin d’espace pour exister. Un besoin si vital que Manon a eu le courage de quitter son emploi, pour créer la vie dont elle rêvait et pour motiver les autres à faire de même.

Elle partage avec nous son histoire, son parcours et sa vision de la créativité.

Sa  révolution intérieure  m’a enthousiasmée. Je remercie ici Manon, d’avoir pris le temps d’échanger avec moi via Skype et je remercie la photographe québécoise Anne Jutras de m’avoir fait découvrir son univers !

J’espère que l’histoire de Manon vous inspirera comme elle m’a inspirée !

« La créativité, c’est percer le banal pour trouver le merveilleux « . Bill Moyers

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– Bonjour Manon. Peux-tu nous parler de ton parcours. Comment  la créativité s’est -elle imposée à toi ? 

– Je crois que petite déjà j’avais une grande soif de quelque chose. Mais je ne savais pas exactement de quoi. En grandissant, mon esprit rationnel a pris le dessus. Plus j’avançais dans mes études en relations publiques où je réussissais plutôt bien, plus je me mettais de pression. Je pensais toujours à la prochaine étape. Quand je suis entrée sur le marché du travail, c’était l’aboutissement d’une longue lutte. J’aurai dû être heureuse. Et pourtant je ne l’étais pas. J’ai commencé à travailler dans le milieu de la mode mais je ne m’y reconnaissais pas. J’ai changé d’emploi, j’ai travaillé dans la communication. J’aimais relier les gens entre eux. Et puis je suis tombée enceinte de mon premier enfant. Et quelque chose a changé. Ici au Québec, nous avons un an de congé maternité . Je me suis dit que j’allais en profiter pour faire le point. Le fait est que lorsque j’ai tenu mon bébé dans mes bras, je n’avais plus envie de retourner travailler. Je n’avais plus envie de déployer autant d’énergie pour mon job. Je me sentais tellement vivante pendant cette grossesse. C’est ce qui m’a donné le courage de quitter mon travail. Le jour où j’ai démissionné a été le plus beau de ma vie.

– Comment as-tu géré ce passage. Toi qui était indépendante financièrement ?

– Quand j’ai déposé ma démission. Mon boss voulait me retenir en me proposant un meilleur salaire. Et pourtant cela n’a pas suffit à me faire changer d’avis. Moi qui avait tellement peur de l’insécurité financière, j’ai réussi à me dire :  » Non ! Maintenant je suis riche même si sur mon compte c’est tout l’inverse ». Alors biensûr mon mari a été super. Il a suivi.  Je suis restée active, j’ai commencé à travailler depuis chez moi en free-lance. Je rédigeais des communiqués de presse. J’ai eu mon second enfant. J’ai été également rédactrice-en-chef d’un magazine web.  Mais là encore j’étais dans le syndrome de la performance. Comme si je devais prouver à l’extérieur que je méritais de vivre. Un jour j’ai décidé, de lâcher prise et de cesser de courir après tout. La semaine suivante,  j’apprenais que j’étais enceinte de mon troisième enfant. Je crois que chaque enfant que nous portons nous apporte une énergie particulière. Et ma petite Olivia m’a apporté énormément. J’ai renoué avec ma créativité. Moi qui avais toujours pensé ne pas être manuelle, je me suis mise à faire de la couture. J’ai acheté une vieille machine à coudre. Je ne savais même pas comment mettre le fil. Et puis un soir, je me suis dit :  » Arrête ! » J’ai donné mon bébé à mon mari, j’ai pris un verre de vin et je me suis mise à fabriquer ma première pochette en tissu.

– La porte de ta créativité s’est ouverte alors ?

-Oui. J’ai commencé à faire des photos, à écrire. Cela m’a transformée. J’avais le sentiment de me mettre au monde. Moi qui projetais tout le temps ma vie dans le futur. J’ai commencé à vivre l’instant présent. Et puis j’en suis venue à créer des ateliers pour développer la créativité d’autres femmes. J’ai créé un blog, puis j’ai organisé des escapades avec des femmes pour les aider à se reconnecter avec elles-mêmes grâces aux arts -créatifs. Un jour une ancienne connaissance m’a demandé de faire une conférence sur la créativité. Je me disais, mais pourquoi moi, je ne suis pas légitime, j’étais touchée par le syndrome de l’imposteur.  Mais j’y suis allée. Malgré tout je me suis dit qu’il fallait guérir quelque chose en moi. J’ai suivi une formation de coaching et cela apaisé mon mental. Mais j’ai compris que j’avais déjà tout en moi pour faire ce que je voulais faire : aider les femmes à renouer avec leur créativité. J’ai décidé de partager ce que j’avais appris sur mon propre chemin. M comme Muse est né comme cela.

– Quel est l’objectif de ce projet ?

– J’utilise toute forme d’expression et j’invite les femmes à vider leur tête pour renouer avec leur coeur. Ce qui compte ce n’est pas le résultat, c’est le processus. C’est faire quelque chose qui nous fait du bien. C’est un retour vers soi. J’ai beaucoup de clientes qui sont des femmes d’affaires, toujours pressées. Des dirigeantes débordées. Je leur offre un espace où elles peuvent s’oxygéner.

– En quoi cela est-il important de se relier à sa créativité ?

– J’ai appris que à force de vivre dans le mental on finit par subir notre vie. Nous fonctionnons alors en pilote automatique. Je crois que la créativité c’est un espace à explorer. Elle est en chacun de nous. C’est un état naturel, notre part intuitive. Nous sommes tous uniques. Nous ne pouvons pas être heureux en nous censurant sans cesse. Beaucoup de femmes vivent également dans la culpabilité, elles ne prennent pas de temps pour elles. Pourtant, lorsque nous faisons des choses pour nous-mêmes, nous nous remplissons d’une énergie que nous redonnons aux autres. Quand tu donnes beaucoup d’énergie pour quelque chose qui ne te remplit pas. Tu te vides. C’est un chemin de tous les jours d’apprendre à se faire confiance, à oser s’exprimer. Mais c’est un processus qui fait grandir et qui amène à un bien-être durable.

– Quel est le message que tu souhaites faire passer aux femmes et aux hommes aujourd’hui ?  

– Je crois qu’il est sain d’oser prendre le temps de ne rien faire. Nous sommes tous tellement sollicités. C’est important de s’offrir son espace à soi, car c’est dans le moment présent que tout se joue. C’est important également d’être bienveillant avec soi, de pleurer ses doutes, ses colères. On peut exprimer ses frustrations à travers l’écriture par exemple, c’est libérateur. Ce processus est guérisseur et il nous permet d’aller plus loin dans notre vie. On devient alors des créateurs !

©larevolutioninterieure.com

Liens pour aller plus loin :

– Un très beau coffret-jeu pour renouer avec sa créativité féminine !

-Et le site de Manon Lavoie !

Une expérience sur la motivation !

« Motiver, c’est inverser le sens de l’énergie. » de François Proust

Vous avez tous en tête ces messages matraqués dans les médias qui nous incitent à manger 5 fruits et légumes par jour et à faire du sport parce que c’est bon pour la santé. Nous ne sommes pas idiots, nous savons bien ,évidemment, que nous serions en meilleure forme si nous faisions plus d’exercice. Mais bien souvent nous avons du mal à nous motiver à faire tout cela. Nous réagissons peut-être aussi à une forme d’oppression : il faut faire ceci ou cela et en réaction, nous ne le faisons pas.

A Stockholm en Suède, on a pris le problème autrement. Dans la vidéo ci -dessous  des ingénieurs se sont demandés comment inciter les gens à prendre les escaliers plutôt que l’escalator afin qu’il fassent un peu plus d’exercice sans s’en rendre compte. La réponse est édifiante : en les amusant ! Et voyez par vous-même : les résultats sont étonnants !

« Encouragez l’innovation. Le changement est notre force vitale, la stagnation notre glas. »  David M. Ogilvy, publicitaire britannique

Source de la vidéo : http://www.thefuntheory.com/

Lien pour aller plus loin: 

Tout savoir sur ce qui nous motive

Emile Coué : le père de la psychologie positive !

Emile Coué

Emile Coué est l’un des inventeurs  de la psychologie positive au 20ème siècle. Ce pharmacien français, pionnier des thérapies brèves orientées vers les « solutions » a connu une renommée internationale dans les années 1920 avant de sombrer dans l’oubli. 

Une erreur que tente de réparer aujourd’hui le coach français Luc Teyssier d’Orfeuil,  co-directeur de la société Pygmalion Communication.  Luc Teyssier d’Orfeuil a publié différents livres sur Emile Coué dont  l’excellent ouvrage, disponible actuellement en librairie :«  Etre heureux avec la méthode Coué » co-écrit avec Jean-Pierre Magnes. Il est également le fondateur du site internet methodecoue.com. Il nous livre ici l’histoire d’Emile Coué et partage avec nous les découvertes de cet homme visionnaire.

 » Ce n’est pas la volonté qui est la faculté première de l’homme, mais l’imagination » Emile Coué ( 1857-1926 )

 » Le petit marchand de bonheur »

Comment Emile Coué est-il devenu ce thérapeute avant-gardiste qu’il fût pourtant à l’aube du 20ème siècle ? Rien ne prédestinait le jeune Emile à devenir le conférencier international qu’il a été dans les années 1920. Pour la petite histoire, Emile Coué naît en 1857 à Troyes. Elève brillant, il rêve de devenir chimiste mais la situation financière précaire de sa famille l’empêche de suivre cette voie. Il choisit alors le métier de pharmacien et ouvre sa propre officine à l’âge de 26 ans dans sa ville de naissance.  Emile Coué est un homme naturellement chaleureux et sympathique. Il ne se contente pas de vendre des remèdes.  « Chaque patient qui venait se fournir en médicaments chez lui repartait toujours avec une petite phrase d’encouragement.  » Il leur disait par exemple  : Vous verrez après 5 jours de ce traitement, ça ira mieux. Et il constatait que sa manière de s’exprimer influençait de manière positive l’état de santé des malades qui venaient le voir. Il découvre à ce moment là de manière empirique ce qu’on appelera l’effet placebo. Les mots qu’il utilisait avait un effet guérisseur sur les patients qui venait dans son officine« , explique Luc Teyssier d’Orfeuil.

Ce coach français, ancien comédien, et animateur d’ateliers autour de la communication est passionné depuis de nombreuses années par le parcours fascinant et les découvertes visionnaires d’Emile Coué. Il a passé beaucoup de temps à épousseter les archives concernant cet apothicaire atypique.  » Ce qui est vraiment intéressant avec Emile Coué, c’est qu’ il commence à élaborer de manière intuitive les premiers concepts de ce qui deviendra une véritable méthode de guérison« , explique Luc Teyssier d’Orfeuil.

Emile Coué observe que les paroles positives entraînent des effets bénéfiques sur l’état de santé des malades. Il décide donc de comprendre  les mécanismes psychologiques de la guérison. Il découvre alors l’existence d’un médecin original, le docteur Ambroise-Auguste Liébeault qui exerce à Nancy et obtient des résultats étonnants par la pratique de l’hypnose. Il lui rend en 1886 une première visite et se passionne dès lors pour cette discipline relativement nouvelle fondée sur la suggestion verbale. Il prend également connaissance des travaux du professeur Hippolyte Bernheim, dans lesquels il trouve la confirmation des principes qu’il pressent et expérimente. Ces deux personnalités représentent l’École de Nancy, courant qui se distingue à l’époque, dans ses conceptions relatives à l’hypnose, de l’École de la Salpêtrière du docteur Charcot.

( Source Wikipédia )

 A l’aube du 20ème siècle, l’Europe ne jure que par Freud. Les psychiatres se concentrent  sur les causes de la souffrance psychique et l’analyse apparaît comme le traitement le plus adapté. Emile Coué s’intéresse à une toute autre voie. Il ne cherche pas à comprendre l’origine des maladies et préfère se focaliser sur le processus  de  guérison. Une seule question guide son travail  : Comment faire pour aller mieux ? Jour après jour, l’apothicaire affine ses méthodes. Il obtient des résultats, travaille dans le Nord de la France avec  » les gueules cassées « , ces soldats défigurés par les gaz et les obus durant la première guerre mondiale. Il utilise avec eux des techniques de visualisation, afin de les aider à accepter leur nouvel état. Emile Coué rassemblera ses découvertes au sein d’un seul livre publié en 1922 » La maîtrise de soi-même par l’autosuggestion consciente ». Cet homme curieux et discret ne cherchera pas le succès, c’est le succès qui viendra cependant à lui.  » Dans les années 20 ses conférences sont pleines à craquer. Ses découvertes font le tour de la planète. Certaines personnes viennent alors du monde entier pour bénéficier de ses techniques. A la fin de sa vie, juste avant sa mort en 1926 , il organisera  jusqu’à 6 conférences par jour« , relate Luc Teyssier d’Orfeuil.

La maîtrise de l’auto-suggestion consciente

La force des découvertes empiriques d’Emile Coué réside dans leur simplicité. Pour le pharmacien initié à l’hypnose par les psychiatres de l’Ecole de Nancy, l’état de transe est un état naturel de l’être humain, une sorte d’état de veille. Il considère que l’état hypnotique n’est pas pathologique mais qu’au contraire, on peut  le provoquer consciemment et s’en servir pour transformer les croyances négatives. Une position qui va à l’encontre de celle défendue par les adeptes de l’école de Charcot qui considèrent que l’état de transe est un état pathologique spécifique propre aux hystériques.

«  Emile Coué a observé que nos croyances, nos pensées ou les mots que nous utilisons créent la réalité que nous vivons et que la multiplication de paroles positives neutralise les pensées négatives« , précise Luc Teyssier d’Orfeuil. Dans son livre  « Etre heureux avec la méthode Coué« , il propose de façon pratique et ludique un résumé de la pensée du père français de la psychologie positive.

Il y livre les 2 postulats de base d’Emile Coué :

1) Toute pensée que nous avons en tête devient réalité dans la limite du raisonnable ( la définition du mot raisonnable dépend de chacun ).

2) Contrairement à ce que l’on nous enseigne, ce n’est pas la volonté qui nous fait agir mais notre imagination.

«  Ce qui est dommage, explique Luc Teyssier d’Orfeuil, c’est que la pensée d’Emile Coué a été détournée. » La fameuse affirmation -Quand on veut, on peut- lui est souvent associée, mais c’est une erreur. Il s’agit d’un vieil adage gaulois qu’on lui attribue à tort. Emile Coué nous dit au contraire que notre plus grande force c’est  l’imagination et non la volonté. Dans de nombreuses situations, notre volonté est impuissante. Nous avons tous débuté une phrase qui commence par Je veux et qui se termine par …mais je ne peux pas. En fait plus je veux moins je peux », résume le coach français.

« Pour Emile Coué inconscient et imagination sont synonymes. Il ne fait pas de différence entre les deux. Il explique qu’entre la volonté et l’imagination, c’est toujours l’imagination qui l’emporte. L’imagination peut être conduite par l’autosuggestion. L’autosuggestion n’est rien d’autre que l’implantation d’une idée en soi-même par soi-même. On peut le faire grâce à la répétition de certaines formules, en utilisant la visualisation ou en écrivant ce que l’on souhaite », poursuit -il.

Dans son unique ouvrage l’apothicaire éclairé explique  » que c’est bien la répétition consciente d’une  parole positive qui agit« . « Emile Coué  observe également que le conditionnel crée le doute et programme notre cerveau à la possibilité d’échouer.  » Les mots Je voudrais bien amènent toujours …mais je ne peux pas.  Emile Coué  comprend également que l’utilisation du présent renforce ce qui est déjà positif en nous. C’est exactement ce que dit aujourd’hui la psychologie positive ou la programmation-neuro-linguistique « , conclut Luc Teyssier d’Orfeuil.

Emile Coué : un avant- gardiste oublié 

Les travaux d’Emile Coué font très vite le tour du monde. Il se rend fréquemment en Grande-Bretagne, en Suisse et en Belgique pour y donner des conférences. L’acceuil y est toujours chaleureux. En 1923, Emile Coué traverse l’Atlantique pour rejoindre les Etats-Unis. Il est acceuilli à sa sortie de bateau comme un héros. Il sera reçu par le Président américain Calvin Coolidge et donnera une conférence à New-York devant un public enthousiaste. Ses idées résonnent très fortement avec l’état d’esprit du  » Nouveau Monde ».    » Emile Coué expliquera cet engouement par le fait que les Etats- Unis, comme toute jeune nation , sont davantage tournés vers l’avenir que l’Europe restée focalisée sur le passé », précise Luc Teyssier d ‘Orfeuil.

Malgré cette reconnaissance internationale, la méthode développée par Emile Coué fait grincer des dents en France. Il est régulièrement menacé de procès par l’ordre des médecins pour pratique illégale de la médecine. Dans les textes officiels consultés par Luc Teyssier d’Orfeuil, les médecins constatent que les résultats sont là, mais comme il n’y a pas de preuve scientifique qui valide ces résultats, ils se mobilisent pour que les Instituts Coué ne soient pas reconnus d’utilité publique.« Il faut comprendre que ces découvertes ébranlent deux lobbys très puissants en France à l’époque : les médecins et l’Eglise« , souligne Luc Teyssier d’Orfeuil. « En France l’héritage judéo-chrétien est encore très présent.  Il y a cette idée qu’il est nécessaire de souffrir dans cette vie pour obtenir quelque chose. La simplicité de sa méthode est donc jugée suspecte « .  Les élites de l’époque n’ont semble-t-il pas intérêt à ce que les concepts du pharmacien soient largement appliqués. Emile Coué s’éteint en 1926 à l’âge de 69 ans. Après le seconde guerre mondiale, ses amis souhaitent transmettre ses enseignements. Ils tenteront de créer des instituts dédiés aux méthodes d’Emile Coué à Paris, à Nancy et à Lausanne en Suisse mais ces projets seront constamment freinés , surtout en France. Dans le même temps la psychanalyse s’imposera dans l’hexagone comme la seule réponse ,scientifiquement valable, à la souffrance psychique.

Le message d’optimisme et d’espoir d’Emile Coué, la simplicité et l’efficacité de ses méthodes méritent selon moi d’être éclairées à nouveau à la lumière du 21ème siècle.

Alors n’hésitez pas à découvrir ou redécouvrir le travail de cet homme visionnaire  !!!!

“Si vous souffrez ne dites jamais : je vais essayer de faire disparaître cela mais je vais faire disparaître cela, car lorsqu’il y a doute, il n’y a pas de résultat.” Emile Coué

« L’homme est ce qu’il pense. S’il se croit riche, il est riche. S’il se croit pauvre, il est pauvre »  Emile Coué

Liens utiles :

Le site methodecoue.com

Ecoutez Emile Coué en mp3

Rencontre avec un explorateur de la conscience humaine !

Zack Hunter est un jeune écrivain américain âgé de 25 ans. Il vient de publier son premier roman, disponible sur internet. Les 246 pages d’Emily Virosa ont été écrites cet été en seulement 13 jours. C’est une oeuvre littéraire non identifiée. Un roman quasi-chamanique. L’auteur nous convie à un voyage philosophique sur les thèmes de l’amour éternel, de la peur, de  la mort et de la recherche constante d’ une vie pleine de sens. Ce livre est le premier tome d’une série de trois volumes. Les deux autres, Zack Hunter compte les écrire loin du monde. Dans un mois, il largue tout pour rejoindre un coin perdu des Etats-Unis et vivre sa vie d’artiste au sein d’une communauté auto-suffisante sans internet et sans téléphone. Autant vous dire que l’interview que vous allez lire sera bientôt inédite. Cet auteur insomniaque  partage un point commun avec les poètes français Arthur Rimbaud et Charles Baudelaire, il est synesthète. Il a bien voulu répondre à mes questions et je l’en remercie !

« Vous êtes un explorateur, et vous représentez notre espèce et le plus grand bien que vous pouvez faire est de ramener une nouvelle idée, parce que notre monde est menacé par l’absence de bonnes idées. Notre monde est en crise à cause de l’absence de la conscience « .
– Terence McKenna, écrivain américain

Un roman de Zack Hunter

-Que raconte ton livre Emily Virosa et comment l’as-tu écrit ?

J’ai écrit Emily Virosa en 13 jours, entre la nouvelle lune et la pleine lune cet été. L’histoire elle-même est un voyage philosophique à travers divers états méditatifs. J’y parle de l’amour éternel, de la peur, de la mort et de la recherche d’une vie pleine de sens. C’est le premier roman d’une trilogie, il y en aura donc deux de plus que je vais écrire parce que cela fait partie de mon chemin. Lorsque l’idée d’Emily Virosa est née, j’ai senti un désir irrésistible d’écrire. J’ai toujours été intéressé par la nature même de la conscience. Et à force de chercher j’ai finalement réalisé que c’est la conscience qui crée la réalité et non pas la matière qui crée la conscience. Une fois que j’ai compris que tout ce que nous sommes n’est qu’une illusion du mental et que le temps et l’espace dépendent de notre état de conscience,  j’ai écrit mon livre jusqu’au dernier mot sans m’arrêter. J’ai bu beaucoup de café et j’ai beaucoup fumé au cours de ce processus.  Une fois que j’ai eu fini, je l’ai envoyé à mon éditeur. Elle a pris soin de corriger les erreurs grammaticales. La seule chose qu’elle voulait enlever était une  phrase dans l’une des scènes de sexe, mais je l’ai laissé !

-Peux-tu nous parler de ton enfance et de ton parcours d’auteur?

Bien sûr. Pour résumer, j’ai grandi en Californie dans un environnement relativement « normal »  selon un mode de vie suburbain tout à fait classique. Je pense que mes parents n’attendait pas forcément un enfant comme moi. Mon enfance a été parcourue d’ expériences mystiques qui m’ont à la fois effrayé, puis rendu admiratif, avant de me laisser perplexe. Je ressentais très fortement les gens autour de moi. Une hypereceptivité dont je ne savais pas quoi faire. Je savais que j’avais du sang autochtone dans les veines mais je n’avais aucune tribu pour me montrer le chemin. J’ai dû suivre ma propre route. Donc, à partir de l’âge de 9-13 ans, c’est ce que j’ai fait. J’ai commencé à  m’adapter au monde environnant puis mes amis skaters m’ont initié au cannabis. Je me souviens très bien de la première fois où j’ai vraiment commencé à penser par moi-même. Je suis alors devenu alors exactement qui j’étais et qui je voulais être. Les aspects chamaniques de mon écriture découlent directement de mon désir incessant de vérité. J’ai plongé la tête la première dans toutes les expériences et je l’ai fait à plusieurs reprises pour comprendre exactement ce que nous sommes et ce que nous sommes capables de faire.  Rêver, provoquer des sorties hors du corps, méditer en expérimentant  la privation sensorielle, j’ai tout tenté. Je suis allé très loin. Je n’ai jamais tourné autour du pot et  je n’ai jamais laissé la peur avoir une prise sur ma façon de vivre ces expériences.  Découvrir qui nous sommes, c’est aussi le sens de ma quête d’écrivain.

-Quels sont les auteurs qui ont guidé tes pas ?

Je me suis reconnu dans l’esprit  des poètes Beat pendant  un certain temps. Jack Kerouac, Allen Ginsberg, William Burroughs, et tous leurs collègues. Robert Anton Wilson et John Lily ont également été parmi mes écrivains favoris. J’ai apprécié la fiction d’Haruki Murakami, Chuck Palahniuk, Philip K. Dick, et surtout Tom Robbins, qui était un ami de Terence McKenna. Robbins aurait totalement improviser ses romans. J’aime faire la même chose. Une fois que je suis lancé je peux écrire pendant 12 heures d’affilée.

( Tous ces auteurs sont des écrivains américains reconnus pour leur romans initiatique, d’anticipation, de science-fiction, ou encore leur écriture chamanique et leur philosophie avant-gardiste. Ce sont des psychonautes qui utilisent leur art, l’écriture, pour aller sonder différents espaces inexplorés de la conscience humaine ndlr).

-Tu es né avec un gène qui modifie tes perceptions sensorielles. Qu’est ce que la synesthésie et comment influence-t-elle ton rapport au monde ?

La synesthésie est un phénomène très intéressant. En fait, mon sens de l’ouïe et de la vue sont  indissociables. Je vois et j’entends en même temps : c’est comme si j’avais deux sens en un. Donc, quand je vais dans le monde ou quand je médite, j’entends ce que je vois et je vois ce que j’entends. C’est difficile à expliquer, mais j’aime faire des aller-retours entre ces univers- là, entre mon espace intérieur et l’extérieur. Cela se produit  involontairement ou alors quand je me concentre dessus. J’aime particulièrement regarder les choses et écouter leurs possibilités. C’est comme si cela ouvrait une dimension tout à fait différente de la résonance et de la beauté.

Je peux voir dans mon esprit les formes cymatiques qui se créent lorsque  j’écoute de la musique électronique. Cela ressemble à des motifs géométriques et des fractales avec des couleurs variables de l’arc-en-ciel et des tons pastels qui se mélangent.  On pourrait décrire cela comme de l’ argile liquide. La musique  techno, surtout minimaliste, frappe vraiment une corde sensible chez moi pour cette raison. Quand je joue aussi du bol tibétain sur ​​mes genoux, je peux voir des formes cymatiques couleur or couler à travers mon corps et l’esprit du bol.

C’ est très complexe et je considère que c’est une bénédiction car cela me permet de puiser dans une source  profonde de la conscience. La plupart du temps il y a tellement d’énergie en moi que j’ai du mal à dormir. Pour moi il y a différents « Autres mondes » qui sont comme des multiples couches de la perception.

Pour mieux vous faire comprendre ce qui se passe dans l’esprit de  Zack Hunter voici deux vidéos qui montrent l’effet du son sur la matière .

 

 

 

 

-Tu vas te retirer du monde pour écrire la suite d’Emily Virosa. Pourquoi  ?

Je ne suis pas un ermite, renfermé sur lui-même.  Lorsque j’évoque le fait de vouloir me retirer du monde, les gens me parle de solitude et ils ne comprennent pas. Ils ne réalisent pas que la plupart du temps, je me sens beaucoup plus seul dans mon appartement devant mon écran d’ordinateur. Là où je compte vivre et travailler je ne serai pas seul. Je serai avec d’autres personnes qui partagent les mêmes désirs et les mêmes objectifs d’autosuffisance que moi. Il est plus judicieux de vivre et de travailler en groupe. C’est drôle comment les villes peuvent pousser un grand nombre de personnes dans leurs propres petits mondes à cause de l’Internet ou de la télévision ou autre chose. Je pense que les êtres humains sont des petits morceaux de la Terre elle-même et que l’unité est nécessaire.

-Quelle est ta vision de l’avenir de l’humanité ?

Je ne sais pas ce qui va arriver. Je soulignerai simplement ceci. Regardez les modèles. Les choses ne tournent pas rond dans ce monde. La plupart des gens semblent se débattre  avec des tas de problèmes qui découlent de cette  société dans laquelle nous vivons et cela ne va pas en s’améliorant. Nombreux sont ignorants de ce qui se joue. D’autres sont conscients de ce qui se passe et ne savent pas quoi faire. Ils manquent d’idées. Elles n’ont pas été enseignées à l’école publique de la survie, ça c’est sûr. Nous ne pouvons rien attendre de mieux sauf si nous décidons de faire quelque chose. De nouvelles méthodes doivent être appliquées. A chacun de faire son choix. Personnellement, tout ce que je sais, c’est que j’en ai assez d’essayer de m’adapter à des concepts dépassés. La civilisation telle que je la vois est corrompue et dépouillée de l’abondance et je refuse de participer à cela et de continuer à fournir de l’énergie pour que cette société survive. Elle avale la vie elle -même et entraîne de nombreuses personnes dans son gouffre. Je vais la regarder tomber.

-Quelle est ta vision du bonheur alors ?

Eh bien, je ne sais pas pour toi, mais je ne peux pas vraiment être une personne heureuse en sachant que je fais partie du problème en restant dans le jeu de cette société. C’est comme mentir à moi-même. J’ai atteint un point de non-retour. Si je veux être une personne heureuse ou du moins satisfaite de ce que je fais avec cette existence temporaire, j’ai besoin de quitter tout cela et de vivre une vie simple, aussi éthique que possible. Peut-être que je ne serai jamais vraiment  heureux, mais au moins j’aurai essayé. Si je n’essayais pas  ma vie serait une erreur.  Je veux apprendre à vivre en auto-suffisance et je vais apprendre cela  directement auprès de ceux qui l’ont fait pendant des décennies dans des régions difficiles des Etats-Unis avec succès. Je ne vois pas de meilleure façon d’obtenir un savoir pratique. Il y aura toujours un besoin de bras et d’ esprits pour mettre en place des communautés autonomes et j’ai l’impression que c’est un sage premier pas vers mes objectifs personnels. C’est une forme de résistance. Comme aller à contre-courant. C’est inévitable si vous ne souhaitez pas suivre ce flux qui ressemble à une spirale descendante vers l’auto-destruction collective. Bien sûr, ce n’est pas «facile» mais il n’y a pas d’autres choix pour moi.

-Quel serait ton message aux jeunes qui se désespèrent de l’état du monde ?

Mon message serait celui-ci. Si vous ne parvenez pas à bâtir un monde  meilleur à l’intérieur des limites invisibles de la société, alors quel est l’intérêt de participer à cette société ? Créez votre propre éco-village ! Remboursez vos dettes, trouvez un stage traitant de l’autosuffisance soit localement, soit à l’étranger et menez votre chemin vers une vie meilleure. C’est juste mon avis, parce que c’est la seule chose qui fait sens pour moi en ce moment. Demandez-vous profondément et honnêtement ce que vous voulez et ce que vous voulez faire et travaillez à vos objectifs une étape à la fois. N’ayez pas peur de changer et d’ aller à contre-courant.

-Quel est ton objectif en tant qu’écrivain ?

Mon but en tant qu’écrivain est d’emmener mes lecteurs dans un espace à la fois drôle et inspirant. J’ai commencé à écrire parce que je me suis ennuyé avec beaucoup de fictions et de poésies. Il semble que beaucoup d’écrivains se contiennent, je sais qu’il y a beaucoup de choses à dire dans la retenue, mais personnellement je tiens à ne rien cacher de mon écriture. La fiction nous emmène de l’autre côté du miroir, si vous avez envie de visiter cet espace invisible, n’hésitez pas à me lire.

« L’humanité a avancé, quand elle a avancé, non pas parce qu’elle a été sobre, responsable et prudente, mais parce qu’elle  a été ludique, révoltée et immature » de Tom Robbins

« La nature aime le courage. Engagez-vous et  la nature répondra à cet engagement en supprimant les obstacles impossibles. Rêver un impossible rêve et le monde ne va pas vous broyer, il vous élèvera. » 
de Terence McKenna

Le livre Emily Virosa de Zack Hunter

Le blog de Zack Hunter

Un lien sur les différents types de synesthésie

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