Et si on prenait soin de notre joie de vivre ?

  » Ce qui compte c’est la puissance de la joie qui éclate à la vitre de nos yeux. Une apparition, une seule et tout est sauvé ».

Christian Bobin, écrivain français

Photo Florence Bonnet

Photo Florence Bonnet

Regardez ces enfants. Ils jouent. Ils s’amusent. Ils sont pleinement vivants. Cela n’aura peut-être duré qu’un instant, mais lorsque je contemple cette image, je plonge toute entière dans leur joie. Je m’y reflète et mon côté sombre s’y noie. J’aime me baigner dans cette joie transparente. Elle me lave et me nettoie. Je brille alors comme une poussière d’or. Le souci, c’est qu’il suffit d’une bourrasque pour mettre cette joie à terre. Un conflit, une frustration, un échec la piétinent en un instant.

Le baromètre de mes humeurs est aussi inconstant qu’un ciel breton. Des nuages passent entre deux éclaircies. Il pleut. Il fait beau.Il fait froid. Il fait chaud. En une seule journée, je peux vivre toutes les saisons. Un coup d’oeil sur les informations du jour et me voilà morose. Un changement imprévu et me voilà fébrile et angoissée. Une incertitude et me voilà anxieuse. Des changements climatiques si troublants que parfois ils dérèglent ma boussole intérieure.

Comment faire alors pour retrouver un peu de cette stabilité joyeuse qui m’habite pourtant la plupart du temps ? C’était ma question du moment. Et comme d’habitude la réponse est arrivée par le biais d’une rencontre.

 

 

Patricia Delahaie

Patricia Delahaie

 

Patricia Delahaie est l’auteur de  » Comment garder le moral même par temps de crises« . Ce livre nourri par de nombreux témoignages est un véritable travail d’investigation. Psychosociologue de formation, Patricia Delahaie a été journaliste avant de devenir conférencière et coach de vie . Elle est l’auteur de plusieurs best-sellers parmi lesquels  » Ces amours qui nous font mal  » et  » Etre la fille de sa mère« .

garder le moral 001

Rencontre avec une femme qui a choisi le bonheur !

 » J’ai écrit ce livre, parce que je voulais comprendre pourquoi à difficultés de vie égales, certaines personnes arrivaient à garder le moral et d’autres non « , m’explique Patricia Delahaie. Nous avons tous été confrontés  un jour ou l’autre  au deuil, à une perte d’emploi, à une rupture amoureuse. Autant de tremblements de terre intérieurs qui nous secouent et nous laissent parfois en ruine. La tentation est grande alors de s’enfermer dans une souffrance asphyxiante. Pourtant, certains parmi nous arrivent à se reconstruire avec une force d’âme qui défie les lois de la gravité. Ils deviennent plus légers quand d’autres sont irrémédiablement attirés vers les abîmes. Qu’ont-ils de plus que les autres, ces êtres qui regardent toujours vers le haut ? »La première chose qui m’a interpellée, c’est que les personnes qui gardent le moral, ont toujours leur bonheur dans le viseur. Elles pensent toujours à être les plus heureuses possibles quelque soit  leur situation. Elles ne culpabilisent pas de se faire du bien. Au contraire, quand elles vont mal, elles inventent des stratégies pour aller mieux« , détaille l’auteur.

Quand la déprime guette, il est souvent très facile de s’enrouler dans la confortable couverture de la victime en attendant que le monde ou les autres changent pour retrouver le sourire. Une attitude que refuse d’emblée les personnes positives.  » La force des personnes qui ne se laissent pas abattre, c’est qu’elles sont réalistes. La vie est parfois difficile, elles le savent. Elles savent aussi que si elles ne prennent pas soin de leur bonne humeur, elle s’en ira. Il suffit d’un rien pour avoir le moral à zéro, alors elles se protègent« , explique-t-elle. Elle poursuit :  » Les personnes positives sont créatives. Elles se connaissent bien et ne s’attardent pas sur leurs traumatismes. Elles savent dire ce qu’elles ressentent avec précision et vont adapter le monde extérieur à leur monde intérieur. Si elles sont hypersensibles, elles vont éviter les films sombres et les discussions plombantes. Elles font très peu de choses par obligation. Elles assument le fait de vouloir aller bien « .

Garder le moral serait ainsi une posture à prendre. Une posture qui nous donnerait le droit de refuser tout ce qui mine notre bien-être intérieur. Une posture qui nous inviterait à ne pas ajouter du malheur au malheur surtout dans les situations de crise. Mais quand rien ne va comment garder le cap ?

 » Notre humeur n’est pas linéaire. Nous devons l’accepter. Ne culpabilisons pas de parfois baisser les bras. On fait comme on peut« , explique la conférencière. Pas question de céder non plus à une sorte de tyrannie du bonheur qui nous interdirait des passages à vide. Les émotions négatives existent. Il serait même sain de s’y abandonner. Mais pas trop longtemps. Un passage dans la machine à laver émotionnelle, peut certes nous essorer, nous nettoyer en profondeur, mais il faudrait savoir stopper le programme au bon moment, pour ensuite entamer un nouveau cycle : la recherche de solutions pour retrouver un peu de bien-être intérieur. Pour cela, à chacun ses stratégies. La créativité humaine est sans limites.  » Ce que j’ai noté , c’est que quels que soient les problèmes que nous avons à affronter, le fait de porter notre attention sur les bienfaits qui existent déjà dans nos vies, permet de neutraliser la puissance des idées noires. On retrouve alors de l’énergie pour agir et surtout pour être créatif« , conclut-elle.

La joie de vivre se cultive !

Et quand tout va bien ? Quand rien ne devrait venir nous perturber et que malgré tout, le spleen s’engouffre au coeur de notre monde intérieur comme  un courant d’air glacé ? C’est peut-être le signe qu’une fenêtre est restée ouverte trop longtemps. Selon Patricia Delahaie les baisses de moral seraient avant tout des messages à prendre en compte  :  » Les chutes de moral sont des signaux d’alarmes, elles indiquent une sensibilité particulière à des pensées, des situations, des remarques. La fatigue, le changement, les doutes, l’éparpillement favorisent les baissent d’énergie« , note-t-elle. C’est pour cette raison qu’il est si important de revenir à soi : « Les personnes qui gardent le moral se sont installées dans leur propre style. Elles savent ce qui fait leur bonheur et elles le recherchent à chaque moment de leur existence. Elles cultivent la joie de vivre en la nourrissant au quotidien. Quand elles sont tristes ou déprimées, elles s’arrêtent et se demandent ce qui ne va pas « , développe Patricia Delahaie.

Prendre soin de sa joie serait l’une des conditions d’un bonheur intérieur durable. Il serait également  primordial de connaître nos besoins et de faire le tri dans nos pensées, car notre mental est puissant.  80 000  pensées nous traversent ,parfois à notre insu, chaque jour. Faut-il toutes les retenir ? Dans son livre, Patricia Delahaie évoque le cas de Zinédine qui explique comment il essaie au quotidien de ne pas se laisser dominer par ses pensées. Maîtriser son monologue intérieur en n’accordant pas autant d’importance à la voix qui dénigre, qui râle, qui voit tout en noir demande une certaine discipline. C’est vrai. Mais c’est une manière de ne pas abdiquer, de continuer à avancer. Pour Patricia Delahaie, garder le moral signifierait donc avant tout  » ne pas se décourager de vivre « . Qu’est-ce qui nous donne envie de vivre ? Voilà la question qui mériterait d’être posée plus souvent. Les réponses se cachent dans les profondeurs de notre âme, cet oasis où nous irons puiser nos forces lorsque nous traverserons des déserts.

Patricia Delahaie avoue que l’écriture de ce livre l’a transformée. Elle m’explique qu’aujourd’hui, elle se laisse beaucoup moins démoraliser.  » Avant quand j’étais malheureuse, j’y croyais totalement. Maintenant au lieu de me dire que je suis malheureuse, je me dis que j’ai été contrariée par ceci ou cela. C’est très différent. Je me donne aussi beaucoup plus le droit d’éviter ce qui m’enfonce. C’est important de prendre soin de son moral. Si je ne prends pas soin de moi, qui va le faire ? »

Je retiens que prendre soin de soi est un devoir, un pacte que nous devons conclure avec nous-même au quotidien. Je retiens également que nos tempêtes intérieures ne sont que passagères, et que nous les traversons tous un jour où l’autre. Je retiens enfin qu’il est plus judicieux de regarder passer nos pensées avec le détachement d’un brin d’herbe. Nos pensées sont comme les nuages, elles ne font que courir dans le ciel. Où peuvent donc bien aller les nuages ? Ne finissent-ils pas par se dissoudre ?

C’est drôle le pouvoir des mots. Il me suffit d’écrire ces dernières lignes, et l’image d’un soleil jaune  comme une orange s’impose sous mes doigts et éclaire mon clavier. C’est sans doute le temps qu’il fera demain. Demain est un mot ensoleillé. Il est juteux de promesses. Mais il y a un autre mot plus fort encore. C’est « maintenant ». Maintenant. Je peux lui mettre du bleu, du jaune, de la nuit ou du jour. Maintenant je peux en faire ce que je veux, car au fond l’artiste de ma vie, c’est toujours moi, ici et maintenant.

Et vous ? A quoi ressemble votre soleil ? Qu’est-ce qui vous fait du bien ? Qu’est -ce qui vous remonte le moral ?

N’hésitez pas à partager vos expériences sur le sujet !

NB : Merci à la photographe Florence Bonnet pour avoir collaboré à cet article ! Ses portraits d’enfants sont fabuleux ! Allez voir !

©larevolutioninterieure.com

Liens pour aller plus loin :

-Le blog de Patricia Delahaie

Comment garder le moral, même par temps de crises  

6, 10 euros Le livre de poche 

30 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. berger elisabeth
    Avr 24, 2013 @ 22:14:20

    En ce moment, c’est toi, Sandra😀 Je suis regonflée à bloc, grâce à cet article, si juste et profond, qui n’impose pas la dictature du bonheur mais donne en-vie de devenir et demeurer cette personne qui ne se laisse pas abattre.
    Merci pour tes mots, cette belle image, plusieurs phrases se sont gravées dans ma mémoire, surtout la machine à laver les émotions😀

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    • Sandra C.
      Avr 25, 2013 @ 06:53:17

      Oh merci elisabeth !merci à toi pour tes encouragements ! et oui la machine à laver nous a bien essoré cet hiver ! mais maintenant on va séché sur des champs de lavande🙂

      Répondre

  2. mimsy4818
    Avr 24, 2013 @ 22:15:48

    Merci Cela vous remet tout se suite d »aplomb …j’essaie de « cultiver  » une certaine belle humeur pour les autres et pour moi
    Bel article que j’ai plaisir à partager

    Répondre

  3. 1cruzdelsur
    Avr 24, 2013 @ 23:22:04

    « Over the years I have observed that beauty, like happiness, is not uncommon. Not a day goes by that we are not, a moment in paradise. »
    Jorge Luis Borges
    Happiness depends heavily on our thoughts, think ahead often keeps us from happiness, distress us what can happen and that takes away the opportunity to live the moment. How easy can make us happy, a sunny day or a rainy day, white or black.
    Happiness comes in small packages.
    Un sujet et un article très intéressant et très bon, félicitations.
    Carlos

    Répondre

    • Sandra C.
      Avr 25, 2013 @ 06:57:34

      Hola Carlos !
      Borges tell us something so true ! live the moment is the key ! thank you so much for your generous thoughts, you bring here the light you catch everyday !
      you filled up my heart of joy :)have a beautiful day

      Répondre

  4. thiebaultdesaintamand
    Avr 25, 2013 @ 09:54:46

    Nous sommes tous un peu des déprimés souriants en quête du grand Bonheur, c’est vrai😉

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  5. Bernard Lamailloux
    Avr 25, 2013 @ 15:01:40

    Répondre

  6. Marie
    Avr 26, 2013 @ 06:01:49

    Quel souffle léger cet article !
    C’est cela, tu es une alchimiste de la légèreté !
    Maintenant sur je viens de lire cet article, rêvassant en regardant passer les nuages installée dans mon canapé, je me sens transportée sur un de ces nuages et je flotte dans les airs !
    J’ai pris de la hauteur et tout devient plus simple. Les doutes et les incertitudes se dégonflent, hum…. Je suis l’air !
    Merci belle alchimiste ! Que ton chaudron magique nous mijote encore de belles potions révolutionnaires🙂

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  7. psychomademoiselle
    Avr 26, 2013 @ 12:22:15

    Super article ! Sandra, tu t’en doutes, j’adore cet auteur !🙂

    Répondre

    • Sandra C.
      Avr 26, 2013 @ 12:42:12

      merci à toi de me l’avoir fait connaître elle est super sympa ! si tu veux la solliciter par mail pour un article pour ton blog elle sera enchantée c’est qu’elqu’un d’ouvert et facile à approcher son mail est sur son site🙂

      Répondre

  8. Paula
    Avr 26, 2013 @ 21:10:30

    Salut Sandra .. ce n’est pas au sujet de ce post mais je voudrais te demander quel est ton animal totem?😉

    Répondre

  9. Rétrolien: Et si on prenait soin de notre joie de vivre ? | !! Ô RaRe !!
  10. Lysa
    Mai 01, 2013 @ 23:58:53

    A reblogué ceci sur !! Ô RaRe !! and commented:
    Publications remarquées, Remarquables, et Re-Marquées… A faire savoir, connaître, suivre, etc… + si affinités😉 Bonnes Découvertes et Continuations à Nous TOUS ^O^ ++ _(*)_ NAMASTE _/\_

    Répondre

  11. Lunesoleil
    Mai 03, 2013 @ 19:03:15

    Très beau article Sandra, merci
    Je viens de trouver un extrait ‘un autre livre que l’auteur à publié :
    Ces amours qui nous font mal… de Patricia Delahaie
    Pour ton plus grand bonheur => http://tchip.wordpress.com/2012/02/18/ces-amours-qui-nous-font-mal-de-patricia-delahaie/
    Bon Weekend à toi🙂

    Répondre

  12. Rétrolien: Dis, Desnos allons boire à la P’oasis « Live and Think
  13. Marion - Le Monde des Loups
    Juil 04, 2013 @ 14:07:31

    Bel article, je suis ce que Patricia Delahaie nomme « une personne positive » et c’est plutôt sympa et très pratique, on ne perd pas le Nord. Agréable de lire ce genre d’article. Il y en a un similaire « Comment pensent les optimistes? » sur le Figaro. Je conseille également « Le pouvoir est dans le lâcher prise » sur eckharttolle. Bonne continuation.

    Répondre

    • Sandra C.
      Juil 05, 2013 @ 10:36:37

      l’optimisme et une vision positive de l’excellence sont de sérieux atouts pour vivre une vie plus sereine et surtout plus ouverte ! le lâcher prise devrait s’apprendre dès l’enfance🙂 ça aide beaucoup

      Répondre

  14. carolle paradis
    Oct 12, 2013 @ 14:19:00

    merci beaucoup !!! ce beau texte ce matin me fais le plus grand bien ….

    Répondre

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