L’EMDR pour surmonter les traumatismes !

« Un traumatisme est défini comme tout évènement extérieur au sujet qui a eu un effet négatif durable sur le soi et la psyché »

 Francine Shapiro, psychologue américaine fondatrice de la thérapie EMDR

Le congrès international des praticiens EMDR

Il y a quelques jours, je me suis rendue au congrès international des praticiens EMDR qui se tenait à Metz ( Est de la France ). Le traitement des traumatismes de l’enfant était le thème central de ce congrès.

L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing ) est une thérapie popularisée en France, il y a quelques années par David Servan-Schreiber. Cette technique utilise la stimulation sensorielle via des mouvements oculaires pour traiter les souvenirs traumatiques. L’EMDR ne peut ni effacer, ni changer le passé, mais permet de le rendre moins douloureux émotionnellement. On devient alors capable d’évoquer un souvenir traumatisant sans ressentir avec autant d’intensité l’émotion ( peur, colère, tristesse ) qui s’est manifestée au moment où l’expérience a été vécue. Depuis juillet 2012, l’EMDR est une thérapie recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé pour le traitement du stress-post-traumatique.

Lors de ce congrès, j’ ai rencontré deux psychologues très intéressants. Le français Michel Silvestre *et sa collègue anglaise Joanne Morris -Smith*.

Michel Silvestre et Joanne Morris-Smith

Rencontre avec deux pionniers des psychothérapies EMDR  

-Bonjour Michel Silvestre. Vous êtes psychologue et vous travaillez essentiellement avec les enfants. Pour quels types de troubles viennent-ils consulter ?

– Je reçois beaucoup d’enfants qui ont des problèmes de comportement à la maison ou à l’école. Certains ont été victimes de violences domestiques ou d’abus sexuels. Je travaille avec les services judiciaires spécialisés qui m’envoient des enfants hébergés en foyer. Il y a des cas lourds liés à une histoire familiale compliquée, mais je vois aussi des enfants ou des adolescents qui présentent  des formes d’inadaptation scolaire. Certains d’entre eux sont aussi simplement mal dans leur peau, tristes ou présentent des troubles du sommeil et de l’apprentissage.

-Quelles sont les causes des troubles du comportement ou de l’attention chez l’enfant ?

-Il y a plusieurs types de traumatismes qui peuvent être à l’origine de ces troubles. Il y a les traumatismes majeurs : les accidents, les deuils, les agressions et les violences. Mais il y aussi des traumatismes dits « mineurs », qui naissent dans la vie quotidienne. Ce sont des blessures psychologiques qui paraissent anodines mais qui affectent l’estime de soi de l’enfant. Par exemple, si l’enfant entend régulièrement qu’il n’est bon à rien, qu’il n’y arrivera jamais, qu’il est gaucher des deux mains. A force d’être répétées ces phrases impriment  dans le psychisme de l’enfant la croyance irrationnelle qu’il est nul et qu’il n’arrivera à rien. Cela affecte sa confiance en lui. Il peut alors développer des troubles de l’anxiété, des cauchemars par exemple. Il faut bien comprendre qu’un commentaire négatif  isolé ne va pas affecter la confiance de l’enfant. C’est la répétition de ces phrases dévalorisantes qui va poser problème et perturber l’enfant.

-En quoi dans ces cas là, l’EMDR est-elle une thérapie pertinente ?

-Les troubles du comportement sont la plupart du temps la manifestation d’évènements traumatiques qui n’ont pas été digérés. Il y a des filtres dysfonctionnels qui ont été mis en place par le trauma et qui perturbent le développement de l’enfant, comme s’il revivait indéfiniment la situation traumatisante. L’EMDR, permet de modifier ces filtres. C’est une technique intéressante, car elle va permettre non pas de changer le passé mais plutôt d’aider l’enfant à vivre avec le passé et de s’en détacher émotionnellement. On va ainsi l’aider à mobiliser de nouvelles ressources qui vont lui donner la possibilité de ne plus être prisonnier de l’évènement traumatique.

La plupart du temps on ne traite pas l’enfant seul. Une thérapie familiale est souvent appropriée. On ne s’occupe pas d’un enfant sans avoir d’abord étudié la stabilité du système familial. Si les parents sont dépassés, il est souvent nécessaire de les traiter eux aussi pour les aider à gérer leurs propres traumas, afin qu’ils puissent mieux accompagner l’enfant. J’ai reçu par exemple un jeune garçon de 8 ans qui présentait un comportement violent. Il avait perdu son père un an auparavant. Il avait des crises de colère à la maison et à l’école. Nous avons d’abord traiter le souvenir traumatique du deuil de sa mère. Il n’a fallu ensuite que quelques séances pour aider l’enfant à se libérer de sa colère. L’enfant réagit aussi souvent aux émotions de son environnement familial. Il faut comprendre que plus tôt on agit avec les enfants, plus vite on lui permet de se reconstruire. On évite alors que la souffrance s’installe et se prolonge dans sa vie d’adulte. Le traumatisme s’imprime dans l’esprit et dans le corps de l’enfant. Ces souvenirs, les font se sentir parfois perdus, angoissés, rejettés ou dévalorisés. L’EMDR permet de cicatriser les blessures de l’estime de soi.

-Cela signifie que l’EMDR est plus efficace pour soigner les troubles du comportement des enfants que les psychotropes ?

-Pour moi la réponse médicamenteuse ne doit pas être la première réponse. Parfois les psychotropes peuvent être utiles pour soulager les souffrances de l’enfant ou de l’adolescent, mais cela doit toujours être temporaire. Pour moi la première chose à faire c’est un entretien familial. Puis il faut comprendre quels filtres doivent être changé et quelles ressources on doit mobiliser pour amener l’enfant ou l’adolescent à se sentir mieux dans sa vie. L’intérêt de l’EMDR c’est aussi son efficacité. Quelques séances suffisent parfois à soulager l’enfant.

Vous Joanne, vous utilisez l’EMDR depuis plus de 20 ans  en Angleterre. Cette technique est-elle plus développée  dans votre pays qu’en France ?

– Oui, il y a plus de praticiens en Angleterre, parce que notre pratique de cette technique est plus ancienne. Mais je viens régulièrement en France et dans d’autres pays en Europe pour former des collègues. L’EMDR est déjà recommandé par notre sécurité sociale pour le traitement des gros traumatismes. Pour l’instant il n’y pas suffisamment d’études sur l’efficacité de l’EMDR sur les enfants, mais les résultats que nous avons obtenu sont très encourageants . Il y a aujourd’hui de plus en plus de conférences et de publications en Europe dans ce domaine.

-Pourquoi la thérapie EMDR est-elle davantage proposée aux patients dans votre pays en comparaison à la France ?

– Je crois que cela tient à l’histoire de la France qui met l’accent davantage sur l’approche psychanalytique. En Grande-Bretagne notre approche est plutôt orientée vers les thérapies comportementalistes. Nous proposons différentes techniques. Le patient a le choix. Dans notre pays on se pose d’abord cette question : dans cette situation de souffrance psychologique quelle est la thérapie la plus appropriée ? C’est un avantage par rapport à la France où l’approche analytique est largement privilégiée. Nous n’avons pas chez nous qu’une seule corde à notre arc , nous en avons plusieurs.

Michel, vous êtes d’accord avec cette façon de voir les choses ?

– En France, la seule discipline enseignée à la Faculté de psychologie, est basée sur l ‘approche psychanalytique. On reste enfermé encore dans la vision freudienne ou lacanienne de la psyché humaine. On est influencé par cette vision analytique, c’est presque culturel. La psychanalyse a été présentée en France comme la seule voie de traitement possible. On nous a dit qu’en dehors de cela, il n’y avait point de salut. Quand j’ai présenté mon mémoire de fin d’ études en 1978 sur la thérapie familiale, le jury m’a dit : » Tu vas revenir dans le droit chemin d’ici 5 ans« . A l’époque, si on ne suivait pas les maîtres de la psychanalyse on était considéré comme déviant. En 1995, j’ai fait partie des premiers psychologues français à me former à l’EMDR. Le changement prend du temps, mais ça évolue. De nombreux  praticiens se forment à de nouvelles approches. Et c’est tant mieux. Freud a dit des choses intéressantes, mais c’était au siècle dernier. Depuis, il s’est passé beaucoup de choses . Nous sommes en retard par rapport aux pays anglo-saxons. Mais de nombreux thérapeutes, pédopsychiatres et psychologues sont aujourd’hui formés à l’EMDR. La Faculté de Metz est pour l’instant la seule en France à proposer un diplôme universitaire d’EMDR. C’est une petite révolution dans notre milieu et c’est positif.

*Michel Silvestre est psychologue à Aix-en-Provence, c’est l’un des pionniers en France des thérapies familiales. Il est Vice-Président de l’association EMDR France et il utilise l’EMDR depuis 1995 avec les enfants présentant des troubles du comportement, de l’attention et de l’apprentissage ainsi que des enfants victimes de violences domestiques. Il forme aujourd’hui de nombreux praticiens à l’EMDR.

*Joanne Morris-Smith est également psychologue en Grande-Bretagne. Elle travaille avec  le Great Ormond Street Hospital, un hôpital pour enfants à Londres. Elle est médecin-conseil pour la Sécurité sociale britannique ( le NHS) .C’est une formatrice accréditée par l’association EMDR -Europe. Elle forme elle aussi de nombreux praticiens en Europe à cette technique pour soigner  les traumas spécifiques de l’enfant.

Liens pour aller plus loin :

Comment fonctionne l’EMDR 

Le parcours de Michel Silvestre

Un article de Joanne Morris-Smith

La liste des praticiens EMDR en France

Un livre :

Des yeux pour guérir : EMDR la thérapie pour surmonter l’angoisse, le stress et les traumatismes Francine Shapiro et Margot Silk Forrest

Publicités

L’école de demain est à inventer !

Gabriel Michel est maître de conférences à l’Université de Lorraine à Metz située dans l’est de la France, à 50 km à peine de l’Allemagne. Diplômé de psychologie cognitive et d’informatique il travaille au sein du laboratoire de recherche Interpsy  ETIC.  Il y étudie  au côté d’autres chercheurs les mécanismes de l’apprentissage, de la perception, de l’attention et de la communication. A l’heure où le décrochage scolaire en France inquiète l’OCDE, Gabriel Michel nous éclaire sur les méthodes éducatives qui fonctionnent et partage avec nous le fruit de près de 10 années de recherche autour du thème de la transmission des savoirs. Pour lui, l’enfant doit revenir au coeur du système éducatif  français. Rencontre avec un humaniste optimiste!

« L’ignorant n’est pas celui qui manque d’érudition mais celui qui ne se connaît pas lui-même »

Jiddu Krishnamurti, philosophe indien ( 1895-1986 )

 

On apprend mieux  en collaborant !

 » Un prof arrive dans sa classe et dit Bonjour à ses élèves. Dans les pays nordiques , les élèves répondent Bonjour sur le même ton que le prof. En Angleterre, ils répondent Bonjour Monsieur. En France ils ouvrent leurs cahiers et ils écrivent Bonjour ». La plaisanterie est lancée sur un ton goguenard, mais elle en dit long sur le sentiment de Gabriel à propos du système éducatif français.  Depuis de nombreuses années cet enseignant étudie sous tous les angles possibles les mécanismes de l’apprentissage.  Pour examiner ce vaste sujet il s’est entouré de collègues psychologues, ergonomes,  informaticiens, ingénieurs et de spécialistes en sciences  humaines. » Dans ce laboratoire nous essayons de trouver de nouveaux modèles pour mieux comprendre les comportements humains« , explique-t-il. Comment  transmettre les savoirs ? Quelles sont les pédagogies qui fonctionnent ? Voilà le genre de questions que se posent les membres de cette équipe pluridisciplinaire. Au moment où le gouvernement français lance une vaste consultation sur l’avenir de l’école, leurs observations ne sont pas sans intérêt.

Pour Gabriel Michel les données récoltées ces dernières années ont le mérite d’être claires. La qualité de l’apprentissage est indissociable d’une bonne relation entre un maître et ses élèves. La transmission d’un savoir passe forcément par un échange. En France cet échange est bâti sur un modèle qui met l’enseignant au coeur du système.  » On considère l’enseignant comme celui qui sait et qui offre son savoir à des élèves priés d’intégrer des connaissances. Dans notre pays, les enseignants ont peu de temps à consacrer individuellement à chaque élève. Le savoir est donc transmis de manière globale or de récentes recherches  ont démontré que cette façon de procéder n’est pas très pertinente » , relève Gabriel Michel.  » On sait que l’apprentissage collaboratif est plus efficace. Prenez deux classes, par exemple.  La première est une classe avec un apprentissage dit frontal c’est -à -dire avec un schéma classique maître-élèves et une autre classe où l’on privilégie un apprentissage collaboratif, c’est-à-dire un apprentissage co-construit entre les élèves et entre le professeur et les élèves. Et bien,  les résulats d’un point de vue expérimental montrent que les enfants de la classe collaborative savent plus de choses que les enfants de la classe classique et s’en souviennent plus longtemps« , précise le maître de conférences.

La transmission d’un savoir serait ainsi plus efficace lorsqu’elle est enrichie par un échange constructif . « Lorsque vous avez une idée en tête, tant que vous ne l’évoquez pas oralement devant d’autres, ou que vous le n’écrivez pas , elle reste incomplète », détaille le chercheur. » On doit préciser les choses , aller dans les détails car transmettre un savoir , c’est aussi se confronter à l’autre . C’est cet échange qui fait avancer, parce que cet échange enrichit et affine les connaissances que l’on souhaite faire passer ».

Au sein d’une classe collaborative, les enfants découvrent eux-même les exercices. Ceux qui comprennent plus vite sont chargés d’expliquer ce qu’ils ont compris aux autres. Ils choisissent les sujets  qu’ils souhaitent aborder en classe et avancent à leur rythme. C’est exactement ce que propose  des écoles alternatives comme les écoles Montessori ou Freinet. Ces établissements privilégient l’autonomie  et stimule le désir d’apprendre des élèves. En France ces écoles, toujours privées, restent encore confidentielles.

« L’éducation devient de la plus grande importance. L’éducation n’étant pas simplement l’acquisition de connaissance technique, mais la compréhension, avec sensibilité et intelligence, du problème global de vivre – dans lequel est inclus la mort, l’amour, le sexe, la méditation, la relation, et aussi le conflit, la colère, la brutalité et tout le reste – ce qui est la structure de l’existence humaine dans son ensemble »

Jiddu Krishnamurti

Et si l’école enseignait la connaissance de soi ?

Gabriel Michel m’explique que les résultats des chercheurs actuels sur les classes collaboratives ne font que valider les idées diffusées au  siècle dernier par le grand philosophe et pédagogue indien Jiddu Krishanmurti ( 1895- 1986). Il s’agit du  philosophe contemporain le plus connu en Inde.  Il est primordial selon ce philosophe  de stimuler la créativité des enfants car c’est la meilleure façon de favoriser l’émergence d’esprits libres et ouverts sur le monde.

Les 3 principes défendus dans son livre Réponses sur l’éducation sont les suivants :

1) L’éducation sert à trouver son chemin dans la vie

2) L’éducation, c’est l’apprentissage de la connaissance de soi

3) L’éducation doit être fondée sur le  plaisir d’apprendre et non sur  la peur du châtiment ou de la punition

En 1952, il s’adresse à de jeunes enfants en Inde en leur disant ceci : « L’éducation vraie devrait vous aider à être si intelligent qu’avec cette intelligence vous puissiez choisir un travail que vous aimez, quand bien même ne suffirait-il pas à vous nourrir, mais à ne pas faire quelque chose de stupide qui vous rendrait malheureux pour le reste de votre vie. »

Une philosophie qui semble bien éloignée de notre système éducatif, obsédé par les évaluations, les résultats et la compétition. L’école sert à décrocher un diplôme, ultime sésame destiné à obtenir un emploi rémunérateur. Au sein de notre culture matérialiste, la performance, le résultat, la compilation de connaissances sont mieux valorisées que la curiosité, les ressources personnelles ou la créativité. Mais ces diplômes nous permettent-ils pour autant de devenir des êtres humains accomplis et de trouver notre  place dans le monde ? Sommes-nous plus heureux lorsque nous accumulons les connaissances théoriques ? A quoi donc peut bien servir tout ce savoir ? Nous aide-t-il vraiment à nous sentir utile dans un travail épanouissant ?

 

Gabriel Michel  est depuis plusieurs années responsable d’un cursus franco-allemand à l’Université de Lorraine. Il explique qu’à chaque rentrée , il est abasourdi de constater le gouffre qui sépare les étudiants français et allemands.  « Vous connaissez  la différence entre étudiant français et allemand ? L’étudiant français est un étudiant, l’étudiant allemand est une personne » . Derrière cette boutade se cache un constat :  » Après le lycée un  jeune allemand sur deux  décide de voyager pendant un an. Il fait des stages de langues dans des pays étrangers ou alors il s’engage dans des associations pour savoir ce qu’il veut faire. En France, dès la seconde un lycéen doit se positionner. La Fac ou les Grandes écoles. Il faut être productif et performant. On conseille aux jeunes  de ne surtout pas prendre de break. Résultat tout le monde a peur. Les étudiants se battent pour rentrer dans le moule. C’est ainsi que l’on fabrique des étudiants soumis.  Voyager, c’est aussi s’ouvrir au monde et développer son esprit critique. Et visiblement la société française ne favorise pas cela » , développe Gabriel Michel.

Un autre système éducatif est-il possible ?

Longtemps vanté comme l’un des meilleurs au monde , le système éducatif français peine actuellement à réduire la fracture sociale. Selon le dernier rapport de l’OCDE sur l’éducation en Europe, les jeunes adultes dont les parents ne sont pas diplômés du deuxième cycle de l’enseignement secondaire ont toujours moins de chance de suivre des études supérieures. Pour Gabriel Michel, c’est bien la preuve que notre pays n’innove pas suffisamment :  » On est toujours au 18ème siècle. La classe dirigeante a intérêt à conserver le système actuel car il reproduit les inégalités sociales. Nous vivons ,comme le disait le sociologue Pierre Bourdieu, dans une société de caste. L’élite essaie de garder son capital social. On voit bien que si le système éducatif français était plus efficace, ça voudrait dire que les enfants défavorisés accèderaient plus facilement aux postes de pouvoir. »

Pourtant, certaines expériences ont démontré que le recrutement de jeunes issus de milieux sociaux dits « défavorisés » donnaient de bons résultats.  » A l’Université de Lorraine, nous avons créé un cursus avec obligation de recruter 50 pour cent de boursiers. La moitié des élèves était allemande, l’autre moitié française. Nous avons construit un programme où chaque étudiant passe obligatoirement  6 mois à l’étranger et anime des cours.  Les résultats ont été très prometteurs : de nombreux jeunes ont ensuite monté leur entreprise. L’un de ces étudiants est devenu le webmaster de Greenpeace à Amsterdam, un autre a ouvert une start up en Inde autour de l’apprentissage des langues », explique l’enseignant.

A l’heure où le nouveau gouvernement français affirme vouloir faire évoluer l’école, il serait peut-être temps que les spécialistes de la pédagogie et de l’apprentissage soient enfin entendus. On connaît la lourdeur de l’éducation nationale, ce « Mamouth » que certains jugent impossible à réformer. Pour Gabriel Michel, s’attaquer au système ne servirait à rien. Il faudrait  plutôt selon lui, le changer de l’intérieur. Philippe Meirieu, l’un des spécialistes français des sciences de l’éducation, professeur à l’Université Lumière de Lyon ne dit pas autre chose sur son site internet :  » Il est important que les militants pédagogiques s’inscrivent dans des réseaux et communiquent entre eux« , écrit-il. Cela signifie que les enseignants doivent s’entraider, échanger et se rassembler autour de valeurs communes pour innover et créer l’école de demain.

Le réseau européen COMENIUS propose déjà de fédérer les enseignants et les éducateurs de toute l’Europe. Ce projet a pour but d’étudier les meilleures pratiques pédagogiques. L’objectif  est de vraiment généraliser ce que l’on fait de mieux en matière d’éducation à tous les pays de la communauté européenne. L’idée serait ensuite de diffuser gratuitement des vidéos comprenant à la fois des outils théoriques et des études de cas sur internet, afin que chaque  enseignant qui le souhaite puisse accéder à une formation continue enrichie par les expériences de leurs collègues européens. Le projet prévoit également d’envoyer des enseignants français dans des écoles pilotes, dans des pays comme la Finlande, connus pour l’ efficacité de leur école publique.  Pour Gabriel Michel le salut éducatif de la France passera peut-être par des décisions à l’échelle européenne. Contrairement à certains de ses collègues il a décidé de ne pas céder au pessimisme ambiant. Il ose dire qu’il est confiant pour l’avenir ! Alors pourquoi ne pas commencer à y croire ?

Rêvons de cette école du future. C’est sans doute la meilleure façon de commencer à la construire !

Je vous suggère la lecture de ce livre : On achève bien les élèves de Peter Gumbel. Edifiant !

Liens utiles :

Regards sur l’éducation 2012 : l’étude de l’OCDE

L’éducation selon Jiddu Krishnamurti

L’histoire de la pédagogie

Le réseau européen COMINUS sur les meilleures pratiques pédagogiques 

L’école finlandaise un exemple pour la France ?

La petite histoire de la peur !

 

Photo : Régis Minetto

Le thème de la peur trotte dans mon esprit depuis un moment, mais c’est au détour d’une promenade dans un parc que l’idée de cet article s’est précisée. D’habitude je vous offre ici des rencontres. Aujourd’hui, je partage plutôt des réflexions inspirées par une scène dont j’ai été témoin dans ce parc.

Voici donc la petite histoire de la peur !

« Seuls les cailloux ignorent la peur » Pascale Roze, écrivaine française

Nous sommes le 15 août. Un jour férié en France. L’occasion de profiter d’une journée supplémentaire de repos. Je décide d’aller flâner dans un parc avec ma fille de 5 ans. Je m’assois sur un banc pendant qu’elle vaque à ses occupations et à ses jeux d’enfant. L’occasion de méditer sans méditer. Face à moi, une scène attire mon attention. Je suis comme au théâtre observant une pièce improvisée en plein air. Les actrices de cette pièce sont deux petites filles, d’environ 8 et 10 ans. Deux petites filles attirées comme des aimants par un jeu plutôt stimulant. On appelle cela une tyrolienne. Le principe est assez amusant et promet quelques sensations. Il s’agit d’accrocher ses deux mains sur une barre, de s’élancer et de se laisser porter pour relier un point à un autre. Le jeu ressemble à peu près à cela.

Tyrolienne

Deux petites filles viennent de s’élancer avec grâce ,en riant, montrant ainsi aux deux autres, que le jeu ne présente aucun danger. Et pourtant, les deux fillettes  que j’observe sont hésitantes. La première tient fermement la barre mais n’arrive vraiment pas à se laisser aller, elle est comme paralysée.  Elle laisse sa place à la seconde, qui malgré son envie certaine de jouer à ce jeu renonce avant même d’avoir attraper la barre.

C’est à ce moment là que les deux fillettes qui ont visiblement besoin de courage  se tournent vers leurs pères respectifs restés à proximité. Le première s’écrie : » Papa ! Tu me tiens hein ! « C’est une petite fille tout en formes, avec quelques kilos superflus. Son père, un homme au visage jovial,  et au ventre rond accourt et tourne son regard rieur vers elle:  » Allez vas-y fais comme les autres, mais attention, tu fais pas 40 kg non plus hein !« , rigole-t-il. Il l’encourage encore  » Allez vas-y ! »  Mais son regard est inquiet. La petite se concentre, mais non, elle ne peut pas. Son père finit par la tenir. La scène est cocasse, cet homme soutenant les pieds de sa fille accrochée dans les airs. Au milieu du parcours, la petite lâche la barre. Le père rit : » Tant pis, c’est pas pour toi« . Aucune moquerie dans le ton de sa voix.  Il semble tout simplement à cours d’idées.

La seconde petite fille qui est exactement face au même dilemme a les yeux fixes. Elle regarde droit devant elle, vers l’objectif. Son visage est fermé, sa bouche crispée. Elle a vraiment peur, semble-t-il. Son père est un petit homme fin mais au corps athlétique. Un immense sourire illumine son visage. Il observe sa fille et l’interpelle  » Allez ma chérie regarde devant toi, respire un grand coup, c’est bon tu vas y arriver « . La petite jette un coup d’oeil à son père. Le visage du papa  respire la confiance.  » Non j’ai peur  » s’écrie-t-elle malgré tout.  » Allez vas-y !  les autres attendent derrière toi« , continue-t-il avec toujours un grand sourire collé au visage. Elle finit par y aller. Elle tombe, elle aussi. Son père la relève, en riant :  » C’est bien ma fille ! ». La petite sourit.

Durant toute cette scène je n’ai pu décroché mon regard des visages de tous les figurants cette magnifique séquence humaine. Fascinée.

Le peur est une émotion ancestrale, primaire. Elle est utile car elle nous avertit d’un danger et nous pousse ainsi  à fuir et à éviter une situation qui pourrait être douloureuse. La peur est aussi ce sentiment d’angoisse éprouvé en présence ou à la simple pensée d’une menace, réelle ou supposée.

Dans quelle partie de nous-même se loge la peur ? Selon Patricia Angeli, hypnothérateute humaniste française, elle repose dans notre cerveau  reptilien  le plus ancien (500 millions d’années à l’époque où naissent les poissons) : c’est le premier niveau de notre Inconscient. C’est le siège de nos instincts primaires. Sa fonction unique est de garantir notre survie (fonctions vitales). Il influence ainsi notre désir de nourriture, de défense, d’attaque, ainsi que notre sexualité. Il ne comprend ni nos émotions, ni notre jugement intellectuel. En cas de situations stressantes (qu’il considèrera comme des menaces pour sa vie, même pour de petites choses sans importance), il réagit avec rigidité, impulsivité et agressivité ou violence : il « attaque » ou « s’enfuit ». Il est puissant, influence l’ensemble de notre système et possède la capacité d’apprendre par conditionnement. Il n’a aucune notion de temps (passé, présent, futur), pour lui tout est présent. Toutes nos expériences, même celles que nous avons vécues lorsque nous étions enfants, sont stockées en lui et considérées comme actuelles, présentes, ce qui cause la plupart des conflits intérieurs chez l’adulte. (1)

Nos peurs d’enfants sont conservées quelque part dans notre cerveau reptilien. La question que je me pose à l’issue de l’histoire de ces deux petites filles dominées par la peur est la suivante : comment les frayeurs enfantines sont-elles accompagnées? Comment l’enfant inquiet que nous avons tous été un jour a-t-il été rassuré ?

A la vue de la scène que je viens de vous rapporter plus haut : je vois bien que la façon dont un père ( symbole masculin du courage, de l’action  ) rassure une petite fille qui a peur produit un effet différent si celui-ci paraît inquiet ou confiant.

Nous avons  parfois des peurs qui ne sont plus justifiées et qui viennent nous polluer dans notre vie d’adulte, des peurs inconscientes, qui nous font résister au changement, qui nous barrent la route lorsque nous souhaitons nous élancer dans un nouveau projet.

Je me demande si nos peurs d’adultes ne sont pas justes l’écho de nos chagrins et de nos peurs inconsolées. Si c’est bien cela, alors peut-être qu’il suffirait que l’adulte que nous sommes aujourd’hui dise à cet enfant intérieur ce qu’il aurait voulu entendre.

Qu’auriez-vous dit vous, à ces deux petites filles paralysées de peur à l’idée de  s’élancer dans ce jeu pourtant sans danger ?

 » T’inquiètes pas ça va aller ?  » ou  » Allez vas-y t’es la meilleure » ! Si nous sommes capable de le dire à ces deux petites filles pourquoi nous ne pourrions pas le dire à notre enfant intérieur, quand dans notre vie d’adulte nous ressentons de la peur ??

Les encouragements de nos amis, de notre famille peuvent nous soutenir. Mais pourquoi toujours attendre les choses de l’extérieur ? Pourquoi ne pas nous murmurer des mots d’encouragements à nous -même ? Pour guérir nos peurs et enfin nous élancer les bras grands ouverts dans la vie !

Comme ces jeunes français incroyables que j’ai découvert sur le net, et qui dépassent leurs peurs à chaque minute de leur existence sur cette planète !!!!

 » La peur n’a qu’une peur, c’est que tu l’abandonnes  » Anonyme 

Crédit Photo : Découvrez le travail du photographe amateur Régis Minetto

(1) Source Institut français d’hypnose ericksonienne .

Liens pour aller plus loin :

Les 3 cerveaux de l’être humain expliqué par un chercheur de l’Université McGill Québec

D’où vient notre peur du changement  ?

Explications de Patricia Angeli, hypnotérapeuthe

Des téléchargements gratuits d’auto-hypnose à écouter pour se relaxer et faire la paix avec son enfant intérieur 

PS : Ces liens sont des pistes de réflexions mais ne règlent pas tous les problèmes ! Si vous souffrez d’une anxiété tenace et de crises d’angoisses, n’hésitez pas à consulter en priorité un professionnel de santé !

Et si l’intelligence collective pouvait changer le monde ?

Il y a quelques semaines, ma route a croisé celle d’Audrey Jammes à Paris. Cette jeune diplômée française a suivi un MBA Managment à l’Université Laval de Québec au Canada. Initiée aux systèmes d’intelligence collective, elle a consacré son mémoire à l’innovation participative. Elle a conforté une intuition qui trotte dans ma tête depuis toujours : la collaboration est plus efficace à long terme que la compétition !

L’intelligence collective  c’est quoi ?

C’est le chercheur Jean -François Noubel qui a défini cette notion. L’idée est que dans des groupes humains  (de la tribu, en passant par l’équipe sportive ou l’entreprise ),  la répartition des tâches se fait naturellement en fonction des talents de chacun. Lorsque les conditions sont réunies pour favoriser cette collaboration naturelle, émerge alors une  sorte d’énergie supérieure au groupe qui naît de l’harmonisation de la créativité de chacun. Les individus travaillent alors ensemble pour un objectif commun.

L’intelligence collective s’observe principalement chez les insectes sociaux (fourmis, termites et abeilles), les animaux se déplaçant en formation (oiseaux migrateurs, bancs de poissons) et, dans une moindre mesure, les mammifères sociaux chassant en meute (loups, hyènes, lionnes). Les points communs de ces diverses espèces sont exactement ceux qui caractérisent l’intelligence collective. Cette définition fait écho à  l’être humain qui est aussi  un animal social. Il a besoin fondamentalement de lien. Il s’épanouit lorsqu’il se sent utile et lorsqu’il aime ce qu’il fait.

Audrey Jammes est consultante et experte en intelligence collective des organisations. Au quotidien son métier consiste à développer la créativité  dans une équipe de travail. Elle propose aux entreprises d’appliquer les principes de l’intelligence collective dans le but de de stimuler l’innovation. Selon elle, pour qu’un groupe fonctionne et soit créatif,  il est important que les relations interpersonnelles soient bienveillantes.

«  Les idées nouvelles  ne peuvent pas naître dans un espace où les propositions de chacun sont constamment jugées « , précise Audrey. «  Il est important lors des réunions d’apprendre à parler au « je « . Lors des brainstorming on a tendance à évaluer les propositions des autres de manière automatique à grand renfort de c’est génial ou de pas terrible. Du coup en réagissant ainsi, on va forcément exclure ceux qui ne partagent pas les idées  du groupe. C’est ce qui fait que bien souvent dans certaines réunions, de nombreuses personnes ne s’expriment pas, par peur de s’opposer à la majorité. Si on suit les enseignements de l’intelligence collective, en revanche, on privilégie un tour de table où chacun rebondit sur les idées des autres ! Cela nécessite une bonne qualité d’écoute! On sort alors du rapport de force, de la lutte pour le pouvoir et on peut vraiment construire collectivement un projet, avec les idées de chacun « , développe la jeune consultante.

Audrey constate que cette façon de procéder rencontre des résistances dans les entreprises françaises.  » Nous vivons en France dans une culture où la hiérarchie est très importante« , observe-t-elle. Elle se souvient de ce dirigeant  qui ne voyait pas l’intérêt d’ inclure les agents d’entretien dans le projet de l’entreprise. » Ces patrons ont du mal à déléguer les tâches et à faire participer chaque salarié dans la vie de l’entreprise« , précise-t-elle.

Les conditions qui favorisent l’innovation !

 » Innover ce n’est pas avoir une nouvelle idée, c’est arrêter d’avoir une vieille idée »

 Edwin Hebert Land inventeur et physiscien.

Dans un monde en constante mutation, l’innovation est la seule manière pour les entreprises de s’adapter à un marché de plus en plus concurrentiel. Pour faire émerger des idées innovantes, il faut pouvoir créer les conditions favorables à l’expression de la créativité. Alors comment faire pour permettre à des idées nouvelles de naître ? Certaines entreprises particulièrement innovantes comme Google appliquent déjà  certains  principes. Ces entreprises ont compris que mettre ses salariés sous pression était contre-productif.

 » Du coup ces entreprises laissent du temps à leurs employés, ils travaillent dans un espace agréable où tout est fait pour encourager des pauses. Il n’y a pas la pression du résultat et cela stimule la créativité« , explique Audrey Jammes.

Mais l’innovation ne s’arrête pas au seuil de l’entreprise. Une société humaine peut aussi évoluer grâce à de nouveaux courants de pensée artistique ou scientifique. Et on constate que ces sauts de conscience se produisent lorsque des personnes partageant les mêmes valeurs se regroupent pour développer et diffuser des idées nouvelles.

Selon le journaliste et écrivain américain Kevin Kelly : “Nous devrions considérer les idées comme des connexions entre les neurones de notre cerveau, comme entre les gens. Les idées ne sont pas des choses en elles-mêmes. Elles s’apparentent plus à des écologies ou à des réseaux. Elles voyagent en groupe.

Kevin Kelly est un journaliste et écrivain américain basé  à Pacifica, une petite ville côtière au sud de San Francisco en Californie. Il a contribué au lancement du magazine Wired dont il a été le rédacteur en chef pendant 7 ans dans les années 90. Il a écrit pour le New York Times , The Economist , et  le Wall Street Journal. Il est l’auteur d’ Out of Control et de différents best-sellers dans lesquels il développe de nouvelles règles pour une  nouvelle économie. Son site web est ici www.kk.org . Et j’y ai trouvé plein de choses intéressantes !

Cela nous enseigne l’ importance du réseau. Il est essentiel de se regrouper par centres d’intérêts et de valeurs pour commencer à créer les conditions favorables à l’innovation et à l’émergence de nouvelles idées. Il semble également important de nouer des relations authentiques et bienveillantes pour créer l’espace où chacun pourrait  s’exprimer. Les cerveaux connectés comme des ordinateurs  pourraient ainsi mettre en commun leur capacité de stockage et d’analyse, ce qui serait plus efficace et plus puissant.

Internet nous offre déjà la possibilité de nous relier quelque soit le lieu où nous vivons sur cette planète. Je constate régulièrement que mes amis blogueurs qui partagent mes passions, écrivent régulièrement sur des sujets qui font écho aux miens, au même moment, alors que nous ne nous concertons  pas et que nous vivons dans des pays différents ! Et cela renforce et nourrit notre inspiration collective.

Alors regroupons- nous, inspirons-nous les uns des autres, et nous changerons peut-être le monde  !

 » Rien dans l’univers ne saurait résister à l’ardeur convergente d’un nombre suffisant d’intelligences regroupées et organisées »

Theilhard de Chardin

Les bienfaits de la méditation!

On connaissait les flashmob, ces chorégraphies improvisées dans des lieux publics ! Voici à présent venu le temps des medmob !

Depuis un an ces méditations collectives organisées dans des parcs, via les réseaux sociaux, ont fleuri un peu partout sur la planète : aux Etats-Unis, en passant par le Brésil, la France, la Grande-Bretagne, l’Australie, l’Inde et même la Jordanie! Ces medmob ont déjà eu lieu dans près de 300 villes du globe et le mouvement prend de l’ampleur.

L’objectif ?

Réunir des gens de tous horizons pour un partage silencieux d’une heure  dans des zones d’affluence, afin de promouvoir la méditation comme moyen de découverte de Soi. Ce mouvement est indépendant de toute organisation religieuse. Chaque méditation collective est destinée à envoyer des intentions positives dans ce monde et pas besoin d’être moine bouddhiste pour y participer!

La méditation : une folie New-Age ?

Cette affirmation serait tout simplement un préjugé de plus!

Aujourd’hui des psychologues, des médecins utilisent des techniques de méditation pour accompagner leurs patients vers la guérison.

Les scientifiques ont démontré que la méditation modifiait  l’organisation de notre cerveau. Une pratique régulière favoriserait la concentration et améliorerait la stabilité émotionnelle. La méditation permettrait également de soulager l’anxiété et la dépression.

Une étude publiée l’année dernière dans la revue Social Cognitive and Affective Neuroscience Advance Access  par Véronique Taylor chercheuse en psychologie à  l’Université de Montréal  révèle que la méditation aurait une influence sur le réseau cérébral au repos de personnes ayant une longue expérience de cette pratique. Les adeptes de la méditation de pleine conscience apprennent en effet  à accueillir les sensations, les émotions et les pensées sans leur résister ni les juger. Ils cherchent simplement à être dans le moment présent.

Les chercheurs ont étudié grâce à l’imagerie cérébrale le cerveau de 13 adeptes de méditation ayant plus de 1000 heures d’entrainement et celui de 11 débutants.

Ces analyses ont permis aux chercheurs de repérer le réseau cérébral par défaut des sujets, c’est-à-dire un ensemble de régions s’activant au repos, lorsque la personne n’effectue aucune activité particulière. Le réseau par défaut est associé à la rêverie, aux pensées relatives à soi quand nous ne faisons « rien ». Selon l’hypothèse des chercheurs, le réseau cérébral par défaut des adeptes de la méditation serait structuré autrement car ces individus sont habitués à être dans le moment présent et leurs pensées ne partent donc pas dans tous les sens lorsqu’ils sont au repos.

Comment ça marche la méditation?

La méditation est centrée sur l’attention et la respiration. L’idée est de placer la conscience  sur les mouvements respiratoires. Au cours d’une méditation, cet exercice naturel se fait consciemment.Il ne s’agit pas de faire le vide, mais plutôt de laisser aller les pensées, les émotions, et  les sensations et de les observer,  de les accueillir pour mieux s’en détacher et ne plus s’identifier à elles.

Mathieu Ricard, le célèbre moine bouddhiste français en parle très bien:

Alors pourquoi ne pas tenter l’expérience?

Prochain medmob à Paris le 30 juin 2012  au Trocadéro  à partir de 15h

« Il n’est pas nécessaire de méditer au nom de Jésus, de Bouddha ou de qui que ce soit. Il suffit de méditer, tout simplement. Méditer. « 
 Yehudi Menuhin, violoniste américain


Liens utiles :

https://www.facebook.com/pages/MedMob-francophone/165812563480994?sk=info

http://www.mediter-pour-etre-heureux.com/

http://www.psychologies.com/Culture/Philosophie-et-spiritualite/Meditation/Articles-et-Dossiers/Mediter-le-meilleur-des-antistress

Comment être heureux au travail ? Rencontre avec le psychologue québécois Jacques Forest !

J’ai échangé , il y a quelques jours via Skype, avec le   professeur Jacques Forest. Ce psychologue  québécois âgé de 35 ans est professeur en comportement organisationnel au Département d’organisation et de ressources humaines de l’École des sciences de la gestion de l’Université de Montréal. Il vient de  participer à une étude française sur le bien-être au travail des employés. Intitulée «The Impact of Organizational Factors on Psychological Needs and Their Relations with Well-Being», cette recherche traite des liens entre le mode de gestion du  supérieur hiérarchique d’un salarié et le sentiment de bien-être au travail. Publiée en février 2012  dans le Journal of Business and Psychology, elle a été dirigée par le professeur Nicolas Gillet du Département de psychologie de l’Université François Rabelais de Tours, en France. Pour cette étude, les chercheurs ont interrogé près de 1100 salariés de petites, moyennes et grandes entreprises françaises. Les participants ont répondu à des questionnaires portant sur leur perception du style managérial de leur supérieur. Ils devaient également évaluer l’impact des  ces pratiques  sur leur bien-être ou leur mal-être au travail. Jacques Forest a été sollicité par les chercheurs français  pour analyser les résultats de cette enquête.

Le bonheur au travail mythe ou réalité?

En France, après le choc émotionnel suscité  par les  suicides à France Télécom en 2009, la prévention des risques psycho-sociaux est devenue une obligation légale des employeurs. De nombreux réseaux de consultants en communication et de professionnels de la santé  oeuvrent au quotidien pour accompagner les entreprises dans ce processus d’amélioration de la qualité de vie au travail. La demande a même explosé depuis quelques années.

Alors peut-on dire aujourd’hui que les Français sont  heureux au travail ? En ont-ils terminé avec les troubles du sommeil, les maladies psychosomatiques et la dépression?  Oui, semblent -ils répondre majoritairement, si on en croit un  récent sondage  réalisé en février 2012 par l’Institut Ifop sur un échantillon de 802 salariés tous secteurs d’activité confondus. Dans ce sondage,  72 pour cent des français interrogés s’estiment  heureux  au travail. Parmi eux 82 pour cent ont entre 18-et 24 ans, et 81  pour cent sont des cadres. Parmi les  28 pour cent de gens qui ne sont pas heureux au travail, 39 pour cent sont des ouvriers et 38 pour cent sont âgés de plus de 50 ans.

En résumé , selon ce sondage, il semblerait qu’on soit plus heureux au travail lorsqu’on est jeune, diplômé et qu’on exerce des fonctions à responsabilités que lorsqu’on est un senior occupant un poste d’ ouvrier dans l’industrie.

La souffrance au travail s’est malgré tout banalisée. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé la dépression sera d’ici 2020  la deuxième cause d’invalidité  dans le monde, derrière les problèmes cardiaques. Ces dernières années,  de nombreux documentaires ont réalisé  un état des lieux effrayant des relations patrons – salariés dans le monde du travail. Stress, harcèlement, conflits, mutations forcées, objectifs inatteignables, absence de reconnaissance, la liste des causes de la souffrance au travail s’est allongée ces dernières années. Les conséquences sanitaires sont sans appel : arrêts maladies , dépressions, suicides. Le travail  n’est pas toujours synonyme  d’épanouissement collectif.Le documentaire, « La mise à mort du travail  » réalisé par Jean-Robert Viallet diffusé sur France 3 fin 2011, illustre parfaitement ce constat.

A voir ici :

Le bonheur des salariés dépend  des managers!

Certains diront que cela semble évident. L’étude menée par les chercheurs en psychologie a le mérite d’apporter une valeur scientifique à cette affirmation. Elle montre que les employés se sentent  plus heureux lorsqu’ils se sentent reconnus par leur supérieur hiérarchique et quand ils se sentent autonomes, compétents et proches de leurs collègues. »Pour qu’un salarié se sente bien dans son travail, la satisfaction de trois  besoins fondamentaux est nécessaire. » explique Jacques Forest.  » Le premier, c’est le besoin d’autonomie,  c’est à dire le fait de se sentir libre d’exécuter ses tâches dans un cadre défini, en accord avec ses valeurs. Le second, c’est le besoin de compétence, le fait de se sentir utile et efficace. Enfin le dernier, c’est le besoin d’affiliation sociale, c’est -à -dire le fait de  se sentir bien  intégré dans  un groupe humain où les relations sont basées sur la confiance et le respect. »

La satisfaction de ces besoins entraînerait selon cette étude  des émotions positives qui stimulent l’énergie des individus, et réduisent du coup les somatisations.

Le besoin d’autonomie : Etre libre de ses actions dans un cadre donné : les salariés ont besoin de pouvoir se sentir eux -mêmes au travail.

Le besoin de compétence : Se sentir utile, efficace : apprendre de nouvelles choses.

Le besoin d’affiliation sociale: Entretenir de bonnes relations avec ses collègues : se sentir en confiance et respecté dans son environnement professionnel.

Ces trois  besoins  sont partagés par les hommes comme par les femmes, par les jeunes comme par les seniors.  » Il n’y a pas de génération Y qui privilégierait la qualité de vie et une génération X qui serait toute dévouée au travail,  m’explique Jacques Forest, il n’y a que des êtres humains dont les besoins fondamentaux sont plus ou moins satisfaits ».

Des chercheurs, ayant menés des  études similaires sur tous les continents du globe, de la  Chine en passant par le  Sénégal , l’  Argentine, la  Norvège, et les  Etats-Unis sont arrivés  aux mêmes conclusions. Ces besoins sont donc universels.

Cette information est donc primordiale, car elle permet de comprendre que le monde du travail  est  contre-nature lorsque les besoins essentiels des salariés sont niés dans leur environnement professionnel.  L’héritage de la société industrielle et l’avènement des machines ont, semble-t-il, omis de répondre aux besoins fondamentaux des êtres humains.

Alors comment faire aujourd’hui pour changer la donne, et remettre du bien-être et de l’épanouissement dans le monde du travail ?

Le  manager idéal serait tout sauf « contrôlant »!

La santé mentale et le bien-être au travail  dépendent  en partie des pratiques managériales utilisées dans les entreprises . Le supérieur hiérarchique direct a un impact très important sur le bien-être ou le mal-être des salariés. Un chercheur américain  a démontré qu’un salarié heureux au travail  augmente  sa productivité de 25 pour cent. On voit bien  qu’une entreprise qui  se préoccuperait  du bien-être de ses employés, aurait donc beaucoup à y gagner.

Le manager idéal serait tout l’inverse d’un manager   » contrôlant « . Un manager « contrôlant » se reconnaît par un comportement autoritaire. Il traite ses subalternes de façon impersonnelle et distante, il favorise la  compétition entre les salariés plutôt que l’esprit d’équipe. Il aura recours aux menaces et aux récompenses pour mener à bien ses projets. Il sera généralement froid , voir dénigrant et peu à l’écoute des besoins de ses salariés. « L’absence d’empathie, le fait de jouer sur la culpabilité, de recourir a l’intimidation, est totalement contre-productif « , poursuit  Jacques Forest. « Les employeurs qui ne valorisent pas les contributions individuelles et exercent un contrôle excessif pour motiver les employés  briment leurs besoins de base soit l’autonomie, la compétence et l’affiliation sociale. Cette réalité pourrait avoir des répercussions négatives sur le bien-être au travail, ainsi que des conséquences économiques sur l’entreprise si les employés ne sont pas assez efficaces« , précise le chercheur.

On peut donc s’interroger. Les entreprises appliqueraient -elles ce type de management, volontairement? Y’a- t-il derrière ces comportements, une stratégie ? Jacques Forest n’y croit pas.  Selon lui,  les employeurs « contrôlants »  n’ont pas forcément conscience des conséquences  de leurs comportements.  » C’est essentiellement de l’ignorance. Certains chefs d’entreprises pensent vraiment que le fait de mettre la pression sur leurs salariés amènera de bons résultats  or c’est tout l’inverse qui se produit.  » Les gens connaissent mieux le fonctionnement des voitures que le fonctionnement des êtres humains « , regrette-t-il.  Le psychologue cite l’exemple de cette  femme, cadre dans une entreprise, rencontrée au cours d’une  des conférences destinée au  grand public, qu’il donne régulièrement  au Québec : « Elle est est venue me voir à l’issue du débat en me disant – Alors , si j’ai bien compris, je ne devrais pas leur crier dessus ? – relate  le psychologue. « Il y a des comportements basés sur la domination qui sont tellement ancrés, que certains ont du mal à les remettre en cause« , explique-t-il.

Alors que faire pour améliorer les choses ? 

Les recherches en psychologie démontrent qu’un employeur empathique, humain, qui s’intéresse aux personnes qu’il dirige stimule l’efficacité de ses salariés. Les pratiques de management à favoriser doivent répondre aux besoins fondamentaux que sont l’autonomie, la compétence, et l’affiliation sociale. «  Un employeur conscient de cela devrait encourager les initiatives et la créativité de ses salariés, il devrait connaître les forces de chacun de ses collaborateurs et les aider à les développer par le biais de la formation, il devrait ensuite apprendre à connaître les membres de son équipe et régler les conflits interpersonnels rapidement en encourageant la communication« , indique le chercheur québécois.

L’avenir  du bien-être au travail repose aujourd’hui  sur  les compétences relationnelles des futurs managers. Au Québec, Jacques Forest forme près de 300 élèves par an à des programmes de gestion  en  ressources humaines basées sur les pratiques à privilégier. Les entreprises s’intéressent également à cette étude.  Certaines collectivités, comme le gouvernement du New-Brunswick au Canada, applique déjà les recommandations des chercheurs au quotidien. Il faudra encore un peu de temps avant que ces idées à la fois simples et innovantes entrent totalement dans les moeurs des entreprises au Québec comme en France. Quoiqu’il en soit, l’agenda du  chercheur québecois ne désemplit pas. Il est en moyenne sollicité deux fois par mois au Canada pour animer des conférences sur le thème du bien-être ou de la motivation au travail. Pour l’instant, il n’a pas encore été invité en France pour débattre du  résultat de ses travaux.  » Je ne suis pas encore assez connu« , sourit-il. Mais il serait tout à fait enchanté de venir nous voir.  » Je vous ramènerai du sirop d’érable « , plaisante-t-il.  De quoi alimenter l’amitié franco-québécoise!

 
Pour aller plus loin une vidéo :

Jacques Forest y parle de la rémunération comme facteur de motivation au travail.

Sources :

Le sondage sur le bien-être au travail de l’Institut Ifop: http://www.ifop.fr/media/poll/1798-1-study_file.pdf

 Le site et les coordonnées du professeur Jacques Forest : http://www.orh.uqam.ca/Pages/forest_j.aspx

Un lien sur l’auto-détermination rédigé en anglais  : http://www.selfdeterminationtheory.org/

Un lien pour traduire cette page :   http://translate.google.fr/#

En attendant la suite…..quelques citations et la liste des articles à venir!

On s’en sert dans les dissertations, dans les devoirs de philosophie, rarement dans la vie.

Pourtant les mots des grands auteurs des temps passés et présents possèdent  une force qui traverse les âges. D’autres, pas forcément des écrivains d’ailleurs  ont  trouvé les mots justes pour exprimer ce que leur murmurait leur âme.  La lecture de ces citations  peut nous laisser songeur, nous interpeller , parfois ils répondent tout simplement à nos questions du moment.

Je voulais vous livrer quelques-unes de ces trouvailles.

A méditer!

-« Le hasard sait toujours trouver ceux qui savent s’en servir » Romain Rolland

« Au lieu de planifier l’imprévisible, rêvons ensemble du futur » Jean-Marie Descarpentries

– « Celui qui s’est trouvé , ne se soucie pas d’être dépassé » Anonyme

-« Imaginer, c’est hausser le réel d’un ton « Gaston Bachelard

-« L’homme est capable de faire, ce qu’il est incapable d’imaginer« René Char

« Il vivait dans une si  constante hantise d’un accident mortel, qu’il téléphonait tous les jours à la morgue, pour savoir s’il ne lui était rien arrivé  » Anonyme

-« Ne t’attaque pas au système, démode -le »  Bernard Werber

-« Les âmes basses ne comptent que sur la noblesse des autres«  Jules Renard

-« Mais les belles âmes,ce sont les âmes universelles, ouvertes et prêtes à tout, sinon instruites, sinon instruisables » Montaigne

-Les mots boivent notre pensée avant que nous ayons eu de le temps de la reconnaître » Jean-Paul Sartre

De quoi patienter avant de nouveaux articles à lire !

Voici les sujets en chantier:

Le portrait d’un jeune photographe vivant à Bombay. Ankur Aras, que j’ai rencontré grâce à  la magie du net. Un jeune homme lumineux, adepte d’un mouvement innovant né aux Etats-Unis « The gift economy ». L’économie du don.

J’espère pouvoir également vous livrer une interview de Cyril Tarquinio professeur en psychologie à l’université de Metz en France. Il  vient d’écrire un livre, La psychologie de l’adaptation  tout à fait intéressant. Dans cet ouvrage,  il  s’interroge sur les stratégies développées par les personnes victimes de traumatismes pour affronter les épreuves de l’existence.  http://www.evene.fr/livres/livre/elisabeth-spitz-cyril-tarquinio-stan-maes-psychologie-de-l-adapt-660722.php://

Enfin,  je viens d’avoir un entretien très instructif avec le chercheur en psychologie organisationnelle de l’Université de Montréal Jacques Forest. Il a réalisé une étude très intéressante sur les conditions du bien-être au travail. Il fait partie d’un groupe de chercheurs qui travaillent sur le concept de l’auto-détermination! Tout un programme donc…

A très vite pour la suite de cette révolution intérieure qui semble déjà en marche !