Carl G. Jung : le psychanalyste de l’âme !

« En chacun de nous existe un autre être que nous ne connaissons pas. Il nous parle à travers le rêve et nous fait savoir qu’il nous voit bien différent de ce que nous croyons être. »

Carl Gustav Jung ( 1875-1961 )

Carl Gustav Jung ( 1875-1961 )

Carl Gustav Jung

Carl Gustav Jung est un psychanalyste oublié. Sa pensée, ses concepts, sa façon même d’appréhender la psyché humaine sont restés ces dernières décennies, en particulier en France,  dans l’ombre du célèbre Sigmund Freud, dont il a été par ailleurs le disciple, avant de suivre sa propre voie.

Pionnier de la psychologie des profondeurs, Carl Gustav Jung n’a jamais cessé d’explorer la réalité de l’âme, en recherchant l’équilibre entre le monde matériel et le monde spirituel. C’est en m’intéressant à ce médecin suisse boudé par les facultés de psychologie françaises, au profit de Freud et de Lacan que j’ai découvert le centre européen d’études jungiennes, situé à Strasbourg. Cette association a pour objectif de faire connaître la pensée de Jung dans sa diversité et dans sa modernité.

J’ai profité d’une escapade dans la capitale alsacienne pour échanger avec le Président de cette association, Jean-François Alizon. L’oeuvre de Carl Gustav Jung éclaire son chemin personnel depuis près de 30 ans. Je le remercie ici d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

Jean-François Alizon Président du centre européen d'études jungiennes

Jean-François Alizon Président du centre européen d’études jungiennes

-Bonjour Jean-François Alizon. Pouvez -vous nous présenter votre association ? Quelle est sa vocation?

– Le centre européen d’études jungiennes réunit un cercle de personnes issues de milieux très divers qui s’intéressent à l’oeuvre de Carl G. Jung . C’est une association qui compte une soixantaine d’adhérents et près de 150 sympathisants. Elle a été créée par la psychanalyste jungienne Brigit Soubrouillard il y a une quinzaine d’année. Nous comptons parmi nous des psychologues bien sûr mais aussi des étudiants en psychologie, en sociologie, des éducateurs et des artistes. Nous organisons régulièrement des conférences destinées à un public large. Cette année nous parlerons du célèbre « Livre rouge « de Jung. Le thème de cette année au CEEJ est “Folie et inspiration” la folie au sens des Grecs, dans ce qu’elle peut avoir de positif pour nous révéler à nous mêmes. Nous recevrons par exemple un égyptologue qui nous parlera du pouvoir symbolique des hiéroglyphes pour comprendre la folie dans l’Egypte ancienne. Notre objectif est de mettre la pensée de Jung en perspective avec d’autres disciplines.

Comment Carl G. Jung est-il entré dans votre vie ? 

– On peut dire que Jung a éclairé mon chemin personnel et pourtant je ne suis pas psychanalyste. Je suis diplômé de théologie protestante et je suis musicien. Je joue de la flûte ancienne dans un ensemble de musique de chambre.  J’ai enseigné pendant de nombreuses années la musique au conservatoire de Strasbourg. Dans les années 80,  j’enseignais la musique et puis vers l’âge de 36 ans, j’ai vécu une sorte de crise de sens. Comme beaucoup de gens, à cet âge de la vie, je me suis remis en question. J’avais suivi une formation en théologie, mais elle ne m’apportait plus les réponses dont j’avais besoin. A cette époque je me sentais  » à côté  » de ma vie. J’avais besoin de réconcilier mon chemin spirituel et ma pratique d’enseignant.

Un jour, par hasard, je découvre dans une libraire un livre qui retient mon attention. C’était un livre de Jung  » Psychologie et alchimie« . Cela m’a interpellé. Pour moi, l’alchimie n’avait aucun rapport avec la psychologie.  Je n’ai pas compris grand chose à ce livre, mais il a aiguisé ma curiosité. Petit à petit j’ai découvert le symbolisme et surtout la démarche de Jung qui propose de réconcilier le matériel et le spirituel. Toute son oeuvre est une recherche d’équilibre entre des notions opposées : le masculin et le féminin, le bien et le mal, le conscient et l’inconscient. Jung nous invite aussi à écouter notre inconscient, à négocier avec lui. Ce processus permet de trouver des réponses à des questions insolubles.

-En quoi cette découverte  a-t-elle influencé votre vie par la suite  ?

– J’ai donné un autre sens à mon métier. J’ai réfléchi sur moi. J’ai décidé de donner autre chose à mes élèves qu’une simple technique et je me suis davantage concentré sur leur bien-être. Je me suis rendu compte que en étant davantage tourné vers ma propre sensibilité et en me concentrant sur ma façon d’être, je pouvais alors par symbiose leur offrir une autre relation avec la musique. Je me suis autorisé à vivre mon intériorité à l’extérieur.

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Quels sont les concepts qui vous ont aidé à réaliser votre propre alchimie intérieure ?

– Alors que pour Freud, l’inconscient est un placard où l’on aurait mis tout ce que l’on ne voulait pas, pour Jung au contraire l’inconscient est un espace qui contient une grande richesse. Il est constitué de nos difficultés mais aussi de nos potentialités niées.  Jung nous invite donc à nous mettre à l’écoute de notre inconscient afin de nous relier à une sorte de matrice vivante et créatrice. Lorsque nous nous écoutons, que nous nous tournons vers l’intérieur, nous donnons la possibilité à notre inconscient de dire des choses à travers les rêves par exemple. C’est fondamental pour un artiste d’être en contact avec ce champ là. Jung a mis des mots et des concepts sur ce que je cherchais à comprendre rationnellement et que je vivais intérieurement.

-Jung a été le disciple de Freud, avant de prendre ses distances. Qu’est ce qui les opposait ?

-Freud était  préoccupé de construire une théorie scientifique qui puisse rendre compte des mécanismes de l’inconscient. Il était marqué par le rationalisme et le scientisme de son époque. Jung au contraire était marqué par Kant et le romantisme allemand, ce qui l’a poussé à considérer avant tout son expérience intérieure. Il pensait que nous ne  pouvions nous connaître qu’à travers notre subjectivité. Il a observé son propre monde intérieur,  il était très réceptif, il avait conscience de la dualité. Ses concepts sont nés de sa propre exploration intérieure. Leurs divergences sont nombreuses.  Alors que Freud voit les rêves comme l’expression de nos désirs refoulés, Jung en revanche estime que les rêves nous révèlent notre vie intérieure et nous indiquent le chemin de notre réalisation profonde.

Jung a aussi beaucoup voyagé en Afrique notamment et il a compris que nous étions constitués de forces originelles, qui sont présentes dans chaque être humain au -delà de la culture, c’est ainsi qu’il a défini le concept d’archétypes.

C’est lui aussi qui a découvert ce qu’il a appelé la “synchronicité”. Lorsqu’une coïncidence se produit entre des faits matériels et un tournant important de notre évolution intérieure, on peut parler de “synchronicité ». Ce n’est pas une simple coïncidence, mais un évènement marquant, qui surprend et frappe la personne à ce moment là. Une rencontre, un livre peuvent arriver jusqu’à nous et répondre à nos préoccupations profondes et ainsi accélérer notre évolution.

Jung va donc très rapidement émettre des réserves sur la prédominance de la sexualité et des désirs refoulés de la théorie freudienne et Freud va regarder d’un très mauvais oeil le goût de son disciple pour l’irrationnel. Si Jung est accueilli les bras ouverts dans les pays anglo-saxons, un air de suspicion flottera toujours sur son oeuvre en France à cause de son intérêt pour le monde invisible, les expériences paranormales et le spiritisme, qu’il voit avant tout comme des manifestations de forces inconscientes et aussi à cause de la manière souvent déconcertante de ses ouvrages, qui sont souvent plus une descente dans l’expérience et une ouverture pluridisciplinaire que des écrits dans le mode universitaire en usage en France.

– En quoi la pensée de Jung peut-elle selon vous répondre aux interrogations de notre époque ?

-Nous constatons que de nombreuses personnes sont à la recherche de sens dans leur vie. Actuellement  notre société matérialiste est traversée par une crise économique et une crise intérieure. Quelque soit leur âge ou leur métier, les personnes qui viennent vers nous souhaitent retourner à la source de l’être humain. Jung apporte des réponses car il n’a jamais opposé le matériel et le spirituel, il a cherché au contraire à en faire des forces complémentaires. Ce qu’on constate également c’est que les personnes qui se tournent vers Jung réalisent un travail des profondeurs et ils deviennent ainsi plus créatifs. De nombreux artistes et pédagogues s’inspirent de sa pensée.

Je crois que le matérialisme de notre époque ne répond pas aux aspirations profondes de l’être humain. Il est peut-être temps de réinventer une religion qui n’est pas reliée à un Dieu extérieur à nous. Une religion où l’on apprendrait à lire à l’intérieur de nous-même pour vivre en relation avec nos  forces profondes. C’est peut-être cela le réel défi du 21ème siècle.

le point jung

Liens pour aller plus loin :

– Le programme des conférences du centre européen d’études jungiennes de Strasbourg

-Les associations jungiennes en France

-L’association des analystes jungien au Québec

-La biographie de Carl Gustav Jung

-Un site d’information sur Jung

Un livre pour découvrir Jung :  » Ma vie : souvenirs, rêves et pensées  »

8, 60 euros chez Folio

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L’étreinte de l’amour !

Amma est considérée comme une sainte en Inde. Son combat en faveur de la paix et sa lutte contre la misère et l’analphabétisme lui ont valu de recevoir en 2002 le Prix Gandhi -King pour la paix et la non-violence.

 Sa présence rayonnante et son sourire radieux ont illuminé le parc des expositions de Pontoise le week -end dernier. Pendant trois jours elle a offert son darshan, son étreinte, à des milliers de personnes quelque soient leurs religions, leurs croyances ou leurs origines. La compassion, l’altruisme et la tolérance sont au coeur de ses enseignements. Une grande âme dont certaines de mes amies m’avaient beaucoup parlé.

A ce jour, Amma a serré dans ses bras près de 31 millions d’être humains à travers la planète.

Je vais vous livrer ici mon expérience de cette étreinte mais aussi celle de tous les inconnus qui ont croisé mon chemin au cours de cette journée auprès d’Amma.  Pauline, Agnès, Anne-Gaëlle, Emilie, Julien, Stéphane, Aimé-Charles je vous remercie tous chaleureusement de vos témoignages.

 » La grâce c’est l’ouverture. C’est une connaissance spirituelle intuitive qui s’expérimente dans l’action » Amma

 » Il est impossible d’atteindre la perfection sans être prêt à s’abandonner  » Amma

A quelques mètres de la porte d’entrée, mon esprit ne peut s’empêcher de me torturer avec des questions. Vais-je réussir à m’abandonner dans les bras de cette femme ? Mon corps ne va-t-il pas résister à son étreinte ? Et si je ne sentais rien ? Mon mental s’ emballe. Il fait cela à chaque fois qu’il se confronte à l’inconnu, sans doute parce qu’il sait qu’il va devoir se taire, pour faire de la place à l’expérience. Les heures d’attente qui me séparent des bras d’Amma ont au moins cette vertu : elles m’obligent à lâcher-prise. L’ambiance est festive et familiale. Les couleurs, les odeurs et les sons de l’Inde sont partout et occupent mon esprit qui ainsi distrait, finit par se tenir tranquille.

Me voilà à présent dans la file qui mène aux bras d’Amma. Elle est composée de toutes sortes de personnes : des jeunes couples, des enfants, des adolescents, des personnes âgées, des handicapés. Il y a parmi eux de fervents disciples et de simples curieux. Nous sommes tous différents. Nous voici cependant réunis au sein de cette rangée mouvante, tels les affluents d’ un fleuve. Un fleuve qui coule doucement vers la mer. Amma. La mère divine en sanskrit. Nous nous apprêtons tous à plonger en elle.

Elle est maintenant à quelques mètres de moi. Curieusement, le volume de mon habituel monologue  intérieur baisse d’un ton à chacun de mes pas. Je ne pense plus à rien. J’observe. J’attends. Me voilà finalement à genoux face à elle. Les bénévoles qui l’encadrent se chargent de poser ma tête sur son coeur. Je suis comme enfouie en elle. J’ai l’impression d’être une poupée de chiffon. Je ferme les yeux, pour mieux apprécier toutes les sensations qui me viennent. C’est doux, enveloppant. Un puissant parfum de rose empli mes narines. Je suis anesthésiée par cette odeur et je suis comme plongée dans un profond sommeil réparateur. Je suis bien. Je savoure. Je ne m’inquiète plus de rien. Cela a peut-être duré quelques secondes ou une éternité, je ne saurai le dire. Dans cet espace, au creux de ses bras, le temps n’a plus de prise.

Les mains des bénévoles me relèvent et me soutiennent. J’ouvre les yeux et je tangue. Ma tête tourne. Je note qu’un sourire s’est imprimé sur mon visage. Je décide de m’asseoir sur le côté, pour continuer à observer les autres et prolonger cet état de bien-être. Je les regarde plonger un à un dans la mère. Et le spectacle de leur abandon fait monter une vague de joie en moi. C’est si beau l’abandon. Et si rare. Je contemple le visage d’ Amma et ne perçois aucun signe de fatigue sur ses traits. Cela fait presque quatre heures pourtant qu’elle ouvre et referme inlassablement ses bras autour de ces gens et de leurs âmes. Elle les berce, elle les enlace, elle leur murmure des mots au creux de l’oreille. Son sourire n’en finit pas de rayonner.

Derrière moi, des sanglots étouffés attirent mon attention. Une femme pleure. Son regard brouillé de larmes paraît captivé par le flux ininterrompu de ces dizaines d’étreintes. Elle semble bouleversée. Mon regard s’arrête ensuite sur le visage d’un jeune homme installé près d’Amma. Il a peut-être une trentaine d’années. Lui aussi a les yeux fixés sur cette rivière humaine. Je remarque ses petites lunettes en acier et sa chemise à carreaux. Un jeune homme bien sous tous rapports, comme on dit. Il retient quelque chose, mais sa bouche tendue révèle son émotion. Ses yeux brillent. Ce n’est plus un jeune homme, c’est un petit garçon. Un petit garçon qui s’apprête à lâcher toutes ses douleurs et toutes ses peines. Comme si la simple présence d’Amma permettait enfin cela, sans culpabilité et sans honte.

Amma console encore et encore et j’ai la sensation d’être emportée  par ce flot d’amour inconditionnel. Je suis heureuse. Je suis émue. Je sais à présent que si Dieu existe, il loge certainement dans le coeur de cette femme. Je me lève, revigorée. J’ai envie de savoir comment les autres ont vécu cette expérience. Pour garder une trace. Pour comprendre. Pour mettre d’autres mots que les miens sur ce mystère. Et peut-être pour m’assurer que je n’ai pas rêvé toutes ces sensations nouvelles. J’ai envie d’interroger tout le monde et de demander : Et vous, qu’avez-vous ressenti ? C’est plus fort que moi. Je suis curieuse.

« Amma,  m’a ouvert le coeur « 

Je croise Aimé-Charles à l’extérieur du parc des expositions de Pontoise. Il semble avoir une cinquantaine d’années. Aimé-Charles est aveugle. Il marche tranquillement un sourire aux lèvres, les yeux cachés par d’imposantes lunettes noires. Il est guidé par son ami Stéphane. C’est lui qui lui a fait découvrir Amma, il y a quelques années. Stéphane m’ explique qu’il ne manque aucun darshan depuis 19 ans  » Je viens chercher ici une vision, du sens , peut-être de la lumière. Cette femme transmet une énergie incroyable. On la sent totalement imprégnée d’amour. Elle est limpide. Moi, elle m’a juste ouvert le coeur. J’ai l’impression qu’elle me nettoie à chacune de ses étreintes. Même si on ne croit pas à la grâce,  le don de soi qu’elle manifeste est juste hallucinant. Qui peut étreindre autant de personnes, avec une telle énergie ? « , lance-t-il. Son ami Aimé -Charles poursuit. Il explique qu’ il était un peu sceptique avant de venir ici, mais qu’il était néanmoins curieux.  » J’avoue que j’ai été émerveillé par cette femme. C’est quelqu’un qui met en pratique une sagesse universelle. Je suis d’origine africaine et les valeurs qu’elle défend résonnent avec les valeurs véhiculées par la sagesse de l’Afrique. J’ai été cueilli par ses bras. Je me suis senti à son contact inondé d’une chaleur intense. Cette énergie a traversé mon corps de haut en bas. Cela m’a laissé sans voix. Vous savez, j’ai perdu l’usage de la vue il y a quelques années. Progressivement. C’est une épreuve. Mais en perdant mes yeux, j’ai trouvé mon coeur. Mon ressenti s’est décuplé. J’ai beau vivre dans les ténèbres, cette femme, je la vois brillante. Quand on a plus ses yeux pour voir, on ne s’arrête pas aux apparences. On se fie à ses ressentis. On sent peut-être même plus facilement la sincérité des autres « . 

Ressentir. C’est bien la seule chose qu’Amma demande à ceux qui viennent à elle. Son darshan est totalement libre de tout enseignement religieux. Ses messages sont aussi universels que ceux délivrés par le Dalai-Lama.

 » Pour moi, Amma c’est un vrai miracle « . Voilà ce que me livre Anne-Gaelle quand je lui demande ce que la sage indienne représente pour elle. Elle est attablée à côté de moi dans la salle de restauration du parc des expositions et accepte avec plaisir de répondre à mes questions. Elle m’explique qu’elle vient à Pontoise pour la troisième année consécutive.  » Je ne connaissais pas Amma, il y a trois ans. C’est une amie qui m’en a parlé. La première fois où je suis venue j’étais très tendue, crispée au moment du darshan. Il faut dire qu’à cette époque -là j’avais de graves problèmes. J’étais mal dans ma vie, je me sentais constamment persécutée. Je me suis assise près d’Amma et puis je ne sais pas ce qui s’est passé. Elle a plongé son regard dans le mien pendant dix minutes. Je sentais son amour me transpercer. Mes yeux ont commencé à convulser. Je n’ai rien compris à ce qui m’arrivait. Tout ce que je sais c’est qu’après cette expérience , je me suis sentie mieux. Cela m’a donné le courage de tout faire pour me sortir de mes problèmes. » Anne -Gaëlle raconte tout cela d’une voix douce et posée. A ses côtés, son amie Agnès acquiesce :   » Lorsqu’on est près d’Amma, on ressent une réelle énergie de bien-être. On se sent régénéré. La première fois que j’ai reçu le darshan, j’ai senti de la chaleur à l’intérieur de moi. Comme si son énergie passait à l’intérieur de mes cellules « . Agnès et Anne -Gaëlle sont loin d’être des adeptes de l’hindouïsme, mais elles semblent avoir trouvé en Amma, le symbole du féminin sacré.  » Elle incarne pour moi le réconfort, la protection et l’amour. Le féminin sacré, c’est justement ce qui a été négligé dans toutes les religions« , précise Anne-Gaëlle. Des propos qui font écho à ceux de Pauline. Cette artiste parisienne ne manque aucune des visites d’Amma en France. Son sourire joyeux m’attire. Elle m’explique :  » Amma m’a ouvert le coeur. Avant ma vie était faite de batailles, de blocages, de noeuds et de douleurs. Aujourd’hui je vis dans la transparence, dans l’acceptation et dans la paix « , me glisse-t-elle l’oeil pétillant. Elle me confie que la seule présence d’Amma suffit à son bien-être. Et que les effets de sa rencontre annuelle avec elle se prolongent dans sa vie quotidienne.  » Ses enseignements nous poussent à écouter notre coeur. Et il ne nous déçoit jamais « , conclut-elle.

Le coeur. L’amour. L’acceptation. Le lâcher-prise. Ces mots reviennent souvent dans la bouche de ceux que j’interroge. Mon regard est attiré par un jeune couple d’une trentaine d’années. Julien et Emilie sont venus avec Quentin, leur fils de 15 mois. Julien m’explique que le darshan lui allège le coeur :   » On se sent bien. Les soucis s’évacuent. » Il partage avec sa compagne, Emilie, une philosophie basée sur la confiance en la vie. Emilie a découvert Amma en Inde. Elle a passé un mois au sein de son ashram dans le Kerala. Et ses enseignements ont résonné fort en elle  :  » Elle ne fait pas de prosélytisme. Elle incarne ce qu’elle dit. Elle nous apprend à nous respecter en profondeur. Si quelque chose ne va pas dans notre vie, elle nous suggère qu’il y a peut-être quelque chose à comprendre. Elle nous invite à nous poser cette question : qu’est ce qui n’est pas juste dans votre vie pour que se répète continuellement des choses négatives. Elle ne parle pas de justice divine, mais de justice pour soi-même. Elle nous explique aussi que c’est la paix intérieure qui amène la paix à l’extérieur « .

En relisant ces témoignages, je comprends que ce qui fédère toutes ses personnes autour d’Amma, ce ne sont ni des dogmes, ni des écritures, mais bien des valeurs universelles : l’amour, la compassion, la paix, la tolérance, le respect de soi et des autres. La spiritualité n’a pas besoin de temples, de divinités ou de textes sacrés pour exister, car elle naît et vibre dans  le coeur des hommes. Amma nous démontre que l’amour n’a pas besoin de la religion pour croître. L’amour se donne et se reçoit. Tout simplement.

  » La spiritualité demande d’abord une  culture du coeur, une immense force, une intrépidité sans faille. Les couards ne peuvent satisfaire à une morale «  Gandhi

 

A écouter les bhajans…les chants indiens d’Amma…magique…ensorcellant…un voyage gratuit en Inde !

 

Liens pour aller plus loin : 

La biographie d’Amma 

Ses oeuvres caritatives 

Sa reconnaissance internationale à l’ ONU

Le documentaire de Jan Kounen : Darshan

Amma vue par une dessinatrice de BD

Prochaines visites d’Amma en Europe :

23.10.2012 – 25.10.2012 – Londres, Grande-Bretagne
27.10.2012 – 29.10.2012 – Houten (Utrecht), Pays-Bas
31.10.2012 – 02.11.2012 – Toulon, France

NB : L’entrée est gratuite.

 

« La mort donne du sens à la vie  » Rencontre avec des explorateurs de l’au-delà!

On parle très peu de la mort. Essayez voir d’en parler dans un dîner. Le sujet sera vite éludé. On évite d’en parler car la plupart du temps le sujet met mal à l’aise. Personne n’ose penser à la mort de peur peut-être de l’attirer. La mort fait pourtant partie de la vie. Elle est sans doute la seule certitude que nous ayons. Mais la mort est-elle vraiment la fin de tout ? Comment se préparer à la mort ? Que nous enseigne-t-elle ? Qu’est-ce qui nous attend : la lumière ? le paradis ? le néant ?

J’ai posé toutes les questions qui m’habitent à deux explorateurs de l’au-delà : Patricia Darré, médium, auteur du livre  « Un souffle vers l’éternité » et Jean-Jacques Charbonier,  médecin anesthésiste-réanimateur à Toulouse qui vient de publier aux éditions Trédaniel  « Les 7 bonnes raisons de croire en l’au-delà ». Je les remercie ici d’avoir pris le temps d’échanger avec moi !

Si vous faites partie des sceptiques, ne partez pas tout de suite. Echangeons !

N’oubliez pas :  » Dans la vie rien n’est à craindre. Tout est à comprendre », disait Marie Curie !

La mort : un  mystère ?

Depuis 25 ans, Jean-Jacques Charbonier passe ses journées à ramener les morts dans le monde des vivants.  Ce médecin anesthésiste français est membre de la Société Française de Réanimation et exerce à la clinique Saint Jean Languedoc à Toulouse dans le service d’urologie et de réanimation où il est  médecin référent. Cet anesthésiste français s’intéresse à la mort depuis ce jour où jeune interne en stage au SAMU, il assiste au dernier souffle d’un jeune homme prisonnier d’un tas de feraille, après un accident de la route.  » J’étais à quelques centimètres de lui, en train d’essayer de lui porter assistance, quand ses yeux se sont éteints. La vie venait de quitter son corps, et à ce moment là, j’ai senti comme un souffle d’air chaud me frôler. Cela m’a énormément troublé, se souvient Jean-Jacques Charbonier.  » Biensûr je n’en ai parlé à personne. C’était difficile, on m’aurait pris pour un fou. Mais du coup c’est à partir de ce moment là, que mes certitudes concernant la mort se sont effondrées. J’ai eu besoin de comprendre. Moi qui  pensait devenir médecin généraliste, j’ai décidé de me spécialiser en réanimation », poursuit-il.

 Pour le milieu médical, la mort clinique commence lorsque les organes vitaux cessent de fonctionner. L’arrêt cardiaque, l’arrêt cérébral sont considérés comme des preuves matérielles de la mort. Les réanimateurs sont cependant confrontés tous les jours à des récits assez troublants de patients. Jean-Jacques Charbonier reçoit près de deux à trois témoignages par semaine de personnes ayant vécu ce qu’on appelle des expériences de mort imminente.  » Ils évoquent souvent la même chose :  la sensation de flotter au-dessus de son corps, certains peuvent même décrire les gestes de réanimation qui ont été pratiqués sur eux alors qu’ils étaient inconscients, d’autres sont en mesure de détailler des scènes se déroulant à des kilomètres de l’hôpital  alors qu’ils sont plongés dans le coma  et qu’ils ne peuvent pas objectivement savoir ce qu’il se passe. D’autres encore parlent d’une lumière bienfaisante qui les attire. Certains voient les défunts de leur famille. Et tout cela peut intervenir alors même que le coeur a cessé de battre et que la vie à quitter leur corps l’espace de quelques secondes », rapporte le médecin.

L’expérience de mort imminente est décrite de façon identique à travers toute la planète indépendamment de la culture et des croyances religieuses. 60 millions de personnes dans le monde auraient déjà vécu ce genre d ‘expériences.  L’idée selon laquelle les EMI sont la preuve de la vie après la mort a été popularisée dans les années 1960 et 1970 par deux psychiatres américains, Elizabeth Kübler-Ross et Raymond Moody, qui a par ailleurs créé le terme. La première est bien connue pour son travail d’accompagnement des mourants, elle a été une  pionnière des soins palliatifs ; le deuxième a compilé une liste des caractéristiques qu’il considère typiques des expériences de mort imminente.

Les témoignages recueillis évoquent notamment :

-La vision d’un  tunnel obscur
-Une expérience de  décorporation
-Le contact avec des proches décédés
-La rencontre avec un être de lumière
-La sensation de voir sa vie défiler

Certains scientifiques estiment que ces manifestations relèvent de l’hallucination ou d’un état modifié de conscience et que c’est le système nerveux qui jouerait des tours au cerveau sous l’effet de la privation d’oxygène. D’autres estiment en revanche que les EMI ne peuvent pas être entièrement expliquées par des causes physiologiques ou psychologiques, et que la conscience peut fonctionner indépendamment de l’activité cérébrale. Le Dr Jean-Jacques Charbonier fait partie de ceux -là. Il développe ces arguments  dans son dernier livre  » 7 bonnes raison de croire en l’au-delà« .

Si en France le sujet fait encore débat, au Canada , aux Etats -Unis et en Angleterre d’éminents scientifiques se penchent déjà très sérieusement sur la relation entre l’esprit et le cerveau pendant la mort clinique. C’est d’ailleurs le sujet du projet AWARE.  Cette étude réalisée dans près de 25 centres hospitaliers essentiellement aux Etats-Unis, au Canada et en Angleterre  est financée en partie par le conseil britannique de réanimation, la Fondation Horizon et la Fondation Nour aux Etats-Unis. Elle  réunit une équipe pluridisciplinaire internationale  sous la direction du Dr Sam Parnia, médecin spécialiste des soins intensifs et maître de conférences à l’Université de Southampton en Grande-Bretagne. Sam Parnia est l’auteur de « Que  se passe- t-il quand nous mourons?

L’objectif du projet Aware est de comprendre scientifiquement les mystères de la conscience humaine et de la mort, en étudiant des patients ayant survécu à un arrêt cardiaque.

Un certain nombre d’études scientifiques récentes menées par des chercheurs indépendants ont démontré que 10 à 20 pour cent des gens qui passent par un arrêt cardiaque et la mort clinique, témoignent d’expériences de mort imminentes.

« Le point remarquable de ces expériences», selon le Dr Parnia, « est que tandis que les études du cerveau pendant un arrêt cardiaque ont toujours montré qu’il n’y a aucune activité cérébrale mesurable, ces sujets ont signalé des perceptions détaillées qui indiquent au contraire un haut niveau de conscience en l’absence d’activité cérébrale détectable. Si nous pouvons objectivement vérifier ces affirmations, les résultats auraient de profondes implications non seulement pour la communauté scientifique, mais aussi pour la société tout entière « . ( Source Projet Aware )

Au cours de l’étude AWARE, les médecins utilisent les dernières technologies pour étudier le cerveau et la conscience pendant un arrêt cardiaque. Dans le même temps, ils vont également  tester la validité des expériences hors du corps et les capacités  de pouvoir voir et entendre pendant cette expérience.

Il est curieux de constater que ces questions sont prises au sérieux dans les pays anglo-saxons et font l’objet de nombreux reportages et documentaires sur les grandes chaînes nationales comme la BBC, alors qu’elles font rarement l’objet d’un prime-time en France !

« Je maintiens que le mystère de l’homme est incroyablement diminué  par le réductionnisme scientifique et sa prétention matérialiste à rendre compte du monde de l’esprit en terme de simple activité neuronale. »
Sir John Eccles, prix Nobel de physiologie et de médecine en 1963

La femme qui parle à l’oreille des défunts !

Si les scientifiques commencent à envisager la survie de la conscience humaine après la mort, serait-il possible alors de communiquer avec cette énergie désincarnée ? Et si notre cerveau était une sorte d’émetteur -récepteur capable de recevoir des informations  ?

Patricia Darré

Patricia Darré répond à cette question dans son livre  » Un souffle vers l’éternité « . Cet ouvrage s’est vendu à plus de 50 000 exemplaires. Un succès qui a surpris son auteur mais qui en dit long sur le besoin des français d’explorer et de comprendre l’au-delà.

 Patricia Darré est une femme énergique, terrienne, rationnelle et laïque. Rien à voir avec le cliché de la voyante mystérieuse entourée de gris-gris. Patricia est pourtant médium. Ce n’est d’ailleurs pas son métier. Dans la vie, elle est animatrice radio à France Bleu Berry à Châteauroux.

En 1995, sa vie bascule  lorsqu’elle découvre qu’elle est capable de percevoir des messages de personnes décédées.  » J’ai longtemps hésité à le reconnaître d’ailleurs et à en parler « , sourit-elle. Dans son livre elle raconte l’apparition de ses facultés extra-sensorielles.  »  Au début, je me levais la nuit  avec l’impérieuse envie d’écrire. En relisant les mots que je venais de jetter sur un papier je voyais bien qu’ils ne pouvaient pas venir de moi » , explique-elle. Et puis il y a ces voix qui chuchotent des » Tu seras bientôt prête« . Cela est apparu après la naissance de son fils. Elle pense alors qu’elle souffre d’un grave baby-blues ou de schizophrénie.  » Je suis allée voir un psychiatre. Lors de la consultation,  j’ai pris une feuille de papier pour lui montrer ce qui m’arrivait. Ma main est partie et  a écrit  des informations très précises  sur lui et sa vie, il a été interloqué . Il m’a dit qu’il ne pouvait rien faire pour moi et que je ne souffrai d’aucune maladie psychique. J’étais tout simplement médium « , raconte-t-elle. Démarre alors une longue quête pour appréhender de manière rationnelle ce qui lui arrive.  » Pour éviter de sombrer dans la folie, j’ai cherché toutes sortes d’informations pour comprendre  « , explique-t-elle.

Que faire ensuite avec cette faculté  ? Patricia ne décide pas du jour au lendemain d’ouvrir un cabinet de voyance. Bien au contraire. Elle s’ancre plus que jamais dans la réalité, poursuit son travail d’animatrice radio tout en aidant ceux qui la sollicite gratuitement.  » Pour moi être médium ce n’est pas un métier, c’est un don qui doit servir à aider les autres. C’est une vocation, un chemin à lire , à essayer de comprendre.  Ce don selon moi ne devrait pas se monnayer.  Je pense d’ailleurs que chaque être humain a la possibilité de le développer. Nous possédons tous les mêmes capteurs mais nous ne les utilisons pas tous pleinement. Cette communication avec une autre forme d’énergie est je pense un accessoire de la conscience humaine qui pour l’instant n’a pas encore été suffisamment exploré  « , explique-t-elle.

Alors que se passe-t-il exactement en elle lorsque l’énergie d’un défunt la contacte :  » Je ne cherche pas forcément à parler aux morts. C’est plutôt eux qui viennent à moi. Je ne vois pas de fantômes au pied de mon lit. Cela ne se passe pas comme cela. En fait je ressens comme une sorte d’étourdissement. Je sais que je dois laisser venir et faire le vide en moi. Je ressens ensuite si c’est un homme ou une femme, puis se dessine un physique et un caractère. C’est une sensation très intérieure », précise Patricia Darré.

Pourquoi les morts reviendraient-ils pour délivrer des messages ?  » Lorsque les défunts prennent contact avec les vivants cela leur demande énormément d’énergie. C’est l’équivalent de l’énergie d’une centrale nucléaire. Ils le font uniquement pour guider les vivants qu’ils ont aimé, pour éviter qu’ils passent à côté du bonheur et de leur destin. Ils le font grâce à l’amour qu’ils portent à leur proches. L’amour est une énergie vitale », précise-t-elle.

Patricia Darré a elle-même connu la douleur de la perte . « J’ai perdu mon mari, ma mère et mon neveu en quelques semaines . Cela aurait pu me détruire, me conduire à la dépression. J’ai choisi de vivre l’instant présent et d’être heureuse malgré la douleur. Et puis j’ai été contacté par les miens, j’ai entendu leurs messages« , poursuit-elle.

Alors quelle est sa vision de l’au-delà ? Comment se préparer à la mort la sienne ou celle de ses proches ?

Pour Patricia Darré : « La mort fait partie du chemin de chaque être humain. C’est important d’en prendre conscience et d’en parler, car ne pas en parler amène à créer des peurs. On a peur de la mort parce que c’est l’inconnu. Mais on doit se rappeler que c’est la mort qui donne du sens à la vieLorsque nous traversons un moment de deuil , il est important  de laisser partir les morts. Il faut comprendre que la mort n’est qu’une nouvelle forme de conscience . Quelque chose d’autre commence pour la personne que nous avons aimé. Biensûr il est aussi important d’accueillir nos émotions : on a le droit d’être en colère, et d’être triste mais notre devoir de vivant est aussi de continuer à vivre en cherchant le bonheur ».

Qu’est ce que le bonheur ?

« C’est vivre ici et maintenant dans la plénitude de la vie. Chaque seconde de vie est un cadeau. C’est important de relativiser ce que nous vivons et de sortir de l’éternel conflit du bien et du mal. La vie est un jeu de piste et nous choisissons notre parcours. Nous sommes libre à chaque instant de la façon dont nous allons avancer sur ce chemin. « .

Alors que se passe-t-il après la mort ? Les neurosciences arriveront sans doute à répondre à cette question tant les recherches sur la conscience humaine s’accélèrent. De nombreux scientifiques aux Etats-Unis et au Canada étudient également les médiums car dans ces pays contrairement à la France on cherche à comprendre ces capacités extra-sensorielles et on ne les rejette pas d’emblée.

Je vous invite à regarder ce documentaire réalisé par Marie-Monique Robin. Cette journaliste a obtenu le prix Albert Londres en 1995, et est reconnue pour son travail d’investigation depuis de nombreuses années !

« Le sixième sens », explore les facultés des médiums sous l’angle scientifique !

« Aimer, la meilleure préparation à la mort. » Marcel Jouhandeau

« La mort c’est le commencement de quelque chose. »  Edith Piaf

Liens pour aller plus loin :

Le témoignage du québécois Gilles Bédard qui a vécu une EMI

Vous pensez avoir vécu une expérience extraordinaire dont vous n’osez pas parler ?

Des professionnels de santé sont à votre écoute !

http://www.inrees.com/decouvrir_1.php?url=6

Vous avez vécu une expérience de mort imminente ? Des psychologues collectent vos témoignages !

http://www.europsy.org/ceemi/

La spiritualité mène-t-elle au bonheur ? Récit du parcours initiatique d’Andrea !

Andrea a 33 ans. Cette jeune colombienne vit depuis plusieurs années près de Carcassonne, en plein coeur du pays cathare en France. Elle travaille au quotidien auprès d’adultes handicapés. Il y a 7 ans, lors d’un séjour sur sa terre natale, elle expérimente lors d’un rituel chamanique les effets de l’Ayahuasca. Cette plante sacrée d’ Amérique du Sud est connue pour provoquer des états modifiés de conscience.  Cette expérience a changé sa perception du monde.  Elle poursuit depuis, un chemin  peu fréquenté : celui de la quête spirituelle.

Rencontre avec une âme éclairée !

 

 » La véritable spiritualité se reconnaît dans sa façon de vivre et d’aborder l’existence, et non dans ce que l’on transmet de ses croyances » Nathaniel Branden :  écrivain et psychothérapeute

Le retour aux sources

« Lorsque j’ai décidé de retourner en Colombie , c’était comme un appel. J’étais en France depuis quelques années, et j’ai toujours eu beaucoup de mal à m’ adapter à cette société  très différente de la mienne. Mon arrivée en France a été plus compliquée que ce que j’imaginais. N’ayant pas les mêmes codes,  je me suis sentie incomprise, en perte de repères, rejetée. En Colombie, j’ étais quelqu’un, en France, personne. Je n’avais plus ma famille et mes amis ou les gens au quotidien qui reconnaissaient qui j’ étais. J’ai dû renoncer à mon identité et apprendre à vivre autrement. J’ai donc eu besoin de revenir sur mes terres pour me reconnecter avec moi-même. « 

Le parcours initiatique d’Andrea débute au milieu de la forêt colombienne. Entourée de chamanes, elle se prépare à suivre le rituel de l’Ayahuasca. Pendant 10 jours  on lui demande de se nourrir  exclusivement de fruits et de légumes. L’objectif est alors de purifier le corps avant d’ingérer la plante. La cérémonie chamanique se tient la nuit en pleine nature, autour d’un feu. Les premières heures qui suivent l’absorption de la potion hallucinogène ne lui ont pas laissé un souvenir très agréable.  » Cela a été très violent. J’ai été prise de vomissements interminables. C’était comme un immense nettoyage. Puis ces sensations inconfortables se sont calmées. Et je me suis sentie en grande connexion avec la nature, les bruits de la forêt. Je me suis sentie fortement reliée avec mes racines indiennes. L’espace d’un instant je suis comme sortie de la colère et de la haine présentent dans ce monde. Cela m’a laissé une très forte impression« , poursuit Andrea.

Comme Andrea des milliers de personnes issues de tous les continents du globe ont vécu une expérience similaire auprès de chamanes d’Amérique du Sud.

Le réalisateur français Jan Kounen auteur de Doberman et de Blueberry avec Vincent Cassel est fasciné depuis toujours par le chamanisme. Il évoque ce sujet dans son documentaire intitulé « D’autres Mondes » dont voici un extrait :

 A l’issue de cette expérience chamanique, le  retour  en France a été difficile.  » Je ne pouvais plus vivre la vie  que j’avais avant cette expérience », explique-t-elle. Elle poursuit : « J’étais dans l’ignorance, l’illusion , j’étais comme endormie. Je subissais ma vie, je n’étais pas heureuse en amour, je n’avais pas confiance en moi. J’ai décidé après cette expérience chamanique de reprendre ma vie en main et de faire un pas supplémentaire vers moi-même », se souvient-elle. Andrea  quitte son mari, déménage, reprend tout à zéro. Elle découvre alors le tarot de Marseille et  travaille sur les archétypes. Un support comme un autre pour sonder les profondeurs de son âme et de son inconscient.

 Les murmures des Anges

Les anges sont ensuite entrés dans la vie d’Andrea. Par hasard. Si on peut encore appeler cela un hasard. Au fil de ses rencontres, elle découvre un jeu de carte  » Le message des Anges« . Et son intérêt pour ces créatures spirituelles, décrites comme des intermédiaires entre l’homme et le divin a pris une grande place dans sa vie. Les anges sont partout depuis toujours. Ils fascinent depuis la nuit des temps les artistes. Le cinéma et la littérature regorgent d’oeuvres évoquant les anges. Les Ailes de désir de Wim Wenders. L’Empire des Anges de Bernard Werber. Le Rire de l’Ange du conteur français Henri Gougaud. Pour ne citer qu’eux.

Andrea découvre ensuite Amma :  » Un ange incarné », sourit-elle. Cette femme, considérée comme une sainte en Inde est mondialement connue pour son étreinte. Elle a serré dans ces bras des millions de personnes à ce jour. Andrea s’est rendu plusieurs fois en Inde pour suivre ses enseignements.

Voyez ce reportage de Radio-Canada :

Le message des Anges

A force de chercher des guides, la réceptivité d’Andrea s’ élargit. Aujourd’hui, elle explique qu’elle peut ressentir la présence des anges, comme une énergie bienveillante. Et cela n’a plus rien a voir avec la religion catholique dans laquelle elle  a baigné enfant. Elle m’indique que ces êtres célestes lui délivrent des messages. Il lui arrive de les transmettre à ceux qui recherchent auprès d’elle un accompagnement spirituel.

Illustration : Angélique Tridot


 Ma curiosité est forcément piquée au vif. Que peut bien raconter un ange ? Et comment communique-t-il ? 

Andrea poursuit :  » Les anges  communiquent par le biais de notre intuition. Tout le monde a la capacité de les entendre. Tout le monde a déjà prêté attention à cette petite voix en nous qui nous conseille de prendre tel ou tel chemin. Il y a des choses que l’on sait qui ne passe pas par la raison. Pour moi les anges, c’est cette force qui nous guide intérieurement » .

Je m’interroge : A quoi peuvent bien servir les anges?  » Les anges sont là pour nous guider à accomplir notre mission de vie, explique-t-elle.Vaste projet !  C’est quoi exactement une mission de vie ?  » Le sens de notre passage sur terre, c’est l’évolution. Nous sommes là pour progresser et être heureux. Les anges apprécient que les humains fassent simplement ce qu’ils aiment. Ils nous demandent de rechercher le bonheur à chaque instant de notre vie, dans le moment présent « , précise la jeune femme.

 La poursuite de bonheur n’empêche pas de ressentir parfois des émotions négatives : le deuil, la souffrance, l’anxiété, les peurs sont aussi le lot quotidien de l’être humain et nous traversons tous des périodes sombres. Alors comment faire pour trouver la paix? Pour Andrea, les anges nous enseignent qu’il est possible de transformer les pensées négatives par le biais de la prière.

La prière est selon elle,  une manière de demander de l’aide et de se relier au sacré, sans forcément passer par le dogme religieux.  « Les anges , explique-t-elle,  répondent toujours lorsqu’on les appelle. Il suffit d’être réceptif à leurs messages. Une rencontre, un livre, ou un évènement inattendu peuvent nous aider sur le chemin. Il faut cultiver l’intuition, l’écoute de soi et de ses ressentis.  » Mon chemin spirituel n’ a toujours eu qu’un seul but :  trouver la paix intérieure. La seule vérité qui compte sur cette terre, conclut-elle, c’est l’amour de soi et des autres« .

Alors croire ou ne pas croire à l’existence des anges? Telle est la question. Chacun reste  libre de se forger sa propre opinion, en fonction de ses convictions et de ses expériences.

Il est cependant intéressant de constater que deux études épidémiologiques portant chacune sur près de 4 000 personnes sur une période de 6 ans tendent à démontrer un lien direct entre la pratique spirituelle (personnelle ou dans un cadre formel) et une meilleure santé et  une plus grande longévité. ( Sources : http://www.passeportsante.net/fr/Therapies/Guide/Fiche.aspx?doc=priere_th);

A méditer!

« La terre est au soleil, ce que l’homme est à l’ange ». » Victor Hugo « Les Contemplations »

Si vous souhaitez  contacter Andrea pour en savoir plus sur son expérience chamanique et sur les anges n’hésitez pas : darshanama@gmail.com

 
 
Liens pour aller plus loin :
 
Spirituality and Health
Ce numéro spécial (mai 2007) du Medical Journal of Australia traite en profondeur et avec rigueur des liens complexes entre spiritualité et santé.
www.mja.com.au
 
Un livre: Enquête sur l’existence des anges gardiens de Pierre Jovanovic
 
 

L’esprit des Apaches : Rencontre avec Harlyn Geronimo!

Rencontre avec Karen et Harlyn Geronimo!

Karen et Harlyn Geronimo!Harlyn est un homme paisible et son épouse Karen, une grande connaisseuse des plantes médicinales. A des milliers de kilomètres de leur réserve  de  Mescalero située au Nouveau-Mexique aux Etats-Unis, je les  rencontre fin avril à l’occasion d’un festival littéraire à Metz  en France: L’Ete du Livre dont le thème cette année était  l’Amérique.

Je salue d’ailleurs Pascal Didier, l’un des organisateurs, qui m’a permis de rencontrer le couple Geronimo!

Nous nous retrouvons dans les Jardins fruitiers de Laquenexy un lieu magique, situé à 20 minutes de Metz, un véritable temple sacré de la botanique.

Tous deux sont les ambassadeurs de cette culture indienne d’Amérique du Nord qui a fait tant fantasmer les européens avides de grands espaces et d’aventures.

Au sein de leur  communauté, qui compte environ 50000 âmes, ils  sont  reconnus comme des chamanes. Cela signifie qu’ils appliquent des rituels de guérison propre à leurs traditions et à leurs croyances.

Harlyn Geronimo est l’arrière petit -fils du célèbre apache qui a lutté pour la liberté des natifs américains à la fin du 19ème siècle. Geronimo ( 1829 -1909 )a été l’un des derniers chefs indiens à déposer les armes après avoir tenu en échec la moitié de l’armée américaine .

Ce personnage  n’a cessé depuis de fasciner!

Harlyn, m’a raconté que pendant la 2ème guerre mondiale, les parachutistes américains s’élançaient  des avions durant le débarquement en Normandie en s’écriant  » Geronimo ! ». Comme si le fait de prononcer ce nom permettait d’invoquer la force de ce célèbre guerrier!

Il revient sur la vie de cet ancêtre légendaire dans un livre co-écrit avec l’ethno-musicienne Corine Sombrun :  « Sur les pas de Geronimo » publié en 2006 chez Albin Michel.

 

Qui était Geronimo et que représente -t-il pour la communauté Apache ?


Réponse en vidéo: Attention interview en anglais !

Karen Geronimo: a medecine-woman

Karen Geronimo enseigne la langue apache.  Elle est également une femme médecine très respectée dans sa communauté.

Elle m’explique sa connaissance des plantes qui soignent, elle me  parle également de ces rituels  qui permettent de guérir.

Selon ses croyances,  la foi est essentielle à la guérison.

Au sein de la réserve, la médecine  apache fonctionne en parallèle de la médecine occidentale . Le médecin de l’hôpital de la réserve ne s’occupe pas des chamanes. Il cohabite avec eux.

Ecoutez Karen Geronimo :

A l’écoute de Karen je me demande si la guérison dépend de notre  état d’esprit. Si la pensée positive peut vraiment agir sur le système immunitaire.

Je vais chercher. Il y a bien un scientifique sur cette planète qui a étudié ou étudie cette question.

Quoiqu’il en soit Karen et Harlyn Geronimo ont un grand respect pour la nature et pour les secrets  des plantes.  Leurs  traditions et leurs  croyances ont survécu à travers les siècles  malgré les souffrances que leur peuple a connu.

Nous avons visité ensemble le jardin amérindien des jardins de Laquenexy. Notre guide était Pascal Garbe, le directeur du lieu. Ce jardin améridien a été conçu en collaboration avec le jardin botanique de Montréal. Rien a voir donc avec les apaches, mais Harlyn et Karen Geronimo ont apprécié !

Suivez notre visite  ci-dessous :

Vous pourrez vous aussi découvrir ce jardin des premières nations du Québec du  4 juin au 8 juin 2012 à Laquenexy près de Metz  ( France ) : Des visites guidées du Jardin Ohtehra sont prévues avec  un animateur amérindien du Jardin botanique de Montréal.

Liens pour aller plus loin :

http://www.corinesombrun.com/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Apaches