Le vieil homme et l’enfant

 » Un homme n’est vieux que quand les regrets ont pris chez lui la place des rêves « .

John Barrymore acteur américain ( 1882-1942)

Lac de Lamoura, Jura Photo : Fred Senchet

Lac de Lamoura, Jura
Photo : Fred Senchet

J’aime écrire. J’aime tout écrire. Ces derniers temps l’inspiration a pris la forme de contes. Ils viennent un peu quand ils veulent. Quand je me poste devant mon écran décidée à en faire émerger un ils se cachent bien souvent. Je sais que pour les recevoir, je dois être à l’écoute de cet espace en moi où le vide est toujours plein. Du coup, ils viennent habituellement par surprise et j’arrête alors tout, fébrile, pour m’empresser de les retenir avant qu’ils ne m’échappent. Les mots coulent alors et composent une musique qui tarit le flot de mes pensées. C’est un exercice extrêmement apaisant. L’écriture est une forme de méditation, à mes yeux. Quand j’écris, j’ouvre quelque chose en moi qui dialogue avec quelque chose de bien plus grand que moi. Les mots s’invitent, je les écoute, puis je les cueille avec délicatesse. Je sais à quel point ils sont précieux.

Aujourd’hui, j’avais donc envie de vous confier l’un de ces contes. Prenez -en soin. Ecoutez-le bien. Observez ce qu’il réveille en vous si tel est le cas. Et n’hésitez pas à partager vos émotions. Un conte une fois écrit doit voyager jusqu’à ceux à qui il était destiné. Je souhaite à celui-là de s’envoler loin jusqu’à un coeur prêt à le recevoir. Bonne lecture.

Le vieil homme et l’enfant

L’homme est vieux, il est las. Il est assis à l’ombre d’un chêne aussi fatigué que lui, planté à côté d’une rivière. L’eau coule, traversée d’une pluie de soleil. Le vieil homme a le regard fixé sur ce moment précieux. Il a passé des siècles assis ici à contempler cette rivière, sans jamais se laisser emporter par le courant. Son corps fourbu tourne au ralenti et son esprit musarde au son de ce flot continu et vivifiant. Il pense à sa vie. Toutes ces années ont glissé sur l’eau en un battement de cœur. Il pense et il rit, car il vient de découvrir, qu’aucun regret ne vient entraver le fil de l’eau. Il s’en amuse comme un enfant . Cette joie enfantine, c’est le son du bonheur.

Un nuage passe, escorté par une volée d’oiseaux gris. Le vieil homme penche sa tête en arrière un instant pour mieux apprécier leur course légère. Il s’imagine qu’il est éthéré et moelleux, comme ce nuage. Et les douleurs dans ses doigts secs semblent s’évaporer subitement.

Certes le temps a ridé son visage, mais sa figure ronde témoigne toujours de sa nature gourmande. Au seuil de sa vie le voilà qui se demande : «  Suis-je enfin devenu sage l’âge aidant  ? » Il s’interroge, lui qui de sa vie, n’a jamais prié, refusant avec force l’idée d’un Dieu qui vivrait au-dessus de lui. Il l’avoue sans peur, il n’a jamais cru en Lui. Dieu, est resté pour lui le guide des aveugles et des sourds.

Le vieil homme lève la tête et se plante plus profondément dans la terre. Il ne craint pas le blasphème et avec force le voilà qui crie : « Je ne crois pas en Dieu, et c’est ainsi, tant pis si je dois brûler en enfer, je n’ai que faire de votre paradis ». Sa voix tonitruante semble sortir des profondeurs de son ventre charnu. La rivière coule, indifférente. Il s’esclaffe et s’enivre de son propre rire gras.

Dans ses yeux, brille la flamme des insoumis. Elle rallume le feu d’un souvenir brûlant, à l’époque où il se moquait effrontément de la bigoterie de ses parents. Les églises et les sacrements il n’en avait que faire, trop occupé qu’il était courant ici et là, dans les champs, aussi rapide qu’un rayon de lumière.

Et voilà à présent notre vieux qui remonte le temps. Il vient de rejoindre ce petit garnement, rieur et joyeux, qui courait après le vent. Courageux et orgueilleux comme le sont les enfants qui ne connaissent pas la peur, il se jouait des fantômes et des ombres, les chassant d’une main, les défiant d’une autre. Sa témérité effrayait les esprits malfaisants qui jamais ne s’aventuraient près de lui.

Son corps lourd et craquelé d’homme sans âge lui rappelle que la sève de la jeunesse ne revient plus le nourrir chaque printemps, mais il sait remonter le sens du courant d’une pensée et chaque fois il revient à cet enfant téméraire qu’il a tant aimé.

En ce jour, il ressent le besoin de lui parler et de lui demander ce qu’il a encore à lui dire. Pas question dit le vieux de quitter cette vie sans avoir compris ce que voulait vraiment ce petit garçon. Il a soif d’écouter ses secrets, car derrière le sourire et la clarté, le petit garçon cache un mystère. Un mystère qu’il chérit comme un astre brillant. Une poussière d’étoile qui n’a pas de prix.

Le vieux longtemps a couru derrière, tantôt essoufflé, tantôt dépassé, si souvent il a cru l’avoir attrapé. Mais déroulant à présent le fil de sa vie, l’homme revoit ces longs moments où il s’est senti creux, comme un vieux chêne malade. Il a cherché à combler ce vide de mousse et de bruyère, s’étalant dans l’amour d’une femme, se cachant parfois dans sa tanière.

Notre homme s’est contenté de peu, continuant sa route tant bien que mal, tombant souvent, se relevant par réflexe, déjouant le pièges de la vie, avec la facétie d’un lutin malicieux.

Aujourd’hui, le vieil homme n’a plus envie de jouer à ce jeu épuisant. Il ferme les yeux, confiant. Il sait que l’heure est venue de traverser la rivière du temps. L’univers retient son souffle. Le vieux savoure ce moment. Derrière ses paupières closes un petit garçon aux yeux scintillants le regarde intensément.

Le cœur du vieux éclate en mille soleil lumineux. Il ouvre les bras . L’enfant saute de joie. Leurs pas harmonieux éclaboussent la rivière. Ils avancent ensemble, sereins et heureux.

Dieu rit aux éclats, du haut de son ciel.

Le vieux sourit, amusé par ce rire qui fait battre son cœur d’une musique nouvelle.

Il ne sait pas où il va, mais il  se sent léger. Le petit garçon sait, lui, où ils doivent aller.

Ils chantonnent à présent et finissent par se perdre dans une forêt de rêves éternels.

L’écho de leurs voix fait danser les oiseaux et pousser des fleurs arc-en-ciel.

Près de la rivière, un arbre a fleuri aux racines.

Au loin, le vent s’émerveille de ce cadeau ultime.

Sandra C.

Découvrez ici le site du photographe Fréderic Senchet. Merci à lui pour l’illustration de cet article.

©larevolutioninterieure.com

Publicités

Quand l’épreuve nous fait grandir !

 » Confronté à une épreuve, l’Homme ne dispose que de trois choix. Combattre. Ne rien faire. Fuir. »

Henri Laborit, neurobiologiste français ( 1914-1995)

22plante

Désert de Jordanie

La vie est jalonnée d’épreuves. Qu’est -ce qu’une épreuve ? C’est un événement douloureux, une rupture, un moment  qui vient bouleverser un ordre établi et qui engendre de la souffrance.  Une perte d’emploi, le décès d’un proche, un échec amoureux figurent parmi les épreuves les plus courantes, mais il y a en a une qui vient ébranler nos fondations en profondeur, c’est l’épreuve de la maladie, car elle nous met face à la mort. Aujourd’hui, malgré les progrès de la science,  le cancer reste la première cause de mortalité en France. Le cancer est un mal étrange, dont les causes restent encore floues. Il naît à l’intérieur de l’être humain et entraîne la dégradation du corps physique. Des cellules devenues incontrôlables, prolifèrent silencieusement autour d’un vaste programme d’auto-destruction de l’organisme.

Ce véritable  » mal du siècle », des sociétés occidentales est-il intimement lié à nos modes de vie ? Les causes de cette maladie sont-elles uniquement à chercher au sein de facteurs extérieurs comme la pollution ou l’hygiène de vie ? Quel sens donner à une telle épreuve ? Comment la surmonter ? Quelles sont les clés de la guérison ?

J’ai posé toutes ces questions à un homme passionnant qui propose des réponses tout à fait pertinentes.

Gustave-Nicolas Fischer, psychologue de la santé

Gustave-Nicolas Fischer, psychologue de la santé

Gustave-Nicolas Fischer est psychologue de la santé. Il vient de publier aux éditions Odile Jacob « Psychologie du cancer : Un autre regard sur la maladie et la guérison ». Il partage son temps entre la France et le Québec. Gustave-Nicolas Fischer collabore depuis de nombreuses années avec la psychologue  Johanne De Montigny au sein d’une unité de soins palliatifs à Montréal. Il accompagne les malades en fin de vie et leurs proches en s’appuyant sur les apports de la psychologie positive.

Rencontre avec un pionnier de la psychologie de la santé !

– Bonjour Gustave-Nicolas Fischer. Pourquoi était-il nécessaire pour vous de proposer un  » autre regard  » sur le cancer ?

– Aujourd’hui,  il existe un clivage très important entre les soins purement médicaux que nécessitent le cancer  et l’accompagnement psychologique du malade. En France, le psychologue intervient  pour soutenir le malade de manière ponctuelle. Tous les cancérologues n’orientent pas systématiquement les patients vers un psychologue. Il n’y a pas de cohérence dans les démarches. Il n’y a pas d’approche spécifique liée aux problématiques psychologiques du cancer. La vision occidentale de la médecine  a tendance à séparer le corps de l’esprit, or à mes yeux,  on ne peut pas aborder ce bouleversement qu’est le cancer sans prendre en compte la patient dans sa globalité.  Pour moi, le corps est le seul lieu où tout se passe. Nos malheurs et nos bonheurs s’expriment à travers lui. Le corps constitue donc le lieu de référence de compréhension de la maladie. Le cancer est certes un bouleversement biologique. Des cellules deviennent folles, dégénèrent et deviennent des cellules tueuses, mais ce chaos biologique ne peut pas être dissocié de la crise existentielle qu’elle provoque chez le malade. Le cancer apparaît  comme une rupture brutale dans un parcours de vie. Elle met le patient face à la mort. Le chaos psychologique est donc indissociable de la catastrophe biologique.

– On connaît aujourd’hui les facteurs de risques du cancer ( la pollution, l’hygiène de vie ), mais cette maladie peut-elle avoir des causes psychologiques ?

– Il nous est impossible aujourd’hui d’affirmer que les chocs émotionnels sont en mesure ,à eux seuls, de provoquer un cancer. Malgré tout, de nombreuses recherches étudient l’impact du stress sur le développement de la maladie. Ces études existent depuis près de 30 ans aux Etats-Unis. En France on en parle peu, car la majorité des médecins ne croit pas à l’impact du psychisme sur le cancer. Ce qu’on peut dire c’est que sur  400 recherches scientifiques, menées sur près de 20 000 personnes, on a pu mettre en évidence quel type de stress constitue un facteur de risque. Ainsi, le stress chronique, c’est-à-dire le fait d’être soumis à des tensions intérieures sur une longue période, sans espoir d’amélioration peut être à l’origine d’un cancer. On a pu valider ces travaux grâce à la psycho-neuro-immunologie. Ce nouveau champ de la psychologie  remet en question les modèles existants de la psychologie et de la médecine sur le fonctionnement du corps humain. Jusqu’à présent on pensait que le système immunitaire était indépendant et autonome. Aujourd’hui, on sait que le système nerveux central et le système immunitaire communiquent entre eux via les neurotransmetteurs et les cytokines. Ce sont des vecteurs qui font circuler les informations entre les états émotionnels et l’organisme. Il a été confirmé que le stress crée un état d’affaiblissement des défenses immunitaires.

-Comment les malades peuvent-ils surmonter une telle épreuve ? 

-Une épreuve est d’abord un énorme défi. Lorsqu’on est confronté à l’épreuve on n’est par définition pas préparé à la vivre. On se retrouve donc face à une réalité qui implique une autre façon de vivre et de penser, mais pour pouvoir intégrer cette nouvelle façon de vivre , il va falloir agir sur soi-même. Le cancer est une maladie mortelle. L’ombre de la mort engendre un impératif de vivre qui  pousse le malade à transformer son rapport à la vie et à lui-même. Vivre ne signifie plus la même chose que pour les bien -portants. De nombreux malades ont tendance à s’enfermer dans les questions. Ils se disent :  » Pourquoi moi ? « . Malheureusement cela ne sert à rien. Ces questions ne font que consolider nos propres défenses face à la réalité. Le plus important est donc de ne pas résister à la situation. Ma priorité est donc d’aider les malades à accepter la réalité de l’épreuve dans laquelle ils se trouvent. Accepter c’est la première forme d’adaptation et de transformation de soi-même. Ensuite, il est important ne pas rester passif, en puisant en soi des forces. Nous mobilisons nos ressources intérieures à la minute même où nous décidons de nous battre et de continuer à vivre.

-Quels sont les effets de cet état d’esprit sur le corps ?

– Des chercheurs américains ont étudié deux groupes de femmes souffrants de cancer du sein. Certaines réagissaient par le déni, d’autres par l’impuissance, d’autres ont montré un esprit combatif, le  » fighting spirit« . Après un an, il est apparu que les femmes à l’esprit combatif avaient un état de satisfaction plus élevé que les autres. Après 5 ans, on a également constaté que ces femmes avaient un taux de survie plus significatif que les autres. Il faut noter aussi que le fait de se battre, induit une transformation de ses valeurs et de son rapport à la vie. L’épreuve devient alors la clé de la transformation intérieure.

Mais comment rester positif quand l’ombre de la mort plane  ?

-Développer une vision optimiste par rapport à ce qui nous arrive n’est pas évident, c’est vrai. Etre optimiste, ce n’est pas dire que tout va bien, quand tout va mal. Etre optimiste, c’est se dire que la vie vaut la peine d’être vécue. L’optimisme ne relève pas de la croyance, c’est une force psychique. Elle doit cependant se concrétiser par des actes pour être efficace. Le cancer est un combat à la vie, à la mort.

Malheureusement,  parfois c’est la mort qui gagne. Vous collaborez avec la psychologue qui s’occupe des malades en fin de vie au sein d’une unité de soins palliatifs à Montréal, au Québec. Que se passe-t-il au sein de cette unité ?

– Dans cette unité les malades restent en moyenne entre 8 et 15 jours. Quand ils arrivent, ils ne sont plus considérés comme des malades, mais comme des êtres humains qui terminent leur vie. Bien sûr on va s’évertuer à alléger la souffrance physique, pour aider les personnes à mourir dans la dignité. Mais mon rôle de psychologue relève avant tout de la présence plus que de la thérapie. L’objectif est d’être dans une ouverture qui permette au malade de se confier. Il livre ses secrets, les projets qu’il n’a pas pu réaliser. Donner des soins est une chose. Donner son coeur et sa présence en est une autre. L’unité de soins palliatifs est un endroit où l’on peut apprendre cela.

– Vous assistez donc au cheminement intérieur des malades confrontés à la mort ? 

– Cette maladie peut devenir un cheminement dans la mesure où l’on apprend à laisser des choses derrière soi. En Occident, nous avons terriblement peur de la mort. La mort n’est pas intégrée à la vie. Le cancer nous rappelle pourtant que nous sommes des êtres mortels. Nous naissons et nous mourrons. C’est un processus inévitable, qu’il faut intégrer pour vivre. Il faut apprendre à mourir tout au long de la vie. Je donne un cours à l’Université de Montréal sur la maladie grave et l’expérience du mourir. C’est une expérience qui est d’abord psychologique. Elle nous apprend à abandonner,  à renoncer, à lâcher ce qui n’a pas d’importance. Dans l’unité de soins palliatifs de Montréal, la psychologue avec laquelle je collabore m’a rapporté un jour sa conversation avec un malade. Elle lui avait demandé : « Que reste-t-il encore à l’intérieur de vous aujourd’hui ?« . L’homme a répondu :  » Rien« . Ma collègue a alors vu un dessin d’enfant au dessus de son lit. Elle l’a interrogé sur ce dessin. Elle lui a demandé ce qu’il signifiait pour lui. L’homme s’est mis à parler de cet enfant.  Ma collègue lui a dit alors : « Vous voyez ce n’est pas vide en vous. Quelqu’un qui vous aime a apporté ce dessin. Portez -le en vous. » Il a alors pris conscience qu’il pouvait encore donner quelque chose. On peut alors réinscrire le mourant dans un abandon, qui est le don de lui-même. Mourir, ce n’est pas perdre la vie, c’est être capable de donner sa vie. Le problème de nos sociétés, c’est que nous avons construit nos vies sur une conception matérialiste de l’existence. Cela engendre de la peur et un réflexe de protection.  Le cancer, les maladies graves et les épreuves en général ont ceci de positif qu’elles nous réveillent à la réalité de la vie. Elles nous ouvrent à la vie.

– Mais est-on obligé de passer par l’épreuve pour découvrir l’importance de la vie ?

– L’épreuve est un transformateur très puissant. Mais nous pouvons commencer dès aujourd’hui à nous débarrasser de tout ce qui nous encombre, en conscience. La plupart des gens construisent leurs vies sur des valeurs fausses. Nous sommes dans une période de transition collective. Les bouleversements économiques et sociétaux engendrent des réactions de peur et un désir d’une plus grande sécurité matérielle. Je crois qu’il est nécessaire de se libérer de ces peurs pour avancer. Il est important pour cela de s’appuyer sur sa vie intérieure. Aujourd’hui elle est défaillante chez de nombreuses personnes. On se focalise sur l’extérieur quand tout se joue à l’intérieur de nous-même. Qu’y a t-il à l’intérieur de nous ? De l’amour, une capacité à être juste, à être vrai, à aider les autres. C’est cela qui fait la vie et c’est cela que nous cherchons à réaliser à l’extérieur. Construire son chemin de vie , c’est donc d’abord se construire une vie intérieure.

Infos pour aller plus loin : 

-Un livre formidable sur la mort et la vie écrit par la psychologue québécoise  Johanne De Montigny : «  Quand l’épreuve devient vie « 

-Gustave-Nicolas Fischer animera une conférence ouverte au grand public intitulée  » La psychologie positive et les épreuves de la vie « , le jeudi 21 novembre à 18 h 30 au Congrès francophone de psychologie positive qui se déroulera à l’Université de Metz.

-Larevolutioninterieure.com est partenaire de cet événement. J’aurai le plaisir d’animer une table ronde autour du thème suivant : « Psychologie positive ? Un phénomène de mode ?

©larevolutioninterieure.com

L’histoire d’un miracle !

 » Cela peut être aussi cela l’existence ! Des miracles parfois, de l’or et des rires. Et de nouveau l’espoir quand on croit que tout autour de soi n’est que saccage et silence . « 

Philippe Claudel, écrivain français

Photo : Julie T. Le retour du soleil

Photo : Julie T.
Le retour du soleil

Tout peut basculer en un instant. Il y a des moments dans l’existence où la fragilité de la vie s’impose à nous avec violence. Il y a quelques mois, j’apprenais qu’un de mes plus proches amis était victime, à l’autre bout du monde, d’un grave accident de moto.  » Son état est critique. Il a heurté un mur. Son cerveau est touché« . Quelques mots jetés dans un message virtuel. Et c’est un monde qui s’effondre. Un monde que l’on croyait stable et immuable disparaît dans un trou noir, en quelques secondes.

Il y a d’abord l’incrédulité, puis arrive le déni :  » Non ce n’est pas possible, pas Mathieu, pas lui« . Je pense à sa femme, à ses deux petits garçons, à son rire, à sa joie. Mathieu a toujours été un soleil, il ne gardait pas sa lumière pour lui, il éclairait tout et tout le monde, jamais avare de paroles sympathiques, toujours de bonne humeur, curieux, ouvert, volontaire, aventureux. Et je pense : « Non ! Pas lui ! Cela n’a pas de sens ! » C’est un cri silencieux, une colère qui vient du ventre et qui se noie dans un sanglot.  C’est une tempête cinglante qui claque les joues et donne des hauts -le- coeur. C’est comme découvrir que vous êtes en pleine mer, et prendre conscience brutalement que vous ne savez pas nager. On se noie dans la peur. La mer n’est que le décor de cette funeste vérité.

Mais très vite, il y a ce sursaut, cette pensée qui balaie d’un coup toutes les autres : il est en vie. Son état est grave, mais Mathieu est en vie. Cela suffit à me laisser entrevoir la lumière d’un phare lointain. Je devine ses contours au loin, derrière les voiles d’un épais brouillard. C’est la lumière de l’espoir. Elle est faible, tant la tempête fait rage, mais elle est là, vacillante. Je m’y accroche comme on s’accroche aux étoiles pour tenir à distance sa peur du noir, sa peur du vide infini.

Mon ami, mon frère de coeur, pouvait nous laisser moi et les autres, au bord de la vie. Cette idée m’était si insupportable que chaque jour, j’ai consacré une énergie folle à l’espoir, envoyant des prières à tous les Dieux que les hommes ont créé.  J’étais en colère. Mes éclats de voix avaient pour but de les réveiller : » S’ils existent, qu’ils fassent quelque chose ! »   Mais j’ai appris que prier en colère ne sert à rien. Les anges prennent peur et s’envolent au loin.

La situation est critique. A ce moment là, Mathieu est gravement touché au cerveau. Il est plongé dans un coma artificiel. Les opérations se succèdent. Elles se déroulent mal. Les jours passent et des hémorragies cérébrales viennent contrecarrer le travail d’orfèvre des chirurgiens. J’ai peur, peur que ces vagues écarlates finissent par noyer ses souvenirs, sa capacité à s’émouvoir et à se mouvoir. Les médecins  sont prudents, ils demandent à la famille de se préparer au pire. Je ne suis plus alors qu’un lac asséché. Il arrive un moment où dans le paroxysme de la douleur même les larmes se retirent, pour nous laisser entièrement nus face à notre souffrance. Pendant ces moments là, je parlais à Mathieu. Je l’imaginais flottant entre deux mondes. Il était sur une île perdue entre le ciel et la terre.  Et je me disais alors, il faut lui donner envie de rester, mais en réalité, je le suppliais de rester. Dans mon rêve, je lui parlais, mais il ne m’entendait pas.

Il ne me restait plus qu’à plonger dans les profondeurs de ma peine et ce que j’ai vu, c’est un grand vide. Le vide de sa possible absence. Ce trou béant, infâme, vorace se délectait de mes espoirs fébriles.

Le trou noir commençait à grandir dangereusement. L’espoir, la chaleur de l’espoir, se heurtait au vent glacé de la réalité. Les nouvelles n’étaient pas bonnes. Son corps lâchait et je devais l’accepter. Ce n’étais pas de la résignation. C’était de l’abandon.  Arrive un moment, où, se laisser emporter par les furieuses secousses du torrent devient la seule solution raisonnable. C’est sans doute cela lâcher-prise, accepter ces forces qui nous dépassent et s’en remettre à elles. La volonté ne fait pas tout. Toute l’énergie de ma volonté, je l’avais mise dans cette unique pensée : « Mathieu, je veux  que tu vives « ! Et dans ce moment d’abandon, à la lisière de cette frontière fragile où la vie et la mort ne forment plus qu’un brouillard subtil, l’absurdité de ma requête m’est subitement apparue. C’est sans doute cela l’humilité. Sa vie ne dépendait pas de moi. Le choix lui revenait. Du fond de son rêve, il avait déjà choisi. Et je ne pouvais rien changer à cela.

Cette nuit là, le sommeil m’a engloutie par surprise. J’étais un navire échoué dévoré par la rouille au fond de l’océan. Au réveil, la mer s’était retirée et ma carcasse vide séchait au soleil, entourée d’une brise paisible. J’avais accepté. Au fond de moi, il y avait même un peu de sérénité. Quelques heures plus tard, un message m’indiquait que l’état de mon ami s’était amélioré, contre toute attente. A ce moment là, j’ai su que Mathieu avait choisi la vie.

Photo : Isabelle Debray

Photo : Isabelle Debray

Quatre mois se sont écoulés depuis cet accident tragique. Je m’apprête à entrer dans la chambre d’hôpital où Mathieu vient d’être rapatrié, en France. Je suis avec mon compagnon. Mathieu est notre frère de coeur à tous les deux. Nous nous effleurons la main et respirons en grimaçant une bouffée de cet air désinfecté qui emplit tout l’étage. Nous nous tenons devant cette porte, comme des pèlerins anxieux de découvrir la réalité du Mystère. Nous échangeons un dernier regard impatient, puis, nous entrons.

Mathieu dort, paisiblement. Nous nous approchons sans bruit. Il ouvre un oeil. L’autre repose sous un épais bandage. Nous nous jetons sur ses mains. Mathieu sourit, c’est un sourire éclatant. Il semble heureux de nous voir.  Je crois que je n’avais jamais vu le jour avant de voir ce sourire. «  On est là« . Ce sont les seuls mots qui s’échappent de nos lèvres tremblantes. Nos yeux ruisselants noient nos paroles avant même qu’elles ne prennent forme dans nos esprits essorés par l’émotion. Je ferme les yeux pour mieux savourer. Je me saoûle des mains de Mathieu. Elles sont aussi douces que les mains d’un nouveau-né. Et si chaudes. Elles me ramènent à la vie. Le miraculé c’est lui, mais en réalité, la mourante, c’était moi. Je perçois le battement de son coeur au creux de son poignet. C’est un son délicieux, le battement d’un coeur. Un son qu’on ne devrait jamais oublier. Nos trois mains enlacées, forment le centre d’un  soleil qui explose à la surface de la nuit. Dans cette chambre d’hôpital, pendant quelques secondes, l’éternité s’est installée au creux de nos doigts. Le pouvoir de tous les magiciens du monde n’est rien comparé à l’énergie de cette étreinte. L’amour, c’est cela. C’est cette force là.  Des mains qui se cherchent et se serrent. Nos âmes viennent de se retrouver au centre du chaos de l’univers. Nous célébrons ce big-bang silencieux.  L’ordre et le désordre ne font à présent plus qu’un.

Aujourd’hui, Mathieu se bat. Il va devoir réapprendre à parler, à marcher, à écrire, à vivre autrement. Son lobe préfrontal a été en partie amputé, mais pour les médecins, Mathieu reste un mystère. Son cerveau a compensé ce qu’il a perdu. Ses souvenirs sont intacts. Peu de personnes ont surmonté avec  tant d’aisance  de tels traumatismes physiques. Mathieu a trente ans. Deux enfants en bas-âge, une femme, une vie qui ne sera jamais plus la même. Mais il ne regarde pas en arrière.  Sa force intérieure est exceptionnelle.  » Dans quelques mois, je serai sur pied, vous verrez », nous glisse-t-il, dans un murmure fatigué. Il en est capable. Capable de reprendre sa route, en collaborant avec ce corps cabossé et cet oeil aveugle pour continuer à s’émerveiller de la Vie et à profiter de ses cadeaux. Sur le plan matériel, il y aura un avant et un après, mais il est resté cet être lumineux que j’ai aimé dès le premier fou rire partagé.

L’amour. L’amour ne se voile pas toujours de désir. L’amour a tellement de couleurs, tellement de saveurs. L’amitié, c’est l’amour désintéressé de la chair, c’est la rencontre de deux mondes qui se lisent et se disent dans un regard, dans un éclat de rire. Nous choisissons peut-être les mêmes compagnons de route, vie après vie, pour ne jamais cesser d’explorer ensemble, ce mystère qu’est l’existence, pour ne jamais cesser de nous aimer, quelques soient les épreuves qui nous attendent.

Le miracle, c’est de prendre conscience que la seule chose qui mérite notre attention sur cette Terre c’est cette énergie fantastique qu’est l’Amour.

Ne retenons pas en nous cette énergie. Je sens qu’il faut l’offrir, la laisser couler en dehors de nous, baigner les êtres qui nous émerveillent de nos caresses et de nos attentions. Tout est si fragile. Nous sommes tous des poussières d’étoiles, insignifiantes dans le vaste univers.  Mais ensemble nous formons des constellations qui guident les marins perdus en mer.

Quel sens donner à cette histoire ? Aujourd’hui je sais, que du chaos naissent les étoiles et que le miracle, c’est la vie elle-même.

Pour le découvrir, il m’a fallu vivre cette révolution intérieure. Rien ne meurt. Tout se transforme. Nous sommes tous des alchimistes.

PS : Merci à Julie T. d’avoir accepté d’illustrer cet article, son blog est à découvrir ici et merci également à ma fidèle Isabelle Debraye  !

©larevolutioninterieure.com

Liens pour aller plus loin : Une vidéo étonnante sur les mystères du cerveau 

« La mort donne du sens à la vie  » Rencontre avec des explorateurs de l’au-delà!

On parle très peu de la mort. Essayez voir d’en parler dans un dîner. Le sujet sera vite éludé. On évite d’en parler car la plupart du temps le sujet met mal à l’aise. Personne n’ose penser à la mort de peur peut-être de l’attirer. La mort fait pourtant partie de la vie. Elle est sans doute la seule certitude que nous ayons. Mais la mort est-elle vraiment la fin de tout ? Comment se préparer à la mort ? Que nous enseigne-t-elle ? Qu’est-ce qui nous attend : la lumière ? le paradis ? le néant ?

J’ai posé toutes les questions qui m’habitent à deux explorateurs de l’au-delà : Patricia Darré, médium, auteur du livre  « Un souffle vers l’éternité » et Jean-Jacques Charbonier,  médecin anesthésiste-réanimateur à Toulouse qui vient de publier aux éditions Trédaniel  « Les 7 bonnes raisons de croire en l’au-delà ». Je les remercie ici d’avoir pris le temps d’échanger avec moi !

Si vous faites partie des sceptiques, ne partez pas tout de suite. Echangeons !

N’oubliez pas :  » Dans la vie rien n’est à craindre. Tout est à comprendre », disait Marie Curie !

La mort : un  mystère ?

Depuis 25 ans, Jean-Jacques Charbonier passe ses journées à ramener les morts dans le monde des vivants.  Ce médecin anesthésiste français est membre de la Société Française de Réanimation et exerce à la clinique Saint Jean Languedoc à Toulouse dans le service d’urologie et de réanimation où il est  médecin référent. Cet anesthésiste français s’intéresse à la mort depuis ce jour où jeune interne en stage au SAMU, il assiste au dernier souffle d’un jeune homme prisonnier d’un tas de feraille, après un accident de la route.  » J’étais à quelques centimètres de lui, en train d’essayer de lui porter assistance, quand ses yeux se sont éteints. La vie venait de quitter son corps, et à ce moment là, j’ai senti comme un souffle d’air chaud me frôler. Cela m’a énormément troublé, se souvient Jean-Jacques Charbonier.  » Biensûr je n’en ai parlé à personne. C’était difficile, on m’aurait pris pour un fou. Mais du coup c’est à partir de ce moment là, que mes certitudes concernant la mort se sont effondrées. J’ai eu besoin de comprendre. Moi qui  pensait devenir médecin généraliste, j’ai décidé de me spécialiser en réanimation », poursuit-il.

 Pour le milieu médical, la mort clinique commence lorsque les organes vitaux cessent de fonctionner. L’arrêt cardiaque, l’arrêt cérébral sont considérés comme des preuves matérielles de la mort. Les réanimateurs sont cependant confrontés tous les jours à des récits assez troublants de patients. Jean-Jacques Charbonier reçoit près de deux à trois témoignages par semaine de personnes ayant vécu ce qu’on appelle des expériences de mort imminente.  » Ils évoquent souvent la même chose :  la sensation de flotter au-dessus de son corps, certains peuvent même décrire les gestes de réanimation qui ont été pratiqués sur eux alors qu’ils étaient inconscients, d’autres sont en mesure de détailler des scènes se déroulant à des kilomètres de l’hôpital  alors qu’ils sont plongés dans le coma  et qu’ils ne peuvent pas objectivement savoir ce qu’il se passe. D’autres encore parlent d’une lumière bienfaisante qui les attire. Certains voient les défunts de leur famille. Et tout cela peut intervenir alors même que le coeur a cessé de battre et que la vie à quitter leur corps l’espace de quelques secondes », rapporte le médecin.

L’expérience de mort imminente est décrite de façon identique à travers toute la planète indépendamment de la culture et des croyances religieuses. 60 millions de personnes dans le monde auraient déjà vécu ce genre d ‘expériences.  L’idée selon laquelle les EMI sont la preuve de la vie après la mort a été popularisée dans les années 1960 et 1970 par deux psychiatres américains, Elizabeth Kübler-Ross et Raymond Moody, qui a par ailleurs créé le terme. La première est bien connue pour son travail d’accompagnement des mourants, elle a été une  pionnière des soins palliatifs ; le deuxième a compilé une liste des caractéristiques qu’il considère typiques des expériences de mort imminente.

Les témoignages recueillis évoquent notamment :

-La vision d’un  tunnel obscur
-Une expérience de  décorporation
-Le contact avec des proches décédés
-La rencontre avec un être de lumière
-La sensation de voir sa vie défiler

Certains scientifiques estiment que ces manifestations relèvent de l’hallucination ou d’un état modifié de conscience et que c’est le système nerveux qui jouerait des tours au cerveau sous l’effet de la privation d’oxygène. D’autres estiment en revanche que les EMI ne peuvent pas être entièrement expliquées par des causes physiologiques ou psychologiques, et que la conscience peut fonctionner indépendamment de l’activité cérébrale. Le Dr Jean-Jacques Charbonier fait partie de ceux -là. Il développe ces arguments  dans son dernier livre  » 7 bonnes raison de croire en l’au-delà« .

Si en France le sujet fait encore débat, au Canada , aux Etats -Unis et en Angleterre d’éminents scientifiques se penchent déjà très sérieusement sur la relation entre l’esprit et le cerveau pendant la mort clinique. C’est d’ailleurs le sujet du projet AWARE.  Cette étude réalisée dans près de 25 centres hospitaliers essentiellement aux Etats-Unis, au Canada et en Angleterre  est financée en partie par le conseil britannique de réanimation, la Fondation Horizon et la Fondation Nour aux Etats-Unis. Elle  réunit une équipe pluridisciplinaire internationale  sous la direction du Dr Sam Parnia, médecin spécialiste des soins intensifs et maître de conférences à l’Université de Southampton en Grande-Bretagne. Sam Parnia est l’auteur de « Que  se passe- t-il quand nous mourons?

L’objectif du projet Aware est de comprendre scientifiquement les mystères de la conscience humaine et de la mort, en étudiant des patients ayant survécu à un arrêt cardiaque.

Un certain nombre d’études scientifiques récentes menées par des chercheurs indépendants ont démontré que 10 à 20 pour cent des gens qui passent par un arrêt cardiaque et la mort clinique, témoignent d’expériences de mort imminentes.

« Le point remarquable de ces expériences», selon le Dr Parnia, « est que tandis que les études du cerveau pendant un arrêt cardiaque ont toujours montré qu’il n’y a aucune activité cérébrale mesurable, ces sujets ont signalé des perceptions détaillées qui indiquent au contraire un haut niveau de conscience en l’absence d’activité cérébrale détectable. Si nous pouvons objectivement vérifier ces affirmations, les résultats auraient de profondes implications non seulement pour la communauté scientifique, mais aussi pour la société tout entière « . ( Source Projet Aware )

Au cours de l’étude AWARE, les médecins utilisent les dernières technologies pour étudier le cerveau et la conscience pendant un arrêt cardiaque. Dans le même temps, ils vont également  tester la validité des expériences hors du corps et les capacités  de pouvoir voir et entendre pendant cette expérience.

Il est curieux de constater que ces questions sont prises au sérieux dans les pays anglo-saxons et font l’objet de nombreux reportages et documentaires sur les grandes chaînes nationales comme la BBC, alors qu’elles font rarement l’objet d’un prime-time en France !

« Je maintiens que le mystère de l’homme est incroyablement diminué  par le réductionnisme scientifique et sa prétention matérialiste à rendre compte du monde de l’esprit en terme de simple activité neuronale. »
Sir John Eccles, prix Nobel de physiologie et de médecine en 1963

La femme qui parle à l’oreille des défunts !

Si les scientifiques commencent à envisager la survie de la conscience humaine après la mort, serait-il possible alors de communiquer avec cette énergie désincarnée ? Et si notre cerveau était une sorte d’émetteur -récepteur capable de recevoir des informations  ?

Patricia Darré

Patricia Darré répond à cette question dans son livre  » Un souffle vers l’éternité « . Cet ouvrage s’est vendu à plus de 50 000 exemplaires. Un succès qui a surpris son auteur mais qui en dit long sur le besoin des français d’explorer et de comprendre l’au-delà.

 Patricia Darré est une femme énergique, terrienne, rationnelle et laïque. Rien à voir avec le cliché de la voyante mystérieuse entourée de gris-gris. Patricia est pourtant médium. Ce n’est d’ailleurs pas son métier. Dans la vie, elle est animatrice radio à France Bleu Berry à Châteauroux.

En 1995, sa vie bascule  lorsqu’elle découvre qu’elle est capable de percevoir des messages de personnes décédées.  » J’ai longtemps hésité à le reconnaître d’ailleurs et à en parler « , sourit-elle. Dans son livre elle raconte l’apparition de ses facultés extra-sensorielles.  »  Au début, je me levais la nuit  avec l’impérieuse envie d’écrire. En relisant les mots que je venais de jetter sur un papier je voyais bien qu’ils ne pouvaient pas venir de moi » , explique-elle. Et puis il y a ces voix qui chuchotent des » Tu seras bientôt prête« . Cela est apparu après la naissance de son fils. Elle pense alors qu’elle souffre d’un grave baby-blues ou de schizophrénie.  » Je suis allée voir un psychiatre. Lors de la consultation,  j’ai pris une feuille de papier pour lui montrer ce qui m’arrivait. Ma main est partie et  a écrit  des informations très précises  sur lui et sa vie, il a été interloqué . Il m’a dit qu’il ne pouvait rien faire pour moi et que je ne souffrai d’aucune maladie psychique. J’étais tout simplement médium « , raconte-t-elle. Démarre alors une longue quête pour appréhender de manière rationnelle ce qui lui arrive.  » Pour éviter de sombrer dans la folie, j’ai cherché toutes sortes d’informations pour comprendre  « , explique-t-elle.

Que faire ensuite avec cette faculté  ? Patricia ne décide pas du jour au lendemain d’ouvrir un cabinet de voyance. Bien au contraire. Elle s’ancre plus que jamais dans la réalité, poursuit son travail d’animatrice radio tout en aidant ceux qui la sollicite gratuitement.  » Pour moi être médium ce n’est pas un métier, c’est un don qui doit servir à aider les autres. C’est une vocation, un chemin à lire , à essayer de comprendre.  Ce don selon moi ne devrait pas se monnayer.  Je pense d’ailleurs que chaque être humain a la possibilité de le développer. Nous possédons tous les mêmes capteurs mais nous ne les utilisons pas tous pleinement. Cette communication avec une autre forme d’énergie est je pense un accessoire de la conscience humaine qui pour l’instant n’a pas encore été suffisamment exploré  « , explique-t-elle.

Alors que se passe-t-il exactement en elle lorsque l’énergie d’un défunt la contacte :  » Je ne cherche pas forcément à parler aux morts. C’est plutôt eux qui viennent à moi. Je ne vois pas de fantômes au pied de mon lit. Cela ne se passe pas comme cela. En fait je ressens comme une sorte d’étourdissement. Je sais que je dois laisser venir et faire le vide en moi. Je ressens ensuite si c’est un homme ou une femme, puis se dessine un physique et un caractère. C’est une sensation très intérieure », précise Patricia Darré.

Pourquoi les morts reviendraient-ils pour délivrer des messages ?  » Lorsque les défunts prennent contact avec les vivants cela leur demande énormément d’énergie. C’est l’équivalent de l’énergie d’une centrale nucléaire. Ils le font uniquement pour guider les vivants qu’ils ont aimé, pour éviter qu’ils passent à côté du bonheur et de leur destin. Ils le font grâce à l’amour qu’ils portent à leur proches. L’amour est une énergie vitale », précise-t-elle.

Patricia Darré a elle-même connu la douleur de la perte . « J’ai perdu mon mari, ma mère et mon neveu en quelques semaines . Cela aurait pu me détruire, me conduire à la dépression. J’ai choisi de vivre l’instant présent et d’être heureuse malgré la douleur. Et puis j’ai été contacté par les miens, j’ai entendu leurs messages« , poursuit-elle.

Alors quelle est sa vision de l’au-delà ? Comment se préparer à la mort la sienne ou celle de ses proches ?

Pour Patricia Darré : « La mort fait partie du chemin de chaque être humain. C’est important d’en prendre conscience et d’en parler, car ne pas en parler amène à créer des peurs. On a peur de la mort parce que c’est l’inconnu. Mais on doit se rappeler que c’est la mort qui donne du sens à la vieLorsque nous traversons un moment de deuil , il est important  de laisser partir les morts. Il faut comprendre que la mort n’est qu’une nouvelle forme de conscience . Quelque chose d’autre commence pour la personne que nous avons aimé. Biensûr il est aussi important d’accueillir nos émotions : on a le droit d’être en colère, et d’être triste mais notre devoir de vivant est aussi de continuer à vivre en cherchant le bonheur ».

Qu’est ce que le bonheur ?

« C’est vivre ici et maintenant dans la plénitude de la vie. Chaque seconde de vie est un cadeau. C’est important de relativiser ce que nous vivons et de sortir de l’éternel conflit du bien et du mal. La vie est un jeu de piste et nous choisissons notre parcours. Nous sommes libre à chaque instant de la façon dont nous allons avancer sur ce chemin. « .

Alors que se passe-t-il après la mort ? Les neurosciences arriveront sans doute à répondre à cette question tant les recherches sur la conscience humaine s’accélèrent. De nombreux scientifiques aux Etats-Unis et au Canada étudient également les médiums car dans ces pays contrairement à la France on cherche à comprendre ces capacités extra-sensorielles et on ne les rejette pas d’emblée.

Je vous invite à regarder ce documentaire réalisé par Marie-Monique Robin. Cette journaliste a obtenu le prix Albert Londres en 1995, et est reconnue pour son travail d’investigation depuis de nombreuses années !

« Le sixième sens », explore les facultés des médiums sous l’angle scientifique !

« Aimer, la meilleure préparation à la mort. » Marcel Jouhandeau

« La mort c’est le commencement de quelque chose. »  Edith Piaf

Liens pour aller plus loin :

Le témoignage du québécois Gilles Bédard qui a vécu une EMI

Vous pensez avoir vécu une expérience extraordinaire dont vous n’osez pas parler ?

Des professionnels de santé sont à votre écoute !

http://www.inrees.com/decouvrir_1.php?url=6

Vous avez vécu une expérience de mort imminente ? Des psychologues collectent vos témoignages !

http://www.europsy.org/ceemi/