L’âme des Mohawks !

« Quand tu te lèves le matin, remercie pour la lumière du jour, pour ta vie et ta force. Remercie pour la nourriture et le bonheur de vivre. Si tu ne vois pas de raison de remercier, la faute repose en toi -même. » Proverbe amérindien

J’ai toujours été fascinée par les amérindiens. Enfant, j’ai beaucoup pleuré devant des films cultes :  Little Big Man et Danse avec les loups. L’histoire de ces rencontres avec des peuples autochtones me touchait droit au coeur. C’est peut-être lié au fait qu’ils incarnaient à mes yeux la liberté originelle et sauvage. L’enfant que j’étais alors était en accord total avec cette façon d’envisager la vie. J’étais également émerveillée par le lien qu’entretenait les indiens avec la nature et les esprits. Mon âme d’enfant était sous le charme de leur magie.

En grandissant, je n’ai pas forcément cherché à en savoir davantage sur les premières nations d’Amérique du Nord. Mes voyages m’ont conduite vers d’autres contrées. Et j’ai appris ailleurs des visions du monde tout aussi inspirantes. Mais ce qui naît dans nos coeurs d’enfant finit toujours par se rappeler à nous un jour.

Quand je suis partie au Québec, une petite voix m’a soufflé à l’oreille : Et si tu en profitais pour aller visiter une réserve indienne ? J’ai entendu cette petite voix en faisant mine de ne pas l’écouter. Sa demande s’est malgré tout imprimée en moi. Je n’avais absolument pas prévu de visiter une réserve et je n’avais aucune idée de la manière dont j’allais m’y prendre.

Encore une fois le hasard et de jolies synchronicités m’ont amenée exactement là où je devais aller.

Et je suis donc arrivée  jusqu’à la réserve Mohawk de Kahnawaké. Elle est située à 10 km au sud de Montréal, de l’autre côté de l’île Saint-Louis. Je m’y suis rendue avec mon amie québécoise Suzie.

La réserve n’a pas forcément bonne réputation et ma demande paraissait donc un peu incongrue. J’ai compris par la suite que les relations avaient été très tendues entre les habitants de la réserve et le gouvernement canadien dans les années 90. A l’époque, un projet d’agrandissement d’un terrain de golf avait mis  le feu aux poudres. Le projet empiétait sur des terres considérées comme sacrées. Le ton était alors monté et des guerriers mohawks s’étaient alors rebellés en mettant en place des barrages routiers. Certains d’entre eux étaient armés et un policier avait alors été tué. Un passé trouble qui résonne encore dans les mémoires 20 ans plus tard. En 2010, le conseil de la réserve a décidé d’expulser tous les non -mohawks et cette décision n’a certainement pas aidé à apaiser les choses. Le territoire est également connu pour abriter des organisations criminelles armées. Tout n’est pas toujours tout rose au pays des indiens.

Mais au moment où mon désir d’aller dans cette réserve résonne fort en moi, ces informations ne me découragent pas.  Je suis dans l’instant présent et  j’ai juste envie d’aller voir, c’est plus fort que moi. Je me dis juste que c’est trop bête d’être si près et de ne pas aller voir à quoi ressemble cette réserve.

Après bien des péripéties mon amie et moi-même  arrivons  donc à Kahnawaké. 10 000 personnes y vivent. Il y a des grandes maisons en bois, comme on en voit dans tous les villages canadiens. Des citrouilles d’Halloween décorent  les jardins. Il pleut.  Nous ne croisons pas grand monde dans les rues.

Nous décidons de visiter la petite église catholique de la réserve. Elle abrite le tombeau d’une jeune amérindienne du 17 ème siècle, Kateri Tekakwitha qui vient d’être canonisée par le Vatican. C’est la première amérindienne reconnue officiellement  comme une sainte. De nombreux amérindiens catholiques voient en elle l’incarnation du féminin sacré. Elle aurait provoqué des guérisons miraculeuses et elle est vénérée pour cela jusqu’au  Mexique et jusqu’aux Etats-Unis. L’église est magnifique, elle est lumineuse et colorée.

Nous rencontrons Trudy, une mohawk , fervente catholique. Elle est bénévole au sein de cette église. Elle nous explique  le rapport qu’elle entretient avec cette sainte. Pour elle, Dieu est partout : dans la nature, dans le coeur des hommes et dans l’esprit de Kateri, qui occupe tout l’espace dans cette église. C’est une femme vraiment positive et fervente. Elle dégage une grande sérénité et son sourire est lumineux.

Trudy nous indique ensuite l’adresse du centre culturel où sont enseignés l’art et la langue mohawk.  Nous y entrons timidement. L’accueil est chaleureux.

Le centre culturel de Kahnawaké

Je me réjouis à l’idée d’en apprendre plus sur les traditions et les us et coutumes de cette tribu, qui fait partie des six grandes nations iroquoises.  Nous rencontrons Martin Akwiranoron Loft, l’un des responsables du centre, il prend le temps de nous  guider au sein du petit musée qui est consacré à l’histoire de la communauté. Il nous explique qu’il y a 50 ans, 90 pour cent des habitants de la réserve parlait la langue mohawk. Aujourd’hui ils ne sont plus que 10 pour cent. Au sein de la réserve, l’anglais est davantage utilisé que le français. De nombreux mohawks ont travaillé aux Etats-Unis, ils ont contribué à construire les buildings des grandes villes et la communauté compte quelques milliers de membres dans l’état de New-York.

Dans le couloir du centre culturel, je suis saisie par un portrait représentant un chef Mohawk en 1710.  » C’est une pièce de collection « , explique Martin.

Un chef mohawk ( 1710 )

Nous découvrons aussi le travail d’une jeune artiste locale, Margaret. Ses tableaux représentent les différents clans mohawks : les clans de l’ours, de la tortue et du loup. Elle nous explique que le clan est transmis par la mère. La société mohawk est une société matrilinéaire. Les femmes y jouent un rôle central. Voici quelques-unes des toiles exposées par Margaret.

Au sein du musée , nous découvrons également des photos datant du début du siècle dernier et représentant des familles mohawks.

Martin nous explique que dans sa culture il est important de remercier. Une prière commence toujours par une pensée de gratitude. Il poursuit en nous disant que lui-même remercie chaque matin le soleil de briller. Les amérindiens se sentent reliés très fortement à la nature. Il continue en nous narrant  le mythe de la création du monde, à travers la légende de la femme tombée du ciel. The skywoman.

By Shelley Niro (1954)

Voici ce que révèle la légende.

« Il y a très longtemps, il y avait un monde du ciel peuplé des gens du ciel. Un grand arbre fournissait la lumière au Monde du Ciel. Il était formellement interdit de blesser cet arbre qui illuminait le Monde du ciel. Une jeune femme du ciel qui était enceinte persuada un jour son mari de creuser autour des racines de l ‘arbre. La femme du ciel se pencha pour regarder dans le trou et plus bas, elle vit un autre monde recouvert d’eau. La femme du ciel tomba dans le trou vers le monde du dessous.

Un aigle qui volait en altitude la vit tomber et avertit rapidement les autres oiseaux, qui s’élevèrent rapidement pour attraper la Femme du ciel. Ils demandèrent à la tortue géante s’ils pouvait la poser sur son dos. La femme du ciel dansa 13 fois  autour de la tortue , à chaque fois la tortue grandit jusqu’à ce qu’elle devienne un continent entier. La tortue est aujourd’hui le symbole de l’Amérique du Nord pour les amérindiens.

La femme du ciel donna naissance à  des jumeaux. Le premier né était le Bon Esprit. L’autre jumeau causa la mort de sa mère et devint l’Esprit du Mal. Le bon Esprit pris la tête de sa mère et l’ accrocha dans le ciel, ce qui forma le soleil. Le mauvais jumeau façonna les étoiles et la lune à partir du corps de sa mère. Il enterra les parties restantes de la Femme du Ciel sous la terre. C’est ce qui explique que  les êtres vivants peuvent toujours trouver de la nourriture dans le sol de la Terre-Mère. Le bon jumeau se mit  à créer les bonnes créatures de la Terre. Son frère fit l’inverse. Quand le premier créa les roses, le second créa les épines. L’un devint le maître du Jour et l’autre le maître de la Nuit. Mais tous deux sont nécessaires à un monde équilibré. »

Sandra et Martin, notre guide

Cette histoire m’a vraiment enthousiasmée. Tout simplement car elle met l’énergie féminine au coeur de tout ce qui existe, personnellement, je trouve cela très poétique.

Il arrive que nous ayons une sorte d’impulsion à vouloir faire quelque chose, sans vraiment comprendre pourquoi. On  nous a appris à ne pas écouter cette impulsion irrationnelle. Qui sait si elle ne nous conduirait pas à notre perte ?Je crois pourtant qu’il n’y a rien de plus efficace que de se faire sa propre opinion en explorant soi-même le monde avec un regard bienveillant.

Avoir un regard bienveillant, permet à l’autre d’offrir le meilleur de lui-même.

Je suis également persuadée qu’on peut transcender les conflits du passé grâce à la valorisation de l’art et de la culture. L’art et la culture c’est ce qui révèle l’âme d’un peuple. Quand on commence à s’intéresser aux traditions, à la vision du monde de l’autre, aussi différente soit-elle de la nôtre, on commence à le comprendre et on peut alors commencer à dialoguer, à partager. On se rend compte alors que si notre rapport au monde est différent, nous cherchons tous la même chose : la reconnaissance, la paix, le bonheur. Je rêve parfois d’un monde où l’on porterai davantage attention à ce qui nous unit plutôt qu’à ce qui nous divise et où on encouragerait les rencontres interculturelles.

J’aime regarder ce qu’il y a de meilleur chez l’être humain. Et vous savez quoi ? Quand on commence à faire cela, je vous garantis qu’on se sent chaque jour plus heureux.

Je remercie les mohawks que j’ai rencontré pour leur accueil ! Je remercie la petite voix qui m’a conduite jusqu’à eux. Et je remercie mon amie Suzie de m’avoir suivie dans cette expédition.

La vie est un voyage chers fidèles lecteurs, votre boussole, c’est votre intuition. Votre passeport, c’est votre sourire. Ce qui compte ce n’est pas la destination. C’est le voyage. Nous sommes tous des explorateurs.

Liens pour aller plus loin :

Le musée canadien des civilisations

La réserve de Kahnawaké

La spiritualité autochtone à l’Université du Québec à Montréal

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Rencontre avec Marc Vella : le pianiste nomade !

Sandra, Marc Vella et son épouse Cathy

Parfois la vie nous offre de belles synchronicités. Avant de partir au Québec fin octobre, j’ai découvert Marc Vella. Le parcours  de ce pianiste français m’avait alors vraiment enthousiasmé.  Le hasard a bien fait les choses. Alors que nos agendas respectifs  ne semblaient pas coïncider en France, c’est à Montréal que notre rencontre a eu lieu. Un très heureux hasard. Et une belle rencontre que je partage avec vous.

« Le hasard sait toujours trouver , ceux qui savent s’en servir  » Romain Rolland

Marc Vella est un artiste atypique. Un musicien virtuose au parcours singulier. Il commence le piano à 5 ans et se passionne dès lors pour cet instrument. A 17 ans, il intègre une classe préparatoire en hypokhâgne tout en poursuivant sa formation musicale. Le jeune homme est doué, il rejoint la classe de composition à l’Ecole Nationale de Musique de Paris et remporte un prix de composition à l’âge de 25 ans. Il enchaîne les concours internationaux, mais cette vie confinée au sein des salles de concerts et des conservatoires ne le satisfait pas pleinement.  Il a soif d’aventures. Il a envie de rencontrer l’humanité. Un projet fou naît alors dans son esprit. Il décide de mettre son piano sur une remorque et de faire  le tour du monde avec lui. Il  improvise  des concerts où bon lui semble :  des bidonvilles de l’Inde, en passant par le désert du Sahara ou encore les montagnes du Pakistan. Un improbable périple qui va éclairer sa vie d’une lumière nouvelle. La musique, ce langage  universel, va lui permettre de dialoguer avec l’âme des inconnus qu’il approche.  Au delà des mots et des différences culturelles, il comprend alors ce qui unit les êtres humains et en tire une philosophie de vie résolument positive.

A 50 ans passés, Marc Vella continue de voyager. A ce jour, il a traversé plus de 40 pays et parcouru 200 000 kilomètres. A présent, il partage ses aventures avec les autres.  Depuis 2004, il embarque ceux qui veulent bien le suivre au sein de sa Caravane amoureuse Un projet itinérant ouvert à tous dont l’objectif est de promouvoir la non-violence et la paix, à travers la musique. Marc Vella est également l’auteur de différents ouvrages dont le Pianiste nomade, l’Eloge de la fausse note et le Funambule du ciel.

Marc Vella : Le pianiste nomade

-Qu’est ce qui vous a poussé il y a 25 ans maintenant à partir sur les routes  avec votre piano ?

 » J’avais soif de rencontrer l’humanité. Je crois que c’était parce que j’avais une conscience aigüe de notre fugacité. La vie d’un être humain, c’est un battement de cil. Je ne voulais pas vivre ma vie assis. J’avais besoin d’être présent, de découvrir le mystère de l’être humain et de vivre le mystère de la musique. J’avais envie,  avant de quitter ce monde, de me sentir vraiment vivant. Alors bien sûr ce n’était pas simple, mais amener un piano à queue dans des villages en Afrique, dans la jungle ou dans les montagnes du Pakistan, c’était pour moi une façon très concrète d’étreindre cette planète, d’étreindre la vie. Je ne pouvais pas me contenter de regarder le monde à travers un écran de télévision. Pour moi cela n’avait pas de sens. « 

Qu’avez vous appris de ce tour du monde des hommes ?

 » Je me rends compte après toutes ces années d’errance, que les êtres humains ont soif de la même chose. Ils ont soif d’amour. Ils ont soif d’être entendu, reconnu, regardé, aimé. J’ai malheureusement constaté qu’il y avait aussi une sorte de chape de plomb, une sorte d’interdiction à la jouissance de la vie, une forme de culpabilité à exister. Cette insécurité existentielle a amené les êtres humains à douter de la vie elle-même, c’est ce qui les a conduit à la nécessité de croire. Après avoir traversé tous ces pays, toutes ces cultures et après avoir observé toutes ces façons de vivre et de prier, moi, ça m’a plutôt amené à m’abandonner. Je me suis rendu compte qu’il y avait quelque chose de plus grand que nous, qui s’appelle le mystère et auquel il faut se livrer. Du coup cela m’a libéré du besoin de croire. Cela m’a aidé à prendre conscience qu’il n’y avait justement qu’une chose à faire dans la vie : aimer.  Pas chercher à être aimé, mais aimer et avoir ce regard émerveillé sur toute chose. C’est cela qui va nous permettre de transformer notre vie quand parfois elle est difficile ».

-Justement comment peut-elle  s’opérer cette transformation ?

« Le maître mot de la transformation pour moi, c’est l’accueil. Je ne dis pas que j’ai atteint cette attitude. Je ne suis pas un sage en la matière et je ne le prétends pas. Mais j’essaie d’incarner cela dans ma vie d’homme et de poser un regard aimant sur toute chose, quoiqu’il arrive. C’est ce que j’appelle l’état amoureux. C’est une façon de s’abandonner à ce qui est. Cela n’a rien a voir avec ce qu’on nous dit de l’amour. Pour moi l’état amoureux, c’est ce qui nous fait ressentir une infinie gratitude. Cela nous donne une énergie incroyable. C’est ce qui m’a donné d’ailleurs la force de traverser tous ces pays avec mon piano à queue. L’état amoureux, c’est aussi une forme de conscience. C’est ce qui fait que tout communique. L’arbre, le ciel, la rivière offrent des dialogues enchantés à ceux qui apprennent à les écouter. Ces dialogues-là nous échappent si on n’arrive pas à s’abandonner. C’est l’un des enseignements de mes  années d’errance à travers le monde. Quand la vie nous bouscule, on se demande quel sens donner à toutes ces souffrances et on finit par douter. Je crois aujourd’hui que les blessures et les épreuves de la vie nous aident à grandir et à ouvrir notre coeur, afin de nous apprendre à rester aimant quoiqu’il arrive. Aimer, c’est pour moi le seul véritable défi humain. Et c’est un exploit bien plus grand que de monter au sommet de l’Everest. Et puis l’amour c’est ce qui permet de réaliser l’alchimie intérieure. C’est ce qui transforme les ténèbres en lumière ».

-Qu’est ce que c’est pour vous, l’amour ?

« L’amour nous donne une force incroyable. C’est vital. Quand on diabolise l’amour on éteint le feu chez les gens et cela génère de la frustration et de la tristesse. Tout le drame de notre époque, c’est que l’on a instrumentalisé l’amour. Aujourd’hui on le confond avec le désir et il n’est qu’un outil pour vendre des choses, alors que pour moi l’amour est d’abord un souffle que nous devons laisser entrer en nous. L’amour, c’est l’abandon. « 

– Vous avez écrit l’Eloge de la fausse note et justement vous y regardez les erreurs avec beaucoup de bienveillance .

« Une musique sans fausse notes, ce serait insipide. C’est la même chose dans la vie. Une vie sans fausses notes cela n’existe pas.  Nous sommes tous porteurs de fausses notes, nous sommes tous maladroits, nous faisons tous des erreurs. Cela fait partie de notre expérimentation d’être humain. La question est : qu’en fait-on ? Une fausse note pour moi, c’est une fenêtre qui s’ouvre avec plein de nuit derrière dans laquelle, il nous faut mettre du jour. Nos erreurs servent à nous affiner. La meilleure manière de les transformer, c’est de les accueillir en restant bienveillant. On a tendance à se culpabiliser, à se juger sévèrement face à nos erreurs. C’est fatalement nocif et destructeur. On peut faire de nos erreurs une force si on apprend à faire confiance, à s’abandonner et à lâcher-prise. Quand la vie nous remue, on peut se relever en continuant à s’aimer, mais surtout à aimer. Sans rien espérer, sans rien attendre. Etre homme, être femme c’est avant tout un processus qui demande une bienveillance extrême. Condamner et punir cela amène à bâtir des malédictions. Cela fait des millions d’années que l’on utilise la condamnation et la punition et cela ne change rien. Moi je reste convaincu que c’est par l’accompagnement bienveillant, par la prise de conscience que ça va générer, que l’être humain peut se transformer.

Quand on dit à quelqu’un tu ne mérites pas ceci, de toute façon tu n’y arriveras jamais, tu te prends pour qui, c’est trop dur pour toi, quand on est dans cette attitude là de condamnation on empêche l’autre de rayonner et on finit par le détruire. Lorsqu’on pose un regard amoureux sur l’autre, on lui  permet de donner le meilleur de lui -même. Et puis lorsque on s’autorise enfin à aimer, pleinement,  on devient alors un véritable aimant et on attire encore plus  d’amour. L’abandon mène à l’abondance « .

– C’est peut-être plus facile pour vous de ressentir cela parce que vous êtes un artiste  ?

 » Pour moi, un artiste ce n’est surtout pas quelqu’un qui a un talent et qui se croit au -dessus des autres. A mon sens la véritable fonction de l’artiste, serait celle-ci : transcender la réalité en invitant les autres à le faire aussi à leur façon. Pour moi l’ artiste, c’est aussi celui qui va faire de sa vie une oeuvre d’art, avant tout. La grâce n’est pas réservée à Mozart, elle nous traverse tous.  Chacun peut y aspirer, pour peu qu’il croie en lui-même et en sa propre musique intérieure. Il est clair qu’il n’y a rien de plus extraordinaire que de voir une personne mise en confiance nous révéler sa richesse intérieure ».

Justement, vous incitez les gens à venir improviser avec vous, durant vos voyages, que se passe-t-il durant ces moments là ?

« Les gens reprennent confiance, retrouvent la foi en eux. Ils s’ouvrent aussi au mystère de la grâce. Ils sont traversés. C’est bouleversant de vivre cela ».

Quelles sont les expériences de votre vie qui vous ont intimement convaincu que l’être humain est beaucoup plus que grand que ses erreurs et ses drames ?

« Mon regard en fait. Quand j’étais plus jeune, je tombais amoureux mille fois par jour. Les gens me touchaient. J’ai toujours été émerveillé par l’autre, les autres. Je ne comprenais pas pourquoi. C’était tellement à contre -courant de tout ce que les médias diffusaient sur l’humain. Alors j’ai approfondi mon regard et j’ai vu. Pour moi, chaque être humain est un soleil. Ce qui est terrible, c’est qu’aujourd’hui on lui interdit de rayonner. Dans nos sociétés, l’être humain ne peut pas être un soleil, on lui demande juste d’être un miroir. Un miroir qui réfléchit, qui est dans le mental et pas dans le coeur. Je crois qu’il est urgent de nous réconcilier avec notre feu intérieur. Et pour cela il faut faire plus de place à l’amour. L’amour de soi d’abord, puis l’amour des autres. Il est temps de faire ce chemin qui mène à la délicatesse et à l’humilité ».

Liens pour aller plus loin :

Le site de Marc Vella

La caravane amoureuse de Marc Vella :

« L’argent fait tourner le monde  » : Rencontre avec l’écrivain Douglas Kennedy !

Juin 2012 : Metz ( France ) Festival l’Eté du Livre !

Interview de l’auteur américain Douglas Kennedy

      Douglas Kennedy est né à Mahnattan à New-York en 1955.  En 1977, il débarque à Dublin. Il écrit des pièces pour le théâtre, et devient journaliste free lance. Mais son vrai rêve c’est de devenir romancier. Après plusieurs échecs il déménage à Londres et publie des récits de voyage. Il connaît le succès sur le tard, à l’âge de 41 ans, avec son deuxième roman « L’homme qui voulait vivre sa vie « , traduit en 16 langues et vendu à plus d’un million d’exemplaires à travers le monde. A ce jour il a publié près de quatorze livres . Il vit entre New-York , Paris et Berlin. Le voilà devant moi et il a beaucoup à dire. En français en plus. Douglas Kennedy est un américain francophone et francophile!

L’argent : au coeur de son dernier livre !

« Si quelqu’un me dit que l’argent n’est pas important dans sa vie , je le traiterai de menteur, c’est certain » : sourit Douglas Kennedy. « Largent fait tourner le monde, il peut rendre fou, il ne rend pas forcément heureux. Pour moi notre rapport à l’argent est surtout la métaphore de nos peurs, de nos besoins, de nos désirs , de nos souhaits, et de nos angoisses« , précise l’auteur américain.

L’argent est le personnage central du dernier livre édité en France  de Douglas Kennedy. Cet ouvrage a été  exhumé des années 90. Il a été écrit  et publié en Angleterre il y 20 ans. Le manuscrit  arrive en  France avec un certain retard, certes. Ce qui est étonnant c’est qu’ il reste  terriblement actuel. Dans ce livre, l’écrivain  américain se plonge dans l’univers des traders, du dieu dollar. Il y observe les rois de la finance , auscultent leurs âmes avec l’oeil d’un psy, et  nous offre  un véritable récit de voyage. Un tour du monde  des places financières de la planète. Ce livre résonne fortement avec les dérives et l’absurdité de notre  système économique centré sur les profits. Il  emporte le lecteur de Singapour, à New-York en passant par  Sydney, et nous plonge dans le  coeur des bourses. Douglas Kennedy  y  découvre les  acteurs d’une comédie humaine qui fait tourner le monde.  Des hommes et des femmes d’affaires dont ils sondent la conscience . »Je suis un romancier, je suis un peu voleur « , lance- t-il.   Des traders, poussés vers une interminable quête  du « toujours plus ». Des être humains déconnectés des autres, habités finalement par un grand vide, qu’ils cherchent à combler avec toujours davantage de zero.  » Il y a de la vacuité , toujours, derrière la poursuite de l’argent« , observe Douglas Kennedy.

 L’auteur américain aurait pu finir comme eux. « Mon père voulait que je sois avocat » se souvient-il. « Si je l’avais écouté, je sais aujourd’hui que j’aurai fini comme le héros de mon roman  » l’homme qui voulait vivre sa vie« , je serai  installé dans une confortable maison dans une banlieue chic de New-York  avec deux voitures, une femme, quelques enfants et beaucoup d’amertume ».

Douglas Kennedy écrit depuis l’âge de 24 ans. Il a commencé par rédiger des articles, mais c’était « du journalisme alimentaire ». A l’âge de 33 ans, il  dépasse sa peur de ne pas réussir à devenir romancier et choisit de suivre son rêve. Il publiera cette année là son   premier livre : « Beyond the Pyramids : Travels in Egypt ». Un carnet de route assez drôle au pays des pharaons.

La valeur de l’argent !

Douglas Kennedy a  connu le succès tardivement. Lorsqu’il explose sur la scène littéraire mondiale , il a 41 ans, et une vie d’échecs et de succès modestes derrière lui. Une chance, finalement. « Grâce à cela, j’ai compris que le succès était un vernis fragile, tout peut changer demain si j’écris de très mauvais romans « , explique-t-il. «  Le truc c’est ce que je n’ai jamais écrit un livre dans  le but de gagner beaucoup d’argent. Le succès m’a pris par surprise », dit-il. L’argent lui permet aujourd’hui de vivre confortablement. Il savoure cette liberté, qui lui permet de  naviguer entre New York, Berlin et Paris et de « voir venir » pour ses enfants, Max et Amélia. Mais pour lui, » l’argent reste un piège ».


 « La génération de mes parents ne parlait jamais d’argent , quand j’étais à l’université à New-York , un étudiant qui aurait eu comme unique ambition de devenir riche,  on l’aurait traité de connard « ,sourit-il . C’était dans les années 70. Dans les années 80, l’argent « devient sexy« , poursuit l’auteur américain.  » Reagan et Thatcher ont profondément changé le monde occidental en imposant l’ultra-libéralisme.  Cela a  transformé notre rapport à l’argent » , analyse-t-il.  » Aujourd’hui, à cause de la puissance  des bourses , toutes les grandes villes se sont transformées. New-York était une ville abordable pendant mon enfance. Les golden boys et les golden girls et leurs 40 millions de dollars annuels ont fait grimper les prix.  Le gouffre entre les très riches  et les autres s’est élargi. Beaucoup de grandes villes sont devenues hors de prix : comme Londres et Paris.  » Il regrette également que cette domination du monde de la finance se soit faite au détriment des professions intellectuelles, « elle ont été dévalorisées« , déplore-t-il.

Douglas Kennedy  soutient le mouvement  « Occupy Wall Street« , parce que « c’est nécessaire d’entendre d’autres voix « . Il souligne  que l’histoire est toujours faite de cycles. « Nous sommes actuellement dans un cycle hyper-capitaliste. Peut-être que ça va changer. « 

Il était à Montréal la semaine dernière. Sa nouvelle amoureuse y vit. Il a observé avec intérêt les manifestations des étudiants, les habitants de cette ville réputée tranquille défilant le soir avec leurs casseroles, s’indignant des décisions de leur gouvernement. « Je pense que c’est une chose très positive, que des gens se rassemblent et disent que trop, c’est trop ».

Il pense à New-York, rêveur : « On vit dans un monde où un homme peut dépenser 100 millions de dollars pour une résidence  secondaire dans un quartier de Long Island« . Cela donne le vertige. Douglas Kennedy est bien d’accord avec ce proverbe français un peu désuet : »L’argent ne fait pas le bonheur , mais il y contribue ». Je connais des hommes très riches et très malheureux, mais pour moi c’est toujours des choix personnels « , conclut-il. Douglas Kennedy, lui a fait son choix. Vivre ses rêves, c’est peut-être cela la clé du  bonheur !

Si votre curiosité vous pousse plus loin au sujet de l’argent :

Une vidéo d’un économiste argentin qui prédit la fin du système monétaire mondial :

Un reportage québécois sur la révolution silencieuse en Islande :

Un livre : La psychologie de l’argent de l’économiste Renaud Gaucher

Informations sur l’auteur :

Le site officiel de Douglas Kennedy

Comment être heureux au travail ? Rencontre avec le psychologue québécois Jacques Forest !

J’ai échangé , il y a quelques jours via Skype, avec le   professeur Jacques Forest. Ce psychologue  québécois âgé de 35 ans est professeur en comportement organisationnel au Département d’organisation et de ressources humaines de l’École des sciences de la gestion de l’Université de Montréal. Il vient de  participer à une étude française sur le bien-être au travail des employés. Intitulée «The Impact of Organizational Factors on Psychological Needs and Their Relations with Well-Being», cette recherche traite des liens entre le mode de gestion du  supérieur hiérarchique d’un salarié et le sentiment de bien-être au travail. Publiée en février 2012  dans le Journal of Business and Psychology, elle a été dirigée par le professeur Nicolas Gillet du Département de psychologie de l’Université François Rabelais de Tours, en France. Pour cette étude, les chercheurs ont interrogé près de 1100 salariés de petites, moyennes et grandes entreprises françaises. Les participants ont répondu à des questionnaires portant sur leur perception du style managérial de leur supérieur. Ils devaient également évaluer l’impact des  ces pratiques  sur leur bien-être ou leur mal-être au travail. Jacques Forest a été sollicité par les chercheurs français  pour analyser les résultats de cette enquête.

Le bonheur au travail mythe ou réalité?

En France, après le choc émotionnel suscité  par les  suicides à France Télécom en 2009, la prévention des risques psycho-sociaux est devenue une obligation légale des employeurs. De nombreux réseaux de consultants en communication et de professionnels de la santé  oeuvrent au quotidien pour accompagner les entreprises dans ce processus d’amélioration de la qualité de vie au travail. La demande a même explosé depuis quelques années.

Alors peut-on dire aujourd’hui que les Français sont  heureux au travail ? En ont-ils terminé avec les troubles du sommeil, les maladies psychosomatiques et la dépression?  Oui, semblent -ils répondre majoritairement, si on en croit un  récent sondage  réalisé en février 2012 par l’Institut Ifop sur un échantillon de 802 salariés tous secteurs d’activité confondus. Dans ce sondage,  72 pour cent des français interrogés s’estiment  heureux  au travail. Parmi eux 82 pour cent ont entre 18-et 24 ans, et 81  pour cent sont des cadres. Parmi les  28 pour cent de gens qui ne sont pas heureux au travail, 39 pour cent sont des ouvriers et 38 pour cent sont âgés de plus de 50 ans.

En résumé , selon ce sondage, il semblerait qu’on soit plus heureux au travail lorsqu’on est jeune, diplômé et qu’on exerce des fonctions à responsabilités que lorsqu’on est un senior occupant un poste d’ ouvrier dans l’industrie.

La souffrance au travail s’est malgré tout banalisée. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé la dépression sera d’ici 2020  la deuxième cause d’invalidité  dans le monde, derrière les problèmes cardiaques. Ces dernières années,  de nombreux documentaires ont réalisé  un état des lieux effrayant des relations patrons – salariés dans le monde du travail. Stress, harcèlement, conflits, mutations forcées, objectifs inatteignables, absence de reconnaissance, la liste des causes de la souffrance au travail s’est allongée ces dernières années. Les conséquences sanitaires sont sans appel : arrêts maladies , dépressions, suicides. Le travail  n’est pas toujours synonyme  d’épanouissement collectif.Le documentaire, « La mise à mort du travail  » réalisé par Jean-Robert Viallet diffusé sur France 3 fin 2011, illustre parfaitement ce constat.

A voir ici :

Le bonheur des salariés dépend  des managers!

Certains diront que cela semble évident. L’étude menée par les chercheurs en psychologie a le mérite d’apporter une valeur scientifique à cette affirmation. Elle montre que les employés se sentent  plus heureux lorsqu’ils se sentent reconnus par leur supérieur hiérarchique et quand ils se sentent autonomes, compétents et proches de leurs collègues. »Pour qu’un salarié se sente bien dans son travail, la satisfaction de trois  besoins fondamentaux est nécessaire. » explique Jacques Forest.  » Le premier, c’est le besoin d’autonomie,  c’est à dire le fait de se sentir libre d’exécuter ses tâches dans un cadre défini, en accord avec ses valeurs. Le second, c’est le besoin de compétence, le fait de se sentir utile et efficace. Enfin le dernier, c’est le besoin d’affiliation sociale, c’est -à -dire le fait de  se sentir bien  intégré dans  un groupe humain où les relations sont basées sur la confiance et le respect. »

La satisfaction de ces besoins entraînerait selon cette étude  des émotions positives qui stimulent l’énergie des individus, et réduisent du coup les somatisations.

Le besoin d’autonomie : Etre libre de ses actions dans un cadre donné : les salariés ont besoin de pouvoir se sentir eux -mêmes au travail.

Le besoin de compétence : Se sentir utile, efficace : apprendre de nouvelles choses.

Le besoin d’affiliation sociale: Entretenir de bonnes relations avec ses collègues : se sentir en confiance et respecté dans son environnement professionnel.

Ces trois  besoins  sont partagés par les hommes comme par les femmes, par les jeunes comme par les seniors.  » Il n’y a pas de génération Y qui privilégierait la qualité de vie et une génération X qui serait toute dévouée au travail,  m’explique Jacques Forest, il n’y a que des êtres humains dont les besoins fondamentaux sont plus ou moins satisfaits ».

Des chercheurs, ayant menés des  études similaires sur tous les continents du globe, de la  Chine en passant par le  Sénégal , l’  Argentine, la  Norvège, et les  Etats-Unis sont arrivés  aux mêmes conclusions. Ces besoins sont donc universels.

Cette information est donc primordiale, car elle permet de comprendre que le monde du travail  est  contre-nature lorsque les besoins essentiels des salariés sont niés dans leur environnement professionnel.  L’héritage de la société industrielle et l’avènement des machines ont, semble-t-il, omis de répondre aux besoins fondamentaux des êtres humains.

Alors comment faire aujourd’hui pour changer la donne, et remettre du bien-être et de l’épanouissement dans le monde du travail ?

Le  manager idéal serait tout sauf « contrôlant »!

La santé mentale et le bien-être au travail  dépendent  en partie des pratiques managériales utilisées dans les entreprises . Le supérieur hiérarchique direct a un impact très important sur le bien-être ou le mal-être des salariés. Un chercheur américain  a démontré qu’un salarié heureux au travail  augmente  sa productivité de 25 pour cent. On voit bien  qu’une entreprise qui  se préoccuperait  du bien-être de ses employés, aurait donc beaucoup à y gagner.

Le manager idéal serait tout l’inverse d’un manager   » contrôlant « . Un manager « contrôlant » se reconnaît par un comportement autoritaire. Il traite ses subalternes de façon impersonnelle et distante, il favorise la  compétition entre les salariés plutôt que l’esprit d’équipe. Il aura recours aux menaces et aux récompenses pour mener à bien ses projets. Il sera généralement froid , voir dénigrant et peu à l’écoute des besoins de ses salariés. « L’absence d’empathie, le fait de jouer sur la culpabilité, de recourir a l’intimidation, est totalement contre-productif « , poursuit  Jacques Forest. « Les employeurs qui ne valorisent pas les contributions individuelles et exercent un contrôle excessif pour motiver les employés  briment leurs besoins de base soit l’autonomie, la compétence et l’affiliation sociale. Cette réalité pourrait avoir des répercussions négatives sur le bien-être au travail, ainsi que des conséquences économiques sur l’entreprise si les employés ne sont pas assez efficaces« , précise le chercheur.

On peut donc s’interroger. Les entreprises appliqueraient -elles ce type de management, volontairement? Y’a- t-il derrière ces comportements, une stratégie ? Jacques Forest n’y croit pas.  Selon lui,  les employeurs « contrôlants »  n’ont pas forcément conscience des conséquences  de leurs comportements.  » C’est essentiellement de l’ignorance. Certains chefs d’entreprises pensent vraiment que le fait de mettre la pression sur leurs salariés amènera de bons résultats  or c’est tout l’inverse qui se produit.  » Les gens connaissent mieux le fonctionnement des voitures que le fonctionnement des êtres humains « , regrette-t-il.  Le psychologue cite l’exemple de cette  femme, cadre dans une entreprise, rencontrée au cours d’une  des conférences destinée au  grand public, qu’il donne régulièrement  au Québec : « Elle est est venue me voir à l’issue du débat en me disant – Alors , si j’ai bien compris, je ne devrais pas leur crier dessus ? – relate  le psychologue. « Il y a des comportements basés sur la domination qui sont tellement ancrés, que certains ont du mal à les remettre en cause« , explique-t-il.

Alors que faire pour améliorer les choses ? 

Les recherches en psychologie démontrent qu’un employeur empathique, humain, qui s’intéresse aux personnes qu’il dirige stimule l’efficacité de ses salariés. Les pratiques de management à favoriser doivent répondre aux besoins fondamentaux que sont l’autonomie, la compétence, et l’affiliation sociale. «  Un employeur conscient de cela devrait encourager les initiatives et la créativité de ses salariés, il devrait connaître les forces de chacun de ses collaborateurs et les aider à les développer par le biais de la formation, il devrait ensuite apprendre à connaître les membres de son équipe et régler les conflits interpersonnels rapidement en encourageant la communication« , indique le chercheur québécois.

L’avenir  du bien-être au travail repose aujourd’hui  sur  les compétences relationnelles des futurs managers. Au Québec, Jacques Forest forme près de 300 élèves par an à des programmes de gestion  en  ressources humaines basées sur les pratiques à privilégier. Les entreprises s’intéressent également à cette étude.  Certaines collectivités, comme le gouvernement du New-Brunswick au Canada, applique déjà les recommandations des chercheurs au quotidien. Il faudra encore un peu de temps avant que ces idées à la fois simples et innovantes entrent totalement dans les moeurs des entreprises au Québec comme en France. Quoiqu’il en soit, l’agenda du  chercheur québecois ne désemplit pas. Il est en moyenne sollicité deux fois par mois au Canada pour animer des conférences sur le thème du bien-être ou de la motivation au travail. Pour l’instant, il n’a pas encore été invité en France pour débattre du  résultat de ses travaux.  » Je ne suis pas encore assez connu« , sourit-il. Mais il serait tout à fait enchanté de venir nous voir.  » Je vous ramènerai du sirop d’érable « , plaisante-t-il.  De quoi alimenter l’amitié franco-québécoise!

 
Pour aller plus loin une vidéo :

Jacques Forest y parle de la rémunération comme facteur de motivation au travail.

Sources :

Le sondage sur le bien-être au travail de l’Institut Ifop: http://www.ifop.fr/media/poll/1798-1-study_file.pdf

 Le site et les coordonnées du professeur Jacques Forest : http://www.orh.uqam.ca/Pages/forest_j.aspx

Un lien sur l’auto-détermination rédigé en anglais  : http://www.selfdeterminationtheory.org/

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