Carl G. Jung : le psychanalyste de l’âme !

« En chacun de nous existe un autre être que nous ne connaissons pas. Il nous parle à travers le rêve et nous fait savoir qu’il nous voit bien différent de ce que nous croyons être. »

Carl Gustav Jung ( 1875-1961 )

Carl Gustav Jung ( 1875-1961 )

Carl Gustav Jung

Carl Gustav Jung est un psychanalyste oublié. Sa pensée, ses concepts, sa façon même d’appréhender la psyché humaine sont restés ces dernières décennies, en particulier en France,  dans l’ombre du célèbre Sigmund Freud, dont il a été par ailleurs le disciple, avant de suivre sa propre voie.

Pionnier de la psychologie des profondeurs, Carl Gustav Jung n’a jamais cessé d’explorer la réalité de l’âme, en recherchant l’équilibre entre le monde matériel et le monde spirituel. C’est en m’intéressant à ce médecin suisse boudé par les facultés de psychologie françaises, au profit de Freud et de Lacan que j’ai découvert le centre européen d’études jungiennes, situé à Strasbourg. Cette association a pour objectif de faire connaître la pensée de Jung dans sa diversité et dans sa modernité.

J’ai profité d’une escapade dans la capitale alsacienne pour échanger avec le Président de cette association, Jean-François Alizon. L’oeuvre de Carl Gustav Jung éclaire son chemin personnel depuis près de 30 ans. Je le remercie ici d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

Jean-François Alizon Président du centre européen d'études jungiennes

Jean-François Alizon Président du centre européen d’études jungiennes

-Bonjour Jean-François Alizon. Pouvez -vous nous présenter votre association ? Quelle est sa vocation?

– Le centre européen d’études jungiennes réunit un cercle de personnes issues de milieux très divers qui s’intéressent à l’oeuvre de Carl G. Jung . C’est une association qui compte une soixantaine d’adhérents et près de 150 sympathisants. Elle a été créée par la psychanalyste jungienne Brigit Soubrouillard il y a une quinzaine d’année. Nous comptons parmi nous des psychologues bien sûr mais aussi des étudiants en psychologie, en sociologie, des éducateurs et des artistes. Nous organisons régulièrement des conférences destinées à un public large. Cette année nous parlerons du célèbre « Livre rouge « de Jung. Le thème de cette année au CEEJ est “Folie et inspiration” la folie au sens des Grecs, dans ce qu’elle peut avoir de positif pour nous révéler à nous mêmes. Nous recevrons par exemple un égyptologue qui nous parlera du pouvoir symbolique des hiéroglyphes pour comprendre la folie dans l’Egypte ancienne. Notre objectif est de mettre la pensée de Jung en perspective avec d’autres disciplines.

Comment Carl G. Jung est-il entré dans votre vie ? 

– On peut dire que Jung a éclairé mon chemin personnel et pourtant je ne suis pas psychanalyste. Je suis diplômé de théologie protestante et je suis musicien. Je joue de la flûte ancienne dans un ensemble de musique de chambre.  J’ai enseigné pendant de nombreuses années la musique au conservatoire de Strasbourg. Dans les années 80,  j’enseignais la musique et puis vers l’âge de 36 ans, j’ai vécu une sorte de crise de sens. Comme beaucoup de gens, à cet âge de la vie, je me suis remis en question. J’avais suivi une formation en théologie, mais elle ne m’apportait plus les réponses dont j’avais besoin. A cette époque je me sentais  » à côté  » de ma vie. J’avais besoin de réconcilier mon chemin spirituel et ma pratique d’enseignant.

Un jour, par hasard, je découvre dans une libraire un livre qui retient mon attention. C’était un livre de Jung  » Psychologie et alchimie« . Cela m’a interpellé. Pour moi, l’alchimie n’avait aucun rapport avec la psychologie.  Je n’ai pas compris grand chose à ce livre, mais il a aiguisé ma curiosité. Petit à petit j’ai découvert le symbolisme et surtout la démarche de Jung qui propose de réconcilier le matériel et le spirituel. Toute son oeuvre est une recherche d’équilibre entre des notions opposées : le masculin et le féminin, le bien et le mal, le conscient et l’inconscient. Jung nous invite aussi à écouter notre inconscient, à négocier avec lui. Ce processus permet de trouver des réponses à des questions insolubles.

-En quoi cette découverte  a-t-elle influencé votre vie par la suite  ?

– J’ai donné un autre sens à mon métier. J’ai réfléchi sur moi. J’ai décidé de donner autre chose à mes élèves qu’une simple technique et je me suis davantage concentré sur leur bien-être. Je me suis rendu compte que en étant davantage tourné vers ma propre sensibilité et en me concentrant sur ma façon d’être, je pouvais alors par symbiose leur offrir une autre relation avec la musique. Je me suis autorisé à vivre mon intériorité à l’extérieur.

jung livre

Quels sont les concepts qui vous ont aidé à réaliser votre propre alchimie intérieure ?

– Alors que pour Freud, l’inconscient est un placard où l’on aurait mis tout ce que l’on ne voulait pas, pour Jung au contraire l’inconscient est un espace qui contient une grande richesse. Il est constitué de nos difficultés mais aussi de nos potentialités niées.  Jung nous invite donc à nous mettre à l’écoute de notre inconscient afin de nous relier à une sorte de matrice vivante et créatrice. Lorsque nous nous écoutons, que nous nous tournons vers l’intérieur, nous donnons la possibilité à notre inconscient de dire des choses à travers les rêves par exemple. C’est fondamental pour un artiste d’être en contact avec ce champ là. Jung a mis des mots et des concepts sur ce que je cherchais à comprendre rationnellement et que je vivais intérieurement.

-Jung a été le disciple de Freud, avant de prendre ses distances. Qu’est ce qui les opposait ?

-Freud était  préoccupé de construire une théorie scientifique qui puisse rendre compte des mécanismes de l’inconscient. Il était marqué par le rationalisme et le scientisme de son époque. Jung au contraire était marqué par Kant et le romantisme allemand, ce qui l’a poussé à considérer avant tout son expérience intérieure. Il pensait que nous ne  pouvions nous connaître qu’à travers notre subjectivité. Il a observé son propre monde intérieur,  il était très réceptif, il avait conscience de la dualité. Ses concepts sont nés de sa propre exploration intérieure. Leurs divergences sont nombreuses.  Alors que Freud voit les rêves comme l’expression de nos désirs refoulés, Jung en revanche estime que les rêves nous révèlent notre vie intérieure et nous indiquent le chemin de notre réalisation profonde.

Jung a aussi beaucoup voyagé en Afrique notamment et il a compris que nous étions constitués de forces originelles, qui sont présentes dans chaque être humain au -delà de la culture, c’est ainsi qu’il a défini le concept d’archétypes.

C’est lui aussi qui a découvert ce qu’il a appelé la “synchronicité”. Lorsqu’une coïncidence se produit entre des faits matériels et un tournant important de notre évolution intérieure, on peut parler de “synchronicité ». Ce n’est pas une simple coïncidence, mais un évènement marquant, qui surprend et frappe la personne à ce moment là. Une rencontre, un livre peuvent arriver jusqu’à nous et répondre à nos préoccupations profondes et ainsi accélérer notre évolution.

Jung va donc très rapidement émettre des réserves sur la prédominance de la sexualité et des désirs refoulés de la théorie freudienne et Freud va regarder d’un très mauvais oeil le goût de son disciple pour l’irrationnel. Si Jung est accueilli les bras ouverts dans les pays anglo-saxons, un air de suspicion flottera toujours sur son oeuvre en France à cause de son intérêt pour le monde invisible, les expériences paranormales et le spiritisme, qu’il voit avant tout comme des manifestations de forces inconscientes et aussi à cause de la manière souvent déconcertante de ses ouvrages, qui sont souvent plus une descente dans l’expérience et une ouverture pluridisciplinaire que des écrits dans le mode universitaire en usage en France.

– En quoi la pensée de Jung peut-elle selon vous répondre aux interrogations de notre époque ?

-Nous constatons que de nombreuses personnes sont à la recherche de sens dans leur vie. Actuellement  notre société matérialiste est traversée par une crise économique et une crise intérieure. Quelque soit leur âge ou leur métier, les personnes qui viennent vers nous souhaitent retourner à la source de l’être humain. Jung apporte des réponses car il n’a jamais opposé le matériel et le spirituel, il a cherché au contraire à en faire des forces complémentaires. Ce qu’on constate également c’est que les personnes qui se tournent vers Jung réalisent un travail des profondeurs et ils deviennent ainsi plus créatifs. De nombreux artistes et pédagogues s’inspirent de sa pensée.

Je crois que le matérialisme de notre époque ne répond pas aux aspirations profondes de l’être humain. Il est peut-être temps de réinventer une religion qui n’est pas reliée à un Dieu extérieur à nous. Une religion où l’on apprendrait à lire à l’intérieur de nous-même pour vivre en relation avec nos  forces profondes. C’est peut-être cela le réel défi du 21ème siècle.

le point jung

Liens pour aller plus loin :

– Le programme des conférences du centre européen d’études jungiennes de Strasbourg

-Les associations jungiennes en France

-L’association des analystes jungien au Québec

-La biographie de Carl Gustav Jung

-Un site d’information sur Jung

Un livre pour découvrir Jung :  » Ma vie : souvenirs, rêves et pensées  »

8, 60 euros chez Folio

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« Les femmes seront les inspiratrices de l’économie de demain ! »

Virginie Joannes

Virginie Joannes  exerce une activité de coach depuis près de 15 ans. Elle vit actuellement  en France, à deux pas de la Suisse.  Experte en marketing stratégique de luxe, elle s’est formée au coaching aux Etats-Unis.  Au quotidien, son travail consiste à accompagner principalement des femmes dans leurs projets de création d’entreprises. Elle est engagée dans de nombreux réseaux de soutien féminin. Elle est membre du réseau  Business Professionnal Women,  qui lutte contre les discriminations au travail. Elle accompagne également bénévolement des femmes en recherche  d’emploi âgées de plus de 45 ans, au sein de l’association Force Femme . Elle partage ici sa vision du succès au féminin.

Créer son activité : le rêve de beaucoup de femmes!

Selon un sondage réalisé par Opinion way début 2012 pour le salon des entrepreneurs, deux femmes sur trois en France considèrent que la création d’entreprise est plus épanouissante que le salariat. ( Voir le sondage ici ). Ce sondage révèle que ce qui motive les femmes à créer leur propre activité ce n’est pas l’argent, mais bien le désir de s’accomplir et d’être autonome.  Autre information intéressante livrée par ce sondage : une femme sur trois qui n’a en revanche pas envie de créer une entreprise  manque de confiance en ses compétences.

 Les femmes ne manquent pourtant pas d’idées.Virginie Joannes, le constate tous les jours. Son métier consiste à aider les femmes à mener une vie qui leur ressemble, dans une  activité professionnelle où elles pourraient exprimer tout leur potentiel. Virginie Joannes est coach. Une activité encore confidentielle  en France, mais qui est largement reconnue aux Etats-Unis et au Canada depuis longtemps. Pour résumé, Virginie est une sorte d »accoucheuse » de talents. Les femmes qui viennent la voir sont créatives, mais elles ne savent pas comment faire pour vivre de leurs inspirations. « Mon travail ne consiste pas à faire les choses à leur place. Je suis là pour les guider, les encourager et leur donner les clefs de la réussite », explique-t-elle.

La première règle qui mène au succès : c’est la clarification du projet.  » Il faut bien savoir ce que l’on veut avant d’obtenir ce que l’on souhaite« , précise Virginie. La seconde règle à suivre, c’est de ne surtout pas restée seule. « Les femmes ont parfois beaucoup de mal à demander de l’aide. Elles ont tellement l’habitude de tout faire toutes seules. Il faut pourtant s’appuyer sur son réseau pour lancer une activité. Les ressources sont autour de nous. Il faut juste apprendre à  attirer les clients potentiels », poursuit Virginie. L’autre point important c’est la confiance en soi.  » Tant de femmes ne s’estiment pas à leur juste valeur. Elles culpabilisent, ne savent pas bien se vendre. Les femmes aiment donner, mais c’est important aussi d’ apprendre à recevoir. Il n’y a rien de mal à gagner de l’argent, non ?  « , sourit Virginie.

Et quand les femmes dépassent leurs croyances limitantes, cet héritage de l’inconscient collectif familial et culturel, elles vont souvent très loin.

 Elles ne savaient pas que c’était impossible, alors elles l’ont fait !

Si vous pensez encore que croire en soi ne suffit pas pour réussir, alors je vous conseille de vous arrêter un peu pour écouter Caroline Casey. Cette irlandaise va vous bousculer. Son histoire est magnifique. Cette femme nous démontre que la foi en soi peut faire des miracles.

Virginie Joannes a passé ces dernières années à rencontrer des femmes qui ont toujours cru en leurs rêves.  Elle a interviewé  près de 1000 chefs d’entreprises au féminin  travaillant dans des domaines d’activité  très différents comme  la mode, la restauration, la communication. Parmi elles, la styliste Isabel Marant,  la créatrice de bijoux de la marque Rita et Zita , Sandrine Baradinot , ou encore Laurence Salomon  naturopathe et chef du restaurant Nature et Saveur.  A chacune d’elles, Virginie Joannes  a posé une dizaine de questions pour tenter de percer les secrets de leur succès.

Toutes ces femmes  aux parcours si différents ont au moins trois points communs, selon Virginie :

La détermination : « Elles n’ont écouté que leur coeur et leurs convictions. Quand on leur disait que leur projet était impossible, elle tournait les talons et allait frapper à une autre porte ».

La capacité à s’avoir s’entourer: « Le réseau est important, surtout pour tenir bon dans les périodes difficiles ».

-Le courage:  » Ce que j’appelle le courage du coeur, c’est à dire croire en son projet, même si l’entourage est sceptique. »

Elle évoque ainsi l’histoire d’une femme aujourd’hui à la tête d’une entreprise fort lucrative, qui a démarré ses créations dans sa cuisine. Lorsqu’elle a enfin trouvé son premier client, il ne lui restait plus que 5 euros en poche. « Elle a rempli sa voiture d’essence avec cet argent pour se rendre au rendez vous de la dernière chance. Elle s’est dit alors, si cela ne marche pas je rentrerai à pied. Ce jour là, cette femme a signé le premier gros contrat de sa toute jeune entreprise« , raconte la coach.

Les femmes, observe Virginie, sont créatives, impliquées dans la société. Lorsqu’elles réussissent elles partagent naturellement les fruits de leur succès. « Elles sont nombreuses à s’investir ensuite dans des associations caritatives. Certaines d’entre elles construisent des écoles en Asie, d’autres se battent contre les violences  faites aux  femmes « , précise-t-elle.

Virginie Joannes n’est pas une féministe , ni une militante. Elle ne veut pas opposer le féminin au masculin. Elle oeuvre juste pour l’épanouissement des femmes.

 » Leur avenir, je le vois rose, pétillant, lumineux« , prophétise-t-elle.

Et elle n’est pas la seule. En 2009, le Dalai-Lama estimait que « demain serait l’âge de la femme ». Pour le  leader bouddhiste « les femmes doivent tenir un rôle de plus en plus important dans les sociétés,  pour développer la compassion en la transmettant non seulement à leurs enfants, mais aussi à la société tout entière. »

Et si l’avenir appartenait enfin aux femmes ?

Virginie Joannes est également l’auteur d’un roman : » L’Autre Rose « .

Elle prévoit de publier en septembre prochain   » De la Superwoman à la femme Tao ».

Contact : http://desmillionsdefemmes.wordpress.com/