Un rêve en marche !

 » Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie. »

Johann Wolfgang von Goethe

Photo : Anne Jutras

Photo : Anne Jutras ( Québec )

Il arrive parfois que les épreuves agissent comme des transformateurs. C’est ce que j’ai appris grâce à Nathalie.

Nathalie a 44 ans. Il y a encore quelques mois, elle dirigeait une entreprise commerciale, dans l’Ouest de la France. Un licenciement économique a mis fin à une vie bien réglée depuis de nombreuses années. Perdre son emploi est une épreuve pour la plupart des gens. Nathalie en a fait une opportunité. Elle en a profité pour faire le point sur sa vie et sur ses véritables envies. C’est au cours d’une formation en développement personnel qu’elle découvre qu’un rêve endormi depuis de longues années était prêt à être réveillé.

Aujourd’hui, Nathalie s’apprête à suivre des cours de comédie. Son objectif ? Ecrire des sketches. Monter sur les planches. Faire rire. Un virage à 180 degrés pour être enfin en accord avec elle-même.

Voici donc l’histoire d’un changement de vie. Voici l’histoire de Nathalie.

Source : internet

Source : internet

J’ai rencontré Nathalie par l’intermédiaire d’une amie, Emmanuelle. Emmanuelle a vraiment le don de me mettre en relation avec des personnes au parcours de vie atypique. Il faut dire qu’elle voit avec une facilité déconcertante le mécanisme d’excellence de chaque personne qu’elle croise. Quand elle m’a parlé de Nathalie, elle m’a juste dit : «   Elle veut faire du one-man show. Un jour tu verras, elle fera l’Olympia ! ». J’avoue que sur le moment, je suis restée perplexe. Qui pouvait bien être cette femme qui avait décidé de suivre une voie aussi improbable qu’excitante ?

Un rire communicatif. Des yeux qui pétillent. Des cheveux blonds coupés courts. Des rondeurs harmonieuses. Une parole franche et un ton gouailleur. Voilà ce que je perçois de Nathalie lorsque je la rencontre pour la première fois. Nathalie ne mesure pas plus d’un mètre soixante, mais elle occupe l’espace avec une aisance qui me fascine.  Elle s’apprête à passer une audition dans une école de théâtre parisienne. Cela fait plusieurs semaines déjà qu’elle se prépare à intégrer cette école. Elle a écrit un sketche, l’a répété devant ses amis, devant des inconnus à une soirée, à la piscine où elle nage deux fois par semaine. Cette audition, c’est un premier test, une première confrontation entre son rêve et la réalité. Elle se dit sereine, confiante.  Elle parle de son objectif comme d’autres parlent de leurs prochaines vacances, avec ce détachement et cette assurance qu’ont les gens qui savent exactement où ils vont. Ce n’est pas juste de la détermination, c’est bien plus que ça. C’est de la cohérence. Un alignement parfait entre les multiples facettes du « Soi ».

L’exploratrice que je suis a besoin de creuser plus profond pour comprendre ce qui peut bien pousser une femme de 44 ans, mère de deux enfants, ancienne dirigeante de différentes structures commerciales  à faire le choix de suivre un chemin que la plupart des gens qualifierait d’impossible et de totalement déraisonnable.

N’est-elle pas en train de poursuivre une chimère  ? La question méritait d’être posée. Nathalie ne l’a d’ailleurs pas esquivée. Et c’est ce qui fait tout l’intérêt de notre échange, qui s’est déroulé quelques semaines après notre première rencontre.

De la raison à l’intuition : le parcours !

Premier constat. Nathalie est tout sauf une femme déraisonnable. C’est d’abord une tête bien faite. Quand je l’interroge sur son parcours scolaire, elle me lance dans un éclat de rire : «  J’ai Bac + 30 ! ». Elle n’est pas très loin de la vérité. Nathalie a en poche une maîtrise de Sciences Criminelles, une maîtrise de Droit des Affaires et du Patrimoine, un diplôme d’études approfondies en Droit Social. Pendant 10 ans, elle a même poursuivi un doctorat en Droit du travail : » J’ai fait du droit parce qu’on m’avait dit que c’était le domaine où il y avait le plus de débouchés« , m’explique-t-elle, pensive.

Ce parcours universitaire sans faute contraste avec le rapport qu’elle a longtemps entretenu avec  l’école  :  » Au collège et au lycée, j’étais bonne élève, mais j’avais du mal à m’adapter au système éducatif. J’avais des difficultés relationnelles. Je dépensais une énergie folle à m’adapter aux autres » , se souvient-elle. Très vite, l’humour devient une stratégie, pour cacher sa timidité, pour créer du lien  :  » J’avais du mal à me conformer au système. C’était ma manière de survivre dans ce milieu hostile ». Elle marque une pause et poursuit :  » En fait, j’ai vraiment commencé à m’épanouir quand je suis arrivée à la Fac ». L’Université va la réconcilier avec l’effort. Elle passera ses examens haut la main.

Parallèlement à ses études universitaires, Nathalie est surveillante dans un lycée. C’est à cette période que son amour des planches va se dévoiler. Elle organise des activités artistiques pour les élèves. Elle se met au gospel, créé des spectacles. Sa créativité est stimulée.  Elle finit par intégrer une troupe de théâtre amateur. La scène agit sur elle comme un catalyseur. «  Souvent, je jouais dans des pièces et je me retrouvais à devoir improviser car il y avait des problèmes inattendus. Par exemple, un jour j’ai craqué ma robe au moment de m’asseoir dans un canapé. C’est comme si j’attirais malgré moi les situations comiques. J’adorais ces moments de liberté joyeuse « , sourit-elle.

A la fin de ses études, Nathalie choisit le secteur des ressources humaines.  Une opportunité se présente et elle est amenée à prendre des responsabilités. Le challenge la ravit. Elle découvre qu’elle aime organiser, bâtir et manager une équipe. Mais elle fait les choses à sa manière. Avec humour, dérision et légèreté.  Une façon d’être qui détonne et qui ne plaît pas forcément à tout le monde. Les personnes qu’elle encadre ne comprennent pas toujours cette façon de travailler : » « En France, un patron cool et drôle, ça ne passe pas toujours, même auprès des salariés. Moi, je ne pouvais pas travailler sans humour. Pour moi c’était vital. Cela permet de lâcher prise sur le stress lié aux délais, aux objectifs. J’étais une directrice un peu atypique, un peu rebelle « .

Nathalie  suit donc un parcours en entreprise tout à fait classique. Elle relève les défis. Mais une fois les objectifs atteints, elle s’ennuie. Entre temps, elle est devenue mère de famille. Une vie tellement bien remplie qu’il n’y a plus de place pour le théâtre dans son emploi du temps surchargé.

Et puis, en septembre 2012, un licenciement économique vient mettre fin à cette vie confortable et bien réglée. C’est d’abord un choc, mais Nathalie l’assure, cette épreuve a été une chance : «  Sur le moment, un licenciement , tu le vis comme un échec, voire un rejet. Mais je me suis dit très vite que si cela arrivait c’était parce que quelque chose de mieux m’attendait. Sans savoir quoi précisément, d’ailleurs. Dans la vie, on a toujours deux solutions : soit on reste dans la galère, soit on fait le bilan et on se concentre sur ce qu’on veut « , m’explique-t-elle.

Le déclic !

Nathalie ne se laisse pas abattre. Une fois licenciée, elle fait le bilan de ses compétences et souhaite mettre à profit ses années d’expérience dans le milieu de la formation. Elle décide de se former à la PNL, une discipline d’accompagnement au changement dans le but d’aider des chefs d’entreprise à mieux communiquer. Au cours de cette formation en PNL, Nathalie travaille d’abord sur elle. C’est le principe du développement personnel, il faut tester sur soi-même les outils qu’on va ensuite enseigner à d’autres. Au fil des jours, Nathalie découvre avec étonnement, de nouvelles parties d’elle-même. Une aspiration négligée par le passé est en train de se rappeler à elle, par surprise.

 Elle découvre alors que ce qu’elle aime, c’est monter sur scène et faire rire. L’humour a toujours été son moteur. Et elle commence à imaginer son avenir avec des pinceaux tous neufs. Une image s’imprime sur la toile : elle veut créer et jouer ses propres spectacles.

« A 40 ans tu fais le bilan de ta vie, et tu sais que tu es à mi-parcours. Tu sais qu’il te reste peut-être 40 ans à vivre. Le temps passe. Je me suis dit que je voulais  faire de ce temps là quelque chose de bon pour moi« , médite-elle ,tout haut, pour expliquer ce qui a au fond motivé sa quête.

Quelques années auparavant  les questions du sens de la vie avaient déjà frappé à la porte de son esprit confus, sans pour autant apporter de réponses précises.

« A l’époque, je  traversais une crise sentimentale. Mon meilleur ami m’avait alors offert un livre  » L’homme qui voulait être heureux  » , de Laurent Gounelle », relate-t-elle.  Ce livre agit  alors comme un révélateur : «  Après avoir achevé ce livre, je me suis dit que moi aussi j’avais droit au bonheur », précise Nathalie.  Elle ne sait pas encore comment y arriver. Mais la certitude qu’elle y a droit s’ancre tranquillement au fond de son coeur. Une première prise de conscience qui se renforce après son licenciement : » J’ai été gentille pendant 40 ans. J’ai fait ce qu’on attendait de moi.  Quand j’ai perdu mon boulot, je me suis dit qu’à présent, je voulais juste être moi ».

 » Vais-je y arriver ? « 

« Tout est allé très vite. J’ai suivi ma formation en PNL en septembre 2012 et en février 2013, je commençais à me frotter au réel pour voir comment je pouvais concrétiser ce désir de devenir comédienne et de faire rire. J’ai commencé par contacter des gens qui étaient arrivés là où je voulais aller. On m’a parlé d’une école de one man-show à Paris. J’ai postulé. Pour y entrer, il fallait d’abord réussir l’épreuve de l’audition « , raconte-t-elle. Elle poursuit :  « J’ai travaillé mon sketche. Je l’ai répété plusieurs fois devant différentes personnes.  Je savais bien qu’on ne me raterait pas. Dans cette école, les élèves ont une vingtaine d’années. J’ai dit au directeur :  » A mon âge on fait ça parce qu’on est plus que motivée. C’était un peu l’heure de vérité. J’allais me confronter pour la première fois à des professionnels ».

Sa motivation paye. Quand elle monte sur scène, le jour de l’audition, elle se sent dans son élément. Elle est bien. Elle se dit que si cela ne marche pas, d’autres portes s’ouvriront ailleurs. Elle a préparé ce moment avec application. Et le résultat est à la hauteur de son engagement et de son détachement. Elle est prise.

C’est loin d’être un aboutissement, d’ailleurs. C’est juste le début d’une aventure dont Nathalie ne connaît  pas l’issue. » Est ce que ça va marcher ? Je ne sais pas. Je sais que le métier de comédien est un métier difficile, mais je sais qu’en allant au bout de ce chemin, je n’aurai pas de regrets, je sais qu’il m’emmènera quelque part, quoi qu’il arrive. Et puis, je veux aussi montrer à mes enfants que ça vaut la peine de se donner les moyens de réaliser ses rêves« , explique Nathalie.

Et maintenant ? Très concrètement,  4 jours par semaine, pendant un an, elle va rejoindre Paris pour faire ce qu’elle aime, tout en continuant à travailler parallèlement dans le secteur de la formation. Elle est prête, me dit-elle à relever le défi.

D’où lui vient cette assurance ? Comment peut-elle savoir que tout ceci n’est pas une illusion d’optique ? Nathalie prend une courte inspiration et développe sa réflexion : « Tu sais, je me suis combattue pendant des années. J’ai fini par accepter mes défauts, mais le plus dur a été d’accepter mes qualités et d’entendre que j’étais quelqu’un de bien, et que je méritais la vie dont je rêvais. La confiance, c’est facile de l’avoir quand tout va bien. Je ne sais pas où je vais, mais je sais que j’ai assez confiance en moi aujourd’hui pour y aller quand même. Je me connais suffisamment. C’est l’avantage de la maturité.  J’ai acquis une sécurité intérieure. Faire rire, c’est vraiment ce qui me fait vibrer. Je ne me suis jamais sentie aussi bien que sur scène. Je donne et je reçois. Mon objectif est d’apporter de la légèreté aux autres. C’est une manière de donner de l’amour ».

Et si cela ne marche pas ?

La perspective d’un échec n’est pas à exclure. D’autres rêves précieux se sont déjà heurtés au mur du réel, avec violence, éclatant en mille morceaux. Nathalie le sait bien. Elle est consciente que le chemin qu’elle poursuit peut ne pas aboutir à la destination qu’elle imagine.  » Je sais bien que je peux échouer, mais je me dis que quoi qu’il arrive cette expérience me sera utile. Peut-être que mon désir de faire rire prendra finalement une autre forme, peut-être que je ne monterai pas sur scène, que je ne finirai pas comédienne, mais je sais que je ferai quelque chose de tout ça. Ce n’est pas du temps perdu. Il faut aussi savoir être flexible, suivre les opportunités qui se présenteront. Pendant des années, je suis entrée dans le moule.  Aujourd’hui j’ai envie de casser tout ça. Quand on me dit que ce que je m’apprête à faire c’est de l’inconscience, je n’écoute pas. J’évite les ondes négatives, car ceux qui me connaissent  savent que lorsque j’évoque mon projet, je suis dans ma vérité. Ma famille, mes amis, m’encouragent. Pour eux, c’est évident, je suis dans mon élément. Pour avancer, il faut aussi savoir s’entourer de personnes qui croient en toi  . « 

Qu’est-ce qui a vraiment changé au fond entre la Nathalie d’avant et celle d’aujourd’hui ? :  » Avant, j’avais toujours besoin d’obtenir la validation des autres pour faire quelque chose. J’attendais qu’ils me disent ce qui était bon pour moi. Aujourd’hui, je sais que la seule personne qui sait ce qui est bon pour moi, c’est moi ! « , conclut-elle.

Au fond, c’est cela une révolution intérieure. Changer de point de vue sur soi-même, découvrir son potentiel inexploité, apprendre à s’écouter, à se faire confiance et avancer. Pas à pas. Sans savoir où ce chemin  mènera.

Tout processus de transformation intérieure comporte des étapes, mais aussi une part de mystère. La chenille ne sait pas quelles fleurs elle va butiner une fois devenue papillon, mais elle sait que viendra ce moment, où elle s’enroulera dans son cocon, pour ensuite éclore à une vie nouvelle. Cela fait partie de son chemin. C’est écrit dans ses gènes.

 » Notre destination n’est jamais un lieu, mais plutôt une nouvelle façon de regarder les choses « , écrit l’auteur américain, Henry Miller.

Grâce à Nathalie, je viens de comprendre la puissance de cette inspiration. Alors, aujourd’hui, j’ai juste envie de lui dire :  » Merci « !

©larevolutioninterieure.com

PS : Merci à la formidable photographe québécoise Anne Jutras pour avoir encore une fois accepté de collaborer à ce blog  !

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L’intelligence émotionnelle au service du leadership !

 » Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas des hommes et des femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour dire où trouver chaque chose, si tu veux construire un bateau, fais naître dans le coeur des hommes et des femmes le désir de la mer ».

Antoine de Saint-Exupéry

Photo : Gerry Barry

Photo : Gerry Barry

Il y a quelques semaines j’ai participé à Paris à un séminaire tout à fait passionnant autour du thème de l’intelligence émotionnelle. Ce séminaire organisé par l’Institut Repère,  un organisme de formation en Programmation-neuro-linguistique, était animé par l’un des grands experts mondiaux de la discipline, le californien Robert Dilts. 

Robert Dilts

Robert Dilts

Robert Dilts, est un auteur, formateur et consultant américain expert de la Programmation-neuro-linguistique depuis sa création en 1975, à Santa Cruz en Californie. Ses sujets de prédilection sont depuis 40 ans, le leadership et les stratégies du génie. Il a modélisé le fonctionnement des leaders d’exception et a découvert que ces hommes et ces femmes, utilisaient avec succès une forme d’intelligence, qu’on appelle l’intelligence émotionnelle. L’intelligence émotionnelle est la capacité d’interagir avec les émotions, en les comprenant, en ayant une attitude bienveillante face à elles et en les sélectionnant de manière appropriée. L’intelligence émotionnelle a été popularisée et définie par le psychologue américain Daniel Goleman.

Robert Dilts conseille aujourd’hui partout dans le monde des patrons de très grandes entreprises.

C’est un homme charmant et tout à fait passionnant. Il a bien voulu répondre à mes questions et je l’en remercie.

Rencontre avec un homme qui bouscule les règles du management !

Robert Dilts en plein séminaire

Robert Dilts en plein séminaire

– Bonjour Robert Dilts. Pouvez-vous nous expliquer ce que vous entendez par  » intelligence émotionnelle « ?

-Il y a deux mots-clés dans ce concept. L’intelligence et les émotions. Qu’est -ce que l’intelligence ? C’est la capacité à rassembler, collecter et sélectionner une connaissance ou un savoir-faire approprié. Qu’est-ce qu’une émotion ? C’est une réponse à des évènements de vie significatifs. Nous vivons tous des expériences et nous les éprouvons à travers notre corps via les émotions. Vivre une émotion est une expérience somatique, au sens grec du terme, elle se déroule donc dans le corps. L’émotion est relative au corps, ce n’est pas une expérience cognitive.

La raison d’être de nos émotions est d’apporter une certaine énergie dans le corps dans le but de répondre à des évènements extérieurs. Le mot émotion est issu du latin « motio » qui signifie  » action de mouvoir, mouvement« . L’émotion est un signal qui nous pousse à agir d’une certaine manière. Il y a des évènements qui peuvent entraîner de l’excitation, de l’inspiration, de la joie, et il y a des évènements qui produisent de la peur, de la colère, de la frustration. Ces émotions sont présentes en nous dès la naissance, nous n’apprenons pas à ressentir des émotions. Les neuro-scientifiques nous diraient qu’elles siègent dans notre système limbique, notre deuxième cerveau qui est connecté à notre cerveau reptilien, notre cerveau ancestral, qui gère les comportements de survie ( se nourrir, se reproduire ). Mais nous disposons également d’un troisième cerveau, le néo-cortex, c’est le siège de la créativité, de la conscience.

L’intelligence émotionnelle est donc la capacité à reconnaître et à accueillir, sans les juger, les émotions afin de les utiliser dans un but constructif et positif, pour interagir de manière efficace avec son environnement, en les exprimant de la meilleure manière qui soit.

-Pourquoi est-il si important au sein de l’entreprise, que les leaders soient intelligents émotionnellement ?

-Je travaille sur le thème du leadership depuis 40 ans. Le mot « leader « est issu d’un ancien mot anglais qui signifie  » aller vers « . Le leadership est donc l’action de guider. Un leader est une sorte d’éclaireur. Pour aller quelque part, il est nécessaire d’avoir d’abord une direction. Il faut savoir où on veut aller, mais pour aller quelque part, il faut aussi de l’énergie. Si vous n’avez pas d’énergie, même si vous savez où vous voulez aller, vous n’irez nulle part. Les émotions fournissent par définition de l’énergie. Cette énergie peut être débloquée en réaction à quelque chose. Par exemple lorsqu’on se sent menacé, la peur active le besoin de protection, la colère nous sert à contourner un obstacle. Mais l’énergie de l’émotion peut aussi être un moteur qui apporte du courage, de la détermination, de l’enthousiasme.

Un leader doit donc être capable de fournir à ses équipes une vision, de donner une direction , mais il doit aussi être capable de mobiliser ses troupes pour les mettre en action. Il doit aussi pouvoir faire face aux émotions des autres quand ils se sentent menacés, confus, notamment en situation de crise ou de grands bouleversements stratégiques. Il peut y avoir de la peur, de la colère, des conflits. Un bon leader doit donc être à l’écoute de ses propres émotions et de celles des autres, pour amener de la résilience.

Les êtres humains ne sont pas des robots. Les émotions jouent un rôle très important dans nos vies, on ne peut donc pas les nier au sein du monde de l’entreprise. Cela ne veut pas dire pour autant qu’on doit se laisser dominer par nos émotions. L’intelligence, c’est plutôt d’apprendre encore une fois à accepter les émotions, et à les maîtriser. Un bon leader doit savoir quel type d’émotion est nécessaire pour faire face à des défis difficiles.

Je n’ai jamais rencontré aucun leader d’exception, qui arrivait à mener loin son entreprise, sans utiliser l’ intelligence émotionnelle.

-En France pourtant, ce concept n’est pas intégré. On l’a encore vu aujourd’hui au cours de ce séminaire, où une femme témoignait de ses années passées dans une école de commerce. Elle expliquait qu’ on demandait aux étudiants au contraire de  » laisser leurs émotions à la maison « .

-Le meilleur contre- exemple à cette façon de voir les choses est Steve Jobs. Il a toujours répété qu’il fallait avoir le courage de suivre son coeur et son intuition. Steve Jobs a mené très loin Apple sur la scène du business mondial. Il a toujours dit qu’il n’avait pas réussi cette prouesse en s’appuyant uniquement sur sa raison. Mais il a également dit que l’intuition et la passion ne servent à rien, si elles ne sont pas utilisées au service d’une vision. Pour accéder à son intuition il est nécessaire d’être en relation avec ses ressentis. Les émotions sont des signaux qui nous indiquent nos états internes. Les ignorer revient à s’ignorer soi-même. On se coupe de certaines informations qui nous indiquent des messages très importants.

-Pensez-vous que cette façon de penser est plus développée aux Etats-Unis qu’en Europe ?

-Cette façon de voir les choses est davantage enseignée aux Etats-Unis. Cela ne signifie pas que tous les grands patrons l’appliquent. Ce qui est important, c’est que les chefs d’entreprises réalisent davantage que l’intelligence émotionnelle a de la valeur. Elle est extrêmement importante pour développer le bien-être au travail. Aujourd’hui on sait que le stress est contre-productif. Il peut même tuer. Vous avez ici en France, des exemples marquants, avec près de 25 suicides qui se sont produits ces dernières années au sein d’une très grande entreprise. De mon point de vue, on ne peut pas ignorer les émotions, dire qu’elles n’existent pas. Ne pas tenir compte de l’état émotionnel de ses salariés, peut conduire à des drames.

Si Steve Jobs a fait d’Apple l’une des sociétés les plus innovantes et les plus brillantes de la planète, c’est bien parce qu’il a réussi à motiver, à inspirer les personnes qui travaillaient avec lui. Il n’a pas planifié le succès de manière rationnelle. Cela ne veut pas dire qu’il était irrationnel. La sensibilité, l’intuition n’ont rien à voir avec l’irrationalité.  Il s’agit avant tout d’être à l’écoute de ses ressentis.

– Le mot clé que vous avez beaucoup prononcé au cours de ce séminaire c’est « l’accueil ». Comment fait-on pour accueillir ses ressentis, ses émotions ?

-D’abord, il est nécessaire de créer de l’espace en nous pour observer sans les juger nos émotions. Ensuite, l’autre point important est de reconnaître l’intention positive de l’émotion. Les émotions ne sont pas uniquement des réactions à quelque chose. La peur, la tristesse, la colère, toutes ces émotions, que l’on juge « négatives », la plupart du temps, ont en fait une intention positive. L’intelligence serait donc de connaître l’intention positive de ces émotions pour les intégrer avec créativité et sagesse. L’intention positive de la peur, cela peut être  la protection. L’intention positive de la colère, cela peut être poser des limites, se défendre. L’intention positive de la tristesse, c’est le besoin de libération.

Faire ce travail, est un travail proche de la  » pleine conscience « . La conscience est le socle de l’intelligence émotionnelle. Cela permet d’intégrer nos différentes expériences de vie. Ce que j’ai pu observé en interviewant des centaines de leaders ces dernières années, c’est qu’ils ont tous en commun, une sorte de cohérence entre leur façon d’être et leur façon d’agir. C’est cela, le charisme, une cohérence entre l’être et le faire. Ils savent alors inspirer les autres, ils rayonnent, et attirent à eux ce dont ils ont besoin pour réussir. Ils ont une autorité humble, une confiance tranquille, une présence particulière. On n’obtient pas des autres de l’implication et de l’engagement sans être d’abord soi-même en relation avec sa sagesse profonde, sans être conscient de ce qui se joue à l’intérieur de soi. Que se soit dans le monde de l’entreprise ou dans la vie en général, l’accueil bienveillant de ses ressentis est un pas essentiel vers le leadership de soi-même et le leadership tout court.

Liens pour aller plus loin:

Un livre sur l’intelligence émotionnelle

L’intelligence émotionnelle au travail

Toutes les formations de l’Institut Repère

Photo : Découvrez le fabuleux travail de l’artiste irlandais Gerry Barry !

Emile Coué : le père de la psychologie positive !

Emile Coué

Emile Coué est l’un des inventeurs  de la psychologie positive au 20ème siècle. Ce pharmacien français, pionnier des thérapies brèves orientées vers les « solutions » a connu une renommée internationale dans les années 1920 avant de sombrer dans l’oubli. 

Une erreur que tente de réparer aujourd’hui le coach français Luc Teyssier d’Orfeuil,  co-directeur de la société Pygmalion Communication.  Luc Teyssier d’Orfeuil a publié différents livres sur Emile Coué dont  l’excellent ouvrage, disponible actuellement en librairie :«  Etre heureux avec la méthode Coué » co-écrit avec Jean-Pierre Magnes. Il est également le fondateur du site internet methodecoue.com. Il nous livre ici l’histoire d’Emile Coué et partage avec nous les découvertes de cet homme visionnaire.

 » Ce n’est pas la volonté qui est la faculté première de l’homme, mais l’imagination » Emile Coué ( 1857-1926 )

 » Le petit marchand de bonheur »

Comment Emile Coué est-il devenu ce thérapeute avant-gardiste qu’il fût pourtant à l’aube du 20ème siècle ? Rien ne prédestinait le jeune Emile à devenir le conférencier international qu’il a été dans les années 1920. Pour la petite histoire, Emile Coué naît en 1857 à Troyes. Elève brillant, il rêve de devenir chimiste mais la situation financière précaire de sa famille l’empêche de suivre cette voie. Il choisit alors le métier de pharmacien et ouvre sa propre officine à l’âge de 26 ans dans sa ville de naissance.  Emile Coué est un homme naturellement chaleureux et sympathique. Il ne se contente pas de vendre des remèdes.  « Chaque patient qui venait se fournir en médicaments chez lui repartait toujours avec une petite phrase d’encouragement.  » Il leur disait par exemple  : Vous verrez après 5 jours de ce traitement, ça ira mieux. Et il constatait que sa manière de s’exprimer influençait de manière positive l’état de santé des malades qui venaient le voir. Il découvre à ce moment là de manière empirique ce qu’on appelera l’effet placebo. Les mots qu’il utilisait avait un effet guérisseur sur les patients qui venait dans son officine« , explique Luc Teyssier d’Orfeuil.

Ce coach français, ancien comédien, et animateur d’ateliers autour de la communication est passionné depuis de nombreuses années par le parcours fascinant et les découvertes visionnaires d’Emile Coué. Il a passé beaucoup de temps à épousseter les archives concernant cet apothicaire atypique.  » Ce qui est vraiment intéressant avec Emile Coué, c’est qu’ il commence à élaborer de manière intuitive les premiers concepts de ce qui deviendra une véritable méthode de guérison« , explique Luc Teyssier d’Orfeuil.

Emile Coué observe que les paroles positives entraînent des effets bénéfiques sur l’état de santé des malades. Il décide donc de comprendre  les mécanismes psychologiques de la guérison. Il découvre alors l’existence d’un médecin original, le docteur Ambroise-Auguste Liébeault qui exerce à Nancy et obtient des résultats étonnants par la pratique de l’hypnose. Il lui rend en 1886 une première visite et se passionne dès lors pour cette discipline relativement nouvelle fondée sur la suggestion verbale. Il prend également connaissance des travaux du professeur Hippolyte Bernheim, dans lesquels il trouve la confirmation des principes qu’il pressent et expérimente. Ces deux personnalités représentent l’École de Nancy, courant qui se distingue à l’époque, dans ses conceptions relatives à l’hypnose, de l’École de la Salpêtrière du docteur Charcot.

( Source Wikipédia )

 A l’aube du 20ème siècle, l’Europe ne jure que par Freud. Les psychiatres se concentrent  sur les causes de la souffrance psychique et l’analyse apparaît comme le traitement le plus adapté. Emile Coué s’intéresse à une toute autre voie. Il ne cherche pas à comprendre l’origine des maladies et préfère se focaliser sur le processus  de  guérison. Une seule question guide son travail  : Comment faire pour aller mieux ? Jour après jour, l’apothicaire affine ses méthodes. Il obtient des résultats, travaille dans le Nord de la France avec  » les gueules cassées « , ces soldats défigurés par les gaz et les obus durant la première guerre mondiale. Il utilise avec eux des techniques de visualisation, afin de les aider à accepter leur nouvel état. Emile Coué rassemblera ses découvertes au sein d’un seul livre publié en 1922 » La maîtrise de soi-même par l’autosuggestion consciente ». Cet homme curieux et discret ne cherchera pas le succès, c’est le succès qui viendra cependant à lui.  » Dans les années 20 ses conférences sont pleines à craquer. Ses découvertes font le tour de la planète. Certaines personnes viennent alors du monde entier pour bénéficier de ses techniques. A la fin de sa vie, juste avant sa mort en 1926 , il organisera  jusqu’à 6 conférences par jour« , relate Luc Teyssier d’Orfeuil.

La maîtrise de l’auto-suggestion consciente

La force des découvertes empiriques d’Emile Coué réside dans leur simplicité. Pour le pharmacien initié à l’hypnose par les psychiatres de l’Ecole de Nancy, l’état de transe est un état naturel de l’être humain, une sorte d’état de veille. Il considère que l’état hypnotique n’est pas pathologique mais qu’au contraire, on peut  le provoquer consciemment et s’en servir pour transformer les croyances négatives. Une position qui va à l’encontre de celle défendue par les adeptes de l’école de Charcot qui considèrent que l’état de transe est un état pathologique spécifique propre aux hystériques.

«  Emile Coué a observé que nos croyances, nos pensées ou les mots que nous utilisons créent la réalité que nous vivons et que la multiplication de paroles positives neutralise les pensées négatives« , précise Luc Teyssier d’Orfeuil. Dans son livre  « Etre heureux avec la méthode Coué« , il propose de façon pratique et ludique un résumé de la pensée du père français de la psychologie positive.

Il y livre les 2 postulats de base d’Emile Coué :

1) Toute pensée que nous avons en tête devient réalité dans la limite du raisonnable ( la définition du mot raisonnable dépend de chacun ).

2) Contrairement à ce que l’on nous enseigne, ce n’est pas la volonté qui nous fait agir mais notre imagination.

«  Ce qui est dommage, explique Luc Teyssier d’Orfeuil, c’est que la pensée d’Emile Coué a été détournée. » La fameuse affirmation -Quand on veut, on peut- lui est souvent associée, mais c’est une erreur. Il s’agit d’un vieil adage gaulois qu’on lui attribue à tort. Emile Coué nous dit au contraire que notre plus grande force c’est  l’imagination et non la volonté. Dans de nombreuses situations, notre volonté est impuissante. Nous avons tous débuté une phrase qui commence par Je veux et qui se termine par …mais je ne peux pas. En fait plus je veux moins je peux », résume le coach français.

« Pour Emile Coué inconscient et imagination sont synonymes. Il ne fait pas de différence entre les deux. Il explique qu’entre la volonté et l’imagination, c’est toujours l’imagination qui l’emporte. L’imagination peut être conduite par l’autosuggestion. L’autosuggestion n’est rien d’autre que l’implantation d’une idée en soi-même par soi-même. On peut le faire grâce à la répétition de certaines formules, en utilisant la visualisation ou en écrivant ce que l’on souhaite », poursuit -il.

Dans son unique ouvrage l’apothicaire éclairé explique  » que c’est bien la répétition consciente d’une  parole positive qui agit« . « Emile Coué  observe également que le conditionnel crée le doute et programme notre cerveau à la possibilité d’échouer.  » Les mots Je voudrais bien amènent toujours …mais je ne peux pas.  Emile Coué  comprend également que l’utilisation du présent renforce ce qui est déjà positif en nous. C’est exactement ce que dit aujourd’hui la psychologie positive ou la programmation-neuro-linguistique « , conclut Luc Teyssier d’Orfeuil.

Emile Coué : un avant- gardiste oublié 

Les travaux d’Emile Coué font très vite le tour du monde. Il se rend fréquemment en Grande-Bretagne, en Suisse et en Belgique pour y donner des conférences. L’acceuil y est toujours chaleureux. En 1923, Emile Coué traverse l’Atlantique pour rejoindre les Etats-Unis. Il est acceuilli à sa sortie de bateau comme un héros. Il sera reçu par le Président américain Calvin Coolidge et donnera une conférence à New-York devant un public enthousiaste. Ses idées résonnent très fortement avec l’état d’esprit du  » Nouveau Monde ».    » Emile Coué expliquera cet engouement par le fait que les Etats- Unis, comme toute jeune nation , sont davantage tournés vers l’avenir que l’Europe restée focalisée sur le passé », précise Luc Teyssier d ‘Orfeuil.

Malgré cette reconnaissance internationale, la méthode développée par Emile Coué fait grincer des dents en France. Il est régulièrement menacé de procès par l’ordre des médecins pour pratique illégale de la médecine. Dans les textes officiels consultés par Luc Teyssier d’Orfeuil, les médecins constatent que les résultats sont là, mais comme il n’y a pas de preuve scientifique qui valide ces résultats, ils se mobilisent pour que les Instituts Coué ne soient pas reconnus d’utilité publique.« Il faut comprendre que ces découvertes ébranlent deux lobbys très puissants en France à l’époque : les médecins et l’Eglise« , souligne Luc Teyssier d’Orfeuil. « En France l’héritage judéo-chrétien est encore très présent.  Il y a cette idée qu’il est nécessaire de souffrir dans cette vie pour obtenir quelque chose. La simplicité de sa méthode est donc jugée suspecte « .  Les élites de l’époque n’ont semble-t-il pas intérêt à ce que les concepts du pharmacien soient largement appliqués. Emile Coué s’éteint en 1926 à l’âge de 69 ans. Après le seconde guerre mondiale, ses amis souhaitent transmettre ses enseignements. Ils tenteront de créer des instituts dédiés aux méthodes d’Emile Coué à Paris, à Nancy et à Lausanne en Suisse mais ces projets seront constamment freinés , surtout en France. Dans le même temps la psychanalyse s’imposera dans l’hexagone comme la seule réponse ,scientifiquement valable, à la souffrance psychique.

Le message d’optimisme et d’espoir d’Emile Coué, la simplicité et l’efficacité de ses méthodes méritent selon moi d’être éclairées à nouveau à la lumière du 21ème siècle.

Alors n’hésitez pas à découvrir ou redécouvrir le travail de cet homme visionnaire  !!!!

“Si vous souffrez ne dites jamais : je vais essayer de faire disparaître cela mais je vais faire disparaître cela, car lorsqu’il y a doute, il n’y a pas de résultat.” Emile Coué

« L’homme est ce qu’il pense. S’il se croit riche, il est riche. S’il se croit pauvre, il est pauvre »  Emile Coué

Liens utiles :

Le site methodecoue.com

Ecoutez Emile Coué en mp3

Ces croyances qui nous limitent !

Notre perception de la réalité dépend de notre carte du monde mentale. Nous interprétons souvent les évènements en fonction de nos croyances ! Et certaines d’entre elles nous empêchent d’atteindre nos objectifs !

Explications avec Jean-Luc Monsempès, un expert du changement !

Jean -Luc Monsempès est médecin de formation. Il a commencé sa carrière au sein de Médecins sans Frontières avant de travailler pendant 15 ans dans l’industrie pharmaceutique. Aujourd’hui il enseigne la Programmation -Neuro- Linguistique à Paris au sein de l’Institut Repère qu’il dirige depuis quelques années. Cette discipline est issue de la rencontre dans les années 70, de deux américains, le psychologue Richard Bandler et le linguiste John Grinder. Ces deux hommes ont observé les méthodes de travail de thérapeutes d’exception comme Milton Erickson, entre autres. Ils ont ainsi pu modéliser les schémas comportementaux et cognitifs de l’excellence. J’ai rencontré Jean-Luc à l’occasion d’une formation en PNL et j’ai beaucoup appris sur le fonctionnement de l’être humain ! 

« Nos yeux, nos oreilles, notre odorat, notre goût diffèrent, et créent autant de vérités qu’il y a d’hommes sur la terre.«  

Guy  de Maupassant

Nos 5 sens : les filtres de notre réalité !

Ce sont nos 5 sens qui nous permettent de recueillir les informations nécessaires à la représentation d’une expérience. Et comme nous sommes tous uniques nous ne percevons pas la réalité de la même manière !

Prenons un exemple.

5 personnes assistent à une fête. Quelques jours plus tard elles se retrouvent et se remémorent la soirée. L’une d’entre elles se rappelle essentiellement de la saveur des petits fours, une autre a été marquée par la play-list du DJ, la troisième personne se souvient surtout de la beauté des filles, une autre encore de cette odeur délicieuse qui flottait dans le jardin, enfin la dernière n’a retenu que la moiteur du corps transpirant de son partenaire de danse. Le goût, l’ouïe, la vue, l’odorat, le toucher nous aident quotidiennement à explorer le monde et à nous le représenter.

Nos 5 sens sont des clés. Elles ouvrent les portes qui mènent à nos souvenirs. Et nous n’utilisons pas le même jeu de clés pour accéder à notre mémoire ! Il est très courant que des personnes qui assistent  à la même scène, un accident par exemple, ne perçoivent pas les détails de cette expérience pourtant commune, de la même manière. Nous avons tous un sens dominant. « Notre langage reflète la manière que nous privilégions pour collecter les informations qui nous aideront ensuite à nous représenter une situation« , précise l’enseignant en PNL. Les visuels voient ainsi une image lorsqu’ils évoquent un souvenir. Ils agrémentent leurs phrases de  » Tu vois  » ou de  » C’est clair « . Les auditifs vont facilement utiliser un  » ça sonne juste » dans leurs propos. Les gustatifs vont exprimer leur désapprobation par un  » ça m’écoeure« .

Lorsque nous vivons une expérience, notre cerveau fait naturellement le tri entre toutes les informations sensorielles qu’il reçoit. La signification que nous allons mettre derrière ces informations brutes dépend cependant de nos croyances. Les croyances sont très puissantes, certaines d’entre elles nous donnent des ailes, d’autres en revanche bloquent l’expression de notre potentiel. Notre système de croyance peut même agir sur notre système sensoriel.  » Si ne nous croyons pas qu’une chose existe, nous ne pouvons pas la voir », explique Jean-Luc Monsempès. Nos croyances sont comme des programmes autonomes qui filtrent la réalité.  C’est sans doute ce qui explique que certaines choses nous échappent comme si notre cerveau ne fonctionnait  pas avec le bon programme ! Si vous ne croyez pas que vous êtes dignes d’être aimé, vous ne verrez pas, ce voisin ou cette voisine qui vous fait pourtant les yeux doux. Si vous ne croyez pas que vous êtes capable de réussir professionnellement, vous ne verrez pas les opportunités qui s’offrent pourtant à vous !  Vous pourrez même vous arranger inconsciemment pour trouver un travail peu rémunérateur malgré vos diplômes parce qu’une croyance imprimée en vous dont vous n’avez pas conscience répète en boucle   » Je ne le mérite pas « .

Alors d’où viennent ces croyances  limitantes ? Comment faire pour les identifier et les transformer ?

« La croyance que je considère comme vraie est celle qui me permet de faire le meilleur usage de ma force, me donne les meilleurs moyens de transformer mes vertus en action. » André Gide

Les croyances : le règlement intérieur de l’être humain !

Croyance : Certitude personnelle dont nous ne pouvons fournir ni preuves matérielles, ni justification rationnelle  valables pour tous

Derrière nos croyances se dissimulent toute une liste d’interdictions et de permissions. Elles prennent forme dans nos jeunes années ! « La plupart de nos croyances se forment dans l’enfance « , précise Jean-Luc Monsempès. « Elle s’ancrent en nous soit lors d’une expérience émotionnellement intense, soit par la  force de  la répétition », résume-t-il. L’éducation que nous avons reçue de nos parents forgent inévitablement nos croyances. «  Un jour, une jeune femme qui venait de créer son activité professionnelle de coach est venue me voir car elle n’arrivait pas à facturer ses prestations au juste prix, c’est -à-dire au prix du marché. Elle sous-évaluait son travail. Nous avons recherché ensemble les causes de son blocage vis à vis de l’argent. Elle s’est souvenue que son père communiste ne cessait de dénigrer l’argent par le biais de phrases telles que : l’argent c’est sale, les riches exploitent les pauvres. Ma cliente a compris que son malaise lié à l’argent venait des croyances de son père. Elle a également compris que si elle se limitait c’était pour restée fidèle inconsciemment à l’héritage familial. Nous avons travaillé ce point et transformer cette croyance », relate l’enseignant et coach en PNL.

Lorsque nous sommes enfants, les jugements de nos parents à notre égard résonnent comme des vérités. Elles s’impriment en nous et conditionnent nos comportements jusqu’à l’âge adulte.   » Toi tu es fait pour faire un métier manuel, tu n’es pas aussi intelligent que ton frère !  » ou alors «  Tu n’es pas très sportif toi ! « , ou encore  » Ne ris pas trop fort « ,  » Ne parle pas à tout le monde « , toutes ces affirmations répétées construisent notre règlement intérieur. Les conséquences ? Nous ne permettrons  peut-être pas d’être bavard et curieux, parce que « cela ne se fait pas « . Certains ne s’autoriseront pas à pratiquer un sport parce que  » de toute façon ils n’ont jamais été sportif « .

Et puis, il y a aussi ces phrases toute faites sensées véhiculer la sagesse populaire. On ne sait même plus d’où elles viennent, mais leur pouvoir est immense, lorsqu’elles sont assénées par des membres de notre entourage.  «  Il faut souffrir pour être belle « , « L’argent ne fait pas le bonheur », «  Il faut travailler dur pour réussir »,  » Les gens sont méchants « .  Comment savez-vous que ces affirmations sont vraies ? Qui disait cela dans votre famille ? Ces questions vous permettront peut-être de faire le tri entre ce qui vous appartient et ce dont vous avez hérité. Ce qu’il est important de vérifier également c’est si ces affirmations transmises par l’environnement familial vous aident ou pas à atteindre vos objectifs. Lorsqu’un blocage persiste c’est sans doute qu’une croyance limitante se loge quelque part.

Prendre conscience de notre système de croyances est déjà un travail très libérateur  mais il ne suffit pas toujours à lever les obstacles. Identifier ce qui nous limite est un premier pas. Cela demande d’être suffisamment à l’aise avec l’introspection. Ensuite, il faut pouvoir remplacer nos croyances limitantes par des croyances aidantes, et ce travail est difficile à réaliser seul.  » Un coach, ou un thérapeute est souvent nécessaire pour transformer les croyances limitantes. Surtout lorsque les blocages sont profondément ancrés. En PNL, nous disposons de différents outils qui permettent aux gens de trouver les ressources en eux-même pour atteindre leurs objectifs », explique Jean-Luc Monsempès.

Que retenir de tout cela ???

Ce qui est vrai pour nous, ne l’est pas forcément pour les autres et ce qui peut nous sembler vrai un jour, ne le sera pas forcément 10 ans plus tard. Nos croyances ne sont ni bonnes, ni mauvaises. La seule question à se poser est la suivante : est -ce que ce que je crois m’aide à être heureux et à obtenir ce que je souhaite ? Si ce n’est pas le cas y’aurait-il un inconvénient à lâcher cette croyance qui ne vous aide pas ? De quoi auriez-vous besoin à la place ?

Ce que nous vivons, et que nous appelons la réalité dépend en fait de notre manière de percevoir notre environnement  et nous avons vu plus haut que la réalité peut être facilement déformée par nos croyances. Cela m’amène à penser que si nous nous permettons d’être heureux , nous le serons, car nos 5 sens seront ainsi autorisés à sélectionner le meilleur dans notre journée et cela changera totalement notre expérience.

L’autre réflexion qui me vient, c’est que les encouragements sont de puissants stimulants qui nous poussent à aller au -delà de nos limites.  Les mots que nous utilisons ne sont pas anodins alors portons attention à notre manière de nous exprimer ! Le cerveau n’aime pas les formulations négatives. Lorsque vous vous dites » je ne veux plus souffrir », votre cerveau retient  » souffrir« . Si vous ne voulez pas souffrir, alors que voulez-vous ? La légèreté ? La joie ? Vous seuls connaissez la réponse ! En focalisant votre attention sur ce que vous voulez, vous envoyez un tout autre message à votre cerveau ! N’oubliez pas que vous êtes aux commandes !

Croire que le bonheur est possible,  puis s’autoriser à être heureux sont deux actions essentielles. En prenant conscience que notre réalité dépend de notre façon de voir le monde nous actionnons les leviers qui nous permettent de changer  !!!!

 » La conscience a été donnée à l’être humain pour transformer la tragédie en comédie «  Démocrite

 » Pour les hommes, la vie ne peut persister que dans une atmosphère de joie. La joie tonifie. La joie est une force. La joie nous illumine. La joie nourrit la conscience » Maurice Zundel, prêtre mystique