2015 : l’année du changement ?

 » Oscar Wilde a dit un jour que vivre est la chose la plus rare au monde et que la plupart des gens se contentent d’exister. J’ignore s’il a raison mais je sais que j’ai passé trop de temps à exister. Désormais, j’ai l’intention de vivre « .

Robyn Schneider

Et si on faisait une pause ?

Et si on faisait une pause ? Photo : Sandra C.

Une nouvelle année démarre et nous voilà poussés à l’action. La traditionnelle liste des résolutions en guise de boussole. Personnellement, je n’aime pas les résolutions. En général, elles m’enferment dans la culpabilité car au final je n’arrive jamais à les tenir.

Il faut, je dois, ce serait bien,  etc sont des formules qui sont bien souvent contre-productives. L’injonction à réussir sa vie ou à la changer est sans doute un tour de passe passe inventé par notre esprit rationnel pour nous rappeler à quel point nous n’arrivons pas à tenir nos engagements. Je préfère de loin le mot intention. C’est plus doux, moins catégorique, ça laisse une ouverture au champ des possibles et surtout ça libère l’imaginaire.Et ça c’est tout de suite plus joyeux.

Une des choses que j’ai apprises ces derniers mois, c’est que notre seule volonté de suffit pas forcément à créer la vie que nous désirons, c’est plutôt la relation que nous entretenons avec nous-même et avec le monde qui détermine notre réalité.

Si je dis : je veux être heureuse, comme si je lançais un défi à la vie, je m’engage dans une lutte que je vais sans doute perdre régulièrement, car au quotidien, il y a toujours de nombreuses sources de frustration, de colère, de tristesse qui viendront se heurter à cette grande résolution.

Si je dis : j’ai l’intention d’être heureuse, je donne une direction, je parle à mon âme, et je lui dis aide -moi à voir le beau, le bon, le bien dans ma vie, aide -moi à percevoir la beauté qui m’entoure, à saisir les opportunités positives pour moi car j’ai l’intention de créer une vie en harmonie avec moi-même.

L’énergie envoyée est déjà bien différente. Vous ne trouvez pas ?

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Vivre ou exister ? Qu’allons-nous choisir cette année ? Allons-nous continuer à nous déterminer en fonction du regard des autres ou allons-nous enfin nous faire confiance ? Allons- nous nous permettre de faire les choses que nous aimons ou allons -nous encore les remettre à plus tard ?

Vivre. Prendre la vie comme elle vient. Avoir l’intention d’en faire quelque chose de beau et d’unique à notre image. Vivre, c’est se sentir vivant. Goûter aux plaisirs simples de l’existence, leur donner du corps avec notre coeur. Vivre, c’est laisser la vie s’écouler naturellement à travers soi en étant pleinement présent à ce qui arrive.

Exister. Eternel besoin de reconnaissance. Lutte de pouvoir. Besoin de validation extérieure. Jugement. Comparaison. Compétition. J’existe si quelqu’un me regarde. Besoin d’attention.

C’est décidé, vue comme ça, je choisis de vivre. Exister, c’est devenu trop épuisant pour moi.

Nous sommes tous uniques, il est temps d’en prendre conscience. Nous avons tous quelque chose à offrir. Il est temps de reconnaître nos forces et nos aspirations profondes.  Il est temps d’apprendre à adoucir notre relation avec nous-même pour créer plus d’harmonie avec le monde extérieur.

Si 2015 doit être  une année de changement pour vous, qu’elle vous guide vers le meilleur de votre potentiel et qu’elle vous aide à renforcer votre confiance en vous et en vos ressentis afin que vous fassiez les meilleurs choix pour votre équilibre intérieur.

C’est ça, la révolution intérieure. Un tournant décisif qui nous amène à vivre notre vie en fonction de nos valeurs, nos talents et nos croyances positives et non à exister à travers le regard d’autrui, selon les normes et les conventions établies qui nous limitent et nous réduisent à un statut, à un rôle.

N’oubliez pas que ce n’est pas nous qui trouvons notre chemin, c’est le chemin qui nous trouve, quand nous nous permettons d’être nous-mêmes.

C’est tout le bien que je nous souhaite.

Sandra C.

 

 

 

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Les mystères de la transe chamanique !

 » Le guerrier n’apprend pas le chamanisme avec le temps; il apprend plutôt à accumuler de l’énergie avec le temps. Cette énergie lui permettra de manier des champs énergétiques qui lui sont d’ordinaire inaccessibles. Le chamanisme est un état de conscience, la faculté d’utiliser des champs énergétiques qui ne sont pas utilisés dans la perception du monde de la vie quotidienne que nous connaissons. » 

Extrait de La roue du temps de Carlos Castaneda , anthropologue américain ( 1925-1998)

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Il y a un an à peine, j’ai eu le plaisir de rencontrer lors d’ un festival littéraire Corine Sombrun. Son parcours est très inspirant et nous offre de nouvelles voies de compréhension du monde.

Corinne Sombrun a passé son enfance en Afrique, au Burkina Faso. En 1999, elle s’installe à Londres où elle travaille comme pianiste-compositeur puis comme reporter pour BBC World. Un voyage en Mongolie, où elle part réaliser un reportage va bouleverser sa vie. Elle y découvre qu’elle est chamane. Corine Sombrun entre involontairement en transe au son d’un tambour très particulier. Elle suivra ensuite les enseignements, plusieurs mois par an pendant huit ans, d’Enkhetuya, chamane de l’ethnie des Tsaatans. Cette dernière va lui transmettre des techniques de transe et l’aider à développer ses capacités de guérison. Corine Sombrun raconte son histoire dans un livre : Journal d’une apprentie chamane.

Ce qui est très intéressant dans le parcours de Corine Sombrun, c’est que c’est une femme très rationnelle. Très vite, elle a besoin de comprendre ses facultés nouvelles. Elle collabore donc avec des scientifiques et est à l’origine du premier protocole de recherche en neurosciences sur la transe chamanique mongole. Son dernier livre, Les esprits de la Steppe paru chez Albin Michel, retrace au travers de la vie d’Enkhetuya, cette aventure du chamanisme mongol des années cinquante à nos jours.

Dans la vidéo ci-dessous, Corine Sombrun revient sur son histoire et sur les résultats des recherches menées par des scientifiques  canadiens.

Son témoignage laisse entrevoir l’infini potentiel du cerveau humain. Ce que je trouve fascinant, c’est qu’il éclaire d’une lumière nouvelle les fragiles certitudes que nous entretenons à propos de nos perceptions.

Les scientifiques s’intéressent actuellement de près aux connaissances des peuples traditionnels, pour percer leurs mystères. L’Institut d’Ethnologie de Strasbourg en collaboration avec l’hôpital psychiatrique Sainte-Anne à Paris propose aujourd’hui un diplôme universitaire intitulé  Les Peuples traditionnels : un regard pluridisciplinaireDe la cosmogonie à la médecine traditionnelle. Le but de cet enseignement est d’étudier les sagesses et les médecines ancestrales, afin de s’en inspirer pour trouver de nouvelles méthodes de guérison. On y aborde également la physique quantique et c’est tout à fait passionnant !

Mais avant de nous lancer dans ce vaste sujet, mieux vaut d’abord écouter Corine Sombrun. Son témoignage est saisissant !

Liens pour aller plus loin :

L’agenda des rencontres avec Corine Sombrun

Qu’est -ce qu’un chamane selon les ethnologues ?

Un livre Le chamane et le psy qui explore les liens entre chamanisme et psychothérapie

Comment se protéger de la négativité des autres ?

 » Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d ‘en réaliser quelques-uns. Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d ‘oublier ce qu’il faut oublier.

Je vous souhaite des passions. Je vous souhaite des silences.

Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants. Je vous souhaite de résister à l’enlisement et aux vertus négatives de notre époque.

Je vous souhaite d’être vous « .

Jacques Brel ( 1929-1978 )

 

Photo : Sandra C.

Photo : Sandra C.

Il y a des matins où le simple de fait de contempler le ciel qui s’éveille suffit à mettre mon coeur en joie. J’aime ces matins-là car ils me remplissent d’une énergie certes impalpable mais néanmoins bienfaisante. Le monde m’ apparaît alors chaleureux et accueillant. Je me sens heureuse, vivante, c’est comme si un soleil bien jaune venait se blottir au creux de mon plexus, éclairant de sa lumière rayonnante tout ce qui m’ entoure.

Vous avez certainement vous aussi expérimenté ce sentiment un jour ou l’autre. Malheureusement par un curieux mécanisme que j’ai cherché à analyser, cette belle énergie s’évapore à chaque fois que j’entre en contact avec la négativité des autres. 

Imaginez. Vous vous levez un matin et vous vous sentez enveloppé sans raison particulière d’une belle énergie positive, vous êtes débordant d’optimisme et de foi en la vie. Vous sortez de chez vous et vous vaquez à vos occupations quotidiennes. Et vous voilà à la poste, par exemple. Vous attendez patiemment votre tour, un sourire aux lèvres. Derrière vous, une personne se met à râler, pestant contre cette file d’attente  interminable. Vous essayez tant bien que mal de garder le sourire, mais quelque chose a déjà changé en vous, insidieusement, une vague ombre menace la luminosité de votre soleil intérieur.

Vous continuez votre chemin et vous croisez quelqu’un, une vague connaissance dans la rue, s’en suit une conversation banale :  » Comment allez-vous ? Bien merci, répondez-vous. Vous enchaînez : Et vous ? Et voilà l’autre parti dans une longue plainte listant tous ces petits soucis du moment. Bizarrement à l’issue de cette conversation, vous vous sentez fatigué, vous constatez que votre dos s’est voûté.

Vous arrivez sur votre lieu de travail et là, vous poursuivez vos échanges avec vos collègues. Vous leur racontez que vous comptez déménager. Cette décision vous met en joie et c’est précisément au moment où vous l’exprimez que l’un de vos collègues en profite pour dresser un bilan  effrayant de l’état du marché de l’immobilier, en ne manquant pas de vous rapporter toutes les difficultés  qu’il a lui-même rencontré pour trouver un logement.

Un passage nuageux vient alors subitement obscurcir votre ciel et vous avez bien du mal à y discerner les rayons du soleil. Votre belle énergie positive semble subir de plein fouet une perturbation atmosphérique qui mérite selon moi d’être regardée d’un peu plus près.

Photo : Sandra C.

Photo : Sandra C.

En échangeant récemment avec le président de l’association francophone de psychologie positive, j’ai appris qu’il fallait ressentir au moins trois émotions positives ( joie, satisfaction ) pour neutraliser les effets d’une émotion négative ( peur, tristesse, colère ). Cette information a retenu mon attention.

En réfléchissant ces derniers jours à cela, je me suis rendue compte que les personnes positives et optimistes, sont des proies de choix pour ceux que j’appellerai  » les vampires énergétiques ».

Que nous apprennent la tradition et les mythes sur ces créatures de l’ombre que sont les vampires ? Les vampires vivent la nuit, lorsque les humains vivent le jour. Ce sont en quelque sorte des morts-vivants. Ils se nourrissent de sang humain ( l’énergie ). On peut les reconnaître car leur image ne se reflète pas dans un miroir ( ils n’ont pas conscience d’eux-même ? ) et surtout, fait très intéressant à mes yeux, ils ne peuvent entrer chez quelqu’un sans d’abord y avoir été invité. Et ce dernier élément a subitement éclairé ma réflexion du jour, que je vous soumets à titre tout à fait personnel et en toute humilité, car je ne suis pas diplômée en psychologie, ce qui ne m’empêche pas de chercher des réponses aux questions que je me pose.

Les personnes rayonnantes, remplies d’énergie, optimistes et gaies, disposent d’une énergie vitale qui attire à elles celles qui en ont moins. Les personnes négatives, c’est-à-dire des personnes  qui ne cessent de se plaindre, qui ruminent constamment  leurs échecs, qui sont incapables de se réjouir pour l’autre, celles qui voient toujours le verre à moitié vide, quel que soit le sujet de discussion, sont inconsciemment à la recherche de cette énergie vitale. La plupart du temps elles sont à mes yeux ignorantes de ce processus. Espérer les convertir sans leur accord à une vision positive de l’existence est une cause perdue d’avance, car elles restent enfermées dans leurs expériences négatives passées et voient le monde à travers ces filtres.

Le grand défi des personnes positives serait donc de rester positives malgré la négativité des autres. Il faut donc apprendre à se protéger. Et pour arriver à faire cela il est nécessaire de mettre en place une sorte de bouclier. Pour repousser une personne négative, le collier d’ail vanté par les mythes et les légendes peut être une option, mais elle est difficile à mettre en pratique de nos jours.

Ce que nous pouvons peut-être faire, en revanche, c’est  ne pas donner notre entière attention à la négativité des autres, car en accordant notre pleine attention aux paroles négatives, nous invitons  sans le savoir le vampire dans notre espace intérieur. Et une fois qu’il est entré, nous voilà bien démunis face à lui.

En restant centrés sur notre bien-être intérieur, grâce à la respiration, entre autres, nous renforçons le pouvoir de notre bouclier protecteur. Si nous ne pouvons pas agir sur les émotions négatives diffusées par les autres, nous pouvons peut-être en revanche décider consciemment de ne pas les laisser entrer en nous. C’est d’ailleurs ce que propose l’Américaine Judith Orloff, professeur de médecine pionnière de la psychiatrie énergétique qui a écrit un chapitre sur ce sujet dans son ouvrage «La liberté émotionnelle» (Ariane Editions, 2009). Dans ce livre elle propose différents outils très simples pour  justement tenir à bonne distance les ondes négatives. ( Voir le lien proposé à la fin de cet article ).

Les personnes négatives nous enseignent malgré tout aussi une chose très importante : il est bon de faire régulièrement le tri dans nos relations, en privilégiant les interactions avec des personnes qui cultivent le positif, car ainsi  nous renforçons l’énergie positive qui est déjà présente en nous.

Les chercheurs en psychologie positive nous apprennent que nous pouvons cultiver notre énergie positive en savourant les petits plaisirs de la vie. Ils nous expliquent également qu’en renforçant notre bien-être intérieur nous renforçons par la même occasion notre système immunitaire. Nous sommes donc responsables de notre bonheur !

Si vous êtes doté d’une nature optimiste alors vous avez hérité d’un cadeau dont il faut savoir prendre soin.  Toutefois si ce n’est pas le cas, pas d’inquiétude, de récentes découvertes ont démontré que nous pouvons apprendre à le devenir.

Je vous en parlerai prochainement, car en m’intéressant à la psychologie positive, j’ai découvert des chercheurs passionnants, qui ont démontré scientifiquement ce que nous expérimentons parfois intuitivement dans la vie de tous les jours.

Lorsqu’un rayon de soleil s’invite dans notre espace intérieur, honorons-le comme un don précieux. C’est un cadeau que la vie nous offre et notre devoir est d’en prendre soin.

A méditer ! Et n’hésitez pas à partager vos réflexions personnelles  !

©larevolutioninterieure.com

Pour aller plus loin :

Un article très instructif sur le sujet publié dans le journal suisse « Le matin « 

L’étreinte de l’amour !

Amma est considérée comme une sainte en Inde. Son combat en faveur de la paix et sa lutte contre la misère et l’analphabétisme lui ont valu de recevoir en 2002 le Prix Gandhi -King pour la paix et la non-violence.

 Sa présence rayonnante et son sourire radieux ont illuminé le parc des expositions de Pontoise le week -end dernier. Pendant trois jours elle a offert son darshan, son étreinte, à des milliers de personnes quelque soient leurs religions, leurs croyances ou leurs origines. La compassion, l’altruisme et la tolérance sont au coeur de ses enseignements. Une grande âme dont certaines de mes amies m’avaient beaucoup parlé.

A ce jour, Amma a serré dans ses bras près de 31 millions d’être humains à travers la planète.

Je vais vous livrer ici mon expérience de cette étreinte mais aussi celle de tous les inconnus qui ont croisé mon chemin au cours de cette journée auprès d’Amma.  Pauline, Agnès, Anne-Gaëlle, Emilie, Julien, Stéphane, Aimé-Charles je vous remercie tous chaleureusement de vos témoignages.

 » La grâce c’est l’ouverture. C’est une connaissance spirituelle intuitive qui s’expérimente dans l’action » Amma

 » Il est impossible d’atteindre la perfection sans être prêt à s’abandonner  » Amma

A quelques mètres de la porte d’entrée, mon esprit ne peut s’empêcher de me torturer avec des questions. Vais-je réussir à m’abandonner dans les bras de cette femme ? Mon corps ne va-t-il pas résister à son étreinte ? Et si je ne sentais rien ? Mon mental s’ emballe. Il fait cela à chaque fois qu’il se confronte à l’inconnu, sans doute parce qu’il sait qu’il va devoir se taire, pour faire de la place à l’expérience. Les heures d’attente qui me séparent des bras d’Amma ont au moins cette vertu : elles m’obligent à lâcher-prise. L’ambiance est festive et familiale. Les couleurs, les odeurs et les sons de l’Inde sont partout et occupent mon esprit qui ainsi distrait, finit par se tenir tranquille.

Me voilà à présent dans la file qui mène aux bras d’Amma. Elle est composée de toutes sortes de personnes : des jeunes couples, des enfants, des adolescents, des personnes âgées, des handicapés. Il y a parmi eux de fervents disciples et de simples curieux. Nous sommes tous différents. Nous voici cependant réunis au sein de cette rangée mouvante, tels les affluents d’ un fleuve. Un fleuve qui coule doucement vers la mer. Amma. La mère divine en sanskrit. Nous nous apprêtons tous à plonger en elle.

Elle est maintenant à quelques mètres de moi. Curieusement, le volume de mon habituel monologue  intérieur baisse d’un ton à chacun de mes pas. Je ne pense plus à rien. J’observe. J’attends. Me voilà finalement à genoux face à elle. Les bénévoles qui l’encadrent se chargent de poser ma tête sur son coeur. Je suis comme enfouie en elle. J’ai l’impression d’être une poupée de chiffon. Je ferme les yeux, pour mieux apprécier toutes les sensations qui me viennent. C’est doux, enveloppant. Un puissant parfum de rose empli mes narines. Je suis anesthésiée par cette odeur et je suis comme plongée dans un profond sommeil réparateur. Je suis bien. Je savoure. Je ne m’inquiète plus de rien. Cela a peut-être duré quelques secondes ou une éternité, je ne saurai le dire. Dans cet espace, au creux de ses bras, le temps n’a plus de prise.

Les mains des bénévoles me relèvent et me soutiennent. J’ouvre les yeux et je tangue. Ma tête tourne. Je note qu’un sourire s’est imprimé sur mon visage. Je décide de m’asseoir sur le côté, pour continuer à observer les autres et prolonger cet état de bien-être. Je les regarde plonger un à un dans la mère. Et le spectacle de leur abandon fait monter une vague de joie en moi. C’est si beau l’abandon. Et si rare. Je contemple le visage d’ Amma et ne perçois aucun signe de fatigue sur ses traits. Cela fait presque quatre heures pourtant qu’elle ouvre et referme inlassablement ses bras autour de ces gens et de leurs âmes. Elle les berce, elle les enlace, elle leur murmure des mots au creux de l’oreille. Son sourire n’en finit pas de rayonner.

Derrière moi, des sanglots étouffés attirent mon attention. Une femme pleure. Son regard brouillé de larmes paraît captivé par le flux ininterrompu de ces dizaines d’étreintes. Elle semble bouleversée. Mon regard s’arrête ensuite sur le visage d’un jeune homme installé près d’Amma. Il a peut-être une trentaine d’années. Lui aussi a les yeux fixés sur cette rivière humaine. Je remarque ses petites lunettes en acier et sa chemise à carreaux. Un jeune homme bien sous tous rapports, comme on dit. Il retient quelque chose, mais sa bouche tendue révèle son émotion. Ses yeux brillent. Ce n’est plus un jeune homme, c’est un petit garçon. Un petit garçon qui s’apprête à lâcher toutes ses douleurs et toutes ses peines. Comme si la simple présence d’Amma permettait enfin cela, sans culpabilité et sans honte.

Amma console encore et encore et j’ai la sensation d’être emportée  par ce flot d’amour inconditionnel. Je suis heureuse. Je suis émue. Je sais à présent que si Dieu existe, il loge certainement dans le coeur de cette femme. Je me lève, revigorée. J’ai envie de savoir comment les autres ont vécu cette expérience. Pour garder une trace. Pour comprendre. Pour mettre d’autres mots que les miens sur ce mystère. Et peut-être pour m’assurer que je n’ai pas rêvé toutes ces sensations nouvelles. J’ai envie d’interroger tout le monde et de demander : Et vous, qu’avez-vous ressenti ? C’est plus fort que moi. Je suis curieuse.

« Amma,  m’a ouvert le coeur « 

Je croise Aimé-Charles à l’extérieur du parc des expositions de Pontoise. Il semble avoir une cinquantaine d’années. Aimé-Charles est aveugle. Il marche tranquillement un sourire aux lèvres, les yeux cachés par d’imposantes lunettes noires. Il est guidé par son ami Stéphane. C’est lui qui lui a fait découvrir Amma, il y a quelques années. Stéphane m’ explique qu’il ne manque aucun darshan depuis 19 ans  » Je viens chercher ici une vision, du sens , peut-être de la lumière. Cette femme transmet une énergie incroyable. On la sent totalement imprégnée d’amour. Elle est limpide. Moi, elle m’a juste ouvert le coeur. J’ai l’impression qu’elle me nettoie à chacune de ses étreintes. Même si on ne croit pas à la grâce,  le don de soi qu’elle manifeste est juste hallucinant. Qui peut étreindre autant de personnes, avec une telle énergie ? « , lance-t-il. Son ami Aimé -Charles poursuit. Il explique qu’ il était un peu sceptique avant de venir ici, mais qu’il était néanmoins curieux.  » J’avoue que j’ai été émerveillé par cette femme. C’est quelqu’un qui met en pratique une sagesse universelle. Je suis d’origine africaine et les valeurs qu’elle défend résonnent avec les valeurs véhiculées par la sagesse de l’Afrique. J’ai été cueilli par ses bras. Je me suis senti à son contact inondé d’une chaleur intense. Cette énergie a traversé mon corps de haut en bas. Cela m’a laissé sans voix. Vous savez, j’ai perdu l’usage de la vue il y a quelques années. Progressivement. C’est une épreuve. Mais en perdant mes yeux, j’ai trouvé mon coeur. Mon ressenti s’est décuplé. J’ai beau vivre dans les ténèbres, cette femme, je la vois brillante. Quand on a plus ses yeux pour voir, on ne s’arrête pas aux apparences. On se fie à ses ressentis. On sent peut-être même plus facilement la sincérité des autres « . 

Ressentir. C’est bien la seule chose qu’Amma demande à ceux qui viennent à elle. Son darshan est totalement libre de tout enseignement religieux. Ses messages sont aussi universels que ceux délivrés par le Dalai-Lama.

 » Pour moi, Amma c’est un vrai miracle « . Voilà ce que me livre Anne-Gaelle quand je lui demande ce que la sage indienne représente pour elle. Elle est attablée à côté de moi dans la salle de restauration du parc des expositions et accepte avec plaisir de répondre à mes questions. Elle m’explique qu’elle vient à Pontoise pour la troisième année consécutive.  » Je ne connaissais pas Amma, il y a trois ans. C’est une amie qui m’en a parlé. La première fois où je suis venue j’étais très tendue, crispée au moment du darshan. Il faut dire qu’à cette époque -là j’avais de graves problèmes. J’étais mal dans ma vie, je me sentais constamment persécutée. Je me suis assise près d’Amma et puis je ne sais pas ce qui s’est passé. Elle a plongé son regard dans le mien pendant dix minutes. Je sentais son amour me transpercer. Mes yeux ont commencé à convulser. Je n’ai rien compris à ce qui m’arrivait. Tout ce que je sais c’est qu’après cette expérience , je me suis sentie mieux. Cela m’a donné le courage de tout faire pour me sortir de mes problèmes. » Anne -Gaëlle raconte tout cela d’une voix douce et posée. A ses côtés, son amie Agnès acquiesce :   » Lorsqu’on est près d’Amma, on ressent une réelle énergie de bien-être. On se sent régénéré. La première fois que j’ai reçu le darshan, j’ai senti de la chaleur à l’intérieur de moi. Comme si son énergie passait à l’intérieur de mes cellules « . Agnès et Anne -Gaëlle sont loin d’être des adeptes de l’hindouïsme, mais elles semblent avoir trouvé en Amma, le symbole du féminin sacré.  » Elle incarne pour moi le réconfort, la protection et l’amour. Le féminin sacré, c’est justement ce qui a été négligé dans toutes les religions« , précise Anne-Gaëlle. Des propos qui font écho à ceux de Pauline. Cette artiste parisienne ne manque aucune des visites d’Amma en France. Son sourire joyeux m’attire. Elle m’explique :  » Amma m’a ouvert le coeur. Avant ma vie était faite de batailles, de blocages, de noeuds et de douleurs. Aujourd’hui je vis dans la transparence, dans l’acceptation et dans la paix « , me glisse-t-elle l’oeil pétillant. Elle me confie que la seule présence d’Amma suffit à son bien-être. Et que les effets de sa rencontre annuelle avec elle se prolongent dans sa vie quotidienne.  » Ses enseignements nous poussent à écouter notre coeur. Et il ne nous déçoit jamais « , conclut-elle.

Le coeur. L’amour. L’acceptation. Le lâcher-prise. Ces mots reviennent souvent dans la bouche de ceux que j’interroge. Mon regard est attiré par un jeune couple d’une trentaine d’années. Julien et Emilie sont venus avec Quentin, leur fils de 15 mois. Julien m’explique que le darshan lui allège le coeur :   » On se sent bien. Les soucis s’évacuent. » Il partage avec sa compagne, Emilie, une philosophie basée sur la confiance en la vie. Emilie a découvert Amma en Inde. Elle a passé un mois au sein de son ashram dans le Kerala. Et ses enseignements ont résonné fort en elle  :  » Elle ne fait pas de prosélytisme. Elle incarne ce qu’elle dit. Elle nous apprend à nous respecter en profondeur. Si quelque chose ne va pas dans notre vie, elle nous suggère qu’il y a peut-être quelque chose à comprendre. Elle nous invite à nous poser cette question : qu’est ce qui n’est pas juste dans votre vie pour que se répète continuellement des choses négatives. Elle ne parle pas de justice divine, mais de justice pour soi-même. Elle nous explique aussi que c’est la paix intérieure qui amène la paix à l’extérieur « .

En relisant ces témoignages, je comprends que ce qui fédère toutes ses personnes autour d’Amma, ce ne sont ni des dogmes, ni des écritures, mais bien des valeurs universelles : l’amour, la compassion, la paix, la tolérance, le respect de soi et des autres. La spiritualité n’a pas besoin de temples, de divinités ou de textes sacrés pour exister, car elle naît et vibre dans  le coeur des hommes. Amma nous démontre que l’amour n’a pas besoin de la religion pour croître. L’amour se donne et se reçoit. Tout simplement.

  » La spiritualité demande d’abord une  culture du coeur, une immense force, une intrépidité sans faille. Les couards ne peuvent satisfaire à une morale «  Gandhi

 

A écouter les bhajans…les chants indiens d’Amma…magique…ensorcellant…un voyage gratuit en Inde !

 

Liens pour aller plus loin : 

La biographie d’Amma 

Ses oeuvres caritatives 

Sa reconnaissance internationale à l’ ONU

Le documentaire de Jan Kounen : Darshan

Amma vue par une dessinatrice de BD

Prochaines visites d’Amma en Europe :

23.10.2012 – 25.10.2012 – Londres, Grande-Bretagne
27.10.2012 – 29.10.2012 – Houten (Utrecht), Pays-Bas
31.10.2012 – 02.11.2012 – Toulon, France

NB : L’entrée est gratuite.