Un livre et un défi !

 » Comme le fleuve qui retourne à la mer, le don de l’Homme revient vers lui  » Proverbe chinois

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En parcourant la blogosphère, je suis tombée sur l’excellent post de l’anglais ou américain,( finalement je ne sais pas ), Dr Frood : The book challenge ! Dans ce post, il raconte comment il décide d’offrir un livre qu’il a beaucoup aimé à un inconnu dans les rues de Londres et comment ce don désintéressé suscite d’abord des réactions de méfiance. C’est un post drôlissime alors si vous pouvez lire l’anglais je vous le conseille vivement !

Cette idée m’a évidemment inspirée et j’ai décidé de relever le défi en faisant exactement la même chose. Choisir un livre n’a pas été simple. J’ai parcouru ma bibliothèque et j’ai choisi ce polar à suspense d’Adam Fawer  » Improbable « . D’abord parce que le titre me semblait approprié à ce que je m’apprêtais à faire, ensuite, parce que c’était vraiment un très bon roman : l’histoire d’un surdoué des probabilités, joueur invétéré, qui se découvre d’incroyables pouvoirs psychiques après une expérimentation scientifique. J’ai adoré ce livre beaucoup plus philosophique qu’il n’y paraît.

Me voilà donc décidée à l’offrir à un inconnu dans la rue. Alors que mon coeur saute de joie à l’évocation de cette idée, mon mental ,lui, tente de calmer ses ardeurs. Mais que vas-tu faire là ? Les gens sont méfiants. Tu vas te faire agresser. C’est ridicule. Et si personne ne l’accepte ton livre, la belle  affaire et comment tu vas choisir ton inconnu. Etc. Mon mental s’est emballé une fois encore , mais comme j’ai appris à le rassurer. Je ne me suis pas laissée impressionner par son monologue empli de craintes et de projections négatives.

Me voilà dans la rue. Il neige. Les flocons s’abattent violemment sur la ville. Peut-être que la tâche ne sera pas si facile. Mais tant pis, je ne vais pas me dégonfler. Je croise une première personne, un homme, d’une trentaine d’années, mais il s’apprête à traverser la rue et il m’échappe. Ce ne sera pas lui. Je continue au coin de la rue, je croise un vieux monsieur qui tire un petit caddie débordant de courses, je cherche son regard, mais il fixe le sol. Ce ne sera pas lui non plus. Derrière lui, il y a une femme. Je ne la vois pas bien, car les flocons finissent par me brouiller la vue. Je l’arrête en lui tendant le livre :  » Tenez madame, je voulais vous donnez ceci « . Elle prend l’objet dans sa main, comme un réflexe et pose sur lui un regard étonné. Je lui souris et je lui explique que c’est un défi que j’ai relevé aujourd’hui : donner un livre qu’on aime à un inconnu dans la rue. Elle lève enfin les yeux sur moi et son visage s’illumine d’un grand sourire :  » Merci ! Quelle excellente idée « . Elle accepte que j’immortalise ce moment !

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Lydia et son cadeau inattendu !

Et voilà ma mission accomplie ! Il n’aura fallu que quelques minutes entre le moment où je suis sortie de chez moi et cette photo ! Mon mental est déçu ! Lui qui m’avait prédit que l’affaire serait ardue ! Et bien non !!! Ce que ne sait pas Lydia c’est que j’ai écrit dans le livre  des citations que j’aime beaucoup. J’imagine qu’elle les lira au moment où elle en aura peut-être besoin. Et cette  idée me réjouit d’avance.

Je poursuis mon chemin et je promène avec moi un sourire de satisfaction. L’échange avec cette dame, Lydia, n’aura duré que l’espace d’un instant. Je ne sais pas ce qu’elle fait, où elle vit et si elle va lire ce livre, mais je me sens emplie de joie. Une joie enfantine, gratuite, qui réchauffe mon corps malgré le vent glacial.

Je continue mon chemin, je traverse une grande artère commerçante. Je me sens toujours aussi bien. Mon regard est alors attiré par un vieil homme aux cheveux blancs, emmitouflé dans une parka noir. Il est assis sur une marche , entre deux magasins. Il fait la manche, une tasse en papier vide dans la main. Son regard perdu fixe la rue mouvante. Je l’avais déjà remarqué plusieurs fois, mais je ne me suis jamais arrêtée pour déposer une pièce dans son gobelet cartonné. Ce n’était jamais le bon moment. J’avais toujours mieux à faire.

Mais là c’est différent. Je me sens bien. Je décide alors de rentrer dans une boulangerie, je prends un grand café et un petit paquet de gâteaux de Noël entouré d’ un joli ruban doré. Je ressors et je les lui tends avec un sourire. Il ne comprend pas tout d’abord ce que je lui veux. Puis son visage s’anime. Ses yeux passent du café aux gâteaux et son regard s’éclaire d’un coup.  » Merci Madame « , murmure-t-il. Il me sert le bout des doigts. Sa peau est tiède. Ce contact physique furtif ne me met pas mal à l’aise. Il réchauffe en quelques secondes mes mains gelées. L’homme ne sait pas où poser son café.  Ses yeux gris délavés hésitent entre l’étonnement et la gratitude. Des petites rides forment alors comme des mini-rayons de soleil sur ses tempes. Une décharge  d’émotion me saisit à ce moment précis. Ce n’est ni de la pitié, ni de la satisfaction, c’est une sorte de joie pleine et entière, qui nourrit chaque cellule de mon corps d’une énergie bienfaisante.

Je repars revigorée. Je remercie Dr Frood, car c’est grâce à lui que je peux raconter cette histoire aujourd’hui. Puis mes pensées se perdent et je comprends alors avec une clarté nouvelle ce que signifient les mots donner et recevoir.

Dans la vie, il est important de savoir donner sans rien attendre en retour, comme il est important de savoir recevoir sans se sentir redevable.

Je sais que tout ce que je vous ai raconté aujourd’hui est unique et qu’il n’y aura pas deux moments identiques à ceux-là. Je ne vais  pas me transformer en Mère Thérésa et ce n’est pas mon intention. Mais ce que je sais, c’est qu’il est important d’écouter son coeur quand il se manifeste. L’énergie du coeur est réellement une force vitale. C’est cette énergie là qui nous rappelle que nous sommes des êtres vivants.

Enfin, si vous aussi vous avez envie de relever le défi du  » Book challenge  » , surtout racontez-moi votre aventure !

« Il faut recevoir les choses avec le même esprit qu’on les donne. »

  Chevalier de Méré ( 1607-1684 )

Pour aller plus loinLes bienfaits de la gentillesse selon les scientifiques

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Etre heureux et rendre heureux : l’essence même de la vie !

Je ne résiste pas à l’envie de  partager cette vidéo d’un jeune brésilien installé à Sydney en Australie. Le jour où il a fêté ses  30 ans, il a décidé d’offrir 30 cadeaux à des inconnus dans les rues de Sydney pour les remercier d’avoir été si bien accueilli dans leur pays.

Le regard étonné des ces gens recevant un cadeau inattendu, puis leurs sourires et leur gratitude est un magnifique message.

La bienveillance, l’altruisme, la gentillesse désintéressées sont des armes puissantes. Ces valeurs peuvent selon moi être renforcées par des gestes simples. Des petites attentions envers les gens que nous aimons, un sourire ou un mot chaleureux offerts à des inconnus peuvent éclairer une journée !

N’ayons plus peur d’être généreux, joyeux, ouvert et lumineux. La vie nous le rendra croyez-moi ! Et ne pensez pas que ces vertus feront de vous un naïf , un doux rêveur déconnecté de la réalité. L’intolérance, le repli sur soi, la méfiance, la peur de souffrir n’ont jamais rendu personne heureux.

Le monde est sombre uniquement si nous focalisons notre attention sur ce qui va mal. Attention, je ne dis pas qu’il faut nier la souffrance, la guerre, les drames. Le pire existe en ce monde. C’est un fait.  Mais doit-on pour autant s’identifier corps et âme à tout ce qu’il y a de négatif sur cette planète ?

Pourquoi ne pas choisir de regarder ce qu’il y a de positif ?  Certains d’entre nous n’arrivent pas à se satisfaire de joies simples. D’autres prennent plaisir à voir le négatif partout car cela confirme leurs croyances et parce que cela est écologique pour eux. Personne ne pourra convaincre un pessimiste, c’est de l’énergie perdue.

Mais si la gentillesse et la bonté vous touchent, il y a encore un espoir. Cela signifie que vous n’avez pas totalement fermé votre coeur à la beauté. En cultivant ces vertus vous les renforcerez ! Et vous permettrez ainsi à davantage de bonheur d’entrer dans votre vie !

Donner avec le sentiment de perdre quelque chose  attire des déceptions.

Donner dans l’espoir qu’on nous donne autant en retour nous expose également à d’éventuelles déceptions.

Donner pour donner en revanche est un acte bien plus fort.  Il n’y a plus ni de sensation de manque, ou de perte. Il n’y a plus que la joie d’avoir donné. Ainsi nous voici enfin prêt à recevoir !

Merci à stephenedwards425 de liferevelation.wordpress.com de m’avoir fait découvrir cette merveilleuse vidéo !!!

« La bonté fait du bien à celui qui donne et à celui qui reçoit. »

 William Shakespeare

L’économie du don selon Ankur Aras !

Auto-portrait d’Ankur Aras : photographe à Bombay.

Ankur Aras, est un jeune photographe âgé de 30 ans. Il vit en Inde.

J’ai découvert il y a quelques semaines  son blog et ses photos à voir ici  :  http://fingersandfeet.wordpress.com/author/fingersandfeet/.

Ses portraits lumineux de jeunes moines m’ont beaucoup touchée.  Je décide donc de faire sa connaissance via Skype. A des milliers de km de la France, je découvre un jeune homme souriant, plein d’humour, curieux du monde. Il me raconte son parcours, et partage avec moi sa philosophie de vie basée sur la gentillesse,  la joie, le partage, la confiance dans la vie et ses surprises. Ankur est un trentenaire de son temps, il n’est  attaché à aucune  religion, mais il pratique la méditation. Il fait partie d’un mouvement alternatif : l’Economie du don.

Qui est Ankur Aras ?

Ankur a étudié la comptabilité et le  commerce extérieur au Sydenham College of Commerce and Economie de Bombay. Il aurait pu être un de ces jeunes cols blancs qui travaillent dans les compagnies étrangères de la capitale économique  indienne. Mais son coeur avait un autre rêve: la photo. Il se souvient qu’il aimait marcher dans les rues et observer le monde autour de lui. «  C’est la nature qui m’a appris à devenir photographe« , sourit-il. Cela fait 10 ans  qu’il cultive son art. Au quotidien, son travail consiste à réaliser des portraits de famille : on l’appelle pour les mariages, les fiançailles. Mais lorsqu’il a le temps Ankur aime surtout se rendre dans les montagnes de l’Himalaya, pour saisir des instants de sérénité dans les monastères bouddhistes de cette région.

Trois petits moines et un moment de grâce !

La vie d’Ankur a basculé  il y a 1 an dans les montagnes du Ladakh au nord de l’Inde, dans une région qu’on appelle le petit Tibet, dans  l’État indien du Jammu-et-Cachemire.

En rouge le Ladakh

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ladakh

Il se trouve alors dans cette région  pour prendre des photos. Un groupe de jeunes moines l’invite à faire une partie de football. En se frayant un chemin vers leur terrain de jeu, il se retrouve sur un chemin sinueux au dessus d’une vallée. C’est alors que son pied glisse  sur un caillou. En quelques secondes, il  se retrouve en équilibre précaire sur une étroite corniche. Un faux mouvement et la chute peut être fatale. A peine a-t-il le temps de formuler une pensée que déjà il sent des petites mains le ramener avec vigueur en sécurité. Trois jeunes moines d’à peine 8 ans viennent de  former une chaîne et de lui  sauver la vie.

« Depuis ce moment sur la falaise, quelque chose a changé en moi » raconte-t-il.  Je lui demande : « Mais qu’est ce qui a changé ?  Il répond :  » Je ne saurais pas l’expliquer, mais instantanément, c’est comme si j’étais entré dans un autre monde. Avant cette expérience, je n’étais pas vraiment un idéaliste. Mais ces trois jeunes moines n’ont pas hésité à me sauver  et je me suis dit que ma vie devait à partir d’aujourd’hui être à la hauteur de leur geste. Ankur m’explique qu’avant cette expérience, il était  » égoïste, parfois malhonnête ». Il précise : « Je ne pensais qu’à l’argent, j’étais un arnaqueur, bref,  je n’étais pas très heureux ».


Une expérience qui l’a transformé !

Ankur a du mal a expliqué ce qui a changé fondamentalement en lui. Mais en frôlant la mort, il a comme redécouvert l’importance de la vie . Il raconte qu’aujourd’hui il mène son chemin  en faisant confiance à l’univers. Sa philosophie est simple :  » A quoi  bon vivre, si ce n’est pas pour donner, être heureux, généreux, gentil et compatissant ? Aujourd’hui, j’ose prendre des risques, m’embarquer dans des projets fous ! »

 » Je suis convaincu que la gentillesse peut changer le monde. Il suffit d’observer ce qui nous entoure avec le regard d’un enfant pour créer davantage de paix «  , me dit-il. Au quotidien Ankur a décidé de faire fructifier cette belle énergie en méditant et en appliquant au quotidien les principes de l’économie du don ( the gift economy en anglais).


Un mouvement alternatif : l’économie du don!

Après avoir été sauvé par les jeunes moines Ankur Aras décide qu’il va vivre sa vie le plus honnêtement possible. Cet état d’esprit a donc également changé son rapport à l’argent . Il découvre l’américain d’origine indienne Nipun Mehta qui a développé  le mouvement de l’économie du don.


Nipun Mehta  est né en 1975 , il a grandi en Inde dans l’ashram de Gandhi. A  l’âge de 12 ans  il quitte son pays  et émigre vers les Etats-Unis avec sa famille .   Il vit le reste de son adolescence en Californie et suit de brillantes études d’informatique à l’Université de Berkeley. Il commence à travailler dans la Sillicon Valley et débute une  carrière dans les nouvelles technologie. Insatisfait de la cupidité des entreprises dans les années 90, il choisit de donner de son temps dans un refuge pour sans abris. Il décide ensuite de mettre ses compétences d’informaticien au service des associations caritatives, il a réalisé des milliers de sites webs pour des organismes à but non lucratif. Il a ensuite lancé des projets comme « Dailygood« , une sorte de journal des bonnes nouvelles collaboratif, les cartes Smile et les restaurants associatifs les  « karmakitchen« . Il en existe trois aux Etats-Unis, notamment à Berkeley en Californie depuis  2007.  Le concept est simple. Pas de prix affichés dans ces restaurants, les repas sont faits par des bénévoles, et chaque « client »donne de l’argent pour le repas du prochain.

Voici ici en vidéo l’une de ses conférences données à Berkeley en Californie.

Et une autre vidéo où il parle de ses différents projets dont les « karmakitchen ».



L’économie du don : comment ça marche  ?

Revenons à Ankur. Comment applique-t-il l’économie du don?  » Dans ce système, explique t-il, c’est l’acheteur qui détermine le prix d’un service ou d’un bien. Quelque soit le prix proposé, le vendeur l’accepte avec gratitude ». Difficile pour quelqu’un habitué au système capitaliste européen d’imaginer une transaction où l’on ne fixe aucun prix. Mais comment fait-il pour vivre? S’ il accepte de vendre ses photos à des prix dérisoires, son système paraît incompatible avec un niveau de vie confortable. Il s’amuse de ma réaction  » Oui, j’accepte la transaction même si le prix est en dessous de la valeur de mon travail, parfois, des gens ne me payent pas . Mais je suis un homme riche! » sourit-il.  » En fait, c’est très rare que des gens ne me payent pas, la plupart du temps les acheteurs me donnent plus d’argent que ce que j’aurai pu imaginé.  »

Il explique que tout est basé sur la confiance. «  Il y a beaucoup de gens méfiants, et quand je dis que c’est à eux de fixer le prix, il sont surpris, ils se demandent où est le piège.  L’ultime révélation, c’est qu’il n’y a pas de piège« , sourit-il.  » Quelque soit la demande je donne le meilleur de moi-même, et j’accepte ce qu’on me donne avec gratitude » , précise -t-il. Et parfois des miracles se produisent.

Ankur raconte par exemple son séjour dans l’Himalaya:  » J’étais parti avec de l’argent en poche pour 7 jours, mais j’avais envie de rester là-bas un mois. Je suis parti quand même, guidé par le désir de passer du temps dans cet endroit magnifique. Sur place j’ai rencontré un jeune couple qui m’a demandé des photos. Ils m’ont donné suffisamment d’argent  pour financer le reste de mon voyage. C’était un cadeau inattendu ». « En fait j’ai l’impression que lorsque je ne demande rien, je reçois l’argent dont j’ai besoin au bon moment. Je n’ai pas eu de problèmes d’argent depuis que je pratique l’économie du don « , précise-t-il.

Pour Ankur  l’économie du don est un système alternatif d’avenir. Il croit profondément dans la force  des valeurs humaines comme  la gentillesse et l’honnêteté. Il a prévu de visiter la Finlande cet été. Il aime les pays froids. Coïncidence ou synchronicité ? La Finlande fait partie du top ten des pays où les habitants se sentent le plus  heureux dans le monde! Je me demande quelles rencontres il va encore faire. J’ai hâte aussi de voir ses photos!

Ankur pense sincèrement que la gentillesse peut changer le monde. Personnellement, je ne demande qu’à le croire.

Et vous, qu’en pensez -vous?