L’éclosion du papillon

« Nous serions tous transformés si nous avions le courage d’être ce que nous sommes  » Marguerite Yourcenar

" The eye of the universe " Sandra C.

 » The eye of the universe  » Sandra C.

C’est l’une des mes toiles préférées. Je l’ai intitulée  » L’oeil de l’univers « , il s’agit de la dernière oeuvre de ma première exposition  » Métamorphose  » qui a eu lieu à Montmartre à Paris en septembre dernier. Le bleu est vraiment ma couleur. Elle m’apaise. Elle me relie en un instant à l’infini qui est pour moi un monde ouvert sur une multitude de possibles. Cet oeil grand ouvert perçoit le monde dans sa totalité. L’ombre et la lumière. A l’intérieur comme à l’extérieur, c’est l’équilibre entre ces deux forces qu’il faut trouver pour atteindre la paix.

Qui aurait pu imaginer qu’un jour j’exposerai des toiles à Paris, au coeur du quartier bohème de la capitale ? Sûrement pas moi. Et pourtant, c’est arrivé. Et c’est à cette crise intérieure que je dois ce miracle. Sans elle, je n’aurai jamais accédé à mes aspirations profondes et à mes talents cachés.

Mais reprenons le fil de mon histoire.

Dans le précédent billet, je vous racontais mes larmes et ma douleur. Le changement géographique. La rupture professionnelle. La séparation. L’effondrement de mon monde intérieur. Et la perte de repères qui s’en est suivie.

Mon conjoint depuis 13 ans m’annonce donc qu’il me quitte pour une autre. Je suis dévastée. Je pleure tous les jours. Des torrents de larmes. Pleurer ce n’est pas si grave. Cela fait du bien.  Le plus terrible, c’est l’état de mon coeur.  Des lambeaux de chaires molles. Voilà à quoi ressemble un coeur ravagé. Impossible dans ces conditions de sentir autre chose que la douleur. J’ai la sensation physique d’avoir un trou béant au milieu de la poitrine. C’est sans doute ce que ressentent les morts-vivants. Vous respirez toujours mais quelque chose est cassé si profondément en vous que même respirer devient éprouvant.

La première chose qui m’a aidée à apaiser la plaie, c’est l’amour des autres. Les amis : cette famille du coeur.  Il y a ceux qui compatissent, il y a ceux qui s’inquiètent pour vous et il y a ceux qui vous ouvrent leurs bras sans un mot. Ce sont ces derniers les plus précieux. Ils accueillent sans juger, sans chercher absolument à consoler. Ils offrent leur présence et c’est sans doute le cadeau le plus merveilleux que l’on puisse faire  à un autre être humain.

Au début, j’avais honte. Honte de l’échec, honte de ma souffrance. Je me ressentais comme une victime et je n’aimais pas cela.  Un jour une amie est venue me voir. Les seules larmes que nous avions versées ensemble jusqu’à ce moment là étaient des larmes de joie. Je suis de nature joyeuse, habituellement la tristesse, quand elle s’invite, je la chasse, mais là je ne pouvais pas. Le performant barrage intérieur que j’avais construit pour éviter de ressentir cette émotion au quotidien n’a bien sûr pas résisté au tremblement de terre qui a secoué mes certitudes. Tout a explosé. Pour mon plus grand bien. Il y a donc cette amie. Ses bras sont doux et chauds. Je sanglote à grande eaux sur son épaule ronde. J’ai honte d’exposer ainsi le visage de ma vulnérabilité. Je lui dis : » Je suis désolée, que tu me vois comme ça « . Elle sourit. Elle me dit alors cette phrase mystérieuse : « Ne t’inquiète pas , tu m’apportes au contraire beaucoup, en cet instant-là ».  Je la regarde interloquée. Je ne comprends pas ce que je peux bien lui apporter dans cet état là. Elle poursuit  : « Mais oui, en t’abandonnant dans mes bras, tu m’offres ta confiance ! ». C’est sans doute l’une des plus belles phrases qu’il m’a été donné d’entendre dans mon existence. Les mots ont un pouvoir bien plus grand qu’on ne le pense. Ces mots -là ont totalement transformé mon expérience. J’avais donc le droit d’être vulnérable, de craquer, de ne pas être forte tous les jours. Cette prise de conscience a vraiment changé quelque chose en moi. Il y a eu le début d’un sourire, et puis un rire, une explosion de gratitude, et enfin la confiance. La certitude que demain serait un jour meilleur. Le pouvoir de la bienveillance est immense.

Une fois mon amie partie, j’ai continué à rester bienveillante avec moi-même. Ce n’était pas facile tous les jours, car j’avais tendance à me culpabiliser pour ce que je croyais être un échec. Mais dans la vie rien ne se perd, tout se transforme. Et je sais aujourd’hui que c’est la bienveillance que je me suis offerte qui m’a aidée à avancer avec plus de légèreté et plus de joie.

" L'homme-jaguar " Sandra C.

 » L’homme-jaguar  » Sandra C.

L’autre émotion qui ne me laissait pas de répit, c’était la colère. Je ne savais pas quoi en faire alors elle me dévorait de l’intérieur. J’étais en colère contre moi, contre la situation, contre mon ancien conjoint. Je ne savais pas quoi faire de toute cette énergie destructrice alors je ruminais. Avec application. Jusqu’à en avoir mal au ventre.

Un jour une autre amie me voyant dans cet état -là me dit : » Et si tu peignais ? cela te ferait du bien !  » Je l’ai regardée d’abord avec des yeux ronds, avant de lui répondre  :  » Mais je ne sais pas peindre ! La dernière fois que j’ai tenu un pinceau c’était au cours de Mr Puel en 3ème et j’ai jamais été une pro du dessin ! » . Elle rigole et me lance : » On s’en fiche, fais comme tu le sens, suis ton mouvement intérieur et lâche-prise ! « . Lâcher-prise ? Je n’avais jamais appris à faire quoique se soit de cette manière là. On nous apprend à tout contrôler pas à lâcher -prise. Mais là, je ne contrôlai plus rien du tout alors j’ai dit :  » Pourquoi pas ! ».
Et c’est ainsi qu’a débuté sans que je m’en rende compte le projet  » Métamorphose « . Je me suis mise à peindre. Librement. Sans chercher un résultat. En cherchant simplement à vivre une expérience sensorielle avec les matières et les couleurs. Le processus a été pour moi thérapeutique, mais il a été encore plus important que ça. Il a réveillé en moi une vérité profonde : mon besoin vital d’expression.

La créativité m’a aidée à transformer mes émotions. La toile est devenue un cadre sécurisant où j’ai pu m’adonner à un véritable processus alchimique. Chaque tableau renferme sa formule magique. Chaque tableau à sa vibration propre.

Pour autant, je ne me sentais à ce moment là ni peintre, ni artiste.  Après tout, je n’avais pas fait les beaux-arts. Qui étais-je pour affirmer que j’étais une artiste ? Et pourtant, tout mon être vibrait à chaque fois que j’étais plongée dans la création. Après les couleurs, il y a eu les mots. Tout au long de ce processus qui a duré près de 7 mois, j’ai écrit de nombreux poèmes. A chaque fois les textes émergeaient en un seul jet. De manière spontanée. C’est devenu ma façon de créer.

La chrysalide a été bénéfique pour moi, car durant cette période, j’ai découvert que la créativité avait le pouvoir de transformer la lourdeur en légèreté. J’ai surtout réalisé à quel point créer était devenu pour moi aussi vital que respirer.

Voilà donc les cadeaux qui dormaient au creux de mon ombre. Si je n’avais pas vécu cette profonde crise de sens je n’aurai jamais exploré cette partie de moi qui ne demandait qu’à exister au grand jour. Ma créativité !

exposition  " Metamorphose"

Exposition
 » Metamorphose » septembre 2014

L’éclosion du papillon. Un an jour pour jour, après ma douloureuse rupture amoureuse, je me retrouve  » Au petit théâtre du bonheur  » à Montmartre. J’y présente ma première exposition de peinture. Je suis émue, heureuse, joyeuse. Les heures sombres me paraissent bien loin.   A ce moment précis, je suis moi. Plus que jamais. Comment suis-je arrivée jusqu’à ce lieu au nom si prophétique ? Grâce à une amie. Encore une fois. Si vous ne savez pas où vous allez, laissez les signes vous guider. Il y a toujours une femme sage quelque part qui sera prête à vous aider en partageant son ressenti.

Un jour, cette amie, donc, me montre la vidéo d’un musicien : il s’appelle Estas Tonne.

Je suis subjuguée, par sa virtuosité et sa présence. Mon premier réflexe en rentrant chez moi est de savoir s’il ne serait pas par hasard en concert à Paris. Je découvre alors qu’il a joué Au petit théâtre du bonheur , je me dis qu’il faut absolument que j’aille découvrir ce lieu. Timidement, un jour, je pousse la porte. Dans ce lieu très ouvert, j’ai rencontré des artistes formidables, qui sont devenus des amis. Le fait de baigner dans cette atmosphère de liberté et de partage a stimuler ma créativité et m’a encouragée.  J’ y rencontre un artiste -peintre. Il a plus d’expérience que moi mais il suit exactement le même processus de création. Grâce à lui, je prends confiance en moi, en mes ressentis. Il me guide, sans me juger. Et grâce à lui, je progresse mois après mois. Je progresse, car il m’encourage à ne ressembler à personne d’autre qu’ à moi- même . Il ne cesse de me répéter : » Tout doit partir de toi « .

Et c’est ainsi qu’une nouvelle aventure a commencé. Il y a bien d’autres choses dont je pourrais témoigner, j’ai choisi ce volet là aujourd’hui, car il est très important pour moi. C’est une véritable métamorphose. Je ne suis pas devenu quelqu’un d’autre. Je suis devenue un peu plus moi. Ma révolution intérieure m’a conduite à être moi-même chaque jour un peu plus. Sans me préoccuper du regard des autres.

Quand j’étais adolescente, j’ai vibré en lisant «  L’alchimiste «  de Paolo Coehlo. Il y avait cette phrase que j’ai toujours gardé en mémoire comme un mantra :  » Si tu désires vraiment quelque chose, tout l’univers conspire pour réaliser ton désir « .

Mon âme désirait m’aider à créer une vie qui me ressemble. Longtemps, je ne l’ai pas écouté. Il était plus urgent de me conformer à ce qu’on attendait de moi. Il était plus urgent d’être raisonnable et de choisir la sécurité. Surtout pas mes aspirations profondes encore moins mes rêves. Tout était sous contrôle. Cela ne m’a pas empêché de vivre des ruptures que je n’ai pas réussi à éviter. Sûrement, elles étaient nécessaires. La preuve. Je n’aurai jamais suivi tout ce chemin, si je n’avais pas vécu cette traversée de la peur et de la douleur.

Il y a quelques jours, j’ai joué mon premier spectacle de poésie en musique et ça aussi c’est un miracle. Quand je partage mes créations, je me sens totalement alignée. Aller au bout d’un projet créatif, c’est tout un processus. Et quand il naît, c’est une véritable naissance.

Voyez-vous je crois aujourd’hui que la vie est plus intelligente que nous. Quand nous dévions de notre route, elle n’a pas d’autre choix que de nous envoyer des messages forts pour nous réveiller. Nous pouvons nous perdre, pour mieux nous retrouver. Quand nous sommes sur le bon chemin, nous le sentons grâce à cette chaleur vivifiante qui coule à nouveau dans nos veines. C’est l’énergie de la joie.

L’abondance, ce n’est pas forcément un gros compte en banque, mais c’est avant tout la sensation d’être riche. Je me sens riche aujourd’hui à l’intérieur et du coup des portes s’ouvrent chaque jour un peu plus.

 Je suis mon chemin. Que pourrai-je faire d’autre aujourd’hui sinon patiemment continuer, un pas après l’autre ?
Je ne peux plus me retourner. La chenille est loin derrière moi.
Je suis la même et à la fois une autre.
Comme un papillon, je respire la lumière du jour pour la première fois.
Je pars devant en éclaireur chers amis révolutionnaires, j’ouvre mes ailes.
Et si mes créations vous inspirent ! N’hésitez pas à me le faire savoir !
A très vite,
Sandra C.
©larevolutioninterieure.com
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Les bienfaits d’une crise intérieure !

 » Tous les changements même les plus souhaités ont leur mélancolie, car ce que nous quittons, c’est une partie de nous-même. Il faut mourir à une vie, pour entrer dans une autre « . Anatole France

 

" Into the blue " Sandra C.

 » Into the blue  » Sandra C.

 Cette toile représente pour moi le symbole de la renaissance. Je l’ai créée il y a quelques mois alors même que j’achevais une phase douloureuse de mon existence. Dans ce soleil en gestation, il y a une femme. Elle s’abandonne à cette boule de feu, en toute sérénité, car elle sait qu’un puissant processus alchimique est en cours. Toute crise intérieure n’est au fond qu’une gigantesque opération de nettoyage. Quand plus rien n’a de sens, quand tout s’effondre autour de nous, ce n’est pas une punition, bien au contraire c’est une initiation. Une opportunité de croissance et d’évolution.
Je peux vous l’affirmer aujourd’hui car ce que je vous partage n’est pas une connaissance glanée dans un ultime livre de développement personnel.
Elle est issue de ma propre expérience.
Quand j’ai quitté mon emploi pour m’installer à Paris, le changement bien que souhaité n’a pas été simple. Une rupture professionnelle et une rupture géographique. C’est déjà un grand saut dans l’inconnu. Certes j’ai eu le courage de faire ce pas. Ai-je vraiment eu du courage ? Je ne sais pas.  J’étouffais tellement dans ma vie et dans mon travail qu’aucune autre solution ne m’est alors apparue. J’ai ressenti un besoin vital de changement. Je ne pouvais plus faire autrement. Alors j’ai fait ce pas. Je me sentais cependant en sécurité car ce choix était également motivé par le fait que j’allais rejoindre mon compagnon.
 Je prenais un risque certes, mais un risque mesuré. Je me disais qu’il serait là en cas de problèmes. Et la perspective de prendre le temps de trouver mon chemin  m’apparaissait beaucoup plus simple dans cette configuration. Jamais je n’aurai osé faire ce pas s’il n’avait pas fait partie de l’équation. Seulement voilà. Tout ne s’est pas passé comme prévu.
 Deux mois après mon installation à Paris, mon conjoint depuis 13 ans m’annonce qu’il me quitte pour une autre femme. Je vous dis ça presque froidement aujourd’hui , mais cela a été un choc d’une violence terrible. Je suis alors confrontée à l’une de mes peurs les plus profondes : la peur du rejet, la peur de l’abandon. Mais ce n’est pas tout. Je dois également faire face à des émotions extrêmes, réveillées par des blessures enfouies dans les profondeurs de ma psychée. Le tremblement de terre intérieur ne laisse aucune chance à tout ce qui a été refoulé. Tout explose comme un volcan en éruption.
Il y a d’abord la trahison qui réveille la colère : j’avais donné ma confiance à l’autre et là voilà piétinée.
Il y a ensuite l’insécurité qui réactive la peur : je suis alors dans une position fragile, je viens de quitter mon emploi, professionnellement je recommence tout à zéro, financièrement je dois faire face à bien des défis, car je ne suis pas seule, nous avons une petite fille et à ce moment là je ne me sens absolument pas capable de m’en sortir seule.
Il y a aussi la rupture amoureuse qui vous laisse au coeur un amer goût de chagrin.
Enlevez la confiance en l’autre, la sécurité que vous procure votre situation professionnelle et l’amour que vous témoigne votre conjoint dans votre vie. Regardez ce qu’il vous reste, c’est bien simple : rien. Enfin, ça c’est ce que je croyais.
 La dure vérité c’est que j’avais donc placé la totalité de mon sentiment de sécurité et de confiance en quelqu’un d’autre. En partant, il n’a pas fait que quitter une femme qu’il n’aimait plus. En partant, il m’a enlevé des ressources que je ne pensais pas avoir et qu’il incarnait pour moi.
Quand vous identifiez votre sentiment de bien-être à quelque chose d’extérieur à vous même : un travail, un amour, une maison. Vous prenez le risque  qu’un jour tout vous soit enlevé. Si cela arrive c’est qu’il est temps d’apprendre à vivre en auto -suffisance en partant à la recherche de ces ressources en soi-même. Il n’y a pas d’autre voie. C’est ce que j’ai appris.
Il y a donc cette violente prise de conscience. Je ne suis plus qu’une coquille vide. Un fantôme errant. A certains moments, je crois que la souffrance réveillée par cette séparation à été d’une intensité telle que j’ai cru basculé dans la folie. A la frontière du chaos. Au bord de la nuit. Je dansais une danse macabre avec une armée de démons.
Quand le monde que vous avez construit  et que vous pensiez  immuable, s’effondre, tout votre univers intérieur n’est plus qu’un vaste trou noir. Il n’y a alors plus de lumière, juste une intense obscurité. Elle n’est pas immobile, elle n’est pas vide non plus. Sinon ce serait supportable. Non, dans l’obscurité il y a de la colère, de la peur, du chagrin. Et c’est tout cela qui souffre en nous et qui prend toute la place.
La face à face avec mon ombre a été d’une violence extrême. Alors je suis morte. Je suis morte à cette douleur pour renaître. Un choc émotionnel en vérité c’est une bénédiction pour l’âme. Tout ce qui l’ alourdit  s’évacue au cours d’un intense processus que l’on nomme métamorphose. Ce qui cause la souffrance ce n’est pas la métamorphose en elle-même. Ce qui cause notre souffrance c’est notre  résistance à ce processus naturel qui fait partie des cycles de la vie.
Chaque jour, je me suis évertuée, à considérer cette épreuve non pas comme une punition, mais bien comme une opportunité. Je ne dis pas que cela a été facile. Je l’ai fait car tout au fond de mon âme, je savais que si je traversais tout cela c’était pour aller vers le meilleur. Je n’étais pas sûre de réussir la traversée. Je n ‘étais pas sûre d’être capable d’y arriver, mais je sentais au fond de moi, que si tout cela arrivait ce n’était pas un hasard. Bien sûr j’ai été aidée, par les connaissances que j’ai acquises à travers ce blog. Cultiver l’énergie positive ce n’est pas juste une philosophie de vie, transmise par des vieux hippies baignés de fleurs, c’est un puissant outil de guérison.
Vivre ou mourir ? Telle est la question que pose une révolution intérieure.
Accepter de mourir à soi-même pour renaître à soi-même. Lâcher l’ancien pour le nouveau. Les anciens schémas. Les vieilles habitudes. Les comportements hérités de notre éducation, de notre histoire, de nos plus profondes blessures.
Apprendre à naviguer dans l’obscurité. Ne plus vivre au passé mais enfin vivre au présent ?Ecouter les signes. Accepter de se laisser guider. Se faire confiance. Se reconnecter avec soi-même, pour découvrir son potentiel inexploité. Et enfin retrouver son chemin. Dépouillé de l’ancien, afin d’entrer dans un nouveau cycle, plus créatif, plus juste, plus joyeux, plus léger, plus en harmonie avec ce soi profond, qui est notre véritable guide. Si le mot  » spiritualité  » a aujourd’hui du sens pour moi, c’est bien en fonction de tout ce cheminement. On peut s’inspirer des grands penseurs mais on est toujours seuls face à soi-même à l’heure du choix entre la vie et la non-vie.
J’ai appris sur mon chemin que tout comme la chenille, nous sentons venir le temps de la métamorphose sans pouvoir la nommer. Quand tout s’effondre, c’est qu’il est temps de s’offrir une chrysalide. Ce qu’il s’y passe n’est pas réjouissant. Le corps de la chenille se vide. Elle se transforme en une masse informe afin que le papillon  puisse prendre toute la place.

Alors si vous traversez une phase d’obscurité, soyez rassurés. Vous êtes dans la phase de la chrysalide. Vous vous transformez.  Et comme rien ne dure même pas la souffrance, vous allez voir bientôt la lumière. Si vous permettez au processus de se dérouler. Nous avons tous  le potentiel en nous pour transformer le plomb en or. La lourdeur en légèreté. Nous sommes tous porteurs des clés de la résilience. Je sais, vous doutez. Vous avez peur. Et c’est normal. Mais soyez sûrs que lorsqu’on choisit de ne plus résister à la vie. Elle offre des bénédictions inespérées. Soyez sûrs que si vous vous engagez dans le processus en conscience , vous serez guidés. Il n’y a rien à faire à part trouver le moyen de vous connecter le plus possible à la vie : à ce qui vous fait du bien, à ce qui vous aide à vous sentir mieux.

Aujourd’hui mon existence a été totalement transformée. Attention. Je ne dis pas que je nage dans la félicité du matin au soir. Je suis encore traversée par de nombreuses peurs, des doutes. Mais j’avance en conscience en collaboration avec la vie. En alliance avec mon âme. Et cela n’a pas de prix.
Ce que je peux vous dire c’est que je ne me suis jamais sentie aussi vivante qu’aujourd’hui. J’ai rencontré des personnes formidables sur mon chemin. J’ai été énormément aidée à chaque fois que j’ai osé demandé de l’aide. Ma vie n’a jamais été aussi passionnante. Je me sens de plus en plus reliée à moi-même. Et c’est un tout nouveau rapport avec l’existence qui est en train de naître en moi aujourd’hui.

Chers amis révolutionnaires. Nous sommes ensemble sur le chemin. Nous sommes en train d’apprendre à devenir le changement que nous voulons voir dans le monde. Voilà la raison de toutes ces crises qui semblent ébranler si profondément nos vies.

Et si l’épreuve nous est proposée, c’est parce que nous sommes prêts à la traverser.

Célébrons l’heure de nos métamorphoses. Et faisons confiance au processus.

Je vous raconterai l’histoire de mon éclosion dans le prochain billet. Parce que voyez -vous j’aurai aimé lire un témoignage positif durant ma douloureuse transformation.

Alors puisque je ne l’ai pas trouvé. Je vais le créer. Et je vais partager avec vous un peu de cette magie que la vie m’a permise d’expérimenter. Alors la douleur aura du sens. Alors enfin, je pourrai apprendre à voler.

A très vite.

Sandra C.

©larevolutioninterieure.com

 

 

D’où vient le sentiment de solitude ?

« La solitude se présente sous deux formes. Quand elle est désirée, c’est une porte que l’on ferme sur le monde. Mais quand c’est le monde qui nous rejette, la solitude, alors, devient une porte ouverte, inutilisée. »

 Dean Koontz, écrivain américain 

"Solitude" par Sandra C.

« Solitude » par Sandra C.

Je me promenais sous la pluie à Paris et mon regard a été attiré par cette improbable chaussure de femme perdue au milieu de la rue ruisselante. Les passants que j’observais semblaient indifférents à cette curiosité, tout occupés qu’ils étaient à presser le pas, en maudissant ce crachin automnal qui brouille la vue et glace le sang avec tant de ferveur ces derniers jours. Je me suis cependant arrêtée pour réaliser cette photo, touchée par la poésie de cette image. Qui pouvait bien avoir perdu cet élégant escarpin dans ce quartier huppé du 8ème arrondissement de Paris un jour de pluie ? Quelle Cendrillon avait bien pu courir si vite qu’elle en aurait oublié sa pantoufle de vair avec pour écrin les gracieux pavés parisiens ?
Le mystère reste entier mais il m’a inspiré ce billet.
Quand je regarde cette photo, je ressens une drôle de tristesse. Cette tristesse qui n’appartient à personne et que tout le monde ressent un jour où l’autre. La tristesse de la perte. Vous perdez quelque chose ou quelqu’un et vous voilà dépossédé d’un morceau de vous. Incomplet. Mutilé. Cela peut être un amour, un objet cher à votre coeur, un ami parti trop tôt. Quand vous perdez quelque chose d’important pour vous, le vide se remplit d’un douloureux sentiment de solitude.
Le sentiment de solitude n’a finalement rien à voir avec la solitude elle-même. Nous avons tous besoin d’être seuls parfois pour réfléchir, pour méditer, pour écrire, travailler, pour nous concentrer. Dans ces moments là, la solitude devient une amie bienveillante qui nous enveloppe de sa généreuse présence bienfaisante. Nous sommes si sollicités par le monde extérieur. Les bruits du dehors ne cessent de nous détourner de notre monde intérieur. Il y a les enfants qui réclament notre attention, les sollicitations professionnelles, amicales, familiales. Toutes ces obligations qui nous détournent de ce tête à tête avec nous-même. Il est pourtant nécessaire à mes yeux de célébrer régulièrement ce rendez-vous pour éviter de nous perdre parmi les besoins des autres.
Oeuvre : Marcos Bontempo.  Artiste argentin.

Oeuvre : Marcos Bontempo.
Artiste argentin.

Etrange paradoxe que la solitude. Nous pouvons en avoir besoin pour nous écouter, respirer et en même temps elle peut devenir insupportable lorsque nous nous sentons exclu d’un groupe. La peur du rejet est sans doute la peur la plus archaïque et la plus profonde de l’être humain. A l’origine des temps, il était impossible pour un être humain de survivre seul au milieu d’un environnement sauvage et naturellement hostile. Les dangers étaient partout. La force du groupe garantissait la sécurité  et assurait une protection nécessaire à la survie de tous. Le progrès nous a rendu un peu plus libre de choisir notre vie. Nous ne sommes plus obligés de vivre avec nos parents, nous pouvons choisir le métier qui nous plaît, nous pouvons également décider de nous marier ou non, d’avoir des enfants ou pas.  Nous vivons aujourd’hui dans une société individualiste, ce qui n’est peut-être pas mauvais en soi et en théorie nous devrions être plus libres que jamais.
En 2014, nous n’avons jamais eu autant de choix. Alors pourquoi ressentons -nous pourtant cet inexplicable sentiment de solitude parfois même au milieu des autres, alors même que nous vivons une vie bien remplie ?
Ma grand-mère s’est mariée à 18 ans avec le premier homme qui lui a demandé sa main. Elle m’a confié un jour qu’elle n’avait jamais aimé mon grand-père et elle regrettait secrètement de ne pas avoir osé choisir celui qui faisait battre son coeur. Je vous laisse imaginer les ravages d’une telle situation dans l’arbre généalogique familial. Le message envoyé a été le suivant : si vous n’arrivez pas choisir entre deux hommes, les filles, choisissez la sécurité pas l’amour ! Ma grand-mère était une femme de devoir. Elle a élevé ses neuf enfants, enchaînant les grossesses et elle a été une femme malheureuse. Et très seule. Pourtant, elle a toujours fait en sorte que la famille se réunisse autour d’elle et après la mort de mon grand-père, elle n’a cessé d’organiser de grandes fêtes de famille le 14 juillet à l’occasion de son anniversaire. Pour l’enfant que j’étais alors ces fêtes avaient la saveur épicée des barbecues géants et la joyeuse folie des guinguettes d’un autre temps. On s’amusait bien chez mamie Colette. Elle invitait tout le village et il y avait plus de rires chez elles qu’au bal populaire du bourg. La fanfare finissait toujours par jouer chez elle tout en vidant des canons de rouge que ma grand-mère offrait généreusement après avoir économisé toute l’année pour créer des souvenirs heureux à tous les assoiffés des alentours. Si entourée qu’elle était, son regard n’en restait pas moins toujours voilé par cet air triste qui m’a toujours interpellée. On pouvait donc être au centre de l’attention et se sentir seul quand même. L’enfant que j’étais alors  ne comprenait pas comment c’était possible. Je me sentais alors rarement seule car à 7 ou 8 ans, la solitude est le terreau fertile de l’imaginaire et le mien était peuplé de toutes sortes de personnages de fiction qui nourrissaient abondamment mes jeux et ma créativité.
Mais les années passent et être adulte, c’est sérieux. Terminé les jeux et les mondes imaginaires. Il faut entrer dans la vraie vie. Affronter le monde.  Je pense que nous perdons le lien avec nous-même au moment même où nous perdons le contact avec ce qui nous anime de l’intérieur. Notre âme d’enfant, notre capacité à créer, à nous émerveiller, à ressentir le monde vient d’être sacrifiée sur l’autel du monde extérieur. Et c’est la souffrance liée à la perte de cette partie de nous-même  qui est à mes yeux à la source de notre inconsolable sentiment de solitude. Nous passons alors notre à combler ce vide en réclamant  l’attention des autres. Nous cherchons constamment à l’extérieur, ce qui nous manque à l’intérieur.
Quand on retrouve son âme d’enfant, libre, créatif et joyeux, il est impossible de se sentir seul. Nous sommes alors en lien avec nous -même. Nous devenons notre meilleur ami. Et naturellement nous attirons à nous des êtres qui ont envie de jouer avec nous pour inventer de la Vie.
A qui sommes -nous fidèle en faisant nos choix aujourd’hui ?
Nous avons oublier de rêver. Nous avons oublié d’écouter le bruissement triste des papillons de nuit. Nous avons oublié  la saveur des baisers sucrés. Nous ne savons plus créer pour le plaisir de créer. Nous ne savons plus inventer le monde à partir des racines de notre sensibilité.
C’est cela qui nous tue.
Pas la solitude.
Sandra C.
©larevolutioninterieure.com

Comment réussir à être soi-même ?

 » Qu’est- ce que la réussite ? Se lit-elle dans le regard des autres ? Ou dans celui que l’on jette sur soi-même ? Ai-je tenu les promesses que je m’étais faites ? L’enfant que j’étais est-il fier de l’adulte qu’il est devenu ? « 

 Smaïn Fairouze extrait de   » Je reviens me chercher  » ( 2011 )
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J’aime bien photographier mes ombres. Elles m’apprennent toujours quelque chose de nouveau sur moi-même.
Quand je regarde celle-ci, je vois une personne affirmée, qui regarde la vie bien en face, tout en s’appuyant sur ce qui est là, présente.
Cette partie  de moi qui se révèle dans l’ombre, me fait souvent défaut ses derniers temps. J’aurai besoin d’elle plus souvent. Ou peut-être a-t-elle juste besoin que je lui permette d’exister, afin qu’elle prenne sa place dans le monde. Peut-être vient-elle me dire qu’il est temps de lui donner des couleurs, de la faire vivre au grand jour, de l’animer d’un souffle de vie et de la laisser s’exprimer pleinement.
Qu’est-ce que réussir ? Voilà une question qui me fait sortir de ma bulle silencieuse. Quand je pense à la réussite, je pense immédiatement au sourire satisfait de mes parents, si fiers de moi,  le jour où j’ai décroché mon Bac avec mention. Je pense au soulagement de ma grand-mère, le jour où j’ai décroché mon CDI. Je pense à mon banquier, qui a commencé à être d’une extrême amabilité, le jour où il m’a vu à la télé, à l’époque où j’étais journaliste et relatait en trente secondes des nouvelles pourtant pas toujours très positives .
J’avais alors le sentiment d’avoir réussi. On reconnaissait mon parcours scolaire, mon statut, mon image . Et pourtant ces honneurs ne m’ont jamais totalement comblée. Au fond de moi, quelque chose me soufflait, que ce sentiment de réussite n’était pas juste, n’était pas en accord avec ma vérité. Je jouais un rôle. Le rôle qu’on m’avait attribué.  Pendant des années, j’ai dépensé beaucoup d’énergie pour répondre aux attentes des autres, totalement déconnectée de mes propres besoins et de mes aspirations profondes. Pas de regrets, bien sûr. Chaque étape du chemin est nécessaire à la suite du voyage. A l’époque je ne me posais pas trop de questions. J’avais réussi. Alors à quoi bon aller chercher autre chose ? Qu’est-ce qui pouvait bien me manquer ?
Ce n’est que plus tard, que j’ai pu mettre des mots sur cet étrange malaise intérieur qui ne me laissait pas de répit. Ce qui me manquait, c’était non pas la réussite, mais le sentiment de m’être réalisée. Se réaliser, c’est matérialiser dans le monde son plein potentiel. C’est un sentiment de plénitude qui se traduit par des émotions positives. Mais avant de pouvoir se réaliser, encore faut-il savoir qui on est. Et c’est là que la quête intérieure commence.
Le regard des autres ne devrait pas nous façonner. Il y a quelque chose de contre-nature dans ce schéma de fonctionnement. Nous faisons tant de choses pour quelques miettes d’attention, pour un peu de reconnaissance. Jusqu’à nous renier tout entier. Nous faisons tant de choses qui ne nous correspondent pas, car un jour nous avons appris que pour être aimé, il fallait répondre aux attentes des autres. Nous sommes des affamés d’amour. Alors nous avons accepté sans sourciller d’honorer ces contrats inconscients  sans les remettre en cause.
Voilà la source de nos souffrances, de nos conflits intérieurs, de nos douleurs, de nos blessures intimes.
Nous sommes morcelés. Arrive un moment où cet éclatement devient insupportable.
Le reconnaître, c’est déjà commencer à guérir. C’est faire un premier pas vers l’unité.
Lâcher la peur de décevoir, la peur d’être rejeté. Faire de la place à la confiance, à l’amour de soi, au bonheur de partager ce que nous sommes en toute simplicité.  Oser montrer  nos forces et nos faiblesses car elles font de chacun d’entre nous des êtres uniques. Cela paraît presque facile, dit comme ça.
Qu’ apprécions-nous chez les enfants ? Leur spontanéité, leur innocence, leur créativité.  Le drame, c’est qu’une fois devenus adultes, nous voilà remplis de peurs. Nous n’osons plus nous dévoiler. Nous devenons des créatifs bloqués. Nous avons perdu le fil qui nous reliait à nos rêves et donc à notre vérité. Nous nous vidons de notre substance vitale à partir de cet instant-là. L’existence devient triste, morne, sans but. Nous errons alors comme des fantômes dans le monde. Exilés.
Deux visages.

Les trois visages de l’être.

J’aime bien cette photo, car elle exprime, ce que je ressens parfois au coeur de mon monde intérieur.

Au sein de notre espace intime, j’ai compris que nous n’étions jamais tout à fait seuls. Il y a qui je suis à droite.  Il y a une  fille en colère à gauche. Il y a un début de visage prêt à me gronder encore plus à gauche.

Quand je ressens de la colère, de la frustration, je sais que c’est la petite fille blessée qui s’exprime.

Quand je doute de moi, quand  je perds confiance, quand je parle négativement de moi-même, c’est le gros bonhomme pas commode qui hausse le ton et qui me juge et me critique à chacun de mes pas.

Mais quand je crée et que j’exprime ce que je ressens, – ce que je me suis autorisée à faire en  prenant cette photo par exemple et en la publiant -, je suis juste moi. Un moi dépouillé, transparent, présent à ce qui est là.

Tout le chemin consiste à répondre cette question : qui parle , quand je parle  ?  L’investigation en vaut la peine. Elle permet d’éclairer d’une lumière nouvelle nos relations. Elle permet de faire des choix différents. Plus nous devenons conscients de nous-même, plus nous gagnons en clarté.

Nous ne sommes pas obligés de faire plaisir à tout le monde. Nous ne sommes pas obligés de gagner l’amour des autres en nous conformant à leurs désirs. C’est cette prise de conscience, qui marque le début d’une véritable révolution intérieure.

Une révolution intérieure, commence toujours par une révolte de l’âme.

C’est une intuition qui émerge un jour et vous dit : tu as le droit d’être toi-même et d’offrir au monde tes talents uniques. Tu en as même le devoir. Tu n’es pas condamné à continuer à faire ce boulot que tu n’aimes pas. Tu n’es pas obligé de supporter la négativité de ta famille.  Tu n’es pas obligé de faire semblant d’être quelqu’un d’autre. Tu es parfait tel que tu es. Il n’y a rien à perdre, rien à gagner. Juste apprendre à être toi. Et observer où cela t’amène.

Alors démarre la quête de soi. C’est un beau voyage rempli de surprises. Il suffit d’être attentif aux signes, aux rencontres et de faire confiance à la vie. Et le processus suit son cours naturellement.

En ces temps troublés, où nous traversons de multiples crises :  crise économique, crise de sens, crise écologique. Il est temps de revenir à soi, pour savoir ce qui compte vraiment. Revenir à l’essentiel. Découvrir ses propres valeurs et les incarner. Créer sa propre définition du mot : réussir.

Oui, c’est possible. Il suffit juste de faire un pas vers soi. S’écouter. Se nourrir d’énergie positive. Toujours garder confiance. Focaliser notre attention sur ce que nous aimons faire.  Accueillir notre vulnérabilité. Attendre que nos rêves nous trouvent. Nous murmurer des mots doux quand nous nous sentons fragiles. Refuser de nous connecter à la violence du monde. Nous retirer dans nos cocons lumineux. Et attendre la métamorphose, car elle arrive toujours.

Sandra C.

©larevolutioninterieure.com

 

 

 

 

Comment trouver son chemin ?

 » Il faut parfois toute une existence pour parcourir le chemin qui mène de la peur et l’angoisse au consentement à soi-même. À l’adhésion à la vie. »  Charles Juliet

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C’était l’année dernière. En septembre, plus précisément. Je venais de m’installer à Paris, de quitter un poste et une vie qui ne me convenaient plus pour plonger la tête la première dans l’inconnu. Je marchais dans la rue près de chez moi, quand mon regard a été happé par ce message inscrit au sol. Il semblait avoir été écrit pour moi, tant il résonnait avec ce que je vivais. Je venais d’arriver à Paris et hésitais à suivre un projet professionnel qui sur le papier semblait riche de promesses, mais qui au fond ne me satisfaisait pas pleinement. Le message était clair. Je n’étais pas sur le bon chemin.  Mon coeur le savait déjà, mais ma tête refusait de l’entendre. Il a fallu quelques pas dans cette rue un matin de septembre pour réconcilier ma raison et mon intuition. « Dans la vie il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous » , nous dit le poète Paul Eluard.

Les mots des poètes ne sont pas justes beaux à écouter, ils ont vraiment du sens. Alors j’ai écouté ces mots laissés par un poète inconnu sur un bout de trottoir parisien avec attention et quelque chose en moi s’est détendu. J’ai donc refusé ce projet qui au fond ne me convenait pas mais auquel je m’accrochais car il n’y a rien de pire que l’incertitude. Dire non, sans savoir si autre chose de mieux se présentera est source d’anxiété. Nous sommes habitués à vouloir contrôler notre vie. Depuis deux ans que j’anime ce blog la révolution intérieure, j’ai appris pourtant, que s’attendre au meilleur crée des miracles. Alors j’ai fait un pas de plus vers la confiance. J’ai dit non à ce projet et je pense que j’ai bien fait.

Savoir ce qu’on ne veut plus est une chose plutôt facile à identifier. Tout votre corps dit stop. Arrive un moment où l’incohérence entre  qui on est et ce que l’on fait devient si insupportable que toute votre âme dit  » non « . Il n’y a plus d’envie, il n’y a plus de vie tout court. Tout en vous se serre. La gorge, le coeur, le ventre. Tout votre corps crie : » ça suffit ! » C’est ce  qui m’est arrivée un an auparavant.

J’étais journaliste, j’occupais un poste très bien rémunéré au sein d’une télévision régionale publique, je bénéficiais de la sécurité de l’emploi. Un statut en or que de nombreuses personnes m’auraient enviée. Pendant des années, j’ai travaillé à ce poste sans me poser de questions, heureuse d’avoir atteint l’un de mes objectifs de vie. Je bénéficiais de la sécurité de l’emploi et j’exerçais le métier qui me plaisait. J’aurai dû être heureuse. Accomplie. Remplie d’énergie. Cela a duré un temps.Et puis au fil des années quelque chose a changé.

J’ai commencé à m’intéresser à des tas de sujets : la psychologie, le développement personnel. J’ai travaillé sur moi. Beaucoup. J’ai appris à me connaître mieux, à m’accepter, à m’apprivoiser, à prendre conscience de mes besoins et de mes valeurs profondes. Ce genre de travail n’est pas sans conséquences, il bouscule votre petit monde intérieur et arrive un moment où si l’extérieur ne reflète pas ce changement, un conflit intérieur se met en place.

Pendant des années, j’ai été coupée en deux. Ma tête m’indiquait une direction, mon coeur me murmurait autre chose. J’ai mis du temps à vraiment écouter mon coeur. Je ne me fiais qu’à mon intellect, totalement déconnectée de mes émotions et de mes aspirations, je suivais la route qu’on m’avait apprise à suivre. La voie de la raison. Le problème c’est qu’au bout d’un moment, la raison ne vous aide plus. Le coeur sanglote de ne pas être entendu. Et la souffrance s’installe, sans que votre intellect ne comprenne pourquoi. Et puis un jour quelque chose s’est passé et a amorcé un changement qui allait s’avérer radical.

Un jour donc où je me rendais sur le terrain pour réaliser un reportage tout à fait banal à la demande d’un de mes chefs, quelque chose de déterminant s’est manifesté en moi. A peine arrivée sur le lieu du reportage, j’ai commencé à sentir monter en moi une angoisse terrible qui m’a coupée le souffle. C’était totalement irrationnel. J’avais déjà fait ce genre de reportage des centaines de fois, sans me poser de questions, en bonne élève, j’éprouvais la satisfaction du devoir accompli. Mes chefs étaient contents de moi, c’était l’essentiel. Mais ce jour là, cette angoisse asphyxiante a pris toute la place. Et ce que j’entendais en moi disait : » Si tu continues, tu vas mourir « . Ce ne sont pas des mots anodins.  A ce moment, j’étais si fébrile, que je n’ai pas eu d’autre choix que  de m’asseoir en  laissant le soin à mon collègue caméraman de faire les images nécessaires à notre reportage . Et c’est là que mon collègue que ne je remercierai jamais assez, a fait une chose totalement irrationnelle lui aussi et que j’ai découvert une fois rentrée au bureau, en salle de visionnage.

Ce moment est resté gravé en moi. Alors que je regarde les images de ce sujet, une autre image est apparue.  C’est moi.  Je suis assise sur la marche d’un escalier, recroquevillée, les yeux vides, le visage pâle comme une vierge morte. Et cette image de moi-même habitée par l’angoisse m’a fait l’effet d’un électrochoc.

Nous vivons tous des moments d’angoisse à un moment ou à un autre, mais nous nous prenons rarement en photo à ce moment là. La sensation d’anxiété est avant tout une sensation intérieure, que l’on perçoit avec les yeux du dedans. Me voir dans cet état avec le recul de l’observateur a été une chance. Je me suis dis :  » Tu ne peux pas continuer à faire ça comme ça « . Quelque chose devait changer.

J’ai compris que le message intérieur qui venait à moi ne devait pas être négligé. Il était vital. Pourquoi mon collègue avait- t-il fait cela ? Pourquoi me filmer à ce moment là ? Lui-même n’a jamais su me l’expliquer. Il a agi comme par réflexe. Et m’a offert une belle occasion d’avancer sur mon chemin. J’ai donc  appris à dire non. Plusieurs mois après cette expérience, je négociais mon départ de cette entreprise et décidais de m’installer à Paris. Nouvelle vie. Nouvelles perspectives. Nouveaux défis. Une multitude de chemins possibles. Mais comment trouver le bon ?

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Marcher tout droit ?

La vie serait tellement plus simple, s’ il suffisait de suivre une ligne droite pour arriver à la plénitude. Notre éducation nous enseigne qu’ en respectant les règles nous arriverons à la réalisation : bien travailler à l’école, être discipliné, collectionner les diplômes, répondre en bon petit soldat aux demandes de nos supérieurs. Tout cela devrait suffire à nous épanouir.  Il suffit d’observer la réalité du monde du travail pour comprendre à quel point ce n’est pas  vrai. Des sur-diplômés ne trouvent pas d’emploi. Des employés dévoués qui ne comptent pas leurs heures ne sont jamais augmentés. Le sacrifice amène rarement à la reconnaissance. Quelque chose cloche entre la théorie et la pratique. L’expérience de la vie nous enseigne bien plus de choses.

Un chemin tout tracé nous éviterait bien des errances. Si les choses se passaient comme elles devraient se passer en théorie alors il n’y aurait pas de drames, pas de souffrances. Un chemin tout tracé n’est-il pas l’assurance de la sécurité maximum ?

Si je suis cette ligne droite, il ne pourra rien m’arriver. D’ailleurs en existe-t-il une autre ? C’est peut-être probable mais il est risqué de sortir du cadre et de faire un pas de côté pour aller explorer le reste du monde pour la trouver. Et pourtant.  Tous les explorateurs font l’expérience de la peur. Leur courage est à la hauteur de leur angoisse d’affronter seul l’inconnu.

Qu’est- ce qui pousse les explorateurs à tenter l’aventure malgré tout ? L’inconscience ? Ou la conscience ? La conscience qu’un autre monde existe , une autre vie, une autre façon d’être au monde, un autre chemin qui mène à une terre fertile et abondante ? Comment en être sûr ? Il n’y a aucune certitude. Il faut donc apprendre à faire confiance ou s’arrêter. Mourir d’immobilisme ou mourir de peur ? A chacun de choisir sa mort. Quoiqu’il arrive, quelque chose va mourir.

Tout changement  entraîne la perte de repères, la déconstruction de nos croyances. Quelque chose doit mourir, pour que quelque chose d’autre puisse renaître. Je dis bien renaître et pas naître. Car tout est déjà en nous. Et tout le chemin consiste finalement à accoucher de cette autre partie de nous, qui désire être en cohérence avec le monde.

On peut l’appeler comme on veut. Moi je l’appelle l’âme. J’utilise ce mot en dehors de tout courant religieux spécifique. Le mot âme vient du latin anima qui signifie « animé« . Laisser parler l’âme , c’est libérer la voix de ce qui nous anime en profondeur. Le dictionnaire Larousse nous éclaire encore davantage avec cette définition :  » L’âme est le siège de l’activité psychique et des états de conscience de quelqu’un, ensemble des dispositions intellectuelles, morales, affectives qui forment son individualité, son moi profond ; esprit, intellect, cœur, conscience « .

L’âme est unité, pas séparation. Peut-être que le chemin consiste à relier des points lumineux pour lui faire de la place dans ce monde. Après avoir dit non à quelque chose, il est  nécessaire de dire oui à quelque chose d’autre. Pas un oui timide mais un oui qui vient du coeur. Le oui du coeur, c’est le cri de joie de l’âme.  Cela explose en-dedans comme un soleil. Cela éclaire vos yeux d’une étrange lumière. Il n’y a que les enfants qui offrent ce rayon au monde en toute innocence. C’est la lumière de l’émerveillement. De la joie pure.

Une fois approuvée l’idée du oui il faut cependant encore répondre à cette question : un oui d’accord, mais un oui , à quoi ?

 

Un petit pas lumineux

Un petit pas lumineux

Depuis ce  » non  » qui m’a invitée à respecter le rythme de ma quête intérieure de sens, de nombreuses choses positives se sont présentées dans ma vie. Le chemin que j’emprunte est toujours incertain, mais sur la route, des puits de lumière m’ont confortée dans l’assurance que j’avais fait le bon choix.

Cela ne signifie pas que le voyage est facile. Je prends des détours, j’avance, je recule, je me perds et d’un coup je retrouve ma route, comme si des anges bienveillants s’arrangeaient pour me faire rencontrer certaines personnes au bon moment juste pour m’aider à avancer. La liste des rencontres improbables et essentielles ne cesse de s’allonger.  La magie de la vie se déploie à mesure que je fais de la place à mon coeur.

La vie m’a fait de jolis cadeaux sur le chemin et en même temps j’ai été obligée avant de récolter ces fruits d’abondance de passer par une période de chaos où tous mes schémas se sont effondrés.  Il me faudrait plus d’espace pour tout vous raconter. Cela viendra sûrement.

Honnêtement, quand j’ai créé ce blog la révolution intérieure, j’avais surtout besoin d’air, d’oxygène pour laisser libre cours à ma curiosité, à mon inspiration, à ma quête de sens. Je ne pensais pas une seconde à cet instant que ce titre « la révolution intérieure  » qui s’est présenté à moi , -un matin au réveil comme une évidence-, j’allais par la suite le vivre en profondeur dans différents  aspects de ma vie : sur le plan professionnel ET personnel. Mais c’est une autre histoire. Ou plutôt le prolongement de celle-ci. Et cet article est déjà bien long. Alors je vais m’arrêter là.

Tout ce que je peux vous dire, c’est que je suis pour le moment toujours journaliste. Je collabore avec un magazine positif et inspirant : Happinez. Vous pourrez lire certaines de mes contributions dans le numéro de juillet.  D’autres projets sont en cours et même incertains ils remplissent déjà mon coeur de joie. J’y crois ! Je crois qu’il est possible de vivre la vie qui nous ressemble !

Ce que je sais aujourd’hui c’est que l’artiste en moi à besoin d’exister. Créer est devenu pour moi aussi vital que respirer. Si vous me suivez sur Facebook vous comprendrez mieux mes inspirations du jour ! J’aime tant écrire ! J’aime tant partager. Il ne s’agit pas d’imposer une quelconque vérité. Ce monde est fait de vérités multiples. Il s’agit juste de partager un peu de lumière. Un peu d’énergie positive.

Je connais la valeur des moments heureux, des instants lumineux, car j’ai traversé de nombreuses ombres. J’ai été touchée par des gens qui ont affronté bien des épreuves et sont toujours vivants. Leurs témoignages m’ont apporté tant de lumière ! Tant de clarté ! A mon tour, j’ai envie de la partager.

J’espère vous transmettre cette énergie à travers mes mots. Vos nombreux retours positifs m’encouragent à poursuivre ce blog et surtout à continuer d’écrire. Mon rêve est de publier. Ecrire. Créer. Inspirer. Laissez- moi faire cela. Laissez -moi être cela et je rendrai grâce. Je serai heureuse. Je serai enfin totalement moi. Voilà ce que j’ai envie de dire à Dieu s’il existe ! Peut-être qu’il m’entendra ! Alors, je vais avancer pour concrétiser cette idée.

Et vous ? Où dort votre rêve ? Nous irons le chercher  pour le réveiller !

Nous sommes tous sur le chemin. Et je pars devant en éclaireur. Tout ce que je découvrirai. Je le partagerai. Pourquoi faites-vous ça me direz-vous ? Parce que quand je fais ça, je me sens en accord total avec l’Univers. En paix. En joie. Reliée à vous, reliée à tout. Et cette sensation, je vous le dis, pour moi, c’est ce que j’appelle, le bonheur.

Oui je sais,c’est un peu mystique tout ça, surtout n’ayez pas peur. J’ai les deux pieds bien ancrés dans la Terre. Je lève les yeux au ciel, parfois. Comme un arbre, je me déploie. Et vous êtes avec moi chers lecteurs. Entre ciel et terre. Une forêt de papillons lumineux. Voilà ce que nous sommes ensemble, lorsque nous nous permettons de rayonner notre lumière. N’est-ce pas cela que nous cherchons ici -bas ?

 

Lumineuses pensées à tous.

Sandra C.

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Les bienfaits du vide

 » Le vide est tout puissant parce qu’il embrasse la vacuité et que tout mouvement devient alors possible. Celui qui parviendrait à faire de lui-même un espace vide où autrui pourrait librement pénétrer serait maître de toutes les situations « .

Kazuzo Okakura extrait de  » Le livre du thé « 

" Flying to somewhere " de la photographe Isabelle Debray

 » Flying to somewhere  » de la photographe Isabelle Debray

Elle est si intéressante cette photo. Quand je plonge mon regard dans ce morceau de ciel, je n’ai qu’une envie, c’est de pousser ces immeubles gris, pour agrandir cette fenêtre d’azur, qui symbolise à mes yeux l’essence même de la liberté.

Quel magnifique sujet que le vide. Souvent, pourtant,  il nous fait peur.  Le vide donne le vertige. C’est peut-être pour cette raison que nous nous empressons de le remplir.

Pendant des années, j’ai vécu dans un appartement agréablement spacieux. Et pendant des années, j’ai capitonné les murs avec toutes sortes d’affiches et de souvenirs de voyage. J’ai abreuvé mes placards d’une multitude de vêtements. Ma bibliothèque était inondée de livres et à chaque fois que je la regardais je me disais que la noyade était proche. Et puis un jour, il n’y a pas si longtemps d’ailleurs, j’ai déménagé. Et ce déménagement a été salutaire.  Il m’a permis de faire de la place.

Quand un mouvement s’amorce dans notre vie, cela signifie qu’il est temps de laisser des choses derrière soi. Un déménagement, c’est toujours un moment de bilan. Qu’est-ce que j’emmène avec moi ? Qu’est-ce que je laisse ici ? Qu’est-ce qui est essentiel ? Qu’est-ce qui m’alourdit ?

Les objets ont un âme. Ils sont animés par les souvenirs que nous projetons sur eux. Les objets qui nous entourent racontent le film de notre vie, mais est-il sain de tous les garder ?

J’ai donc déménagé, il y a quelques mois. Et en déménageant, j’ai ressenti le besoin de faire de la place à l’espace. Sans regrets. J’ai pris chaque objet en tête à tête et j’ai fini par garder ce qui était vraiment important pour moi. Et la liste s’est réduite de jours en jours. Cela ne fait pas très longtemps que je suis installée dans mon nouveau chez-moi. Mais j’ai constaté qu’il n’a plus rien à voir avec l’ancien. Quelque chose a changé parce que j’ai changé.

J’ai vidé mes placards. Je n’ai conservé que les vêtements que j’aime vraiment porter. J’ai allégé ma bibliothèque  et elle ne porte plus aujourd’hui que les livres que j’ai vraiment envie de relire. J’ai également dénudé les murs et j’ai découvert que le vide ne me faisait plus peur. Au contraire. Je respire. En gardant l’essentiel, je me suis rendue compte que j’étais déjà comblée. Et prendre conscience de cela m’a fait un bien fou. Le vide amène au détachement et donc à la liberté.

Les souvenirs que je chéris le plus tiennent dans une boîte à chaussure. Mes petits trésors se composent de lettres, de photos d’enfance et d’adolescence. Je n’ai conservé dans cette boîte que les meilleurs moments de ma vie. Cette boîte a d’ailleurs une fonction très importante : elle me rappelle d’où je viens, qui je suis et ce qui m’anime. Elle est la gardienne de mon temple intérieur. Quand je doute, j’aime y revenir, elle m’aide alors à goûter à nouveau à la saveur des choses qui comptent vraiment : l’amour, l’amitié, la beauté, le partage.

Faire l’expérience du vide à l’extérieur, c’est aussi faire l’expérience du vide en soi. Lorsqu’on trie, range, nettoie ce n’est jamais anodin. Cela signifie que nous avons besoin de faire de la place à quelque chose de nouveau.

Dernièrement, dans mon nouvel appartement, j’ai ressenti le besoin de faire encore plus de place. Je me suis séparée de tous les objets dont je ne me sers pas au quotidien. L’espace s’est alors agrandi. L’énergie circule mieux. Ce qui est vraiment intéressant, c’est que juste après avoir fait de la place dans mon  » chez-moi », j’ai fait de nouvelles rencontres, dans mon quartier. En l’espace d’une semaine, j’ai fait la connaissance de plus de gens qu’en trois mois.

N’ayons pas peur du vide. Le vide nous lave. Il nous élague. Il nous prépare ainsi à accueillir le nouveau dans notre vie.

Et vous ? Que dit de vous votre  » chez-vous « ? Avez -vous besoin  de vider votre espace ou avez-vous besoin de le remplir ?

N’hésitez pas à partager avec nous.

PS : merci à mon amie Isabelle Debray pour avoir accepté d’illustrer cet article.

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L’art d’être triste

 » Quand on s’abandonne on ne souffre pas. Quand on s’abandonne, même à la tristesse, on ne souffre plus « .

Antoine de Saint-Exupéry

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Cinéma à New-York Edward Hopper ( 1939 )

Je cherchais une image pour illustrer  une émotion peu valorisée et pourtant bien utile : la tristesse. Et c’est celle-ci qui a retenu mon attention. D’abord parce que cette oeuvre d’Edward Hopper témoigne bien à mes yeux de ce vague à l’âme que nous pouvons tous ressentir à un moment ou à un autre. Vous savez, cette sorte de mélancolie insidieuse qui nous fait nous sentir bien seuls même et surtout peut-être au milieu des autres. 

Ce n’est pas très positif me direz-vous de parler de la tristesse. Impossible pourtant pour tout être humain, d’y échapper. C’est ainsi.  Pas de joie sans elle. Pas de lumière sans ombres.

Il m’arrive d’être triste, sans raison précise, d’ailleurs. Parfois je cherche des bonnes raisons à ma tristesse et à force de chercher c’est vrai que je finis par en trouver. En général, ça finit en rumination et me voilà prise à mon propre piège. Non, ce n’est pas une bonne idée d’aller chercher des causes rationnelles à nos moments de spleen. On ne fait alors que tourner en rond au creux d’un nuage noir qui s’épaissit dangereusement. La vraie question à mon sens est plutôt celle-ci : que faire de nos vagues à l’âme ?

J’ai plusieurs amies qui proposent des solutions d’une simplicité limpide : elles laissent couler leurs larmes. Et vraiment, je les admire pour cela, car personnellement j’ai bien du mal à pleurer sur commande. C’est vrai que cela ne se fait pas trop de pleurer comme ça, pour rien. Seulement voilà, si les êtres humains ont la faculté de pleurer, c’est qu’il y a une bonne raison à cela, non ? Toutes les larmes que l’on s’interdit de verser finissent par former un océan qui étouffe progressivement le coeur. Pleurer serait donc finalement aussi vital que respirer.

Ah qu’il serait bon d’ouvrir des bars à larmes, où l’on viendrait vider nos âmes de tous nos chagrins, en se mouchant dans des tissus délicats et où des bras chaleureux viendraient nous consoler sans un mot, avec bienveillance. Ce serait merveilleux, mais l’art d’être triste requiert quelque chose qu’aucun facteur extérieur ne peut apporter : la capacité à s’abandonner.

S’autoriser à être vulnérable, c’est se permettre d’être humain. C’est notre capacité à ressentir qui nous différencie des machines. J’ai vraiment envie de jeter à la poubelle toutes ces vieilles croyances héritées d’un autre âge qui associent la vulnérabilité à la faiblesse. Il n’y a rien de plus faux.  Accepter d’être vulnérable, c’est faire preuve de courage. C’est laisser tomber le masque, et dévoiler son humanité. Nous en faisons tous l’expérience à un moment donné. Les larmes nettoient le coeur. Une fois bien nettoyé, on découvre alors un nouvel espace  à l’intérieur de soi. Il suffit ensuite d’ouvrir  les fenêtres en grand et l’air peut circuler à nouveau. Et c’est là que le processus alchimique a lieu, au moment où on ouvre à nouveau les fenêtres à la vie. Elle nous attend toujours bien sagement et  nous observe avec compassion.  Une fois les fenêtres ouvertes, la vie s’infiltre alors doucement dans chacune de nos cellules. Le coeur respire à nouveau. Il n’a jamais cessé de battre après tout, il avait juste besoin qu’on lui fasse de la place.

Chérissons donc nos vagues à l’âme car ils nous poussent vers d’autres rives. Comme le dit si bien Romain Rolland : «  La vie n’est pas triste, elle a des heures tristes ».

Et vous ? Comment surfez-vous sur ces vagues ? Racontez-nous !

Sandra C.

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