Le bonheur selon Lucas Jatoba !

Lucas Jojoba

Lucas Jatoba

Je vous ai parlé ici il y a quelques semaines d’une superbe vidéo  » 30 Gifts to 30 Strangers  » réalisée par un jeune brésilien vivant en Australie.  Dans cette vidéo, il avait eu l’idée d’offrir le jour de ses 30 ans, 30 cadeaux à des inconnus dans les rues de Sydney. Ma curiosité m’a poussée à en savoir plus sur lui ! Très gentiment, il a répondu à mon mail et à toutes mes questions et je l’en remercie ici !!!

Et vous allez voir, que ce jeune homme a une philosophie de vie très positive !!!!

Qui est Lucas Jatoba ?

Lucas Jatoba est un créatif. Il travaille dans la publicité. Spécialisé en art conceptuel, il est actuellement directeur artistique chez Euro RSCG Sydney. Il a travaillé depuis son arrivée en Australie, pour les plus grandes marques : Virgin Mobile, Renault, Samsung, Heineken, Orange, entre autres. Il est né à Sao Paulo. Autodidacte, il entre dans l’univers du design et de la pub alors qu’il n’est encore qu’un adolescent. A 16 ans, il débute comme stagiaire chez Kropki, l’une des premières agences interactives au Brésil, travaillant pour ALMap / BBDO, Volkswagen, Fiat, entre autres. Plus tard il poursuit son chemin en devenant  rédacteur en chef  entre 2006 et 2007 de Cafeína (caféine), un blog  sur  la créativité, l’architecture, la publicité, le design, l’art, la photographie, le cinéma, les bizarreries, et les tendances. Rien que ça ! Mais Lucas a envie de découvrir encore plus de choses. A 25 ans il s’envole pour l’Italie où il va se nourrir de l’art et de la mode italienne. Il devient l’assistant d’une des meilleures photographes publicitaires du monde, l’italienne Miranda Rogério. Il travaillera ensuite pour une agence de design à Florence avant de partir pour Barcelone où il restera 3 ans ! Dans cette ville étonnante sa créativité s’épanouit, et son coeur s’ouvre. Il devient bénévole dans un orphelinat. Aujourd’hui il vit à Sydney. Parallèlement à son métier de publicitaire il a créé son propre site web, où il partage ces projets artistiques personnels. Le bonheur et la gentillesse sont les valeurs qui animent son travail.

Il a réalisé la vidéo « Adeu Barcelona  » lorsqu’il a décidé de quitter la ville après trois années particulièrement heureuses. Pour remercier les Barcelonais de ces trois merveilleuses années, il a eu l’idée de lancer des centaines de ballons dans le ciel avec au bout des billets pour une pièce de théâtre. Regardez !


Il est fier de dire que, en dehors de ses activités créatives, sa passion consiste à aider les autres!!!

-Quelle est ta philosophie de la vie?

Quand j’ai réalisé que j’avais de bonnes idées, j’ai décidé que je voulais utiliser mon don pour faire du monde un meilleur endroit, au lieu de l’utiliser seulement pour faire de la publicité.

Je pense que les deux vidéos « Goodbye Barcelone » et « 30 dons à 30 étrangers » sont mes projets préférés parce que ces idées viennent de mon cœur, j’y exprime à travers ma créativité un véritable sentiment de gratitude.

Je pense que nous partageons tous la même maison, la planète Terre, nous devons donc traiter tout le monde comme des frères, pas des ennemis. Nous avons donc besoin d’aider et de soutenir tout le monde , et pas seulement notre famille et nos amis. Parce que lorsque vous partagez vous obtenez plus encore en retour. Le sentiment de satisfaction et de bonheur quand vous rendez quelqu’un d’autre heureux, c’est énorme, surtout si c’est un étranger.

Il n’y a rien de mieux que de partager ce que vous avez. Partager votre bonheur, partager vos émotions, partager vos sentiments.  Une fois que vous faîtes cela, au lieu de tout garder pour vous-même, vous serez accro à ça et vous serez une personne plus heureuse, vous rendrez aussi beaucoup de gens heureux.

Et si vous n’êtes pas satisfait de votre vie, allez  aider d’autres personnes, vous verrez comment vos problèmes seront finalement moins   grands. J’essaie de vivre ma vie en aidant  le plus de gens possible dans ce monde. Je fais du bénévolat depuis que j’ai 22 ans, je l’ai fait au Brésil avec les enfants pauvres, à Barcelone, dans un orphelinat et ici en Australie avec des enfants malades à l’hôpital. J’essaie de leur remonter le moral, de les aider à surmonter leurs problèmes en faisant ce que chaque enfant a à faire : jouer et être heureux.

J’essaie d’être gentil et souriant avec tout le monde sur mon chemin, parce que je sais que ce genre d’attitude a un impact positif dans la vie de chacun.

J’essaie d’appliquer mon style de vie à toutes mes idées quand cela est possible, c’est pourquoi j’ai tant de projets liés à la gentillesse avec les étrangers.

-As-tu toujours été positif dans ta vie ?

Il ya quelques années je n’étais pas si positif tout le temps et j’ai réalisé que je n’allais nulle part en voyant les choses d’une manière négative. Le temps et l’expérience m’ont fait comprendre que quand vous faites face aux choses de façon positive tout est tellement plus facile, tout le temps, pour tout le monde, y compris vous-même. Il n’y a pas une  situation où être négatif va vous aider.

-Qu’as-tu appris sur la nature humaine en voyageant?

Peu importe le pays d’où vous venez, la langue que vous parlez, votre culture ou la religion que vous suivez, les valeurs de base de  l’homme sont toutes les mêmes partout dans le monde. Tu seras toujours davantage bienvenu quelque part  si tu souris, tu  trouves alors  de l’aide quand tu en as  besoin, tu  trouveras toujours de bonnes personnes quand tu es gentil avec tout le monde. Ce qui se passe autour de toi te revient, donc c’est important d’être bon avec tout le monde.

-Alors que l’économie est en crise comment fais-tu pour rester positif ?

Tous les problèmes et les soucis que nous traversons dans nos vies nous aident à apprendre quelque chose, à grandir. Tout problème, toute mauvaise situation,  sont des enseignements. De tout mauvais moment de votre vie, vous pouvez apprendre une leçon. Vous devenez plus fort avec tous ces enseignements, alors la vie devient plus facile et les problèmes semblent de plus en plus petits.

-Comment as-tu réussi à surmonter le négatif qui existe dans ce monde?

Je me bats contre la négativité en étant positif. Il est facile d’être gentil et bon avec les gens qui sont gentils et bons avec vous. Le grand défi dans cette vie est d’être gentil, aimable et bon avec tout le monde, y compris ceux qui ne sont pas bons avec vous.

-Quelle est ta vision de l’avenir?

Ma vision est que nous sommes tous un. Nous devons agir et  penser comme si nous étions un seul grand système collectif. Nous dépendons les uns des autres pour tout, nous devons aider tout le monde et  faire pour les autres personnes ce que  vous voudriez qu’ils fassent pour vous. Il est important de respecter aussi les animaux, les plantes, tout ce qui vit sur cette planète.

-Es-tu engagé dans une voie spirituelle ?

Oui, je prie et médite presque tous les jours, je me connecte ainsi avec mon âme et avec l’Univers. Quand je prie, je suis très reconnaissant pour toutes les bonnes choses dans ma vie, je  demande pardon pour mes erreurs et je demande de la  protection et je parle des rêves  que je voudrais atteindre. Je demande aussi de l’amour et de la lumière pour tout le monde que je connais et tout le monde sur la planète, y compris des gens que je n’aime pas. C’est un sentiment génial! 🙂

-Quel est le message que tu souhaites partager après tes expériences ?

La vie peut être beaucoup plus facile si vous faites face à aux choses  en étant positif tout le temps. Je ne dis pas que je réussis à faire ça à chaque fois, mais j’essaie.

Tous les problèmes et les préoccupations de notre vie ont un but, les accepter avec courage et en tirer des leçons.

Ne pas avoir peur de montrer de l’amour envers  tout le monde, y compris les amis, la famille et les étrangers.

Faites de bonnes choses pour les autres sans rien attendre en  retour. C’est la garantie qu’une bonne chose peut vous arriver dans l’avenir, et si ce n’est pas le cas, vous aurez toujours le bonheur d’être bien grâce au sentiment d’avoir été généreux et ouvert.

Faire du bénévolat. Il n’y a pas un travail qui apportera plus de satisfation et de bonheur que d’aider les gens qui en ont besoin. Cela vous fera vous sentir spécial et unique, cela vous aidera à trouver un but dans la vie.

« Je traite avec bonté ceux qui ont la bonté ; je traite avec bonté ceux qui sont sans bonté. Et ainsi gagne la bonté. »
de Lao-Tseu

« Tout est vain sauf la bonté. »
de Alexandra David-Néel

 

Vous souhaitez contacter Lucas en cliquant ici  : http://www.lucasjatoba.com

L’économie du don selon Ankur Aras !

Auto-portrait d’Ankur Aras : photographe à Bombay.

Ankur Aras, est un jeune photographe âgé de 30 ans. Il vit en Inde.

J’ai découvert il y a quelques semaines  son blog et ses photos à voir ici  :  http://fingersandfeet.wordpress.com/author/fingersandfeet/.

Ses portraits lumineux de jeunes moines m’ont beaucoup touchée.  Je décide donc de faire sa connaissance via Skype. A des milliers de km de la France, je découvre un jeune homme souriant, plein d’humour, curieux du monde. Il me raconte son parcours, et partage avec moi sa philosophie de vie basée sur la gentillesse,  la joie, le partage, la confiance dans la vie et ses surprises. Ankur est un trentenaire de son temps, il n’est  attaché à aucune  religion, mais il pratique la méditation. Il fait partie d’un mouvement alternatif : l’Economie du don.

Qui est Ankur Aras ?

Ankur a étudié la comptabilité et le  commerce extérieur au Sydenham College of Commerce and Economie de Bombay. Il aurait pu être un de ces jeunes cols blancs qui travaillent dans les compagnies étrangères de la capitale économique  indienne. Mais son coeur avait un autre rêve: la photo. Il se souvient qu’il aimait marcher dans les rues et observer le monde autour de lui. «  C’est la nature qui m’a appris à devenir photographe« , sourit-il. Cela fait 10 ans  qu’il cultive son art. Au quotidien, son travail consiste à réaliser des portraits de famille : on l’appelle pour les mariages, les fiançailles. Mais lorsqu’il a le temps Ankur aime surtout se rendre dans les montagnes de l’Himalaya, pour saisir des instants de sérénité dans les monastères bouddhistes de cette région.

Trois petits moines et un moment de grâce !

La vie d’Ankur a basculé  il y a 1 an dans les montagnes du Ladakh au nord de l’Inde, dans une région qu’on appelle le petit Tibet, dans  l’État indien du Jammu-et-Cachemire.

En rouge le Ladakh

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ladakh

Il se trouve alors dans cette région  pour prendre des photos. Un groupe de jeunes moines l’invite à faire une partie de football. En se frayant un chemin vers leur terrain de jeu, il se retrouve sur un chemin sinueux au dessus d’une vallée. C’est alors que son pied glisse  sur un caillou. En quelques secondes, il  se retrouve en équilibre précaire sur une étroite corniche. Un faux mouvement et la chute peut être fatale. A peine a-t-il le temps de formuler une pensée que déjà il sent des petites mains le ramener avec vigueur en sécurité. Trois jeunes moines d’à peine 8 ans viennent de  former une chaîne et de lui  sauver la vie.

« Depuis ce moment sur la falaise, quelque chose a changé en moi » raconte-t-il.  Je lui demande : « Mais qu’est ce qui a changé ?  Il répond :  » Je ne saurais pas l’expliquer, mais instantanément, c’est comme si j’étais entré dans un autre monde. Avant cette expérience, je n’étais pas vraiment un idéaliste. Mais ces trois jeunes moines n’ont pas hésité à me sauver  et je me suis dit que ma vie devait à partir d’aujourd’hui être à la hauteur de leur geste. Ankur m’explique qu’avant cette expérience, il était  » égoïste, parfois malhonnête ». Il précise : « Je ne pensais qu’à l’argent, j’étais un arnaqueur, bref,  je n’étais pas très heureux ».


Une expérience qui l’a transformé !

Ankur a du mal a expliqué ce qui a changé fondamentalement en lui. Mais en frôlant la mort, il a comme redécouvert l’importance de la vie . Il raconte qu’aujourd’hui il mène son chemin  en faisant confiance à l’univers. Sa philosophie est simple :  » A quoi  bon vivre, si ce n’est pas pour donner, être heureux, généreux, gentil et compatissant ? Aujourd’hui, j’ose prendre des risques, m’embarquer dans des projets fous ! »

 » Je suis convaincu que la gentillesse peut changer le monde. Il suffit d’observer ce qui nous entoure avec le regard d’un enfant pour créer davantage de paix «  , me dit-il. Au quotidien Ankur a décidé de faire fructifier cette belle énergie en méditant et en appliquant au quotidien les principes de l’économie du don ( the gift economy en anglais).


Un mouvement alternatif : l’économie du don!

Après avoir été sauvé par les jeunes moines Ankur Aras décide qu’il va vivre sa vie le plus honnêtement possible. Cet état d’esprit a donc également changé son rapport à l’argent . Il découvre l’américain d’origine indienne Nipun Mehta qui a développé  le mouvement de l’économie du don.


Nipun Mehta  est né en 1975 , il a grandi en Inde dans l’ashram de Gandhi. A  l’âge de 12 ans  il quitte son pays  et émigre vers les Etats-Unis avec sa famille .   Il vit le reste de son adolescence en Californie et suit de brillantes études d’informatique à l’Université de Berkeley. Il commence à travailler dans la Sillicon Valley et débute une  carrière dans les nouvelles technologie. Insatisfait de la cupidité des entreprises dans les années 90, il choisit de donner de son temps dans un refuge pour sans abris. Il décide ensuite de mettre ses compétences d’informaticien au service des associations caritatives, il a réalisé des milliers de sites webs pour des organismes à but non lucratif. Il a ensuite lancé des projets comme « Dailygood« , une sorte de journal des bonnes nouvelles collaboratif, les cartes Smile et les restaurants associatifs les  « karmakitchen« . Il en existe trois aux Etats-Unis, notamment à Berkeley en Californie depuis  2007.  Le concept est simple. Pas de prix affichés dans ces restaurants, les repas sont faits par des bénévoles, et chaque « client »donne de l’argent pour le repas du prochain.

Voici ici en vidéo l’une de ses conférences données à Berkeley en Californie.

Et une autre vidéo où il parle de ses différents projets dont les « karmakitchen ».



L’économie du don : comment ça marche  ?

Revenons à Ankur. Comment applique-t-il l’économie du don?  » Dans ce système, explique t-il, c’est l’acheteur qui détermine le prix d’un service ou d’un bien. Quelque soit le prix proposé, le vendeur l’accepte avec gratitude ». Difficile pour quelqu’un habitué au système capitaliste européen d’imaginer une transaction où l’on ne fixe aucun prix. Mais comment fait-il pour vivre? S’ il accepte de vendre ses photos à des prix dérisoires, son système paraît incompatible avec un niveau de vie confortable. Il s’amuse de ma réaction  » Oui, j’accepte la transaction même si le prix est en dessous de la valeur de mon travail, parfois, des gens ne me payent pas . Mais je suis un homme riche! » sourit-il.  » En fait, c’est très rare que des gens ne me payent pas, la plupart du temps les acheteurs me donnent plus d’argent que ce que j’aurai pu imaginé.  »

Il explique que tout est basé sur la confiance. «  Il y a beaucoup de gens méfiants, et quand je dis que c’est à eux de fixer le prix, il sont surpris, ils se demandent où est le piège.  L’ultime révélation, c’est qu’il n’y a pas de piège« , sourit-il.  » Quelque soit la demande je donne le meilleur de moi-même, et j’accepte ce qu’on me donne avec gratitude » , précise -t-il. Et parfois des miracles se produisent.

Ankur raconte par exemple son séjour dans l’Himalaya:  » J’étais parti avec de l’argent en poche pour 7 jours, mais j’avais envie de rester là-bas un mois. Je suis parti quand même, guidé par le désir de passer du temps dans cet endroit magnifique. Sur place j’ai rencontré un jeune couple qui m’a demandé des photos. Ils m’ont donné suffisamment d’argent  pour financer le reste de mon voyage. C’était un cadeau inattendu ». « En fait j’ai l’impression que lorsque je ne demande rien, je reçois l’argent dont j’ai besoin au bon moment. Je n’ai pas eu de problèmes d’argent depuis que je pratique l’économie du don « , précise-t-il.

Pour Ankur  l’économie du don est un système alternatif d’avenir. Il croit profondément dans la force  des valeurs humaines comme  la gentillesse et l’honnêteté. Il a prévu de visiter la Finlande cet été. Il aime les pays froids. Coïncidence ou synchronicité ? La Finlande fait partie du top ten des pays où les habitants se sentent le plus  heureux dans le monde! Je me demande quelles rencontres il va encore faire. J’ai hâte aussi de voir ses photos!

Ankur pense sincèrement que la gentillesse peut changer le monde. Personnellement, je ne demande qu’à le croire.

Et vous, qu’en pensez -vous?