Les fabuleux voyages de Philippe Cap !

« Cela fait partie du travail du photographe de voir plus intensément que la plupart des gens. Il doit avoir et garder en lui quelque chose de la réceptivité de l’enfant qui regarde le monde pour la première fois ou du voyageur qui pénètre dans un pays étrange. »

Bill Brandt, photographe anglais ( 1904-1983)

BirmaniePhotographe: Philippe Cap

Birmanie
Photographe: Philippe Cap

Cette photo est juste sublime. On ne se sait pas où va ce vélo mais il avance. On discerne un pont d’apparence fragile. Mais cela ne trouble pas le cycliste qui poursuit sa route, le dos bien droit et le regard fixé vers le bout du chemin. Cette photo est à mes yeux une magnifique métaphore de la vie. On la doit à un homme qui sait regarder plus loin que l’horizon. Un jeune photographe parisien âgé de 28 ans qui m’a beaucoup inspirée et dont je partage l’histoire avec vous aujourd’hui.

Rencontre avec Philippe Cap, le photographe globe-trotter.

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Philippe Cap

Philippe Cap n’a pas choisi de devenir photographe. C’est la photographie qui l’a choisi. Tout commence lors d’un voyage en Inde. Il a alors 19 ans et vient de finir ses études. Il ne sait pas très bien ce qu’il veut faire de sa vie.  L’Inde lui soufflera les réponses qu’il n’attendait plus. «  J’y suis d’abord allé avec deux autres amis, puis j’ai décidé d’y retourner trois mois seul avec mon sac à dos. Ce pays m’a tellement fasciné que je m’y suis rendu plusieurs fois. En Inde, la rue est un théâtre. Les couleurs, les odeurs, les gens, l’ambiance mystique, tout cela a provoqué en moi des émotions très fortes »,  se souvient Philippe. Il ramènera ses premières photos, comme on ramène des souvenirs. Mais il faudra encore de nombreux voyages avant que l’artiste en lui prenne toute la place.

Entre deux séjours au bout du monde,  il suit des études d’architecture, se forme au graphisme, crée des sites internet. Mais chaque voyage en Asie lui rappelle  qu’il n’est pas fait pour rester assis devant un écran. Il a besoin de mouvement.  » C’est l’Asie qui m’a ouvert les yeux sur ma vocation », poursuit Philippe. Le jeune homme découvre qu’il est un nomade. Son passeport, c’est son appareil photo. A force d’ouverture, son regard s’affine. Ses photos témoignent de l’incroyable diversité des saveurs, des couleurs qu’il goûte avec les yeux.  » Je planifie très peu mes voyages. Je fais des photos à l’instinct, en fonction des rencontres« .

La rencontre avec l’autre est pour lui essentielle. Son appareil devient alors un pont qui le relie aux êtres qui croisent son chemin.  » Au Sud de l’Inde, il y a un village que j’affectionne particulièrement. J’y suis allé trois ou quatre fois. J’ai là-bas comme ma deuxième maman. Je m’y suis souvent improvisé photographe du village. C’est plus facile quand on connaît les gens. Quand je ne les connais pas, j’y vais un peu au culot. J’utilise un polaroid, c’est génial, les gens voient leurs visages et je leur donne systématiquement leur photo. C’est comme un tour de magie, quand la photo est révélée. Les enfants adorent ! », explique Philippe.

 » Le photographe est un passeur « 

 » Ce que j’aime, c’est l’idée d’être un passeur entre des mondes qui ne se connaissent pas. » Quand Philippe parle de ces motivations profondes, l’idée du pont revient toujours. « Si je peux éveiller la curiosité des gens et les inciter à s’ouvrir à d’autres cultures, je considère que j’ai accompli ma mission. Si mes photos peuvent éviter la xénophobie, j’aurai le sentiment d’avoir fait ma part dans ce monde », sourit-il.

Sa quête de photographe est profondément humaniste. Elle résonne avec sa curiosité naturelle. Philippe ne se lasse pas de regarder, d’apprendre et de transmettre. Il aime être le témoin de modes de vie très éloignés des nôtres.  » Ce que j’aime d’ailleurs, c’est le côté intemporel d’une photo.  » Et quand on les contemple, on plonge dans un univers fait d’authenticité et de magie.

Cette photo réalisée à Rangoon en Birmanie en est le meilleur exemple.

Le-Barbier-de-Rangoon-Philippe_CAP-Birmanie

Le barbier de Rangoon Philippe Cap

 » Rangoon est la capitale économique de la Birmanie. C’est une ville qui a gardé une âme un peu lavée par le temps. En me promenant dans les rues, j’ai remarqué ce petit barbier un jour. J’y suis retourné le lendemain et j’ai attendu les clients. J’aime ces hommes avec leurs habits traditionnels. Ils y sont très attachés. Dans notre monde uniformisé cette photo nous laisse entrevoir une autre dimension. Un monde intemporel et ouvert quand chez nous il n’y a que des vitres« , raconte Philippe.

Il y a une autre photo que je ne me lasse pas de contempler. C’est ce père birman qui tient du bout des doigts sa petite fille de 6 jours, à peine.

Fierté du père Philippe Cap

Fierté du père Philippe Cap

 »  J’ai pris cette photo en Birmanie. C’était à côté du lac Inlé. Un lieu assez touristique. J’ai pris un vélo pour visiter les villages alentour et je suis  tombé sur ce monsieur qui était négociant en ail.  Je me suis intéressé à son travail, il a d’abord été surpris puis m’a invité chez lui. J ‘ai alors découvert toute sa petite famille. Ce monsieur était très fier, car il venait d’avoir une petite fille. Il m’a offert un thé et en retour j’ai fait cette photo  pour lui, car il avait envie d’avoir un beau souvenir de lui et sa fille. C’est une photo que je trouve sublime. Il y a tant de tendresse dans son regard » , raconte Philippe.

Autre voyage, autre décor. Ce paysage emprunt de mystère se situe au centre de la  Chine à Yang Gshuo. L’oeil éclairé de Philippe a capturé pour toujours ces pêcheurs traditionnels, accompagnés de cormorans.

Pêcheurs dans la brume Philippe Cap

Pêcheurs dans la brume Philippe Cap

 »  C’est une région située dans le centre de la Chine réputée pour ces montagnes. C’était l’été, tôt le matin. Ces  pêcheurs reproduisent des techniques de pêche ancestrale. Ils élèvent des cormorans et leur posent des bagues au niveau de la gorge. Le cormoran plonge et va récupérer le poisson. C’est une tradition qui est amenée à disparaître car la Chine avance à toute vitesse. Ces images sont rares » , précise Philippe Cap.

L’univers de Philippe Cap est fait de magie, de mystères, de brumes et de couleurs. Il nous invite au voyage et élargit nos horizons. Philippe ne sait pas où le vent le portera. Pour l’instant ses photos ne le font pas vivre. Il travaille dans un restaurant parisien entre deux voyages. Sans regrets. Car rien n’est plus fort que l’appel de l’ailleurs. Il replonge dans l’inconnu dès que ses finances le lui permettent. Une vie de nomade, profondément nourrissante qui nous pousse nous aussi à sortir hors des sentiers battus !

Si son univers vous plaît n’hésitez pas à le soutenir ! Ses photos sont disponibles sur son site internet à découvrir ici . Un beau cadeau à s’offrir !

©larevolutioninterieure.com

Liens pour aller plus loin  :

Le site internet de Philippe Cap

Rencontre avec Marc Vella : le pianiste nomade !

Sandra, Marc Vella et son épouse Cathy

Parfois la vie nous offre de belles synchronicités. Avant de partir au Québec fin octobre, j’ai découvert Marc Vella. Le parcours  de ce pianiste français m’avait alors vraiment enthousiasmé.  Le hasard a bien fait les choses. Alors que nos agendas respectifs  ne semblaient pas coïncider en France, c’est à Montréal que notre rencontre a eu lieu. Un très heureux hasard. Et une belle rencontre que je partage avec vous.

« Le hasard sait toujours trouver , ceux qui savent s’en servir  » Romain Rolland

Marc Vella est un artiste atypique. Un musicien virtuose au parcours singulier. Il commence le piano à 5 ans et se passionne dès lors pour cet instrument. A 17 ans, il intègre une classe préparatoire en hypokhâgne tout en poursuivant sa formation musicale. Le jeune homme est doué, il rejoint la classe de composition à l’Ecole Nationale de Musique de Paris et remporte un prix de composition à l’âge de 25 ans. Il enchaîne les concours internationaux, mais cette vie confinée au sein des salles de concerts et des conservatoires ne le satisfait pas pleinement.  Il a soif d’aventures. Il a envie de rencontrer l’humanité. Un projet fou naît alors dans son esprit. Il décide de mettre son piano sur une remorque et de faire  le tour du monde avec lui. Il  improvise  des concerts où bon lui semble :  des bidonvilles de l’Inde, en passant par le désert du Sahara ou encore les montagnes du Pakistan. Un improbable périple qui va éclairer sa vie d’une lumière nouvelle. La musique, ce langage  universel, va lui permettre de dialoguer avec l’âme des inconnus qu’il approche.  Au delà des mots et des différences culturelles, il comprend alors ce qui unit les êtres humains et en tire une philosophie de vie résolument positive.

A 50 ans passés, Marc Vella continue de voyager. A ce jour, il a traversé plus de 40 pays et parcouru 200 000 kilomètres. A présent, il partage ses aventures avec les autres.  Depuis 2004, il embarque ceux qui veulent bien le suivre au sein de sa Caravane amoureuse Un projet itinérant ouvert à tous dont l’objectif est de promouvoir la non-violence et la paix, à travers la musique. Marc Vella est également l’auteur de différents ouvrages dont le Pianiste nomade, l’Eloge de la fausse note et le Funambule du ciel.

Marc Vella : Le pianiste nomade

-Qu’est ce qui vous a poussé il y a 25 ans maintenant à partir sur les routes  avec votre piano ?

 » J’avais soif de rencontrer l’humanité. Je crois que c’était parce que j’avais une conscience aigüe de notre fugacité. La vie d’un être humain, c’est un battement de cil. Je ne voulais pas vivre ma vie assis. J’avais besoin d’être présent, de découvrir le mystère de l’être humain et de vivre le mystère de la musique. J’avais envie,  avant de quitter ce monde, de me sentir vraiment vivant. Alors bien sûr ce n’était pas simple, mais amener un piano à queue dans des villages en Afrique, dans la jungle ou dans les montagnes du Pakistan, c’était pour moi une façon très concrète d’étreindre cette planète, d’étreindre la vie. Je ne pouvais pas me contenter de regarder le monde à travers un écran de télévision. Pour moi cela n’avait pas de sens. « 

Qu’avez vous appris de ce tour du monde des hommes ?

 » Je me rends compte après toutes ces années d’errance, que les êtres humains ont soif de la même chose. Ils ont soif d’amour. Ils ont soif d’être entendu, reconnu, regardé, aimé. J’ai malheureusement constaté qu’il y avait aussi une sorte de chape de plomb, une sorte d’interdiction à la jouissance de la vie, une forme de culpabilité à exister. Cette insécurité existentielle a amené les êtres humains à douter de la vie elle-même, c’est ce qui les a conduit à la nécessité de croire. Après avoir traversé tous ces pays, toutes ces cultures et après avoir observé toutes ces façons de vivre et de prier, moi, ça m’a plutôt amené à m’abandonner. Je me suis rendu compte qu’il y avait quelque chose de plus grand que nous, qui s’appelle le mystère et auquel il faut se livrer. Du coup cela m’a libéré du besoin de croire. Cela m’a aidé à prendre conscience qu’il n’y avait justement qu’une chose à faire dans la vie : aimer.  Pas chercher à être aimé, mais aimer et avoir ce regard émerveillé sur toute chose. C’est cela qui va nous permettre de transformer notre vie quand parfois elle est difficile ».

-Justement comment peut-elle  s’opérer cette transformation ?

« Le maître mot de la transformation pour moi, c’est l’accueil. Je ne dis pas que j’ai atteint cette attitude. Je ne suis pas un sage en la matière et je ne le prétends pas. Mais j’essaie d’incarner cela dans ma vie d’homme et de poser un regard aimant sur toute chose, quoiqu’il arrive. C’est ce que j’appelle l’état amoureux. C’est une façon de s’abandonner à ce qui est. Cela n’a rien a voir avec ce qu’on nous dit de l’amour. Pour moi l’état amoureux, c’est ce qui nous fait ressentir une infinie gratitude. Cela nous donne une énergie incroyable. C’est ce qui m’a donné d’ailleurs la force de traverser tous ces pays avec mon piano à queue. L’état amoureux, c’est aussi une forme de conscience. C’est ce qui fait que tout communique. L’arbre, le ciel, la rivière offrent des dialogues enchantés à ceux qui apprennent à les écouter. Ces dialogues-là nous échappent si on n’arrive pas à s’abandonner. C’est l’un des enseignements de mes  années d’errance à travers le monde. Quand la vie nous bouscule, on se demande quel sens donner à toutes ces souffrances et on finit par douter. Je crois aujourd’hui que les blessures et les épreuves de la vie nous aident à grandir et à ouvrir notre coeur, afin de nous apprendre à rester aimant quoiqu’il arrive. Aimer, c’est pour moi le seul véritable défi humain. Et c’est un exploit bien plus grand que de monter au sommet de l’Everest. Et puis l’amour c’est ce qui permet de réaliser l’alchimie intérieure. C’est ce qui transforme les ténèbres en lumière ».

-Qu’est ce que c’est pour vous, l’amour ?

« L’amour nous donne une force incroyable. C’est vital. Quand on diabolise l’amour on éteint le feu chez les gens et cela génère de la frustration et de la tristesse. Tout le drame de notre époque, c’est que l’on a instrumentalisé l’amour. Aujourd’hui on le confond avec le désir et il n’est qu’un outil pour vendre des choses, alors que pour moi l’amour est d’abord un souffle que nous devons laisser entrer en nous. L’amour, c’est l’abandon. « 

– Vous avez écrit l’Eloge de la fausse note et justement vous y regardez les erreurs avec beaucoup de bienveillance .

« Une musique sans fausse notes, ce serait insipide. C’est la même chose dans la vie. Une vie sans fausses notes cela n’existe pas.  Nous sommes tous porteurs de fausses notes, nous sommes tous maladroits, nous faisons tous des erreurs. Cela fait partie de notre expérimentation d’être humain. La question est : qu’en fait-on ? Une fausse note pour moi, c’est une fenêtre qui s’ouvre avec plein de nuit derrière dans laquelle, il nous faut mettre du jour. Nos erreurs servent à nous affiner. La meilleure manière de les transformer, c’est de les accueillir en restant bienveillant. On a tendance à se culpabiliser, à se juger sévèrement face à nos erreurs. C’est fatalement nocif et destructeur. On peut faire de nos erreurs une force si on apprend à faire confiance, à s’abandonner et à lâcher-prise. Quand la vie nous remue, on peut se relever en continuant à s’aimer, mais surtout à aimer. Sans rien espérer, sans rien attendre. Etre homme, être femme c’est avant tout un processus qui demande une bienveillance extrême. Condamner et punir cela amène à bâtir des malédictions. Cela fait des millions d’années que l’on utilise la condamnation et la punition et cela ne change rien. Moi je reste convaincu que c’est par l’accompagnement bienveillant, par la prise de conscience que ça va générer, que l’être humain peut se transformer.

Quand on dit à quelqu’un tu ne mérites pas ceci, de toute façon tu n’y arriveras jamais, tu te prends pour qui, c’est trop dur pour toi, quand on est dans cette attitude là de condamnation on empêche l’autre de rayonner et on finit par le détruire. Lorsqu’on pose un regard amoureux sur l’autre, on lui  permet de donner le meilleur de lui -même. Et puis lorsque on s’autorise enfin à aimer, pleinement,  on devient alors un véritable aimant et on attire encore plus  d’amour. L’abandon mène à l’abondance « .

– C’est peut-être plus facile pour vous de ressentir cela parce que vous êtes un artiste  ?

 » Pour moi, un artiste ce n’est surtout pas quelqu’un qui a un talent et qui se croit au -dessus des autres. A mon sens la véritable fonction de l’artiste, serait celle-ci : transcender la réalité en invitant les autres à le faire aussi à leur façon. Pour moi l’ artiste, c’est aussi celui qui va faire de sa vie une oeuvre d’art, avant tout. La grâce n’est pas réservée à Mozart, elle nous traverse tous.  Chacun peut y aspirer, pour peu qu’il croie en lui-même et en sa propre musique intérieure. Il est clair qu’il n’y a rien de plus extraordinaire que de voir une personne mise en confiance nous révéler sa richesse intérieure ».

Justement, vous incitez les gens à venir improviser avec vous, durant vos voyages, que se passe-t-il durant ces moments là ?

« Les gens reprennent confiance, retrouvent la foi en eux. Ils s’ouvrent aussi au mystère de la grâce. Ils sont traversés. C’est bouleversant de vivre cela ».

Quelles sont les expériences de votre vie qui vous ont intimement convaincu que l’être humain est beaucoup plus que grand que ses erreurs et ses drames ?

« Mon regard en fait. Quand j’étais plus jeune, je tombais amoureux mille fois par jour. Les gens me touchaient. J’ai toujours été émerveillé par l’autre, les autres. Je ne comprenais pas pourquoi. C’était tellement à contre -courant de tout ce que les médias diffusaient sur l’humain. Alors j’ai approfondi mon regard et j’ai vu. Pour moi, chaque être humain est un soleil. Ce qui est terrible, c’est qu’aujourd’hui on lui interdit de rayonner. Dans nos sociétés, l’être humain ne peut pas être un soleil, on lui demande juste d’être un miroir. Un miroir qui réfléchit, qui est dans le mental et pas dans le coeur. Je crois qu’il est urgent de nous réconcilier avec notre feu intérieur. Et pour cela il faut faire plus de place à l’amour. L’amour de soi d’abord, puis l’amour des autres. Il est temps de faire ce chemin qui mène à la délicatesse et à l’humilité ».

Liens pour aller plus loin :

Le site de Marc Vella

La caravane amoureuse de Marc Vella :

Mon voyage en Inde !

Imaginez . L’Inde. Un pays mythique. Des couleurs franches et chatoyantes qui accrochent la rétine. Des effluves épicées, l’odeur à la fois âcre et parfumée de l’encens.  Les murmures de la rue où se mêlent le brouhaha de la foule, les cris des enfants et des marchands ambulants. Au coin d’une ruelle s’échappent des mélopées enveloppantes. L’air est moite. Vous cherchez la fraîcheur, alors vous enlevez votre veste qui n’a plus son utilité dans cet environnement étouffant. Vous pouvez maintenant laisser votre respiration s’accorder au rythme de cette nouvelle atmosphère. La France n’est plus qu’un lointain souvenir. Ici, c’est une explosion de sensations nouvelles. Une vague de sérénité envahie chaque parcelle de votre corps. Vous avez plongé le coeur grand ouvert dans l’âme d’une des contrées les plus mystérieuses et sacrées du monde. Vous êtes en Inde. Et vous êtes arrivé dans ce pays sans avoir dépensé un seul euro.

Je vois déjà vos sourcils se froncer, votre nez se retrousser, et votre esprit affirmer que c’est impossible!

Et pourtant ! Tout cela est bien vrai.  Je suis dans un temple, à quelques mètres du Dieu Ganesh et je participe à une cérémonie organisée à l’intention de ce dieu protecteur au milieu de femmes drapées dans des saris soyeux et brillants. Mes vêtements sont   imprégnés de l’odeur de l’encens. Les fins bâtonnets se consument doucement  au pied de statuettes colorées représentant des divinités aux noms mystérieux.  Je picore des aliments inconnus. Mes papilles sont prises au piège par un incendie de saveurs piquantes et sucrées. Je suis bien en Inde, à 7000 km de Paris. Et je m’y suis rendue totalement gratuitement!

Comment ai-je pu réussir cette prouesse???

Grâce à mes 5 sens, et à mon goût pour l’aventure.

Il y a quelques jours, une amie m’a conduite en plein coeur du 18 ème arrondissement de Paris, à 2 pas du métro La Chappelle. Dans un autre monde, un autre temps. Nous avons assisté à une puja, une cérémonie hindoue dans le  Temple du Dieu-Eléphant Ganesh.

Ganesh a un pouvoir incroyable. Dans son ventre il contient tous les mondes, ses grandes oreilles n’entendent que les bonnes paroles, et rejettent les mauvaises. Ganesh est un Dieu plus attaché à la terre, qu’à l’ordre cosmique comme Shiva ou Vishnou. C’est ce qui le rend populaire. On le prie  pour obtenir le succès d’une entreprise, et donc pour enlever les obstacles.

Il y a quelques jours Ganesh a réussi à me faire voyager jusqu’à lui sans me faire quitter Paris!

Il m’a indiqué que c’était possible de réussir ce tour de magie,  juste en étant présent, à la vie, à l’instant, et à notre désir d’évasion.

Il y a quelques mois mon coeur m’a murmuré son envie de découvrir l’Inde. Ma raison s’est empressée de le  sermonner en lui expliquant  que mon compte en banque ne lui permettrait pas cette folie. Mon coeur a insisté. Et il y a quelques jours une amie a fini par entendre son appel. Et comme cette amie est un peu magicienne,  elle  m’a amenée aux portes de ce temple dédié à Ganesh. Nous avons ôté nos chaussures, et sommes alors entrées dans un autre monde. Mon coeur a bondi de joie, revigoré. Mon esprit n’a rien compris. Et il n’aime pas cela, car il s’est fait berné, d’une bien belle manière.

Bien sûr mon esprit sait très bien que je ne suis pas en Inde. Dans ce temple pourtant, les chants hypnotiques des brahmanes, ont eu raison de ses dernières résistances. Et au bout d’un moment il s’est fait à l’idée. « Nous » étions bien en Inde, moi, mon coeur et mon esprit réunis dans l’harmonie de l’instant présent.

Mon esprit en a profité pour ancrer en moi une leçon essentielle :

Nos 5 sens sont des portes qui nous ouvrent la voie du coeur. Lorsque ces passages sont dégagés, le mental ne peut plus nous convaincre que ce que nous vivons n’est pas la vérité.

Qu’est ce que la vérité? C’est le sentiment d’être ici et maintenant dans la juste émotion, à la juste place,  dans l’instant présent. L’Illusion représente tout ce qui nous empêche de voir la beauté et la joie, là où elles se trouvent.

Il y a quelques jours mon coeur m’a fait un  magnifique cadeau. Il a contacté l’âme d’une magicienne qui m’a emmené en Inde. Et mon mental a approuvé cette affirmation car il ne peut rien contre le pouvoir des sens.

Cela m’a amené à construire cette réflexion :

Lorsque vous doutez et que vous ne savez pas si la vérité se situe du côté de la raison ou du coeur, du côté du mental ou des sensations, du côté de  l’analyse  ou des émotions ….Posez vous cette question….Si vous étiez privé de la vue, du toucher, du goût, de l’odorat et de l’ouïe, qu’est ce qui vous resterait pour vous représenter le monde qui vous entoure? Et si à l’inverse vous étiez privé de la faculté de penser, comment aborderiez-vous votre environnement?

La superbe leçon que m’a offert mon coeur avec le soutien du Dieu Ganesh, c’est que la réalité prend d’abord  forme dans notre corps à travers nos ressentis avant d’être conceptualisé par notre mental et non l’inverse!

Alors oui je suis bien allée en Inde , tout simplement parce que mon coeur en avait besoin!

Et vous ? Que vous dit votre coeur ? Allez-vous suivre son chemin?

 »

« La nature qui ne nous a donné qu’un seul organe pour la parole, nous en a donné deux pour l’ouïe, afin de nous apprendre qu’il est plus important d’écouter que de parler»  Proverbe turc

« Nos yeux, nos oreilles, notre odorat, notre goût diffèrent et créent autant de vérités, qu’il y a d’hommes  sur la terre » Guy de Maupassant

Cambodge : un pays inspirant !

J’ai découvert le Cambodge l’année dernière et j’avais envie de partager avec vous quelques photos !

C’était il y a plus d’un an. Un voyage au Cambodge à Battambang chez Mathieu et Sothy.

Un couple qui est allé au bout de son rêve. Ce sont aussi mes amis.

Fin 2010, les voilà qui ouvrent une chambre d’hôte à Battambang.  Après 4 ans de préparation, ils quittent la France pour construire leur nouvelle vie.

Mathieu était journaliste, en rencontrant Sothy d’origine cambodgienne, il se prend de passion pour ce pays. Plusieurs voyages confirmeront cette attirance. Il décide qu’il vivra un jour au milieu des temples bouddhistes. Pour comprendre ses beaux-parents , il  s’informe sur  les blessures du  passé :  il lit , découvre  le génocide perpétré par les Khmers rouges.

Sothy est arrivée en France à l’âge de 5 ans, elle a fui le Cambodge avec ses parents et ses frères et soeurs , chassés par Pol Pot et les Khmers rouges. Elle passe ses jeunes années dans un camp de réfugié avant d’être acceuillie en Lorraine. C’est Mathieu qui l’amènera à envisager un retour dans un pays qu’elle n’a pas connu.

L’idée de Mathieu est d’ouvrir une « Guest House  » dans ce pays encore peu ouvert au tourisme.

Changer de vie n’est pas simple, mais pas à pas,  leur projet prend forme : ils trouvent un terrain avec l’aide de la famille restée au Cambodge, ils convainquent  une banque de miser sur leur projet immobilier, ils dessinent les plans, font construire leur « Cabaret Vert », en respectant l’écologie, en faisant vivre l’économie locale, en misant sur un tourisme durable et respectueux des gens.

Et puis vient le moment de partir, de quitter leurs boulots respectifs en France, leur famille, leurs amis  pour vivre leur histoire à eux .

Leur « Cabaret Vert « ,  inspiré d’un poème de Rimbaud, est un clin d’oeil de Mathieu à Charleville-Mézières et  aux Ardennes où il a grandi.

Ce lieu leur ressemble !


Aujourd’hui Mathieu  me dit que rien ne manque à son bonheur. Il se sent en harmonie avec son environnement, avec sa vie. Cela ne signifie pas qu’il est exempté de tous les petits tracas du quotidien, mais ils ne font que passer. Tout à cette nouvelle existence, il se rend compte que la consommation a pris moins de place, il n’est plus toujours en train de  répondre à de nouveaux désirs matériels. Il savoure chaque instant, et chaque avancée, avec ce sourire, qui le caractérise. Mais depuis qu’il vit au Cambodge, ce sourire est devenu plus lumineux que jamais!

Mathieu s’implique aussi au niveau local pour l’association Phare Ponleu Selpak (PPS), qui signifie  « la lumière de l’art », une organisation non gouvernementale cambodgienne qui oeuvre pour l’éducation des enfants et l’enseignement des arts dans une approche communautaire.

http://www.phareps.org/index.php?option=com_content&view=article&id=45&Itemid=49&lang=fr

Certains élèves très talentueux ont même exposé leurs toiles à New-York !

Regardez de quoi ils sont capables :

Cette école est surprenante et elle prouve à quel point la fatalité ne fait pas le poids face à la créativité !

Mathieu et Sothy sont la preuve vivante, qu’il est possible de réaliser ses rêves. Ce sont des éclaireurs. Ils nous ouvrent la voie !N’hésitez pas à regarder  ce qu’ils ont créé !

Liens pour aller plus loin :

http://www.visitbattambang.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Khmers_rouges                          

L’école de cirque de Battambang