Ecouter sa petite voix intérieure

« On peut fort bien vivre sans âme, il n’y a pas de quoi en faire une histoire, cela arrive très souvent. Le seul problème c’est que les choses ne viennent plus vers vous, quand vous les appelez par leur nom . »

Christian Bobin

Toile : Viviane Semard
Toile : Viviane Semard

J’ai découvert cette toile, il y a quelques jours déjà et je me suis arrêtée un long instant, étonnée d’y trouver une illustration de mon monde intérieur du moment. L’art sert vraiment à  cela. A nous renvoyer quelque chose de nous-même de si volatile que même les pensées n’arrivent pas à le fixer.  Je contemple donc cette toile et j’y vois la multitude des voix qui se manifestent dans mon esprit au quotidien. Non je ne suis pas schizophrène, je vous rassure, mais  il m’arrive d’être l’arbitre impuissante d’un conflit récurrent entre la peur et la confiance. Je travaille à la réconciliation et j’avais envie de partager mon expérience du sujet, car c’est une thématique qui revient souvent, autour de moi et en moi.

Pendant des années, j’ai eu peur. Surtout de l’avenir. J »ai longtemps été une scénariste d’anticipation négative très inspirée. Imaginer le pire, pour se prémunir du pire. Envisager l’échec, avant même qu’il ne se présente. Recevoir un coup de fil et en un instant, voir défiler une série de catastrophes. Se rendre à un entretien ou à un concours et penser, ça ne marchera pas. L’enfer, n’existe pas en dehors de nous. Il est bâti à partir du fertile terreau de  nos angoisses.

Quand je m’engageais  dans des actions qui me plaisaient à l’issue incertaine, comme le sont par essence, toutes les actions nouvelles, j’entendais aussitôt une voix qui me disait : » Tu n’y arriveras pas. Calme tes ardeurs. Sois raisonnable. On ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie. Peut-être devrais-tu voir moins grand. Arrête de rêver. C’est pas gagné « . Docile, j’écoutais alors la voix de la peur et cela me conduisait à la paralysie. Surtout ne pas bouger. Surtout faire comme tout le monde. Ne pas rêver trop grand. Eviter la souffrance de la désillusion. Surtout ne rien tenter de nouveau. On ne sait jamais, on pourrait se faire mal, me disait cette voix. On pourrait faire une demande et être rejeté. On pourrait faire confiance à quelqu’un et être trahi. On pourrait aimer et ne pas être aimé en retour. On pourrait se dévoiler et être piétiné. On pourrait surtout se tromper.Et ça ne se fait pas de se tromper. Mieux vaut donc ne rien tenter. C’est plus prudent.

Mais un jour, une autre voix s’est fait entendre. Une voix qui avait la candeur et l’assurance d’une petite fille rieuse, une petite fille  à qui personne n’avait encore appris à avoir peur. Cette voix là ne disait pas : » On va réussir, tout ce qu’on va entreprendre  « . Elle disait plutôt : » J’aime faire cela, car quand je fais cela, mon coeur bat, je me sens alors légère, inspirée, dynamisée, joyeuse « . En un mot : vivante. Et parce que elle se sentait vivante, alors elle avait naturellement confiance.

Puis j’ai écouté plus attentivement. Encore et encore. Et j’ai compris, que la voix de la peur, n’était pas vraiment la mienne, mais celles de tous les autres, qui ont eu peur avant moi, de tous ceux qui ont eu peur pour moi. Tous ces autres qui ont défilé dans ma vie, parents, amis, instituteurs et même employeurs. Tous ces autres qui au fond avaient peur d’eux-même, de leurs propres erreurs, de leurs propres échecs et qui n’ont cessé de me répéter qu’il fallait faire attention, surtout ne rien tenter de nouveau, surtout ne pas suivre ses rêves. Surtout ne pas croire que la vie est capable de nous offrir le meilleur.

La peur est contagieuse. C’est un virus très puissant. Et bien souvent elle s’est infiltrée en moi, comme un poison. Et chaque goutte de peur a progressivement paralysé tout élan, tout désir de changement.

Mais vivre dans la peur, ce n’est pas vivre. Et l’autre voix a commencé à me le rappeler. Elle avait besoin d’espace pour exister. Je n’écoutais pas toujours et moins j’écoutais, plus une sorte de malaise  commençait à s’insinuer en moi. Ce malaise avait la forme d’un grand trou noir. Aucune étoile à l’horizon, rien qu’un immense vide totalement sombre. Et je me disais alors : c’est donc cela vivre ? Serait-ce donc cet absurde voyage guidé par la peur ?

L’autre partie se réveillait à chaque fois qu’une rencontre bienveillante se présentait sur mon chemin, à chaque fois, que je m’émerveillais de la beauté de la nature, à chaque fois, que quelque chose de bon et de positif entrait dans ma vie. Et cette partie là, me disait :  » Tu vois, c’est cela la vie, c’est une énergie en mouvement, c’est la fluidité, c’est l’échange, c’est la confiance que tout vient à toi si tu ouvres ton coeur, si tu sais donner mais aussi recevoir, si tu sais demander et accepter l’aide des autres, si tu as foi en toi et en tes aspirations profondes « .

Aujourd’hui la voix de la peur n’a pas disparu. Elle ne disparaîtra jamais. Elle fait partie de moi. Mais je la reconnais. Je l’apprivoise. Je la remercie parfois, car je sais que son intention positive est de me protéger, mais je ne lui donne plus les pleins pouvoirs, en tous cas pas tous les jours. Alors la confiance a commencé à se sentir moins à l’étroit. Alors la confiance s’est installée au creux de mon ventre et au centre de mon coeur. Je pense à ce que je souhaite vivre et obtenir et c’est elle qui m’encourage, c’est elle qui me répète que je mérite le meilleur et que j’ai le droit d’être heureuse comme chaque être humain sur cette terre.

Et alors la magie de la vie a commencé à se manifester. Alors de belles rencontres sont arrivées, juste au bon moment. Alors des opportunités se sont présentées. La confiance est partie devant en éclaireur et m’a montré la voie à suivre.

La voix de la confiance, doit cependant être nourrie d’énergie positive au quotidien,  sinon elle redevient vite aphone. Il est donc nécessaire de prendre soin d’elle, en lui offrant des pensées positives, des pensées de gratitude, des pensées de bienveillance.  Elle aime bien ça la confiance, ça la renforce, ça la réjouit, ça lui donne du carburant pour nous emmener plus loin. La confiance n’aime pas qu’on se maltraite, qu’on se dénigre, qu’on se contente de peu, qu’on se blâme pour nos erreurs. La confiance a besoin que nous soyons en empathie avec nous-même, que nous apprenions de nos erreurs et que nous ayons des objectifs élevés qui font vibrer notre coeur, car elle sait que rien n’est impossible pour elle.

Plus j’avance, plus j’ai tendance à la croire.

Et vous  ? Quelle voix écoutez-vous ?

Sandra C.

©larevolutioninterieure.com

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L’optimisme sans frontières !

« Une personne optimiste ne refuse pas de voir le côté négatif des choses, elle refuse de s’attarder dessus ».

Alexander Lockart (1841-1900 )

Photo : Gregory Criteau du blog http://gregorycriteau.wordpress.com/

Photo : Gregory Criteau du blog http://gregorycriteau.wordpress.com/

Depuis quelques semaines, je découvre régulièrement dans la presse des articles qui abordent sous différents angles le pessimisme des Français.  J’ai donc décidé de rééquilibrer la balance, en vous parlant aujourd’hui d’un mouvement philosophique et intellectuel qui s’étend à travers le monde depuis quelques années : la ligue des optimistes sans frontières.  Cette association a été créée par un homme tout à fait surprenant, Luc Simonet. Il y a quelques jours, il a laissé un commentaire sur ce blog. J’ai naturellement été intriguée par sa démarche et j’ai voulu en savoir plus.

Luc Simonet : Fondateur de la ligue des optimistes sans frontières

Luc Simonet : Fondateur de la ligue des optimistes sans frontières

Luc Simonet est un avocat fiscaliste belge. En 2005, il fonde la Ligue des optimistes de Belgique. Un mouvement destiné à promouvoir l’optimisme et l’enthousiasme comme philosophie de vie. Aujourd’hui son association s’est développée dans plusieurs pays : en France, aux Pays-Bas, au  Bénin, en Allemagne, entre autres.

La ligue des optimistes regroupe des intellectuels, des écrivains, des chercheurs autour de valeurs positives. En France, La ligue des optimistes compte actuellement près d’un millier de membres parmi lesquels : les écrivains Eric-Emmanuel Schmitt, et Erik Orsenna, le moine bouddhiste Mathieu Ricard, Philippe Bobola, physicien, biologiste et anthropologue ou encore Philippe Gabilliet, docteur en sciences de gestion.

 

Photo : Christophe du blog photobach.wordpress.com

Photo : Christophe du blog photobach.wordpress.com  *

Rencontre avec optimiste réaliste !

– Bonjour Luc Simonet. Qu’est- ce qui vous a poussé à créer l’association La ligue des optimistes ?

– Tout a commencé il y a presque 7 ans. J’étais avocat fiscaliste et puis un jour je me suis rendu compte que lorsque mes clients m’appelaient, je ne les écoutais plus. J’avais perdu l’enthousiasme. J’ai réuni mes collaborateurs et je leur ai dit, je vous laisse les clés de la boutique. Je leur ai annoncé que je prenais un congé sabbatique d’un an. J’ai d’abord occupé mes journées à jouer au golf et puis il y a eu un déclic pendant des vacances en Toscane. Mes enfants n’arrêtaient pas de se plaindre de la pluie. Je leur disais :  » Mais non , dîtes plutôt que c’est une belle journée de pluie » ! J’ai eu l’idée de créer des parapluies avec cette inscription ! En rentrant en Belgique, j’ai décidé de faire fabriquer 50 parapluies avec cette phrase, juste pour mon plaisir ! J’ai raconté cette histoire à des amis et on s’est dit que nous devrions créer une association pour promouvoir l’optimisme. Il y a  tout de suite eu un élan et un enthousiasme incroyables ! En 2005, on a commencé avec 175 membres, aujourd’hui l’association en compte 5000 en Belgique et 15000 personnes sont abonnées à notre Newsletter dans le monde ! Finalement, je n’ai jamais autant travaillé que durant ce fameux « congé sabbatique  » !

– Quel est le message que vous souhaitez faire passer à travers cette association?

– Je ne défends pas un optimisme béat. Je pense plutôt que nous sommes maîtres de nos pensées et que nous sommes responsables de notre bonheur. L’optimisme n’est pas une aptitude congénitale au bonheur qui nous affranchirait des problèmes douloureux et des grands chagrins de notre vie. Je crois que l’optimisme est un apprentissage par lequel, à partir d’une décision consciente, l’homme se construit dans la connaissance de lui-même, grâce à une forme de discipline intérieure. La confiance est lumineuse. Elle est à l’opposé de nos peurs,  qui souvent sont arrimées à l’ignorance et en particulier la peur de l’autre dans ses différences, de l’autre si différent de moi socialement et culturellement, de l’autre dont la peau n’a pas la même couleur que la mienne, de l’autre qui pratique une autre religion, de l’autre qui parle une autre langue.

Notre association ne cherche pas à convaincre les pessimistes, les sceptiques ou autres cyniques. Elle s’adresse aux personnes qui ont opté pour l’optimisme. En se réunissant, elles augmentent ainsi la force et l’efficacité de leur enthousiasme.

– Mais n’est-ce pas utopique en ces temps de crise ?

– Justement la crise est peut-être l’ opportunité de changer notre façon de regarder le monde. Quand je vois ces financiers qui dominent la planète, je me dis que cela ne peut pas durer ainsi. On va droit dans le mur si on suit le modèle d’expansion occidentale. On épuise les ressources et la vie finira par ne plus être possible sur la Terre. Je crois qu’il est temps de nous demander ce que nous voulons. Nous avons le devoir d’inventer un nouveau modèle. Et pour moi, l’être humain doit revenir au centre de ce nouveau paradigme.

– Et vous ? Comment faites-vous pour rester optimiste ?

-Je pense être optimiste de nature mais je suis toujours sur le fil du rasoir. C’est pour cela que l’optimisme, cela demande une sorte de discipline. Il faut constamment réajuster ses pensées. Mon expérience m’a démontrée que lorsqu’on est optimiste on attire les gens. On rencontre souvent les personnes dont on a besoin pour évoluer. Il y a une véritable énergie qui naît de ces rencontres. Je fonctionne beaucoup comme cela. Un jour par exemple, une dame à l’issue d’une conférence en Belgique, m’a parlé d’un jeune garçon libanais, qui avait perdu ses bras et ses jambes et qui était passionné par internet. Son prénom m’a interpellé, il s’appelait Saad Saad. En anglais cela veut dire triste. En arabe, cela signifie heureux. Et je me suis dit , ce garçon, je vais l’embaucher car j’ai besoin de quelqu’un pour gérer le site web de l’association. Et je ne regrette pas mon choix ! Il est formidable. Mon ami, Eric-Emmanuel Schmitt à qui j’avais raconté cette anecdote, l’a repris dans l’un des ces livres, d’ailleurs.

– Quels sont vos projets en cours ? Et quels sont vos objectifs ?

– Nous avons organisé de nombreux évènements en Belgique. Nous avons par exemple habillé un tram de Bruxelles de rose en pleine crise politique. Les gens ont bien réagi ! Nous avons également financé un projet fou : une voiture a fait le Paris-Dakar sans une goutte de pétrole .

Le Paris-Dakar sans pétrole !

Le Paris-Dakar sans pétrole !

Cela fait parler de notre philosophie d’une manière légère. Nous organisons également des conférences et de nombreux intellectuels nous rejoignent dans cette aventure. J’aimerais vraiment que ce mouvement touche toutes les classes sociales et pas seulement les intellectuels. Nous avons également créé un nouvel état que j’ai appelé « l’Optimistan ». L’Optimistan, est un état métaphorique, sans territoire physique, dont les optimistes sont les citoyens. C’est l’état de conscience selon la pensée de Pierre Teilhard de Chardin qui disait qu’à mesure que le monde se complexifiera, il conviendra d’en élever l’état de conscience. J’espère que de nombreuses personnes nous rejoindrons ! Je crois aussi beaucoup au partage de connaissances. Il y a tant de choses à découvrir sur l’être humain, sur ses forces, mais aussi sur les liens qu’il entretient avec l’univers. C’est une aventure passionnante et je suis heureux d’y prendre part !

 

 

 

 

 

 

 

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Liens pour aller plus loin :

Le programme des conférences en Belgique

La ligue des optimistes de France

*Merci à Christophe du blog photobach et à Grégory du blog Macro Polo d’avoir accepté de collaborer avec la Révolution intérieure  ! Grégory a réalisé sa photo spécialement pour cet article ! C’est une joie d’être dans la co-création !

Les bienfaits de l’optimisme !

 « Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit une opportunité dans chaque difficulté « .

Winston Churchill

Photographe : Isabelle Debraye

Photographe : Isabelle Debraye *

On l’appelle la  » science du bonheur »,  depuis une dizaine d’années la psychologie positive étudie les conditions et les processus qui contribuent à l’épanouissement et au fonctionnement optimal des individus. Popularisée à la fin des années 90 par les travaux du chercheur américain Martin Seligman, cette discipline a beaucoup à nous apprendre car elle nous aide à comprendre scientifiquement ce qui nous rend heureux et ce qui favorise en nous le sentiment de bien-être.

Si ce sujet vous intéresse alors je vous invite à vous rendre au congrès francophone de psychologie positive qui se tiendra à l’Université de Metz du 21 au 22 novembre 2013. Ce congrès organisé à l’initiative du professeur en psychologie messin Cyril Tarquinio et de Charles-Martin Krumm,  président de l’association française et francophone de psychologie positive, réunira des chercheurs passionnants. Ils partageront leurs découvertes autour des thèmes de l’empathie, de l’éducation positive ou encore de l’optimisme. Le congrès est ouvert aux psychologues, aux thérapeutes et aux coachs mais aussi aux enseignants, aux éducateurs et à toutes personnes curieuses d’en savoir plus sur ces thématiques. Des conférences seront également proposées au grand public.

larevolutioninterieure.com étant partenaire de cet évènement, je partagerai avec vous dans les mois qui viennent mes rencontres avec les meilleurs spécialistes de la discipline. De beaux entretiens en perspective !

Pour vous faire patienter jusque là, je vous propose de découvrir l’un des organisateurs de ce congrès.

Charles-Martin Krumm, président de l'association française de psychologie positive

Charles-Martin Krumm, président de l’association française et francophone de psychologie positive

Le parcours de Charles-Martin Krumm est très inspirant. Cet ancien athlète de haut niveau,  a été membre de l’équipe de France junior d’aviron, avant d’enseigner l’éducation physique et sportive pendant 18 ans dans l’enseignement secondaire. Il s’intéresse depuis longtemps à la psychologie du sport. Il a d’ailleurs consacré une thèse à l’optimisme dans laquelle il a tenté de comprendre pourquoi certaines personnes étaient capables de rebondir après un échec dans le sport ou à l’école et d’autres non. Maître de conférences à l’Université de Rennes ( Bretagne ) en sciences et en psychologie du sport, Charles-Martin Krumm se passionne pour la psychologie positive depuis de nombreuses années et se rend régulièrement aux Etats-Unis et dans des congrès européens pour échanger avec les meilleurs spécialistes de la discipline. Rencontre avec un humaniste optimiste !

 » J’ai décidé d’être heureux, parce que c’est bon pour la santé  » Voltaire

  • Bonjour Charles-Martin Krumm. Comment l’optimisme est-il devenu un thème de recherche pour vous ? Qu’avez-vous découvert ?

-Initialement professeur d’éducation physique et sportive en collège et lycée, j’ai réalisé un travail de thèse reprenant des thématiques de terrain,  empruntées aux domaines de l’enseignement ou du sport. La question était de savoir  pourquoi certains individus étaient capables de rebondir après un échec alors que d’autres non.  Ce que les deux principales études de ma thèse ont montré sur les 1200 collégiens interrogés au cours de cette recherche, c’est que ceux qui avaient le meilleur niveau d’optimisme étaient moins anxieux et avaient plus de facilités à surmonter leur échec que les élèves pessimistes. Les optimistes avaient par ailleurs moins peur d’échouer et cette attitude leur a permis de rebondir plus facilement que les autres.  Le second volet de l’étude a montré que le fait d’avoir une vision optimiste du monde, permettait d’inhiber le fait de penser ne pas être bon dans un domaine particulier.  C’était intéressant de pouvoir mesurer cela scientifiquement car cela  nous aide à envisager de nouvelles réponses face à l’échec scolaire. Il y a bien une relation entre l’optimisme et la résilience et entre l’optimisme, la motivation et la performance.

  • Qu’est ce que la psychologie positive ? En quoi cette discipline est-elle différente des autres champs de la psychologie ?

-La psychologie positive est d’abord une science. En cela elle est différente de la simple « pensée positive « . Les chercheurs s’efforçent de mesurer et de comprendre les mécanismes qui mènent au sentiment de bonheur. Cette discipline est complémentaire des autres champs de la psychologie, car elle se focalise sur les aspects qui contribuent à l’épanouissement et au fonctionnement optimal des personnes. C’est ce qui est novateur, car pendant longtemps la recherche en psychologie était centrée sur les pathologies, la souffrance psychique. Pour 21 études réalisées sur ce thème, une seule était consacrée au bien-être, à la joie et aux bienfaits des émotions positives . La psychologie positive permet de rééquilibrer la balance tout en gardant à l’esprit la prise en charge des troubles psychologiques.

  •  Que nous apprend cette discipline ? En quoi apporte-t-elle une autre vision du monde  ?

-Elle nous propose de focaliser notre attention sur nos forces et pas uniquement sur nos faiblesses. Elle nous aide aussi à comprendre les bienfaits qu’on peut tirer des bonnes choses qui nous arrivent dans la vie et que nous sommes parfois incapables de percevoir parce que nous sommes happés par  la négativité ambiante. En prenant conscience de cela nous ne sommes plus tournés vers  le passé et vers l’inconscient, mais vers l’instant présent et le futur.

  • Lors du congrès, une conférence sera organisée autour du thème de l’éducation. Que démontrent les dernières recherches en psychologie positive en lien avec l’éducation ?

-Des recherches récentes montrent qu’en développant le bien-être des élèves à l’école, nous pouvons les aider à progresser. Nous pouvons également leur enseigner à surmonter un échec, en les aidant par exemple à prendre conscience de leurs monologues intérieurs négatifs. On peut aussi les accompagner en leur proposant de se focaliser sur les solutions. Il existe différents programmes innovants dans ce domaine qui ont montré des résultats très encourageants. Des chercheurs comme Ilona Boniwell en Angleterre ou encore Michael Bernard en Australie, ont développé des programmes autour de l’éducation positive tout à fait intéressants. On constate que près de trois ans après la fin de ce type de programme on peut encore en mesurer les effets positifs sur les élèves.  En France, l’éducation positive pourrait répondre à un enjeu de santé publique, car une part importante de nos adolescents va mal.  Selon la dernière enquête PISA sur le bien-être des élèves à l’école, la France est à la traîne. De nombreux enfants et adolescents français traversent de plus en plus d’ épisodes dépressifs.  Le suicide est l’une des premières causes de mortalité des jeunes en France.  Par ailleurs plus généralement, les Français sont les premiers consommateurs au monde d’anti-dépresseurs et d’anxiolytiques. Une politique volontariste mise en œuvre tôt, dès l’enseignement primaire par exemple, aurait sûrement un impact sur le bien-être psychologique des adultes de demain.

  • En quoi la psychologie positive peut-elle nous aider au quotidien ?

– L’être humain semble s’habituer aux bonnes choses de l’existence. Il ne sait plus les reconnaître à leur juste valeur. La psychologie positive nous aide à prendre conscience de l’impact des émotions positives dans notre vie, mais elle peut aussi nous aider à mieux gérer les aléas de la vie. Elle nous enseigne qu’il est important de se focaliser sur nos réussites plutôt que sur nos échecs, elle peut aussi nous aider à interpréter différemment les évènements auxquels nous sommes régulièrement confrontés.

  •  Que faut-il retenir du fonctionnement humain vu sous l’angle de la psychologie positive ?

-Je dirai que l’être humain a longtemps fonctionné en réaction à des conditions environnementales difficiles. D’une certaine manière, c’est toujours le cas, puisque nos sociétés occidentales sont face à une crise économique que nous semblons avoir du mal à maîtriser. Je pense que l’être humain pourrait apprendre à rééquilibrer sa vision du monde qui l’entoure en regardant ce qu’il y a aussi de positif dans l’existence. A force de regarder les informations ( souvent négatives ) nous ne percevons  plus les belles choses autour de nous, qui existent pourtant.  De mon point de vue, il y a par exemple beaucoup plus de personnes dignes de confiance, gentilles, honnêtes que de personnes qui ne le sont pas. Pourtant, nous avons souvent une tendance à généraliser l’omniprésence “des méchants”.

  •  Comment voyez-vous l’avenir êtes -vous optimiste ?

-Je suis optimiste parce que je considère qu’il y a des solutions pour chacun à chaque niveau de la société. Certes il semble que nous n’ayons qu’un pouvoir limité sur ce qui se passe à l’échelle mondiale, en tous les cas en ce qui me concerne, mais  je considère que beaucoup de choses dépendent de moi : l’attention que je porte aux autres, ma manière de voir les choses. Force est de constater que le bien-être ou le bonheur deviennent des sujets à la mode. Il y a eu des émissions TV, il y a des programmes d’accompagnement qui se mettent en place dans les entreprises, le modèle de la santé semble petit à petit venir compléter le modèle de la maladie et même l’Education Nationale se penche sur les problèmes que rencontrent les élèves afin de proposer des solutions et de comprendre ce qui se passe. Alors oui, les choses me semblent avancer et cela me rend optimiste. On peut être réaliste et optimiste, ce n’est pas contradictoire !

* N’hésitez pas à aller encourager mon amie photographe Isabelle Debraye, qui a joyeusement accepté d’illustrer cet article. Son blog est ici !

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Liens :

-Le programme complet du congrès francophone de psychologie positive de Metz

Comment se protéger de la négativité des autres ?

 » Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d ‘en réaliser quelques-uns. Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d ‘oublier ce qu’il faut oublier.

Je vous souhaite des passions. Je vous souhaite des silences.

Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants. Je vous souhaite de résister à l’enlisement et aux vertus négatives de notre époque.

Je vous souhaite d’être vous « .

Jacques Brel ( 1929-1978 )

 

Photo : Sandra C.

Photo : Sandra C.

Il y a des matins où le simple de fait de contempler le ciel qui s’éveille suffit à mettre mon coeur en joie. J’aime ces matins-là car ils me remplissent d’une énergie certes impalpable mais néanmoins bienfaisante. Le monde m’ apparaît alors chaleureux et accueillant. Je me sens heureuse, vivante, c’est comme si un soleil bien jaune venait se blottir au creux de mon plexus, éclairant de sa lumière rayonnante tout ce qui m’ entoure.

Vous avez certainement vous aussi expérimenté ce sentiment un jour ou l’autre. Malheureusement par un curieux mécanisme que j’ai cherché à analyser, cette belle énergie s’évapore à chaque fois que j’entre en contact avec la négativité des autres. 

Imaginez. Vous vous levez un matin et vous vous sentez enveloppé sans raison particulière d’une belle énergie positive, vous êtes débordant d’optimisme et de foi en la vie. Vous sortez de chez vous et vous vaquez à vos occupations quotidiennes. Et vous voilà à la poste, par exemple. Vous attendez patiemment votre tour, un sourire aux lèvres. Derrière vous, une personne se met à râler, pestant contre cette file d’attente  interminable. Vous essayez tant bien que mal de garder le sourire, mais quelque chose a déjà changé en vous, insidieusement, une vague ombre menace la luminosité de votre soleil intérieur.

Vous continuez votre chemin et vous croisez quelqu’un, une vague connaissance dans la rue, s’en suit une conversation banale :  » Comment allez-vous ? Bien merci, répondez-vous. Vous enchaînez : Et vous ? Et voilà l’autre parti dans une longue plainte listant tous ces petits soucis du moment. Bizarrement à l’issue de cette conversation, vous vous sentez fatigué, vous constatez que votre dos s’est voûté.

Vous arrivez sur votre lieu de travail et là, vous poursuivez vos échanges avec vos collègues. Vous leur racontez que vous comptez déménager. Cette décision vous met en joie et c’est précisément au moment où vous l’exprimez que l’un de vos collègues en profite pour dresser un bilan  effrayant de l’état du marché de l’immobilier, en ne manquant pas de vous rapporter toutes les difficultés  qu’il a lui-même rencontré pour trouver un logement.

Un passage nuageux vient alors subitement obscurcir votre ciel et vous avez bien du mal à y discerner les rayons du soleil. Votre belle énergie positive semble subir de plein fouet une perturbation atmosphérique qui mérite selon moi d’être regardée d’un peu plus près.

Photo : Sandra C.

Photo : Sandra C.

En échangeant récemment avec le président de l’association francophone de psychologie positive, j’ai appris qu’il fallait ressentir au moins trois émotions positives ( joie, satisfaction ) pour neutraliser les effets d’une émotion négative ( peur, tristesse, colère ). Cette information a retenu mon attention.

En réfléchissant ces derniers jours à cela, je me suis rendue compte que les personnes positives et optimistes, sont des proies de choix pour ceux que j’appellerai  » les vampires énergétiques ».

Que nous apprennent la tradition et les mythes sur ces créatures de l’ombre que sont les vampires ? Les vampires vivent la nuit, lorsque les humains vivent le jour. Ce sont en quelque sorte des morts-vivants. Ils se nourrissent de sang humain ( l’énergie ). On peut les reconnaître car leur image ne se reflète pas dans un miroir ( ils n’ont pas conscience d’eux-même ? ) et surtout, fait très intéressant à mes yeux, ils ne peuvent entrer chez quelqu’un sans d’abord y avoir été invité. Et ce dernier élément a subitement éclairé ma réflexion du jour, que je vous soumets à titre tout à fait personnel et en toute humilité, car je ne suis pas diplômée en psychologie, ce qui ne m’empêche pas de chercher des réponses aux questions que je me pose.

Les personnes rayonnantes, remplies d’énergie, optimistes et gaies, disposent d’une énergie vitale qui attire à elles celles qui en ont moins. Les personnes négatives, c’est-à-dire des personnes  qui ne cessent de se plaindre, qui ruminent constamment  leurs échecs, qui sont incapables de se réjouir pour l’autre, celles qui voient toujours le verre à moitié vide, quel que soit le sujet de discussion, sont inconsciemment à la recherche de cette énergie vitale. La plupart du temps elles sont à mes yeux ignorantes de ce processus. Espérer les convertir sans leur accord à une vision positive de l’existence est une cause perdue d’avance, car elles restent enfermées dans leurs expériences négatives passées et voient le monde à travers ces filtres.

Le grand défi des personnes positives serait donc de rester positives malgré la négativité des autres. Il faut donc apprendre à se protéger. Et pour arriver à faire cela il est nécessaire de mettre en place une sorte de bouclier. Pour repousser une personne négative, le collier d’ail vanté par les mythes et les légendes peut être une option, mais elle est difficile à mettre en pratique de nos jours.

Ce que nous pouvons peut-être faire, en revanche, c’est  ne pas donner notre entière attention à la négativité des autres, car en accordant notre pleine attention aux paroles négatives, nous invitons  sans le savoir le vampire dans notre espace intérieur. Et une fois qu’il est entré, nous voilà bien démunis face à lui.

En restant centrés sur notre bien-être intérieur, grâce à la respiration, entre autres, nous renforçons le pouvoir de notre bouclier protecteur. Si nous ne pouvons pas agir sur les émotions négatives diffusées par les autres, nous pouvons peut-être en revanche décider consciemment de ne pas les laisser entrer en nous. C’est d’ailleurs ce que propose l’Américaine Judith Orloff, professeur de médecine pionnière de la psychiatrie énergétique qui a écrit un chapitre sur ce sujet dans son ouvrage «La liberté émotionnelle» (Ariane Editions, 2009). Dans ce livre elle propose différents outils très simples pour  justement tenir à bonne distance les ondes négatives. ( Voir le lien proposé à la fin de cet article ).

Les personnes négatives nous enseignent malgré tout aussi une chose très importante : il est bon de faire régulièrement le tri dans nos relations, en privilégiant les interactions avec des personnes qui cultivent le positif, car ainsi  nous renforçons l’énergie positive qui est déjà présente en nous.

Les chercheurs en psychologie positive nous apprennent que nous pouvons cultiver notre énergie positive en savourant les petits plaisirs de la vie. Ils nous expliquent également qu’en renforçant notre bien-être intérieur nous renforçons par la même occasion notre système immunitaire. Nous sommes donc responsables de notre bonheur !

Si vous êtes doté d’une nature optimiste alors vous avez hérité d’un cadeau dont il faut savoir prendre soin.  Toutefois si ce n’est pas le cas, pas d’inquiétude, de récentes découvertes ont démontré que nous pouvons apprendre à le devenir.

Je vous en parlerai prochainement, car en m’intéressant à la psychologie positive, j’ai découvert des chercheurs passionnants, qui ont démontré scientifiquement ce que nous expérimentons parfois intuitivement dans la vie de tous les jours.

Lorsqu’un rayon de soleil s’invite dans notre espace intérieur, honorons-le comme un don précieux. C’est un cadeau que la vie nous offre et notre devoir est d’en prendre soin.

A méditer ! Et n’hésitez pas à partager vos réflexions personnelles  !

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Pour aller plus loin :

Un article très instructif sur le sujet publié dans le journal suisse « Le matin «