Et si on passait à l’action ?

 » L’action est l’antidote au désespoir «  Joan Baez

Photo : Isabelle Debraye

Photo : Isabelle Debraye

Il y a quelques jours, j’ai découvert  un article publié dans le journal Le Monde  qui dressait un état des lieux vraiment effrayant du moral des Français. Cet article s’appuyait sur le résultat d’un récent sondage qui indiquait que 1 français sur 2 considérait « le déclin de la France inévitable« , en raison de la crise. Par ailleurs 72 pour cent des personnes interrogées estimaient que  » le système démocratique fonctionnait mal » et 87 pour cent estimaient que « la France avait besoin d’un vrai chef pour remettre de l’ordre ». Pessimisme, repli sur soi, xénophobie, dérive autoritaire sont les ombres qui menacent en ce moment même notre pays. Il paraît bien loin aujourd’hui le fameux siècle des Lumières.

Alors faut-il se résigner ? Abandonner tout espoir ? Se laisser aller à la morosité et à la peur ? Ou est-il possible d’inverser le sens du courant, par la simple force de notre pensée et de nos actions individuelles, aussi minimes soient-elles ?

J’ai trouvé les réponses à mes questions grâce à un site français qui met en avant les initiatives positives de héros ordinaires.

www.onpassealacte.fr propose des interviews de gens comme vous et moi, qui un jour, ont décidé de mettre leurs peurs au placard, pour vivre leur rêves et pour agir en harmonie avec leur conscience et le coeur.

C’est le cas de Nathalie par exemple, elle a instauré une pédagogie du bonheur dans sa classe et elle explique comment elle a réussi cette prouesse au sein d’une école publique française !

 

Cette interview a été réalisée par le créateur de onpassealacte.fr. Il s’appelle Mathias Lahiani, il a 39 ans et vit à Montpellier dans le sud de la France. Il a créé ce projet associatif, il y a 8 ans et depuis il a diffusé sur son site près de 270 vidéos positives et inspirantes.

Comme d’habitude j’ai voulu en savoir plus. Très chaleureusement, il a accepté cet entretien et je l’en remercie !

Rencontre avec un homme d’action, rêveur et engagé !

Mathias Lahiani

Mathias Lahiani

– Bonjour Mathias. Peux-tu nous raconter comment tu as décidé, il y a 8 ans de créer l’association onpassealacte.fr ?

– Ce projet est d’abord un projet personnel et existentiel, car je ne suis pas journaliste. Dans la vie, je suis musicien, j’ai créé un studio d’enregistrement Le labo de Cécile et c’est ce qui me fait vivre aujourd’hui. Tout a commencé, il y a 8 ans, mais j’ai créé le site de journalisme positif il y a seulement 2 ans. Cela répondait à une quête profonde de sens. On s’imagine que le milieu artistique est poétique, en fait c’est tout le contraire. C’est un milieu très narcissique où la compétition fait rage. C’est chacun pour soi. J’avais besoin de savoir si le monde, c’ était vraiment ça. Sans doute pour me rassurer. J’avais besoin d’élargir ma vision, j’ai donc décidé de me nourrir de rencontres positives et inspirantes pour aller au bout de ma recherche philosophique. Je n’arrêtais pas de me poser cette question : que font les êtres humains, lorsque leurs besoins liés à la survie sont satisfaits ? J’ai commencé à observer mon entourage. J’en ai beaucoup discuté avec un couple d’amis. Ils avaient décidé de voyager et d’être utiles avant d’avoir des enfants. Et ils sont partis deux ans faire le tour du monde des orphelinats, avec leurs instruments de musiques. C’est l’un des premiers témoignages que j’ai posté sur le site. Souvent ce sont des amis qui me parlent de telle ou telle personne et je la sollicite pour une interview. J’ai fait des rencontres magnifiques de cette manière là.

– Quelles sont les rencontres qui t’ont marqué ?

-Simone, sans hésiter. C’est la grand-mère d’un ami. A 70 ans, elle a décidé de faire le tour de l’Inde à vélo et c’est comme cela qu’elle a choisi d’offrir son aide à des orphelinats, sur les pas de Mère Teresa. Elle est fantastique. Aujourd’hui elle a 83 ans et elle respire la joie de vivre. La joie, le bonheur c’est justement ce que trouvent tous les gens que j’ai rencontré et qui sont passés à l’action. Il y a visiblement un enthousiasme, une excitation, une énergie qui nourrit les gens qui vont au bout de leurs rêves. Dès qu’ils s’engagent dans un projet auquel ils croient ils sont nourris par l’énergie de leur enthousiasme. Personnellement cela m’a rassuré. Cela m’a donné une autre vision de l’être humain. Je sais aujourd’hui que ce n’est pas seulement  chacun pour soi. La plupart des gens que j’ai rencontré s’engagent pour les autres, d’une manière ou d’une autre. Ce sont parfois des initiatives qui peuvent paraître minimes, mais elle existent et c’est tout ce qui compte. Et puis ce que j’ai constaté c’est que à partir du moment où l’on donne du sens à sa vie, la magie opère.

– Quels sont tes projets pour l’avenir ? Et quels sont tes besoins ?

– D’abord ce projet me tient vraiment à coeur. J’ai envie de le défendre et de le développer. Pour l’instant je réalise les vidéos et je les monte tout seul, j’aimerais pouvoir m’entourer de personnes qui   aimeraient s’investir dans l’aventure et qui aimeraient m’aider à faire le montage, par exemple. J’aimerais aussi rémunérer des personnes pour développer la communauté. On compte 4000 visites mensuelles sur le site, donc il y a encore une marge de progression. Pour pouvoir développer ce projet, il faudrait donc des fonds. Je suis allé toqué aux portes des collectivités, et des fondations mais aucune n’a suivie. A chaque fois on me dit que mon projet est  » trop transversal « . Pourtant la vocation de ce site est de créer du lien, il met en valeur l’engagement citoyen. Je ne comprends pas pourquoi cela n’intéresse pas les institutions. Je réfléchis donc à la mise en place de partenariats avec des entreprises privées. J’ai aussi envie de faire un tour de France et un tour du monde des initiatives positives que je diffuserai sous la forme d’un web-documentaire. Ce qui est sûr c’est que je ne m’arrêterai pas là. Ce projet m’a permis de me sentir à nouveau en harmonie avec moi-même. Ma foi et ma conviction sont plus fortes que jamais !

NDLR : Si vous avez envie d’aider Mathias, en lui suggérant des idées ou en le mettant en relation avec des financeurs potentiels en Languedoc-Roussillon ou ailleurs n’hésitez pas ! Grâce à l’un d’entre vous peut-être , ce projet pourrait reprendre un nouveau souffle ! Si la philosophie de Mathias vous parle n’hésitez pas à entrer en contact avec lui !

Liens pour aller plus loin :

Pour contacter Mathias : info@onpassealacte.fr

Une expérience sur la motivation !

« Motiver, c’est inverser le sens de l’énergie. » de François Proust

Vous avez tous en tête ces messages matraqués dans les médias qui nous incitent à manger 5 fruits et légumes par jour et à faire du sport parce que c’est bon pour la santé. Nous ne sommes pas idiots, nous savons bien ,évidemment, que nous serions en meilleure forme si nous faisions plus d’exercice. Mais bien souvent nous avons du mal à nous motiver à faire tout cela. Nous réagissons peut-être aussi à une forme d’oppression : il faut faire ceci ou cela et en réaction, nous ne le faisons pas.

A Stockholm en Suède, on a pris le problème autrement. Dans la vidéo ci -dessous  des ingénieurs se sont demandés comment inciter les gens à prendre les escaliers plutôt que l’escalator afin qu’il fassent un peu plus d’exercice sans s’en rendre compte. La réponse est édifiante : en les amusant ! Et voyez par vous-même : les résultats sont étonnants !

« Encouragez l’innovation. Le changement est notre force vitale, la stagnation notre glas. »  David M. Ogilvy, publicitaire britannique

Source de la vidéo : http://www.thefuntheory.com/

Lien pour aller plus loin: 

Tout savoir sur ce qui nous motive

Les pionniers du nouveau monde !

« Aucun journaliste ne sait plus ce qu’est une bonne nouvelle. » Le Dalaï Lama

télé

C’est un fait. C’est même devenu une ligne éditoriale. Nos journaux TV nous abreuvent au quotidien de ce qu’il y a de pire en ce monde. Loin de moi l’idée de dire qu’il ne faudrait plus traiter ni les guerres, ni les faits- divers, ni les scandales politico-financiers. Je m’interroge simplement sur la part qui est faite dans nos journaux à ses sujets. Et il faut bien constater que la balance entre les informations positives et négatives penche plutôt du côté du négatif. Cela ne laisse pas le téléspectateur indemne. C’est d’ailleurs la thèse que défend  le psychiatre lyonnais Patrick Lemoine dans son livre Le mystère du Nocébo, où il écrit » Certes, donner de faux espoirs est dommageable, mais ne jamais fournir d’informations optimistes peut aussi provoquer des désastres sanitaires . » Il explique dans ce livre que le  flux continu d’informations catastrophes a un impact sur notre santé et notre système immunitaire. Heureusement, au sein même de la profession de journaliste, des pionniers ont déjà ouverts la voie à une autre vision du traitement de l’information. Catherine Berthillier fait partie de ceux-là. Et j’adhère à 200 pour cent à sa vision des choses.

Catherine Berthillier, créatrice de Shamengo

Catherine Berthillier, créatrice de Shamengo.com

Catherine Berthillier est journaliste en France depuis près de 20 ans. Grand reporter elle a collaboré à de nombreux  magazines d’info tels que  Envoyé spécial ou des Racines et des ailes. Elle a longtemps réalisé des enquêtes de société à travers la planète. Elle était alors portée par l’idée que le rôle d’un  journaliste était avant tout de dénoncer les injustices et de mettre en lumière ce qui ne tournait pas rond dans ce monde.  Il y a trois ans pourtant, elle a décidé de changer de regard sur son métier. Lassée de décrire les problèmes de la société, elle a choisi de mettre en valeur les personnes qui oeuvrent chaque jour pour améliorer les choses.

Elle a créé le site shamengo.com pour donner la parole à  ceux qui participent au quotidien à la construction d’un monde meilleur. Elle réalise des portraits de pionniers, d’ inventeurs, d’ entrepreneurs sociaux à travers le globe. Elle nous offre ainsi une vision résolument positive d’un monde en mutation, dont on sait si peu de choses. Rencontre avec une pionnière du « Nouveau Monde « .

 

-Bonjour Catherine. Qu’est ce qui vous a  poussé à créer le site shamengo.com ?

-Il y a 3 ans, j’étais en Inde pour un sujet. Au cours de ce reportage je me suis retrouvée dans un petit village isolé qui n’avait pas l’électricité. J’ai observé que des enfants jouaient avec des petites lampes solaires. Ils étaient fascinés par ces lampes. Cela m’a tout de suite intéressée. Je me suis rendue compte que dans ce village perdu, la lumière était arrivée par le biais d’une technologie à la fois simple et innovante. J’ai voulu en savoir plus. J’ai appris que le créateur de ces lampes  portables à énergie solaire était un entrepreneur indien, Amit Chugh. Un parfait inconnu en Europe et pourtant son invention a révolutionné la vie de milliers d’habitants en Inde. J’ai eu envie de le mettre en valeur. Je me suis dit qu’on ne donnait jamais la parole à ceux qui apportent des solutions innovantes. On peut dire que c’est à ce moment là que ma  » conversion  » a eu lieu. Il y a eu une réelle prise de conscience.

Comment envisagiez-vous votre métier avant cette prise de conscience ?

-Avant, en tant que journaliste, je n’étais pas vraiment dans cet état d’esprit. Pour moi un reporter, un réalisateur de documentaire était avant tout là pour faire de l’investigation et pour dénoncer les injustices. C’est indispensable de faire de l’investigation, c’est laborieux , mal payé, mais nécessaire. J’ai adoré faire cela. Mais je me suis rendue compte que j’étais arrivée au bout d’un cycle à titre personnel. Je n’avais plus envie d’être dans cette confrontation brutale. J’avais besoin de développer une énergie plus constructive et j’ai choisi de me concentrer sur les solutions.  J’ai ensuite décidé de mettre mes compétences de grand reporter et mon réseau de contact au service de ces pionniers qui oeuvrent dans l’ombre. C’est ce qui m’a poussée à créer ma société de production Kaïa Prod et à fonder le site shamengo.com.

– Comment avez-vous réussi à monter ce projet  ?

-Au départ je suis partie sonner à la porte des chaines de télévision  avec un projet d’émission qui mettrait en lumière ces pionniers et leurs solutions innovantes. Aucune n’a accepté ce projet. On m’a dit que les sujets positifs ne feraient pas d’audience. Il ne faut pas se voiler la face : les grandes chaînes de télévision ont besoin des recettes publicitaires pour vivre. Les reportages qui font  appel aux bas instincts de l’homme font plus d’audience que les histoires positives. C’est comme ça. Mais cela ne m’a pas empêché d’aller au bout de mon projet. J’ai monté un partenariat avec la MGEN, une société d’assurance. C’est ce qui permet de financer nos frais de déplacement pour réaliser des interviews à travers le monde. J’ai auprès de moi une équipe motivée qui accepte d’être moins payée qu’ailleurs parce que ce que nous faisons a du sens.

-Qu’est ce que propose exactement votre site shamengo.com ? 

-C’est une plateforme qui propose de portraits de pionniers dans les domaine de l’économie, de la technologie ou même du bien-être. Nous réalisons des reportages  que nous diffusons sur notre site. Nous en avons déjà réalisé une centaine. Notre objectif est d’en proposer mille.  Nous mettons en ligne une vidéo par semaine. Cette vidéo est également diffusée sur LCI, l’un de nos partenaires.  A partir du mois de  janvier nous souhaitons proposer des versions longues de nos rencontres. Et nous souhaitons également créer une plateforme collaborative entre nos pionniers et le grand public. L’idée serait de mettre en réseau nos inventeurs à travers le monde et des écoles ou des collectivités. Par définition les pionniers sont souvent isolés. Ils ont besoin d’être encouragés. L’idée est de créer du lien, de fédérer des énergies autour de projets  positifs,  innovants et utiles dans  de nombreux pays. Certains de ces pionniers  sont déjà connus dans leurs pays , mais sont totalement inconnus en dehors. Ce qui les relie tous c’est qu’ils ont eu une idée insolite, une idée altruiste qui permet de faire bouger les lignes et qui va à l’encontre du fatalisme économique car elle peut apporter des solutions à moindre coût.

-Qu’est ce que ces pionniers nous enseignent sur l’état actuel du monde  ?

-Il y a une formidable créativité dans les pays en voie de développement. Dans cette partie du monde de nombreuses personnes cherchent des solutions car les défis à relever sont nombreux. Les pays en voie de  développement n’ont pas le choix. Je crois que les valeurs de l’occident, basée sur la compétition et la domination du système financier vont peu à peu être remplacés par d’autres valeurs : la collaboration, l’altruisme, l’innovation, l’harmonie avec la nature.  On constate que dans nos pays occidentaux nous sommes encore frileux face à certains choix, mais si les décisions ne sont pas prises en Europe, d’autres les prendront ailleurs. L’économie de demain naîtra dans les pays émergents, j’en suis convaincue.

-Aujourd’hui que vous a apporté ce projet sur le plan personnel ?

-Je suis très heureuse. C’est peut-être très égoïste mais mon plus grand bonheur c’est lorsque des personnes viennent vers moi et me disent qu’elles veulent rejoindre cette aventure. Nos moyens sont limités, mais notre motivation personnelle amène tant d’émotions positives que cela compense largement le manque d’argent. Ce que j’aime, c’est donner du sens à ma vie, en aidant à ma façon les autres. C’est peut-être une toute petite contribution mais j’ai l’impression que ce que nous faisons à notre modeste niveau permet de faire bouger les lignes et contribue à créer le monde de demain. Je crois que nous arrivons à la fin d’un cycle et j’ai envie de participer à l’émergence d’un monde nouveau.

Liens pour aller plus loin :

-3000 personnes aiment déjà Shamengo sur facebook et vous ?

 Une autre interview de Catherine Berthillier 

-Une interview du Dr Lemoine comment le mental agit sur notre santé physique !

Et si l’intelligence collective pouvait changer le monde ?

Il y a quelques semaines, ma route a croisé celle d’Audrey Jammes à Paris. Cette jeune diplômée française a suivi un MBA Managment à l’Université Laval de Québec au Canada. Initiée aux systèmes d’intelligence collective, elle a consacré son mémoire à l’innovation participative. Elle a conforté une intuition qui trotte dans ma tête depuis toujours : la collaboration est plus efficace à long terme que la compétition !

L’intelligence collective  c’est quoi ?

C’est le chercheur Jean -François Noubel qui a défini cette notion. L’idée est que dans des groupes humains  (de la tribu, en passant par l’équipe sportive ou l’entreprise ),  la répartition des tâches se fait naturellement en fonction des talents de chacun. Lorsque les conditions sont réunies pour favoriser cette collaboration naturelle, émerge alors une  sorte d’énergie supérieure au groupe qui naît de l’harmonisation de la créativité de chacun. Les individus travaillent alors ensemble pour un objectif commun.

L’intelligence collective s’observe principalement chez les insectes sociaux (fourmis, termites et abeilles), les animaux se déplaçant en formation (oiseaux migrateurs, bancs de poissons) et, dans une moindre mesure, les mammifères sociaux chassant en meute (loups, hyènes, lionnes). Les points communs de ces diverses espèces sont exactement ceux qui caractérisent l’intelligence collective. Cette définition fait écho à  l’être humain qui est aussi  un animal social. Il a besoin fondamentalement de lien. Il s’épanouit lorsqu’il se sent utile et lorsqu’il aime ce qu’il fait.

Audrey Jammes est consultante et experte en intelligence collective des organisations. Au quotidien son métier consiste à développer la créativité  dans une équipe de travail. Elle propose aux entreprises d’appliquer les principes de l’intelligence collective dans le but de de stimuler l’innovation. Selon elle, pour qu’un groupe fonctionne et soit créatif,  il est important que les relations interpersonnelles soient bienveillantes.

«  Les idées nouvelles  ne peuvent pas naître dans un espace où les propositions de chacun sont constamment jugées « , précise Audrey. «  Il est important lors des réunions d’apprendre à parler au « je « . Lors des brainstorming on a tendance à évaluer les propositions des autres de manière automatique à grand renfort de c’est génial ou de pas terrible. Du coup en réagissant ainsi, on va forcément exclure ceux qui ne partagent pas les idées  du groupe. C’est ce qui fait que bien souvent dans certaines réunions, de nombreuses personnes ne s’expriment pas, par peur de s’opposer à la majorité. Si on suit les enseignements de l’intelligence collective, en revanche, on privilégie un tour de table où chacun rebondit sur les idées des autres ! Cela nécessite une bonne qualité d’écoute! On sort alors du rapport de force, de la lutte pour le pouvoir et on peut vraiment construire collectivement un projet, avec les idées de chacun « , développe la jeune consultante.

Audrey constate que cette façon de procéder rencontre des résistances dans les entreprises françaises.  » Nous vivons en France dans une culture où la hiérarchie est très importante« , observe-t-elle. Elle se souvient de ce dirigeant  qui ne voyait pas l’intérêt d’ inclure les agents d’entretien dans le projet de l’entreprise. » Ces patrons ont du mal à déléguer les tâches et à faire participer chaque salarié dans la vie de l’entreprise« , précise-t-elle.

Les conditions qui favorisent l’innovation !

 » Innover ce n’est pas avoir une nouvelle idée, c’est arrêter d’avoir une vieille idée »

 Edwin Hebert Land inventeur et physiscien.

Dans un monde en constante mutation, l’innovation est la seule manière pour les entreprises de s’adapter à un marché de plus en plus concurrentiel. Pour faire émerger des idées innovantes, il faut pouvoir créer les conditions favorables à l’expression de la créativité. Alors comment faire pour permettre à des idées nouvelles de naître ? Certaines entreprises particulièrement innovantes comme Google appliquent déjà  certains  principes. Ces entreprises ont compris que mettre ses salariés sous pression était contre-productif.

 » Du coup ces entreprises laissent du temps à leurs employés, ils travaillent dans un espace agréable où tout est fait pour encourager des pauses. Il n’y a pas la pression du résultat et cela stimule la créativité« , explique Audrey Jammes.

Mais l’innovation ne s’arrête pas au seuil de l’entreprise. Une société humaine peut aussi évoluer grâce à de nouveaux courants de pensée artistique ou scientifique. Et on constate que ces sauts de conscience se produisent lorsque des personnes partageant les mêmes valeurs se regroupent pour développer et diffuser des idées nouvelles.

Selon le journaliste et écrivain américain Kevin Kelly : “Nous devrions considérer les idées comme des connexions entre les neurones de notre cerveau, comme entre les gens. Les idées ne sont pas des choses en elles-mêmes. Elles s’apparentent plus à des écologies ou à des réseaux. Elles voyagent en groupe.

Kevin Kelly est un journaliste et écrivain américain basé  à Pacifica, une petite ville côtière au sud de San Francisco en Californie. Il a contribué au lancement du magazine Wired dont il a été le rédacteur en chef pendant 7 ans dans les années 90. Il a écrit pour le New York Times , The Economist , et  le Wall Street Journal. Il est l’auteur d’ Out of Control et de différents best-sellers dans lesquels il développe de nouvelles règles pour une  nouvelle économie. Son site web est ici www.kk.org . Et j’y ai trouvé plein de choses intéressantes !

Cela nous enseigne l’ importance du réseau. Il est essentiel de se regrouper par centres d’intérêts et de valeurs pour commencer à créer les conditions favorables à l’innovation et à l’émergence de nouvelles idées. Il semble également important de nouer des relations authentiques et bienveillantes pour créer l’espace où chacun pourrait  s’exprimer. Les cerveaux connectés comme des ordinateurs  pourraient ainsi mettre en commun leur capacité de stockage et d’analyse, ce qui serait plus efficace et plus puissant.

Internet nous offre déjà la possibilité de nous relier quelque soit le lieu où nous vivons sur cette planète. Je constate régulièrement que mes amis blogueurs qui partagent mes passions, écrivent régulièrement sur des sujets qui font écho aux miens, au même moment, alors que nous ne nous concertons  pas et que nous vivons dans des pays différents ! Et cela renforce et nourrit notre inspiration collective.

Alors regroupons- nous, inspirons-nous les uns des autres, et nous changerons peut-être le monde  !

 » Rien dans l’univers ne saurait résister à l’ardeur convergente d’un nombre suffisant d’intelligences regroupées et organisées »

Theilhard de Chardin