Comment trouver son chemin ?

 » Il faut parfois toute une existence pour parcourir le chemin qui mène de la peur et l’angoisse au consentement à soi-même. À l’adhésion à la vie. »  Charles Juliet

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C’était l’année dernière. En septembre, plus précisément. Je venais de m’installer à Paris, de quitter un poste et une vie qui ne me convenaient plus pour plonger la tête la première dans l’inconnu. Je marchais dans la rue près de chez moi, quand mon regard a été happé par ce message inscrit au sol. Il semblait avoir été écrit pour moi, tant il résonnait avec ce que je vivais. Je venais d’arriver à Paris et hésitais à suivre un projet professionnel qui sur le papier semblait riche de promesses, mais qui au fond ne me satisfaisait pas pleinement. Le message était clair. Je n’étais pas sur le bon chemin.  Mon coeur le savait déjà, mais ma tête refusait de l’entendre. Il a fallu quelques pas dans cette rue un matin de septembre pour réconcilier ma raison et mon intuition. « Dans la vie il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous » , nous dit le poète Paul Eluard.

Les mots des poètes ne sont pas justes beaux à écouter, ils ont vraiment du sens. Alors j’ai écouté ces mots laissés par un poète inconnu sur un bout de trottoir parisien avec attention et quelque chose en moi s’est détendu. J’ai donc refusé ce projet qui au fond ne me convenait pas mais auquel je m’accrochais car il n’y a rien de pire que l’incertitude. Dire non, sans savoir si autre chose de mieux se présentera est source d’anxiété. Nous sommes habitués à vouloir contrôler notre vie. Depuis deux ans que j’anime ce blog la révolution intérieure, j’ai appris pourtant, que s’attendre au meilleur crée des miracles. Alors j’ai fait un pas de plus vers la confiance. J’ai dit non à ce projet et je pense que j’ai bien fait.

Savoir ce qu’on ne veut plus est une chose plutôt facile à identifier. Tout votre corps dit stop. Arrive un moment où l’incohérence entre  qui on est et ce que l’on fait devient si insupportable que toute votre âme dit  » non « . Il n’y a plus d’envie, il n’y a plus de vie tout court. Tout en vous se serre. La gorge, le coeur, le ventre. Tout votre corps crie : » ça suffit ! » C’est ce  qui m’est arrivée un an auparavant.

J’étais journaliste, j’occupais un poste très bien rémunéré au sein d’une télévision régionale publique, je bénéficiais de la sécurité de l’emploi. Un statut en or que de nombreuses personnes m’auraient enviée. Pendant des années, j’ai travaillé à ce poste sans me poser de questions, heureuse d’avoir atteint l’un de mes objectifs de vie. Je bénéficiais de la sécurité de l’emploi et j’exerçais le métier qui me plaisait. J’aurai dû être heureuse. Accomplie. Remplie d’énergie. Cela a duré un temps.Et puis au fil des années quelque chose a changé.

J’ai commencé à m’intéresser à des tas de sujets : la psychologie, le développement personnel. J’ai travaillé sur moi. Beaucoup. J’ai appris à me connaître mieux, à m’accepter, à m’apprivoiser, à prendre conscience de mes besoins et de mes valeurs profondes. Ce genre de travail n’est pas sans conséquences, il bouscule votre petit monde intérieur et arrive un moment où si l’extérieur ne reflète pas ce changement, un conflit intérieur se met en place.

Pendant des années, j’ai été coupée en deux. Ma tête m’indiquait une direction, mon coeur me murmurait autre chose. J’ai mis du temps à vraiment écouter mon coeur. Je ne me fiais qu’à mon intellect, totalement déconnectée de mes émotions et de mes aspirations, je suivais la route qu’on m’avait apprise à suivre. La voie de la raison. Le problème c’est qu’au bout d’un moment, la raison ne vous aide plus. Le coeur sanglote de ne pas être entendu. Et la souffrance s’installe, sans que votre intellect ne comprenne pourquoi. Et puis un jour quelque chose s’est passé et a amorcé un changement qui allait s’avérer radical.

Un jour donc où je me rendais sur le terrain pour réaliser un reportage tout à fait banal à la demande d’un de mes chefs, quelque chose de déterminant s’est manifesté en moi. A peine arrivée sur le lieu du reportage, j’ai commencé à sentir monter en moi une angoisse terrible qui m’a coupée le souffle. C’était totalement irrationnel. J’avais déjà fait ce genre de reportage des centaines de fois, sans me poser de questions, en bonne élève, j’éprouvais la satisfaction du devoir accompli. Mes chefs étaient contents de moi, c’était l’essentiel. Mais ce jour là, cette angoisse asphyxiante a pris toute la place. Et ce que j’entendais en moi disait : » Si tu continues, tu vas mourir « . Ce ne sont pas des mots anodins.  A ce moment, j’étais si fébrile, que je n’ai pas eu d’autre choix que  de m’asseoir en  laissant le soin à mon collègue caméraman de faire les images nécessaires à notre reportage . Et c’est là que mon collègue que ne je remercierai jamais assez, a fait une chose totalement irrationnelle lui aussi et que j’ai découvert une fois rentrée au bureau, en salle de visionnage.

Ce moment est resté gravé en moi. Alors que je regarde les images de ce sujet, une autre image est apparue.  C’est moi.  Je suis assise sur la marche d’un escalier, recroquevillée, les yeux vides, le visage pâle comme une vierge morte. Et cette image de moi-même habitée par l’angoisse m’a fait l’effet d’un électrochoc.

Nous vivons tous des moments d’angoisse à un moment ou à un autre, mais nous nous prenons rarement en photo à ce moment là. La sensation d’anxiété est avant tout une sensation intérieure, que l’on perçoit avec les yeux du dedans. Me voir dans cet état avec le recul de l’observateur a été une chance. Je me suis dis :  » Tu ne peux pas continuer à faire ça comme ça « . Quelque chose devait changer.

J’ai compris que le message intérieur qui venait à moi ne devait pas être négligé. Il était vital. Pourquoi mon collègue avait- t-il fait cela ? Pourquoi me filmer à ce moment là ? Lui-même n’a jamais su me l’expliquer. Il a agi comme par réflexe. Et m’a offert une belle occasion d’avancer sur mon chemin. J’ai donc  appris à dire non. Plusieurs mois après cette expérience, je négociais mon départ de cette entreprise et décidais de m’installer à Paris. Nouvelle vie. Nouvelles perspectives. Nouveaux défis. Une multitude de chemins possibles. Mais comment trouver le bon ?

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Marcher tout droit ?

La vie serait tellement plus simple, s’ il suffisait de suivre une ligne droite pour arriver à la plénitude. Notre éducation nous enseigne qu’ en respectant les règles nous arriverons à la réalisation : bien travailler à l’école, être discipliné, collectionner les diplômes, répondre en bon petit soldat aux demandes de nos supérieurs. Tout cela devrait suffire à nous épanouir.  Il suffit d’observer la réalité du monde du travail pour comprendre à quel point ce n’est pas  vrai. Des sur-diplômés ne trouvent pas d’emploi. Des employés dévoués qui ne comptent pas leurs heures ne sont jamais augmentés. Le sacrifice amène rarement à la reconnaissance. Quelque chose cloche entre la théorie et la pratique. L’expérience de la vie nous enseigne bien plus de choses.

Un chemin tout tracé nous éviterait bien des errances. Si les choses se passaient comme elles devraient se passer en théorie alors il n’y aurait pas de drames, pas de souffrances. Un chemin tout tracé n’est-il pas l’assurance de la sécurité maximum ?

Si je suis cette ligne droite, il ne pourra rien m’arriver. D’ailleurs en existe-t-il une autre ? C’est peut-être probable mais il est risqué de sortir du cadre et de faire un pas de côté pour aller explorer le reste du monde pour la trouver. Et pourtant.  Tous les explorateurs font l’expérience de la peur. Leur courage est à la hauteur de leur angoisse d’affronter seul l’inconnu.

Qu’est- ce qui pousse les explorateurs à tenter l’aventure malgré tout ? L’inconscience ? Ou la conscience ? La conscience qu’un autre monde existe , une autre vie, une autre façon d’être au monde, un autre chemin qui mène à une terre fertile et abondante ? Comment en être sûr ? Il n’y a aucune certitude. Il faut donc apprendre à faire confiance ou s’arrêter. Mourir d’immobilisme ou mourir de peur ? A chacun de choisir sa mort. Quoiqu’il arrive, quelque chose va mourir.

Tout changement  entraîne la perte de repères, la déconstruction de nos croyances. Quelque chose doit mourir, pour que quelque chose d’autre puisse renaître. Je dis bien renaître et pas naître. Car tout est déjà en nous. Et tout le chemin consiste finalement à accoucher de cette autre partie de nous, qui désire être en cohérence avec le monde.

On peut l’appeler comme on veut. Moi je l’appelle l’âme. J’utilise ce mot en dehors de tout courant religieux spécifique. Le mot âme vient du latin anima qui signifie « animé« . Laisser parler l’âme , c’est libérer la voix de ce qui nous anime en profondeur. Le dictionnaire Larousse nous éclaire encore davantage avec cette définition :  » L’âme est le siège de l’activité psychique et des états de conscience de quelqu’un, ensemble des dispositions intellectuelles, morales, affectives qui forment son individualité, son moi profond ; esprit, intellect, cœur, conscience « .

L’âme est unité, pas séparation. Peut-être que le chemin consiste à relier des points lumineux pour lui faire de la place dans ce monde. Après avoir dit non à quelque chose, il est  nécessaire de dire oui à quelque chose d’autre. Pas un oui timide mais un oui qui vient du coeur. Le oui du coeur, c’est le cri de joie de l’âme.  Cela explose en-dedans comme un soleil. Cela éclaire vos yeux d’une étrange lumière. Il n’y a que les enfants qui offrent ce rayon au monde en toute innocence. C’est la lumière de l’émerveillement. De la joie pure.

Une fois approuvée l’idée du oui il faut cependant encore répondre à cette question : un oui d’accord, mais un oui , à quoi ?

 

Un petit pas lumineux

Un petit pas lumineux

Depuis ce  » non  » qui m’a invitée à respecter le rythme de ma quête intérieure de sens, de nombreuses choses positives se sont présentées dans ma vie. Le chemin que j’emprunte est toujours incertain, mais sur la route, des puits de lumière m’ont confortée dans l’assurance que j’avais fait le bon choix.

Cela ne signifie pas que le voyage est facile. Je prends des détours, j’avance, je recule, je me perds et d’un coup je retrouve ma route, comme si des anges bienveillants s’arrangeaient pour me faire rencontrer certaines personnes au bon moment juste pour m’aider à avancer. La liste des rencontres improbables et essentielles ne cesse de s’allonger.  La magie de la vie se déploie à mesure que je fais de la place à mon coeur.

La vie m’a fait de jolis cadeaux sur le chemin et en même temps j’ai été obligée avant de récolter ces fruits d’abondance de passer par une période de chaos où tous mes schémas se sont effondrés.  Il me faudrait plus d’espace pour tout vous raconter. Cela viendra sûrement.

Honnêtement, quand j’ai créé ce blog la révolution intérieure, j’avais surtout besoin d’air, d’oxygène pour laisser libre cours à ma curiosité, à mon inspiration, à ma quête de sens. Je ne pensais pas une seconde à cet instant que ce titre « la révolution intérieure  » qui s’est présenté à moi , -un matin au réveil comme une évidence-, j’allais par la suite le vivre en profondeur dans différents  aspects de ma vie : sur le plan professionnel ET personnel. Mais c’est une autre histoire. Ou plutôt le prolongement de celle-ci. Et cet article est déjà bien long. Alors je vais m’arrêter là.

Tout ce que je peux vous dire, c’est que je suis pour le moment toujours journaliste. Je collabore avec un magazine positif et inspirant : Happinez. Vous pourrez lire certaines de mes contributions dans le numéro de juillet.  D’autres projets sont en cours et même incertains ils remplissent déjà mon coeur de joie. J’y crois ! Je crois qu’il est possible de vivre la vie qui nous ressemble !

Ce que je sais aujourd’hui c’est que l’artiste en moi à besoin d’exister. Créer est devenu pour moi aussi vital que respirer. Si vous me suivez sur Facebook vous comprendrez mieux mes inspirations du jour ! J’aime tant écrire ! J’aime tant partager. Il ne s’agit pas d’imposer une quelconque vérité. Ce monde est fait de vérités multiples. Il s’agit juste de partager un peu de lumière. Un peu d’énergie positive.

Je connais la valeur des moments heureux, des instants lumineux, car j’ai traversé de nombreuses ombres. J’ai été touchée par des gens qui ont affronté bien des épreuves et sont toujours vivants. Leurs témoignages m’ont apporté tant de lumière ! Tant de clarté ! A mon tour, j’ai envie de la partager.

J’espère vous transmettre cette énergie à travers mes mots. Vos nombreux retours positifs m’encouragent à poursuivre ce blog et surtout à continuer d’écrire. Mon rêve est de publier. Ecrire. Créer. Inspirer. Laissez- moi faire cela. Laissez -moi être cela et je rendrai grâce. Je serai heureuse. Je serai enfin totalement moi. Voilà ce que j’ai envie de dire à Dieu s’il existe ! Peut-être qu’il m’entendra ! Alors, je vais avancer pour concrétiser cette idée.

Et vous ? Où dort votre rêve ? Nous irons le chercher  pour le réveiller !

Nous sommes tous sur le chemin. Et je pars devant en éclaireur. Tout ce que je découvrirai. Je le partagerai. Pourquoi faites-vous ça me direz-vous ? Parce que quand je fais ça, je me sens en accord total avec l’Univers. En paix. En joie. Reliée à vous, reliée à tout. Et cette sensation, je vous le dis, pour moi, c’est ce que j’appelle, le bonheur.

Oui je sais,c’est un peu mystique tout ça, surtout n’ayez pas peur. J’ai les deux pieds bien ancrés dans la Terre. Je lève les yeux au ciel, parfois. Comme un arbre, je me déploie. Et vous êtes avec moi chers lecteurs. Entre ciel et terre. Une forêt de papillons lumineux. Voilà ce que nous sommes ensemble, lorsque nous nous permettons de rayonner notre lumière. N’est-ce pas cela que nous cherchons ici -bas ?

 

Lumineuses pensées à tous.

Sandra C.

©larevolutioninterieure.com

 

 

Ecouter sa petite voix intérieure

« On peut fort bien vivre sans âme, il n’y a pas de quoi en faire une histoire, cela arrive très souvent. Le seul problème c’est que les choses ne viennent plus vers vous, quand vous les appelez par leur nom . »

Christian Bobin

Toile : Viviane Semard
Toile : Viviane Semard

J’ai découvert cette toile, il y a quelques jours déjà et je me suis arrêtée un long instant, étonnée d’y trouver une illustration de mon monde intérieur du moment. L’art sert vraiment à  cela. A nous renvoyer quelque chose de nous-même de si volatile que même les pensées n’arrivent pas à le fixer.  Je contemple donc cette toile et j’y vois la multitude des voix qui se manifestent dans mon esprit au quotidien. Non je ne suis pas schizophrène, je vous rassure, mais  il m’arrive d’être l’arbitre impuissante d’un conflit récurrent entre la peur et la confiance. Je travaille à la réconciliation et j’avais envie de partager mon expérience du sujet, car c’est une thématique qui revient souvent, autour de moi et en moi.

Pendant des années, j’ai eu peur. Surtout de l’avenir. J »ai longtemps été une scénariste d’anticipation négative très inspirée. Imaginer le pire, pour se prémunir du pire. Envisager l’échec, avant même qu’il ne se présente. Recevoir un coup de fil et en un instant, voir défiler une série de catastrophes. Se rendre à un entretien ou à un concours et penser, ça ne marchera pas. L’enfer, n’existe pas en dehors de nous. Il est bâti à partir du fertile terreau de  nos angoisses.

Quand je m’engageais  dans des actions qui me plaisaient à l’issue incertaine, comme le sont par essence, toutes les actions nouvelles, j’entendais aussitôt une voix qui me disait : » Tu n’y arriveras pas. Calme tes ardeurs. Sois raisonnable. On ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie. Peut-être devrais-tu voir moins grand. Arrête de rêver. C’est pas gagné « . Docile, j’écoutais alors la voix de la peur et cela me conduisait à la paralysie. Surtout ne pas bouger. Surtout faire comme tout le monde. Ne pas rêver trop grand. Eviter la souffrance de la désillusion. Surtout ne rien tenter de nouveau. On ne sait jamais, on pourrait se faire mal, me disait cette voix. On pourrait faire une demande et être rejeté. On pourrait faire confiance à quelqu’un et être trahi. On pourrait aimer et ne pas être aimé en retour. On pourrait se dévoiler et être piétiné. On pourrait surtout se tromper.Et ça ne se fait pas de se tromper. Mieux vaut donc ne rien tenter. C’est plus prudent.

Mais un jour, une autre voix s’est fait entendre. Une voix qui avait la candeur et l’assurance d’une petite fille rieuse, une petite fille  à qui personne n’avait encore appris à avoir peur. Cette voix là ne disait pas : » On va réussir, tout ce qu’on va entreprendre  « . Elle disait plutôt : » J’aime faire cela, car quand je fais cela, mon coeur bat, je me sens alors légère, inspirée, dynamisée, joyeuse « . En un mot : vivante. Et parce que elle se sentait vivante, alors elle avait naturellement confiance.

Puis j’ai écouté plus attentivement. Encore et encore. Et j’ai compris, que la voix de la peur, n’était pas vraiment la mienne, mais celles de tous les autres, qui ont eu peur avant moi, de tous ceux qui ont eu peur pour moi. Tous ces autres qui ont défilé dans ma vie, parents, amis, instituteurs et même employeurs. Tous ces autres qui au fond avaient peur d’eux-même, de leurs propres erreurs, de leurs propres échecs et qui n’ont cessé de me répéter qu’il fallait faire attention, surtout ne rien tenter de nouveau, surtout ne pas suivre ses rêves. Surtout ne pas croire que la vie est capable de nous offrir le meilleur.

La peur est contagieuse. C’est un virus très puissant. Et bien souvent elle s’est infiltrée en moi, comme un poison. Et chaque goutte de peur a progressivement paralysé tout élan, tout désir de changement.

Mais vivre dans la peur, ce n’est pas vivre. Et l’autre voix a commencé à me le rappeler. Elle avait besoin d’espace pour exister. Je n’écoutais pas toujours et moins j’écoutais, plus une sorte de malaise  commençait à s’insinuer en moi. Ce malaise avait la forme d’un grand trou noir. Aucune étoile à l’horizon, rien qu’un immense vide totalement sombre. Et je me disais alors : c’est donc cela vivre ? Serait-ce donc cet absurde voyage guidé par la peur ?

L’autre partie se réveillait à chaque fois qu’une rencontre bienveillante se présentait sur mon chemin, à chaque fois, que je m’émerveillais de la beauté de la nature, à chaque fois, que quelque chose de bon et de positif entrait dans ma vie. Et cette partie là, me disait :  » Tu vois, c’est cela la vie, c’est une énergie en mouvement, c’est la fluidité, c’est l’échange, c’est la confiance que tout vient à toi si tu ouvres ton coeur, si tu sais donner mais aussi recevoir, si tu sais demander et accepter l’aide des autres, si tu as foi en toi et en tes aspirations profondes « .

Aujourd’hui la voix de la peur n’a pas disparu. Elle ne disparaîtra jamais. Elle fait partie de moi. Mais je la reconnais. Je l’apprivoise. Je la remercie parfois, car je sais que son intention positive est de me protéger, mais je ne lui donne plus les pleins pouvoirs, en tous cas pas tous les jours. Alors la confiance a commencé à se sentir moins à l’étroit. Alors la confiance s’est installée au creux de mon ventre et au centre de mon coeur. Je pense à ce que je souhaite vivre et obtenir et c’est elle qui m’encourage, c’est elle qui me répète que je mérite le meilleur et que j’ai le droit d’être heureuse comme chaque être humain sur cette terre.

Et alors la magie de la vie a commencé à se manifester. Alors de belles rencontres sont arrivées, juste au bon moment. Alors des opportunités se sont présentées. La confiance est partie devant en éclaireur et m’a montré la voie à suivre.

La voix de la confiance, doit cependant être nourrie d’énergie positive au quotidien,  sinon elle redevient vite aphone. Il est donc nécessaire de prendre soin d’elle, en lui offrant des pensées positives, des pensées de gratitude, des pensées de bienveillance.  Elle aime bien ça la confiance, ça la renforce, ça la réjouit, ça lui donne du carburant pour nous emmener plus loin. La confiance n’aime pas qu’on se maltraite, qu’on se dénigre, qu’on se contente de peu, qu’on se blâme pour nos erreurs. La confiance a besoin que nous soyons en empathie avec nous-même, que nous apprenions de nos erreurs et que nous ayons des objectifs élevés qui font vibrer notre coeur, car elle sait que rien n’est impossible pour elle.

Plus j’avance, plus j’ai tendance à la croire.

Et vous  ? Quelle voix écoutez-vous ?

Sandra C.

©larevolutioninterieure.com

La renaissance de Maya !

 » Il y a de l’espoir pour tout le monde, c’est ce qui fait tourner l’univers ».

Paul Auster

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Maya, au milieu de ses parents, Sabine et Matthieu

 L’histoire de Maya, c’est l’histoire du miracle de l’amour, l’histoire d’un combat quotidien pour la vie. Maya est née il y a 18 mois avec une malformation cardiaque unique en son genre. Une épreuve pour ses jeunes parents, Sabine et Matthieu. Pendant de longs mois, ils ont dû affronté des semaines d’hospitalisation, l’incertitude face à l’évolution de l’état de santé de leur fille, l’angoisse de peut-être la perdre. Leur histoire est à la fois bouleversante et en même temps remplie d’espoir. Maya. L’histoire de cette petite est une leçon de vie. Elle a transformé l’existence de Sabine et Matthieu et de tous ceux qui les entourent. Voici donc l’histoire d’une guérison quasi-miraculeuse. Voici l’histoire de la renaissance de Maya. 

Quand le ciel vous tombe sur la tête !

 » En 35 ans de carrière, je n’ai jamais vu ça ! Ce n’est pas très encourageant « . Cette phrase prononcée par un professeur de cardiologie après la naissance de leur fille aurait pu les abattre, leur ôter tout espoir. Et pourtant, Sabine et Matthieu ont choisi de ne pas s’y arrêter. La situation est certes compliquée mais surtout inédite. Maya est née avec une malformation cardiaque très rare. L’opération qui pourrait rétablir le fonctionnement de son ventricule droit n’a encore jamais été réalisée dans sa globalité, tout simplement car aucun enfant  présentant cette anomalie  n’a survécu à ce jour à la première étape, c’est-à-dire à la mise en place d’un petit tuyau temporaire, destiné à amener le sang désoxygéné vers les poumons. 

Et pourtant. Maya est toujours là.

Maya est née par voie naturelle.  Sabine, sa mère, a vécu une grossesse sereine, elle sait depuis la seconde échographie que sa fille souffre d’une pathologie compliquée qui demandera une prise en charge lourde : » Je me suis préparée, j’ai choisi de garder confiance, tant qu’elle était dans mon ventre, elle allait bien, je me suis dit alors qu’il n’y avait pas de raison que cela ne continue pas  » .

Au moment où Sabine et Matthieu apprennent que leur enfant à naître présente un problème, le ciel leur tombe sur la tête : » C’était tout notre projet de famille qui s’effondrait. On voulait un enfant comme la plupart des gens  et nous voilà avec une épreuve à traverser », se souviennent-ilsSabine et Matthieu s’aiment. Ils gardent confiance .  » Le jour où le cardiologue nous a annoncé que l’état de Maya n’était pas encourageant , on s’est serré dans les bras très fort et on s’est dit que cela allait être plus dur que prévu, mais qu’on allait y arriver « . 

Maya passe ainsi les quatre premiers mois de sa vie à l’hôpital. Elle est intubée, opérée, ré-opérée, afin de stabiliser son état. Un moment difficile à vivre pour Sabine et Matthieu . La petite passe cependant tous les caps avec une sérénité qui les laisse très souvent sans voix : » Elle ne pleurait pas, elle regardait ce qu’il se passait, elle était vraiment impressionnante, comme si elle était préparée à tout ça. Un vrai petit bouddha « , raconte Matthieu.

Durant cette période, les parents de Maya, l’entourent comme ils peuvent de leur amour. Ils lui parlent beaucoup, lui racontent toutes les belles choses qu’ils désirent vivre avec elle, quand elle ira mieux. Ils la caressent du bout des doigts. Les tuyaux encombrent son petit corps et laissent peu d’espace aux câlins. Chaque moment où ils peuvent la serrer dans leurs bras est une fête. Un instant précieux.

Après 4 mois d’hospitalisation  Maya finit enfin par être autorisée à rentrée chez elle, son état est stable mais elle loin d’être tirée d’affaire. Maya n’arrive pas à s’alimenter normalement, elle refuse les aliments par la bouche, les intubations ont irrité l’oesophage, et pour elle l’absorption de nourriture solide est une épreuve. Elle est donc nourrie par sonde et grossit peu. Pour être opérée une seconde fois et bénéficier d’une chirurgie réparatrice de son ventricule, elle doit pourtant prendre du poids. Il faudra près de 9 mois de rééducation orale, avec l’aide d’une orthophoniste pour qu’elle réussisse à nouveau à manger normalement. 9 longs mois, où chaque miette de pain avalée est une victoire, où chaque progrès est vécu dans l’émerveillement. Grâce à la patience et au dévouement de ses parents le poids de Maya finit par augmenter. Sabine et Matthieu sont épuisés, mais heureux. Maya, progresse, grandit à son rythme, pose un regard curieux sur toute chose, elle dit maman et papa et son rire éclabousse d’une lumière scintillante tous ceux qui l’approche. Le petit bouddha s’est transformé en vrai clown. Maya respire la joie de vivre. Elle vient encore de passer une étape importante. La voilà prête pour la suivante.

Une opération délicate !

Quelques mois s’écoulent . Et déjà une autre épreuve attend Maya et ses parents. Une opération à coeur ouvert, qui va durer environ 6 heures, vraiment très délicate, cette fois. Elle est prévue depuis longue date. Le risque encore une fois est très élevé. Sabine et Matthieu se sont préparés. Ils restent confiants, ils sont bien entourés. Toute la difficulté est d’entendre les messages prudents des médecins, tout en gardant  confiance  : » Maya avait déjà fait tellement de progrès, il fallait l’encourager à poursuivre« , témoigne Sabine. Sabine et Matthieu ont toujours impliqué leur fille dans sa propre guérison, en lui expliquant ce qui allait se passer. Mathieu joue du piano. Il a enregistré un morceau sur un CD pour que Maya puisse l’écouter à l’hôpital. Tout est fait pour que la petite se sente en sécurité, avant le jour J.

Moment de calme dans la tempête des émotions

Moment de calme dans la tempête des émotions

L’opération se déroule bien mais le lendemain, les choses tournent mal. Le chirurgien doit intervenir à nouveau. Maya fait des convulsions, deux arrêts cardiaques.  Des moments de tensions extrêmes où la vie et la mort se battent en duel. » A ce moment là, c’était tellement dur, que Mathieu et moi, avons quitté l’hôpital, sur un coup de tête. Nous sommes allés au bord d’un fleuve. On avait besoin de décompresser, de lâcher -prise, ensemble, mais chacun de notre côté. Puis on a vu, un groupe de cygnes, nager à contre-courant,  ils semblaient si tranquilles. Le calme est revenu en nous, on est retourné à l’hôpital, avec un peu plus de paix. La confiance était revenue. Dans les moments de tension extrême, contempler la nature, ça aide« , explique Sabine. Quand ils retournent à l’hôpital, les nouvelles sont un peu meilleures. L’état de leur fille s’est stabilisé. Elle est plongée dans un coma artificiel, mais son coeur s’est remis à battre normalement, avec l’aide d’une machine. La vie a repris ses droits dans le petit corps de Maya.

Le combat est pourtant loin d’être terminé. Quand Maya sort enfin du coma, les médecins constatent qu’elle a perdu l’usage de la vue. Ils ne comprennent pas pourquoi. Nouveau choc pour le couple. Mais là encore, Matthieu et Sabine, ne renoncent pas. Après trois semaines en réanimation, puis quatre semaines en pédiatrie, Maya peut enfin  rentrer chez elle. Et c’est là que le miracle se produit. Une fois à la maison, Maya recouvre la vue. Personne n’y comprend rien. Après tant de moments éprouvants, la joie et le soulagement, balaient à nouveau l’angoisse. Encore une fois, la vie, vient de reprendre ses droits.

De la peur à la confiance !

Comment vivre une telle épreuve sans perdre pied ? Sans devenir fous de douleur et d’angoisse ?  Comment garder la confiance quand tout autour de vous tout s’effondre et que des vagues d’émotions douloureuses vous submergent ? A ces questions, Sabine et Matthieu répondent ceci : » On avait la foi. La foi en notre fille. On a écouté notre intuition et ce qu’on entendait c’est qu’il fallait garder confiance, malgré les apparences, faire confiance à Maya surtout, à sa capacité de surmonter tout ça. Et elle a été si impressionnante. Pour elle, on ne pouvait pas craquer. » Ils poursuivent :  » Ce qui est difficile c’est de rester à la fois réaliste face à la situation et de garder confiance quand même. Cette expérience nous a montré que les médecins ne maîtrisent pas tout, que la guérison est quelque chose de mystérieux. Nous n’avons pas hésité à utiliser tout ce qui pouvait nous aider. On a fait appel à des magnétiseurs pour travailler sur Maya. On en a parlé aux médecins et ils se sont montrés ouverts.  » 

La maladie de Maya a aussi provoqué une fantastique chaîne de solidarité et de soutien autour du couple. Lorsqu’ils sont mobilisés à l’hôpital, des amis se relaient pour leur préparer des repas et ainsi les dégager, de toutes contraintes matérielles. Cela leur permet d’être totalement disponible pour leur fille. Des soirées sont organisées pour récolter un peu d’argent. Les amis, la famille organisent des concerts, des soirées théâtre.  » On a récolté 2000 euros grâce à cela. « , raconte Sabine. Une aide précieuse, car l’état de santé de sa fille l’a obligée à arrêter de travailler.

Ce qui les a beaucoup aidé aussi c’est le soutien moral. Les intentions positives de chacun. Les mots qui font du bien, qui encouragent.  » Le plus dur dans les moments angoissants, c’est de gérer à la fois ses propres peurs et surtout celles des autres. Heureusement notre entourage, nous a laissé en paix. Ils ont compris« , précise Sabine.

Ils sont encore émus par tous ces inconnus qui ont participé en pensée à la renaissance de Maya.  » On a toujours parlé de ce qui nous arrivait autour de nous et cela nous a réchauffé le coeur de voir que même des gens qu’on ne connaissait pas personnellement se sont mobilisés. Ceux qui étaient croyants sont allés prier pour Maya. Ce genre d’attention, ça fait du bien. C’est beau « , explique Sabine.

L’écoute bienveillante de l’équipe médicale a aussi beaucoup compté.  » Le service de réanimation est un service à part. Les soignants qui y travaillent sont des personnes très humaines. Ils sont confrontés au quotidien à la vie et à la mort. On a fait de belles rencontres. Ce sont des personnes formidables. Le plus important, dans les moments difficiles, c’est de pouvoir être écouté,  à n’importe quelle heure du jour et de la nuit et c’est ce qu’ils ont fait avec beaucoup d’empathie. On a été accueilli quelles que soient nos émotions« , poursuivent Sabine et Mathieu.

Aujourd’hui, Maya va bien. Matthieu et Sabine prennent le temps de souffler, de se ressourcer après tant d’épreuves traversées. Leur force d’âme est admirable. Ils ne cachent plus rien de leurs émotions. Ils ont accepté leur vulnérabilité et c’est ce qui les rend si lumineux. Ils vivent aussi encore plus intensément l’instant présent. Cette épreuve a vraiment renforcé leur confiance en la vie tout en leur montrant la voie du lâcher-prise.

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Le sourire de Maya

Maya, quand à elle, est une petite âme pleine d’énergie positive. Son rire coule comme une cascade en vous et vous rafraîchit le coeur. Son regard est d’une incroyable profondeur. Je l’ai croisé, il y a quelques semaines et je peux vous dire que l’intensité de ses deux grands yeux bleus vous relie dans l’instant à quelque chose de plus grand que vous-même. C’est comme si toute la sagesse du monde parlait à travers son regard. Maya n’en a pas fini avec les hôpitaux, elle sera toujours surveillée de prêt, mais elle avance. La réussite de son opération aidera sûrement à l’avenir d’autres enfants atteints de la même malformation. Je lui souhaite une belle et longue vie. Son histoire m’a émue, car elle nous pousse à la fois à lâcher-prise sur ce qui arrive et à faire confiance. Seul l’amour permet de réaliser cette alchimie-là. L’histoire de Maya se termine bien. Elle est porteuse d’espoir et rien que pour ça, je la remercie d’exister. Alors merci Maya de nous montrer la voie grâce à ton petit coeur. Merci d’être là pour nous enseigner qu’avec de l’amour et de la confiance tout est possible.

©larevolutioninterieure.com

La métamorphose de Johana !

Johana et Nemo

Nous nous rencontrons dans un village situé en France à quelques kilomètres du Luxembourg. Son sourire est radieux.  Johanna dégage une sorte de force tranquille impressionnante pour son jeune âge. Elle n’a que 17 ans et déjà un avenir prometteur dans le dressage équestre devant elle. Au côté de son ami et complice Nemo, elle irradie de plus belle. Difficile en  la regardant aujourd’hui, d’imaginer que cette jeune fille éclatante était il y a encore trois ans l’ombre d’elle-même. Nemo et l’équitation ont changé sa vie. Son histoire nous prouve à quel point l’amour permet de guérir les blessures intérieures les plus douloureuses. Voici donc l’histoire de la métamorphose de Johana.

« Au fond, c’est ça la solitude : s’envelopper dans le cocon de son âme, se faire chrysalide et attendre la métamorphose, car elle arrive toujours. »  August Strindberg écrivain suédois ( 1849 -1912 )

 » L’amour peut tout guérir « 

 » Avant j’étais une épave, aujourd’hui je suis un arc-en-ciel « . C’est ainsi que Johana résume le chemin parcouru ces trois dernières années. L’arc-en-ciel. L’harmonie des couleurs.  L’unité parfaite de toutes les facettes du soi. Johana est loin d’enjoliver les choses. A son contact on ne ressent qu’une présence fluide, joyeuse et rayonnante.  En l’observant guider avec douceur et assurance ses chevaux Sparx et Nemo, je n’arrive pas à envisager que cette jeune fille sûre d’elle est une rescapée de la vie.   » Nemo a vraiment changé ma vie. C’est mon ami, mon confident. Il m’a aidé à remonter la pente. C’est particulier ce qu’il y a entre lui et moi. Je le considère comme mon ange gardien « .

Lorsque que ce cheval entre dans la vie de Johana. Elle est effectivement au fond du gouffre.  » Je souffrais d’une profonde dépression. Mes parents venaient de divorcer. Et je vivais l’horreur à l’école. J’étais faible, fragile et je suis devenue très vite la victime de la cruauté des autres enfants ». Insultes, moqueries, isolement. Johana devient peu à peu le souffre-douleur de son collège. « J’étais constamment harcelée. J’ai très vite perdu toute confiance en moi. J’étais surtout incapable de me défendre.  » Johana développe alors une phobie scolaire. Le simple fait d’entrer dans une salle de classe la rend physiquement malade. Elle souffre alors de nausées et de fièvre. Ses parents sont totalement démunis face à la souffrance de leur fille.  » Ils m’ont envoyé chez une psychiatre qui n’a rien trouvé de mieux que de me mettre sous anti-dépresseurs alors que j’avais à peine 13 ans », explique-t-elle. Les conséquences ont été  terribles.  » Je dormais 15 heures par nuit. J’étais un légume sans énergie. J’étais comme enfermée dans un monde parallèle. Isolée du monde ». Elle finit par quitter l’école et poursuit sa scolarité chez elle en suivant des cours par correspondance.

Son salut viendra de l’équitation. Sa passion depuis l’âge de 4 ans.  » Mon amour pour les chevaux , c’est ce qui me gardait vivante dans cette période sombre« , raconte-t-elle. Elle me confie que la seule chose qui allumait encore une étincelle dans son regard anesthésié par les psychotropes, c’était l’ardent désir de posséder un jour son propre cheval.  » Je remercie mes parents du fond du coeur d’avoir senti l’importance vital de ce rêve« , poursuit Johana. » Ils m’ont offert Nemo le 15 octobre 2009. Cette date je m’en souviendrai toute ma vieNemo était un peu mis à l’écart dans le club équestre que je fréquentais.  Les gens du club ne l’aimaient pas trop. On se moquait de lui parce qu’il était aveugle d’un oeil. Moi je le trouvais adorable.  Il m’a plu au premier regard. Je crois que c’est parce qu’on se ressemblait. Je me suis sentie très proche de lui tout de suite « ,  se souvient Johana.

Cette rencontre avec ce cheval sera sa thérapie. « Il a été mon maître de vie. Grâce à lui, j’ai repris confiance en moi. Il m’a enseigné l’amour inconditionnel. Et je vous garantis que le fait d’être aimé de cette façon sans réserve , sans jugement , moi, ça m’a guéri. Cela m’a rendu meilleure.  Nemo c’est le prolongement de mon âme . C’est mon reflet. Notre relation m’a permis de refaire confiance aux autres et à mieux m’entourer » , explique la jeune cavalière.

Sparx, Johana et Nemo

La rencontre de deux artistes !

Johana reprend peu à peu goût à la vie.  Un rêve se dessine alors à l’horizon. Un rêve de liberté. La jeune fille ne se sent pas à l’aise dans l’univers équestre traditionnel.  « Dans ce monde, tout est basé sur les apparences. On vante les mérites de la force et de la maîtrise. J »avais envie de quelque chose de différent. Un jour ma mère m’a ramené un magazine, dedans il y avait un  DVD de spectacles équestres.  C’était un mélange de théâtre et de dressage.  Cela mêlait tout ce que j’aimais. J’ai su que c’était ce que je voulais faire avec Nemo« , explique Johana.

Le poney islandais cache un formidable potentiel que Johana va peu à peu révéler à force de patience et d’affection. Pendant des semaines, elle va entraîner Nemo en suivant les principes prônés par Pat Parrelli, un éthologue américain spécialiste du dressage naturel, sans violence. Elle s’informe sur l’éthologie, la science du comportement animal. Elle improvise, subit des échecs, recommence. Au cours de ce long apprentissage intuitif, c’est son cheval qui a été son meilleur guide.  » C’est lui qui m’a tout appris« , sourit-elle. Elle précise :  » Pour qu’un cheval vous obéisse il faut être calme, posé, confiant. Je n’étais rien de tout cela quand j’ai commencé à travailler avec lui. C’est lui qui m’a aidé à devenir cette personne. Chaque jour j’ai gagné en confiance à ses côtés« , raconte Johana.

 Johana laisse Nemo libre de ses mouvements. Elle travaille avec lui sans mors. L’objectif est d’obtenir la collaboration du cheval sans passer par la force et la punition. Il s’agit au contraire de travailler en accord avec la personnalité du cheval.  » L’idée est de montrer à l’animal qu’il n’est pas en danger avec nous. La relation est basée sur la confiance et le respect« , précise Johana.

Et cette technique donne des miracles. Nemo réussit à galoper les yeux bandés. Et il suffit d’ observer l’authentique complicité qui lie la jeune fille à sa monture lors des entraînements pour comprendre la signification de ce mot. Complicité.

Sur la vidéo ci-dessous Johana et Nemo dansent. Et leur ballet grâcieux crée inévitablement l’émotion.

Pas à pas, Johana se décide à montrer au monde de quoi elle est capable. Plus question pour la petite fille bléssée de se cacher. La chenille est enfin métamorphosée en papillon. Et le temps est venu pour la jeune fille de prendre son envol.   « J’ai commencé à proposer des spectacles au culot, il y a un an.  Je me disais que si on me disait non, ça n’allait pas me tuer« , lance-t-elle dans un éclat de rire.  Un lâcher -prise qui lui ouvre de nombreuses portes.  » J’ai eu beaucoup de chance, car on m’a fait confiance « , résume-t-elle. Aujourd’hui elle est demandée en Belgique et un peu partout en France. Elle espère vivre un jour de ses spectacles équestres. Elle projette de passer un diplôme en sellerie-harnacherie pour continuer à travailler au plus près des chevaux.

Du haut de ses 17 ans,  Johana parle comme une vieille âme. Elle termine notre entretien en me disant qu’elle a été sauvée par son rêve.  » Aujourd’hui j’ai réalisé l’un de mes souhaits les plus chers. C’est merveilleux et c’est un immense bonheur. Réaliser ses rêves c’est important, c’est même vital. Grâce à Nemo, j’ai appris à devenir une meilleure personne. Je me respecte davantage. J’ai aussi rencontré de nouveaux amis qui me ressemblent et qui me comprennent, tout cela grâce à lui. Je n’ai plus peur de la vie parce qu’il est là et je me réveille chaque jour avec du courage. Je suis aujourd’hui une personne plus équilibrée. Il m’a appris à donner et à recevoir. « 

« On a tendance, de nos jours, à oublier que l’équitation est un art. Or l’art n’existe pas sans amour.
L’art, c’est la sublimation de la technique par l’amour. »  

Nuno Oliveira  , cavalier portuguais

Liens pour aller plus loin :

Le blog de Johana Billa

La méthode de dressage de l’américain Pat Parelli

Le site de dressage du français Nicolas Brodziack

Deux histoires de renaissance !

Cet été, ma route a croisé deux femmes âgées toutes deux de 45 ans passés.  Deux femmes bléssées qui ont tout donné et tout perdu au nom de l’amour.  Jusqu’à leur âme. Le coeur en miettes, elles ont toutes deux, chacune à leur manière sombrés dans cet espace où le désespoir semble étouffer à jamais toute parcelle de confiance en la vie. Et pourtant. Ces femmes poussées par une incroyable force plus grande qu’elles -mêmes, plus grande que leur malheur ont malgré tout trouvé en elles d’incroyables ressources pour renaître de leurs cendres. Je vous offre ici leurs histoires respectives. Deux histoires comme des lanternes incandescentes lancées dans l’obscurité de la nuit.

Artiste : Nicole Fernandez

 

 » Ne sous-estime pas l’endurance de la vieille femme sage. Même déchirée et maltraitée, elle possède un autre soi sous celui qui est assiégé, un soi primaire, rayonnant, incorruptible, un soi lumineux à jamais entier. »

Clarissa Pinkola Estès « La danse des grands-mères »

La renaissance de Sabine!

Elle a le rire facile. Sabine est une petite femme blonde, au teint hâlé, et au corps longiligne. Je l’ai rencontré sur la plage. C’est l’ amie d’une amie. Dès le premier contact elle est chaleureuse. Converser avec elle est un bonheur. Chaque mot dans sa bouche se ponctue toujours par un éclat de rire. Elle est présente, vivante, joyeuse.  » Maintenant ma vie c’est l’instant présent », déclame-t-elle, les yeux pétillants. Je me rapproche, attirée comme un aimant par cette femme solaire. Je me fais une place à côté de sa serviette, car mon coeur a bien envie d’en savoir plus. Et Sabine me raconte. Elle m’offre son histoire, que je reçois comme un cadeau, car la jeune femme que je suis est impatiente de découvrir  la vieille femme sage que je devine en elle. Une femme sage et lumineuse, qui a pourtant traversé les ténèbres avant de retrouver la lumière.

 » Je suis restée 16 ans avec un homme. 16 ans de bonheur. Il était musicien, saxophoniste, j’étais sa choriste. On travaillait ensemble, on vivait ensemble. Le milieu des artistes tu sais :  la fête, les concerts, les tournées. On a pas eu d’enfants. J’aimais notre vie. Après 16 ans de vie commune , il m’a demandé en mariage. J’avais rien demandé. J’étais heureuse. On a fait un beau mariage. Un grand mariage. J’étais sur un nuage. « , murmure-t-elle. Une semaine après, il est parti, comme ça, sans explications, sans donner de nouvelles. Il est sorti et puis je l’ai pas revu. Au début je me suis pas inquiétée. Les artistes tu sais, c’est spécial. Ils sont lunatiques, imprévisibles. Intérieurement j’étais angoissée. Je comprenais rien.  »

Elle poursuit, le regard plus sombre: » Une semaine passe. Toujours pas de nouvelles. Je me rends au marché. L’une des vendeuses sur la place m’interpelle. Ton mari, je l’ai croisé hier, avec une brunette me lance-t-elle avec un grand sourire. Tout le village était au courant, sauf moi. L’humiliation. Et toujours pas d’explications. La veille de son départ, on venait de faire l’amour. Il m’a demandé en mariage, alors pourquoi ? Pourquoi est-il parti avec une autre. J’ai jamais compris. Il ne m’a jamais donné d’explications. Je l’ai revu au divorce. Je l’ai supplié de m’expliquer. Le plus terrible c’est quand il m’a dit qu’il  n’avait rien à me reprocher. »

Le divorce laisse Sabine à genoux. Du jour au lendemain, elle perd son amour, sa maison, son travail. Le jeunette l’a remplacé dans le groupe  de musique de son ex-mari.  » Je suis partie avec un sac de fringues, sans rien « , explique-t-elle.

Et le gouffre du désespoir l’avale au fil des mois. Elle perd le goût de manger, devient anorexique.  » J’ai fini à l’hôpital, je pesais 34 kg« .  Je sursaute, je la questionne mais comment as-tu fait Sabine  pour te sortir de ça ? « J’ai touché le fond. Je pouvais pas aller plus bas, alors j’ai enfin pu remonté, je crois que c’est ça » . Elle sourit.

Mais son histoire ne s’arrête pas là. Sabine sort de l’hôpital, elle revient à la vie doucement, sur la pointe des pieds. Mais son estime de soi est en miettes. La trahison est une blessure qui  fait des ravages jusque dans les tréfonds de l’âme . Mais la vie la pousse à avancer tant bien que mal. Elle retrouve alors un nouveau compagnon. La relation est destructrice.  » C’était un pervers narcissique, et pourtant je suis restée, persuadée que mon amour allait le changer. » L’histoire va durer 5 ans.

Pendant ces années de brouillard, son corps lâche. L’anorexie a laissé des traces. Une banale chute, et la voilà avec un poumon perforé. Elle fait un arrêt cardiaque aux urgences.  » Je suis morte 14 secondes avant qu’on me réanime. Je me suis vu partir, j’avais plus d’air, comme quelqu’un qui se noie. J’au vu ma vie défiler. J’ai vu mon père décédé. Il m’a dit non pas encore. C’était pas le moment pour moi  de mourir« , m’explique-t-elle.

Lorsqu’elle revient de cet entre -deux mondes, elle est comme baignée dans une énergie nouvelle.

« Aujourd’hui, je vis l’instant présent, il y a toujours eu un fond de joie en moi, d’optimisme. Cette expérience m’a juste rappelée que rien dans la vie n’est acquis. Alors mieux vaut  voir les choses positives, cultiver l’amitié, passer des bons moments tant que c’est possible. »

Sabine ne croit pas en Dieu, mais elle a la foi. Elle imagine qu’il y a une force quelque part qui nous dépasse. Son coeur reste malgré tout  fragile. Faire confiance à un homme ?  » J’aimerais mais ça risque d’être difficile. Je donne tout, je suis entière. Et j’ai peur encore d’être bléssée « , conclut-elle.

 » Intuitivement, dans sa psyché, une femme comprend qu’être en bonne santé c’est avoir une santé florissante. Lorsqu’elle est bléssée, il y a dans son esprit et dans son âme, un filament vibrant et vivifiant qui envers et contre tout, pousse en direction de la vie nouvelle »

Clarissa Pinkola Estes, conteuse et psychotérapeute 

L’éveil de Fabienne

Quelques mois après cette rencontre, je découvre Fabienne. Elle a à peu près le même âge que Sabine. Elle est infirmière. Elle soigne les malades et les coeurs. C’est une femme très spirituelle, elle s’intéresse à tout ce qui fait grandir l’âme. Un centre d’intérêt commun qui nous pousse à avoir un échange plus profond. Elle m’explique que son cheminement intérieur est récent, mais que la spiritualité l’accompagne depuis toujours. Jusqu’a 7 ans, c’est une petite fille sensible, qui ne comprend pas comment Dieu peut être amour et créer la guerre.  A 20 ans, le décès de son frère l’interroge sur la vie après la mort. Elle est curieuse, son esprit est ouvert aux mystères. Elle se relie encore un peu plus avec cette conscience impalpable qui nous invite à regarder de l’autre côté du miroir.

Mais son vrai chemin spirituel commence au moment où elle vit  une crise très profonde. » J’ai fait une dépression, et en même temps j’ai tout perdu , mon compagnon m’a quitté, en emmenant toutes mes économies et en plus en me laissant des dettes. » Une descente au enfers dont elle s’est pourtant relevée.  » J’ai alors du me tourner vers l’intérieur pour vivre« , explique-t-elle. Elle poursuit :  » J’étais à la limite du suicide et puis la lumière intérieure était là. J’ai trouvé la force en focalisant sur le positif. Je t’assure qu’on en trouve. Tu sais maintenant je suis plus heureuse en ayant beaucoup moins. Je n’ai plus peur de perdre quelque chose. Je me réjouis de peu comme de beaucoup, ce sont des petites victoires de chaque jour ».

Je lui demande ce qui l’a empêché de passer à l’acte, et de mettre fin à ses jours. Elle répond :  » Je me disais que c’était trop facile et qu’il faudrait que je recommence dans une autre vie donc pas question j’étais horrifiée d’avance et donc j’ai retroussé mes manches « .

Fabienne est heureuse de partager son expérience, elle en parle facilement autour d’elle. « Souvent les gens me disent oui mais toi t’es courageuse et là j’éclate de rire. Moi courageuse ? Pas du tout j’ai surtout pas eu le choix« , poursuit-elle.   » Je n’en retire aucunement de lauriers car je ne suis pas fière de toute mes responsabilités. J’ai refusé de voir pendant deux ans les manigances de mon compagnon. Tout le monde le voyait et pas moi. Il y avait pourtant des signes. » Fabienne explique qu’elle s’est oubliée : « Je n’ai pas voulu voir parce que je ne connaissais pas encore le côté … la souffrance des autres n’est pas la tienne et j’étais trop dans l’empathie. Je me niais toujours pour les autres.  Encore un héritage inconscient de la pensée judéo-chrétienne. »

Ce parcours chaotique a malgré tout fait grandir cette femme hypersensible : » Chaque jour est un apprentissage. Aujourd’hui je vis essentiellement dans le moment présent. Je ne vis plus dans le passé et je n’ose pas me projeter encore dans le futur. Je suis aussi plus consciente de ce que je vis. Je vis intensément chaque minute. Cela veut dire que lorsque je suis avec mes neveux par exemple, je joue. Quand je  suis devant l’ordinateur je lis, je réfléchis et quand  je fais le ménage dans ma maison, je fais le ménage en moi ».

La renaissance intérieure de Fabienne sonne comme une seconde chance. » Je deviens de plus en plus moi, mais n’y suis pas encore. Celle d’avant est devenue presque une inconnue ».

Fabienne tout comme Sabine sont les preuves vivantes que la transformation intérieure est possible. Les épreuves de la vie nous poussent  à changer. Mais c’est finalement toujours un choix qui enclenche cette mutation. Un choix guidé par l’énergie même de la vie, cette source mystérieuse et puissante qui prend naissance dans les profondeurs de la psyché féminine.

Leurs témoignages sont comme des phares dans la tempête de nos incertitudes et de nos peurs. Elles  nous apprennent également une chose qui me paraît essentielle : l’énergie vitale dont nous sommes tous constitués est toujours plus forte que  la peur et que le désespoir ! Faut-il attendre d’être aux portes de la souffrance pour découvrir cette énergie au fond de nous-mêmes ?

Demain vous aussi vous pouvez renaître à vous-même si vous le choisissez. La douleur n’est pas un passage obligé de la (re) naissance, si vous pouvez consciemment comprendre le voyage intérieur de ces femmes et leurs lumineux messages.

« Le chaos est rempli d’espoir parce qu’il annonce une renaissance. »  Coline Serreau, réalisatrice française

Pézénas, Hérault, France

Liens pour aller plus loin :

Un livre : La femme au miroir d’Eric-Emmanuel Schmitt Une belle histoire de portraits croisés de femmes

Le travail de Clarissa Pinkola Estés

Les oeuvres et le site de l’artiste Nicole Fernandez

Photos : Sandra C.