Les bienfaits du vide

 » Le vide est tout puissant parce qu’il embrasse la vacuité et que tout mouvement devient alors possible. Celui qui parviendrait à faire de lui-même un espace vide où autrui pourrait librement pénétrer serait maître de toutes les situations « .

Kazuzo Okakura extrait de  » Le livre du thé « 

" Flying to somewhere " de la photographe Isabelle Debray

 » Flying to somewhere  » de la photographe Isabelle Debray

Elle est si intéressante cette photo. Quand je plonge mon regard dans ce morceau de ciel, je n’ai qu’une envie, c’est de pousser ces immeubles gris, pour agrandir cette fenêtre d’azur, qui symbolise à mes yeux l’essence même de la liberté.

Quel magnifique sujet que le vide. Souvent, pourtant,  il nous fait peur.  Le vide donne le vertige. C’est peut-être pour cette raison que nous nous empressons de le remplir.

Pendant des années, j’ai vécu dans un appartement agréablement spacieux. Et pendant des années, j’ai capitonné les murs avec toutes sortes d’affiches et de souvenirs de voyage. J’ai abreuvé mes placards d’une multitude de vêtements. Ma bibliothèque était inondée de livres et à chaque fois que je la regardais je me disais que la noyade était proche. Et puis un jour, il n’y a pas si longtemps d’ailleurs, j’ai déménagé. Et ce déménagement a été salutaire.  Il m’a permis de faire de la place.

Quand un mouvement s’amorce dans notre vie, cela signifie qu’il est temps de laisser des choses derrière soi. Un déménagement, c’est toujours un moment de bilan. Qu’est-ce que j’emmène avec moi ? Qu’est-ce que je laisse ici ? Qu’est-ce qui est essentiel ? Qu’est-ce qui m’alourdit ?

Les objets ont un âme. Ils sont animés par les souvenirs que nous projetons sur eux. Les objets qui nous entourent racontent le film de notre vie, mais est-il sain de tous les garder ?

J’ai donc déménagé, il y a quelques mois. Et en déménageant, j’ai ressenti le besoin de faire de la place à l’espace. Sans regrets. J’ai pris chaque objet en tête à tête et j’ai fini par garder ce qui était vraiment important pour moi. Et la liste s’est réduite de jours en jours. Cela ne fait pas très longtemps que je suis installée dans mon nouveau chez-moi. Mais j’ai constaté qu’il n’a plus rien à voir avec l’ancien. Quelque chose a changé parce que j’ai changé.

J’ai vidé mes placards. Je n’ai conservé que les vêtements que j’aime vraiment porter. J’ai allégé ma bibliothèque  et elle ne porte plus aujourd’hui que les livres que j’ai vraiment envie de relire. J’ai également dénudé les murs et j’ai découvert que le vide ne me faisait plus peur. Au contraire. Je respire. En gardant l’essentiel, je me suis rendue compte que j’étais déjà comblée. Et prendre conscience de cela m’a fait un bien fou. Le vide amène au détachement et donc à la liberté.

Les souvenirs que je chéris le plus tiennent dans une boîte à chaussure. Mes petits trésors se composent de lettres, de photos d’enfance et d’adolescence. Je n’ai conservé dans cette boîte que les meilleurs moments de ma vie. Cette boîte a d’ailleurs une fonction très importante : elle me rappelle d’où je viens, qui je suis et ce qui m’anime. Elle est la gardienne de mon temple intérieur. Quand je doute, j’aime y revenir, elle m’aide alors à goûter à nouveau à la saveur des choses qui comptent vraiment : l’amour, l’amitié, la beauté, le partage.

Faire l’expérience du vide à l’extérieur, c’est aussi faire l’expérience du vide en soi. Lorsqu’on trie, range, nettoie ce n’est jamais anodin. Cela signifie que nous avons besoin de faire de la place à quelque chose de nouveau.

Dernièrement, dans mon nouvel appartement, j’ai ressenti le besoin de faire encore plus de place. Je me suis séparée de tous les objets dont je ne me sers pas au quotidien. L’espace s’est alors agrandi. L’énergie circule mieux. Ce qui est vraiment intéressant, c’est que juste après avoir fait de la place dans mon  » chez-moi », j’ai fait de nouvelles rencontres, dans mon quartier. En l’espace d’une semaine, j’ai fait la connaissance de plus de gens qu’en trois mois.

N’ayons pas peur du vide. Le vide nous lave. Il nous élague. Il nous prépare ainsi à accueillir le nouveau dans notre vie.

Et vous ? Que dit de vous votre  » chez-vous « ? Avez -vous besoin  de vider votre espace ou avez-vous besoin de le remplir ?

N’hésitez pas à partager avec nous.

PS : merci à mon amie Isabelle Debray pour avoir accepté d’illustrer cet article.

©larevolutioninterieure.com

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Le fabuleux destin de Sandra Jayat !

 » Si tu ne sais plus où tu vas, tu dois savoir au moins d’où tu viens « .

Sandra Jayat, peintre et poétesse tzigane

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Ma rencontre avec Sandra Jayat a d’abord été littéraire. Il y a quelques mois, une amie m’a offert un livre «  La zingarina ou l’herbe sauvage « . Ce cadeau inattendu a vraiment ouvert bien des portes en moi.

J’ai été captivée par ce récit poétique et autobiographique, qui raconte l’incroyable parcours d’une jeune adolescente tzigane. A 15 ans, au début des années 50, Sandra Jayat fuit un mariage arrangé, quitte l’Italie et décide de rejoindre Paris, à pied, pour retrouver un cousin, le célèbre guitariste  Django Reinhardt.

Elle connaîtra, la solitude, le rejet, la peur, mais une bonne étoile veille sur elle. Sa vie sera jalonnée de rencontres essentielles et de hasards bienheureux.

Après un long périple d’une année qui ressemble à une véritable quête initiatique, Sandra Jayat arrive à Paris. Autodidacte, elle peint, écrit des poèmes, danse les couleurs de son âme.  Une vie de bohème et d’abondance qu’elle partage, avec d’autres artistes , tels que Marcel Aymé ou  Jean Cocteau qui seront de fidèles compagnons sur le chemin de la création. La vie et le parcours de cette femme montrent qu’il est possible de vivre une vie en accord avec les couleurs de la liberté, de la confiance et de l’intuition, à condition d’apprendre à lâcher le passé pour suivre l’appel de l’inconnu.

J’ai eu envie de rencontrer Sandra Jayat car au-delà de son parcours , j’ai aimé sa façon de peindre son monde intérieur, avec grâce et légèreté.

Très gentiment, Sandra Jayat a accepté d’échanger avec moi et je la remercie.

C’est une dame aujourd’hui âgée de 73 ans. Elle vit toujours à Paris. Grâce à elle, j’ai encore une fois beaucoup appris.

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Sandra Jayat : peintre et poète

Nous nous rencontrons au Cabinet de Paris, dans le 5ème arrondissement. Drôle d’endroit pour une rencontre. Le cabinet de Paris n’est pas une galerie d’art, mais une agence immobilière. C’est pourtant là que sont exposées de nombreuses toiles de Sandra Jayat. Et ce n’est pas un hasard. Dans les années 60, ce lieu était un club où défilait les plus grands poètes. C’est le fils des anciens propriétaires, aujourd’hui responsable de l’agence immobilière qui par attachement pour le passé bohème de ses parents, a décidé de rendre hommage aujourd’hui encore  au travail de l’artiste tzigane.

J’ai le sentiment d’explorer encore une fois une maison abandonnée, où la lumière n’a jamais cessé de briller malgré les années. L’époque a changé, mais les murs vibrent. Ils se souviennent d’un temps où des artistes idéalistes se retrouvaient pour créer un autre monde. Un monde d’une beauté nouvelle.

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Elle apparaît avec ses grands yeux bleus qui n’ont rien perdu de leur éclat mystérieux. Sandra Jayat est une dame élégante, le cou serti d’un ruban bleu. J’ai des dizaines de questions qui me viennent et qui s’entrechoquent entre mes lèvres tant ma curiosité est grande. Elle me regarde avec un sourire amusé. «  Vous savez, je sens les gens, je ne peux pas vous l’expliquer, c’est peut-être l’instinct, mais je sens les gens », me dit-elle. Je ris, soulagée. Si elle est restée, c’est qu’elle est prête pour la conversation. Le courant passe. Je suis comblée.

Qu’est-ce qui me fascine chez cette artiste ? Qu’est -ce qui m’a poussé à la rencontrer ? Voilà la véritable question. En lisant ses poèmes, en écoutant ses chants, en plongeant le coeur dans ses toiles, j’ai senti que l’art, la créativité était bien plus qu’un passe-temps ou qu’un don.

Créer aide à vivre. C’est aussi simple que cela. Et c’est le plus grand secret que m’a révélé Sandra Jayat.

Ses errances, sa solitude, son passé difficile, les souvenirs de la guerre, où ,enfant, elle est cachée pendant des mois dans un grenier avec son grand-père pour éviter les camps de concentration où les tsiganes seront amenés au même titre que les juifs, les homosexuels et tous les êtres jugés déviants, sous l’ère nazie, tout cela est resté figé dans sa mémoire. Elle m’en parle, avec émotion.  » Peut-on jamais guérir du passé ? Aujourd’hui à mon âge, les souvenirs douloureux refont surface », me lance-t-elle, le regard perdu dans ses pensées. J’ai envie de lui dire que oui, on peut guérir, mais je me tais. Je sais que je suis venue ici écouter comment cette magicienne, a transformé la douleur en lumière.

Qu’est-ce que le destin  ? Est-il menaçant, injuste où se présente-t-il simplement à nous lorsque notre âme ressent l’appel de la liberté  ? Sandra Jayat a répondu à cette question avec le recul de ses 73 printemps.

En quittant une vie sécurisée au sein de son clan, la jeune tzigane a suivi sa propre voie, au prix d’une grande  solitude. Chez les nomades  quand sonne l’heure du départ, aucun retour en arrière n’est possible. «  Le gitan part à ce signal que personne ne donne et auquel tous obéissent », me souffle-t-elle. L’ âme de Sandra Jayat  avait choisi un autre destin que celui que sa condition lui avait attribuée et elle a eu le courage de partir sans savoir où elle allait.

Commence alors une vie d’errance dans l’Europe des années 50. Elle est seule sur les routes,  elle sait qu’elle doit rejoindre Paris, c’est sans doute sa seule certitude. Le reste ne sera qu’infinie solitude.  Elle marche donc seule, rejetée par des villageois souvent cruels et ignorants. « Je pouvais passer de longues semaines sans croiser ou parler à quelqu’un, mais dans ma tête je n’étais pas seule. Je créais des tableaux dans mon esprit. Je parlais aux pierres et à la lune. J’écrivais déjà des mots sur le papier  invisible de mon monde intérieur.  J’ai appris la vie comme ça. Le grand livre de la vie, c’est la Nature« , m’explique-t-elle.

Un chemin solitaire qui sera malgré tout éclairé par des rencontres bienfaisantes. Dans les pires moments de désespoir, une âme charitable lui tend toujours la main. C’est quand elle n’attend plus rien, que le ciel lui envoie des anges terrestres qui la laveront, rempliront son ventre affamé, avant de la remettre sur la route, revigorée.

Un jour, elle rencontre un peintre. Il lui apprendra tout ce qu’elle ne sait pas encore. Elle se sent bien à ses côtés mais elle sait aussi qu’elle ne peut pas restée dans son ombre. Pas après pas, elle arrive à Paris. Ce souvenir, provoque une vive émotion :  » Quand je suis arrivée à Paris, je suis arrivée porte d’Italie. J’ai pleuré de découragement, après tout ce voyage, je croyais que je n’avais fait que tourner en rond, je pensais que je n’avais jamais quitté l’Italie« , poursuit-elle, dans un éclat de rire.

C’est pourtant là que sa vie commence.  Elle était venue pour retrouver son cousin Django Rheinardt mais il est déjà mort. Elle ne pourra pas compter sur lui. Elle erre seule. Une femme la recueille. Aussi incroyable que cela paraisse, cette dame qui a perdue sa fille dans les camps de concentration croit revoir sa chère enfant disparue dans les grands yeux bleus sauvages de la petite tzigane. Sandra Jayat jouera le jeu pour éviter à cette femme une douleur atroce. Mais très vite, elle sent, que ce mensonge ne pourra pas durer. Elle quitte alors encore une fois un foyer sécurisant mais malsain, pour l’inconnu.

Pour survivre, elle vend les pierres bleues qu’elle portait avec elle depuis sa fuite. C’est comme cela qu’elle gagnera ses premiers deniers. La jeune femme a un talent certain. Ses dessins se vendent. Elle écrit des poèmes chaque jour dans un café, puis les déchire aussitôt. Ecrire est une manière pour elle de vider son âme tourmentée par toutes les émotions traversées. Un jour un homme lui demande s’il peut lire ses poèmes. Cet homme, c’est Marcel Aymé. Le célèbre poète deviendra l’un de ses plus fervents admirateurs et un précieux allié.

En plein coeur des années 60, Sandra Jayat représente la femme sauvage, libre, authentique, elle devient alors une muse, crée, danse, inspire. Suivra alors une ascension créatrice qui fera d’elle une pionnière. Elle deviendra la première ambassadrice du peuple tzigane. Elle ira raconter son histoire dans des écoles, tout en poursuivant une prolifique vie créatrice à travers la poésie et la peinture.

La recherche de la liberté est à son apogée à cette époque de grand changement. Les années 70 célèbrent l’amitié, le partage, la créativité. Son histoire et sa personnalité fascinent tous ceux qui s’éveillent à cette nouvelle réalité, au moment où de nombreux schémas sociétaux s’effondrent.

Tout ce qu’elle me dit résonne avec justesse en moi. J’ai toujours ressenti ce même besoin de liberté. Malgré les désillusions, la période  » Flower Power »  a ouvert bien des voies et distillé des germes d’espoir, d’amour et d’unité qui continuent de vivre aujourd’hui dans de nombreuses oeuvres d’art.

Sandra Jayat me l’avoue. Elle n’aime pas notre époque, si éloignée de ce temps béni où la vie était fluide, les amitiés sincères, l’abondance toujours au rendez-vous malgré le manque d’argent. Elle s’affole des hoquets du monde tenté à nouveau par le repli, la xénophobie, la peur de l’autre, la peur de perdre. » Aujourd’hui les gens ont peur les uns des autres. L’autre dans ses différences est pourtant d’une incroyable richesse », médite-t-elle.

Elle conclut notre entretien, avec des vérités qui font trembler mon coeur de joie.

Voici ce qu’elle me confie :  » Il n’y a pas de liberté possible en dehors de soi-même. Il faut apprendre à se créer sa propre liberté intérieure. Etre libre, c’est apprendre à respirer seul. A chacun de définir son bonheur. Pour moi, le bonheur, c’est être soi-même, s’accepter. Il faut d’abord être bien avec soi-même, pour être bien avec les autres. J’ai vécu des moments difficiles, mais je peux vous dire, que c’est en tombant très bas, que j’ai aperçu la lumière. J’ai appris aussi qu’il ne fallait pas se laisser influencer par les autres. On doit se créer son idéal, s’entourer de personnes positives et surtout écouter sa petite voix intérieure. »

Tout est dit. Je suis prise d’une émotion à ces mots que je ne comprends pas moi-même. Mon âme sait. Aujourd’hui, je sens qu’il est possible de trouver la lumière dans l’obscurité. Il n’y a qu’à suivre les signes que l’univers a laissé pour nous dans le noir.

Je plonge mes yeux dans le regard bleu de Sandra Jayat et je vois alors avec une clarté nouvelle le monde qui m’entoure.

partir de ce jour, je comprends que moi aussi j’ai le droit de suivre ma voie. J’accepte le défi. Je continue le chemin, sans savoir où il me mènera, en acceptant de laisser derrière moi, mes peurs, mes blessures et tout ce qui me pèse. 

Je pars devant en éclaireur chers amis et lecteurs. Cela fait plus d’un an que je cherche ,via ce blog, des réponses. Je ne les ai pas toutes, mais j’avance, à vos côtés, dans la confiance, portée par votre bienveillante énergie.

Ressentez-vous vous aussi, ce puissant appel qui nous pousse à changer notre façon de vivre et d’être au monde ?

Quoi qu’il arrive, vous pourrez compter sur moi, pour transmettre toutes mes découvertes. Nous avançons ensemble, chacun à notre rythme. Et nous irons ensemble au bout du chemin.

N’avez-vous pas vous aussi envie de savoir où il mène ?

Sandra C.

©larevolutioninterieure.com

"Hiver" de Sandra Jayat

« Hiver » de Sandra Jayat

Liens pour aller plus loin :

La biographie de Sandra Jayat

Où trouver ses oeuvres ?

Etre soi en toute liberté !

« Le but de l’évolution personnelle est d’être de plus en plus soi-même, dans n’importe quelle situation, au lieu de revêtir un rôle. 
En d’autres termes, le meilleur enseignant n’est pas celui qui joue le rôle d’un enseignant, mais celui qui est une personne authentique au sein de sa classe.
Le meilleur parent n’est pas celui qui joue le rôle du parent, mais celui qui est une personne authentique au sein de sa famille.
C’est en évoluant en tant que personne que l’on laisse tomber les rôles pour n’être plus que soi-même dans toutes les circonstances de la vie. »

Carl Rogers, psychologue américain ( 1902-1987)

Cette scène drôle et émouvante a été filmée à Sydney en Australie et publiée sur Youtube il y a quelques jours à peine. Je ne sais pas ce que j’aime le plus dans cette vidéo, l’incroyable liberté de cet homme qui danse son parapluie à la main, sans s’émouvoir du regard amusé des gens qui l’entourent ou alors l’abandon total de cette policière, qui l’espace d’un instant se moque de son statut et se laisse aller à cette danse avec ce vieil homme déjanté. Que c’est bon à regarder !

Combien de fois dans notre vie, nous cachons-nous derrières des masques imposés par la société ?  Nous jouons tellement de rôles, qu’à force nous finissons pas croire que nous sommes les personnages que nous jouons. Cette vidéo nous rappelle que nous ne sommes pas uniquement notre statut, notre fonction sociale. Il y a autre chose qui nous anime en profondeur, quelque chose qui fait danser cet homme et cette femme, en dépit du regard des autres.

Nous sommes avant tout des êtres sensibles, nous ressentons tant de choses que nous n’exprimons cependant pas, par peur d’être jugé ! Et pourtant,  il n’y a rien de plus beau que de laisser s’exprimer ce feu intérieur, cette petite graine de folie et d’originalité que nous portons tous en nous. L’énergie qui se dégage de cette vidéo a un réel effet. Elle est palpable, car on se sent revigoré par tant de liberté exprimée dans la magie d’un instant.

Ce couple de danseurs atypique nous rappelle à quel point l’abandon est libérateur, à quel point le partage est nourrissant, à quel point il est important de faire tomber certaines barrières, pour enfin se sentir libre d’être soi en toutes circonstances.

Qu’est-ce que la liberté ? Selon le dictionnaire, c’est «  l’état de quelqu’un qui n’est pas soumis à un maître « . Qui est notre maître au quotidien ? Notre mental ou notre coeur ? La question mérite d’être posée.

 Lorsque nous nous interdisons d’exprimer en nous notre vérité, nous ne sommes pas libres. Nous nous dépossédons de notre pouvoir. Les préjugés, la peur du regard de l’autre, nos croyances, nous entravent. Si on enlève toutes ces limitations qui naissent uniquement dans notre esprit que reste-t-il ? A vous d’écouter la réponse qui résonne en vous.

Alors j’ai juste envie de dire ceci. Si un jour vous avez vraiment envie de faire quelque chose parce que vous brûlez de le faire. Faites-le.

Tout va bien. Vous n’êtes pas fou. Vous avez juste envie d’être vivant ! Et il n’y a pas de mal à vouloir se sentir vivant non ?

PS : J’ai demandé à un blogueur australien si cette femme policière pouvait avoir des problèmes avec ses supérieurs parce que elle avait dansé en tenue de service. Voici sa réponse :

« The policewoman will not get into trouble. In Australia we appreciate character in a person and like to not take life too seriously, so she will be just fine. I think that her police colleagues will have a good laugh about her regarding her dancing :)
Konstantine »

 » La policière n’aura pas de problèmes. En Australie nous apprécions la personnalité d’un individu  et nous aimons les personnes  qui ne se prennent pas trop au sérieux, donc tout est ok ! Je pense que ses collègues ont bien ri en la regardant danser ! »

©larevolutioninterieure.com

 

 

 

 

L’art de la sublimation !

Emmanuelle Potier

Emmanuelle Potier est une artiste -peintre de 29 ans. Son travail tout en nuances nous invite à observer la beauté qui se cache derrière le chaos.  La transformation est le thème central de sa recherche artistique. Ses toiles inspirantes témoignent de sa propre révolution intérieure ! Rencontre avec une âme éprise de liberté !

« Un peintre c’est quelqu’un qui essuie la vitre entre le monde et nous , avec un chiffon de lumière imbibé de silence. » 

Christian Bobin

L’éloge de la liberté !

 » J’aimerais être plus légère, mais je n’y arrive pas« , lance -t-elle en souriant. Il y a de la gravité en elle, un côté désabusé mais néanmoins rieur. Ses toiles respirent la maîtrise et dégagent une joyeuse mélancolie. C’est à la fois sombre et lumineux. Un entre-deux monde que la jeune artiste explore depuis que la peinture est devenue son principal moyen d’expression. Depuis l’adolescence, Emmanuelle ne se satisfait pas du monde qui l’entoure.  » Je ne supporte pas le conformisme. Dans cette société, tout le monde juge tout le monde, tout le temps. On se sent vite étouffé par le poids de ce regard là. Parfois, j’ai l’impression que nous vivons une illusion de démocratie. En théorie nos libertés sont garanties mais je sens les gens de moins en moins libres. Ils vivent enfermés dans des cages. Ils me semblent anesthésiés. Cela m’énerve « , explique-t-elle.

Sa colère aurait pu dévaster son âme et la dévorer chaque jour un peu plus. Mais ce n’est pas arrivé. Emmanuelle a bien au contraire décidé de faire de cette énergie, le moteur de sa recherche artistique. La plupart de ses toiles sont inspirées de photographies. Elle aime saisir l’ordinaire, la banalité et l’ennui de la vie quotidienne. Ses photos, Emmanuelle aime les recadrer,  les retoucher, pour mieux sublimer l’absurdité du monde. Sa peinture agit ensuite comme un révélateur. Et la photo banale prend alors une dimension nouvelle. Regardez cette toile par exemple. Elle est inspirée d’un moment fugace dans un parc. Une femme étendue sur des chaises au Jardin des Tuileries à Paris.

« Cette année là, il était encore avec moi »

 » Dans la rue, par exemple, la foule, je trouve ça oppressant. Les gens, t’en viendrai presque à les détester, à force d’observer cette masse uniforme.  Il suffit pourtant que tu fixes un seul être humain, pour que ton regard change. Et que tu vois les choses différemment« , explique-t-elle. Emmanuelle perçoit alors l’ étincelle d’ humanité qui sommeille en chacun. Cette petite flamme trop souvent cachée derrière un rideau de convenances. C’est ainsi que l’artiste exprime son propre besoin d’évasion. La liberté et la vérité sont des thèmes qui résonnent fort en elle.  » Trouver le moyen d’être libre dans un monde cloisonné, c’est tout le sens de mon travail « , précise-t-elle.

Emmanuelle  a décidé de conquérir sa liberté en changeant son regard sur les choses. La peinture est pour elle un moyen de transcender l’inacceptable violence de la vie. Ses toiles contemplatives brouillent les pistes. Sa palette de couleurs apaise le coeur et l’esprit.

Regardez ces tableaux, cette nature tranquille. Regardez plus attentivement, et vous remarquerez les stigmates d’une catastrophe.

"Poésies actualité"

« Poésies actualité « 

 » Je me suis inspirée des photos de Tsunami pour peindre ces toiles. J’y ai mis de la couleur. C’est ironique. En fait,  j’ai l’impression que j’accepte  plus facilement les choses terrifiantes en les peignant de cette manière -là« , explique-t-elle.

Emmanuelle aime sublimer les ombres pour y dénicher la lumière.  » Je cherche à prendre du recul par rapport au monde et à sa brutalité pour trouver un peu de sérénité, je crois« . Elle aime aussi utiliser son art pour aider ceux qui en ont besoin à transformer leur part obscure.  » J’anime des ateliers avec des publics difficiles. Des toxicomanes , des personnes en insertion.  Je ressens une vraie satisfaction à l’issue d’un travail avec eux. Je suis heureuse quand je vois qu’ils sont fiers ce que qu’ils ont fait. Ce qui compte pour moi ce n’est  pas le résultat, mais l’expérimentation. Le but ce n’est pas forcément de faire quelque chose de beau mais de créer les conditions qui permettent une sorte de lâcher prise  » , poursuit-elle.

Lâcher-prise. Prendre du recul face à sa propre violence et à la folie du monde. C’est ce qui motive le travail d’Emmanuelle Potier. Ses oeuvres nous soufflent que la réalité peut être transformée par notre regard. Elles nous suggèrent que l’art permet d’ouvrir les portes de nos prisons intérieures. Un beau message à méditer !

-Où vas-tu ?

– Je ne sais pas, je marche droit

– Et pourquoi pas en biais ?

– Je n’y ai pas pensé

– N’es-tu donc pas curieux ?

Emmanuelle Potier extrait de l’exposition  » Exhibés « 

Si vous avez envie de plonger dans son univers, n’hésitez pas à aller son voir sa dernière exposition  « Exhibés « , au centre Jacques Brel de Thionville ( Est de la France )   jusqu’au 28 octobre 2012. Et n’hésitez pas à partager vos ressentis !

« Ce qui fait autorité »

NDLR :  Emmanuelle Potier est diplômée de l’école nationale supérieure des arts de Nancy 

Liens pour aller plus loin :

Le site d’Emmanuelle Potier

L’exposition  » Exhibés »

L’école nationale des arts de Nancy