Un rêve en marche !

 » Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie. »

Johann Wolfgang von Goethe

Photo : Anne Jutras

Photo : Anne Jutras ( Québec )

Il arrive parfois que les épreuves agissent comme des transformateurs. C’est ce que j’ai appris grâce à Nathalie.

Nathalie a 44 ans. Il y a encore quelques mois, elle dirigeait une entreprise commerciale, dans l’Ouest de la France. Un licenciement économique a mis fin à une vie bien réglée depuis de nombreuses années. Perdre son emploi est une épreuve pour la plupart des gens. Nathalie en a fait une opportunité. Elle en a profité pour faire le point sur sa vie et sur ses véritables envies. C’est au cours d’une formation en développement personnel qu’elle découvre qu’un rêve endormi depuis de longues années était prêt à être réveillé.

Aujourd’hui, Nathalie s’apprête à suivre des cours de comédie. Son objectif ? Ecrire des sketches. Monter sur les planches. Faire rire. Un virage à 180 degrés pour être enfin en accord avec elle-même.

Voici donc l’histoire d’un changement de vie. Voici l’histoire de Nathalie.

Source : internet

Source : internet

J’ai rencontré Nathalie par l’intermédiaire d’une amie, Emmanuelle. Emmanuelle a vraiment le don de me mettre en relation avec des personnes au parcours de vie atypique. Il faut dire qu’elle voit avec une facilité déconcertante le mécanisme d’excellence de chaque personne qu’elle croise. Quand elle m’a parlé de Nathalie, elle m’a juste dit : «   Elle veut faire du one-man show. Un jour tu verras, elle fera l’Olympia ! ». J’avoue que sur le moment, je suis restée perplexe. Qui pouvait bien être cette femme qui avait décidé de suivre une voie aussi improbable qu’excitante ?

Un rire communicatif. Des yeux qui pétillent. Des cheveux blonds coupés courts. Des rondeurs harmonieuses. Une parole franche et un ton gouailleur. Voilà ce que je perçois de Nathalie lorsque je la rencontre pour la première fois. Nathalie ne mesure pas plus d’un mètre soixante, mais elle occupe l’espace avec une aisance qui me fascine.  Elle s’apprête à passer une audition dans une école de théâtre parisienne. Cela fait plusieurs semaines déjà qu’elle se prépare à intégrer cette école. Elle a écrit un sketche, l’a répété devant ses amis, devant des inconnus à une soirée, à la piscine où elle nage deux fois par semaine. Cette audition, c’est un premier test, une première confrontation entre son rêve et la réalité. Elle se dit sereine, confiante.  Elle parle de son objectif comme d’autres parlent de leurs prochaines vacances, avec ce détachement et cette assurance qu’ont les gens qui savent exactement où ils vont. Ce n’est pas juste de la détermination, c’est bien plus que ça. C’est de la cohérence. Un alignement parfait entre les multiples facettes du « Soi ».

L’exploratrice que je suis a besoin de creuser plus profond pour comprendre ce qui peut bien pousser une femme de 44 ans, mère de deux enfants, ancienne dirigeante de différentes structures commerciales  à faire le choix de suivre un chemin que la plupart des gens qualifierait d’impossible et de totalement déraisonnable.

N’est-elle pas en train de poursuivre une chimère  ? La question méritait d’être posée. Nathalie ne l’a d’ailleurs pas esquivée. Et c’est ce qui fait tout l’intérêt de notre échange, qui s’est déroulé quelques semaines après notre première rencontre.

De la raison à l’intuition : le parcours !

Premier constat. Nathalie est tout sauf une femme déraisonnable. C’est d’abord une tête bien faite. Quand je l’interroge sur son parcours scolaire, elle me lance dans un éclat de rire : «  J’ai Bac + 30 ! ». Elle n’est pas très loin de la vérité. Nathalie a en poche une maîtrise de Sciences Criminelles, une maîtrise de Droit des Affaires et du Patrimoine, un diplôme d’études approfondies en Droit Social. Pendant 10 ans, elle a même poursuivi un doctorat en Droit du travail : » J’ai fait du droit parce qu’on m’avait dit que c’était le domaine où il y avait le plus de débouchés« , m’explique-t-elle, pensive.

Ce parcours universitaire sans faute contraste avec le rapport qu’elle a longtemps entretenu avec  l’école  :  » Au collège et au lycée, j’étais bonne élève, mais j’avais du mal à m’adapter au système éducatif. J’avais des difficultés relationnelles. Je dépensais une énergie folle à m’adapter aux autres » , se souvient-elle. Très vite, l’humour devient une stratégie, pour cacher sa timidité, pour créer du lien  :  » J’avais du mal à me conformer au système. C’était ma manière de survivre dans ce milieu hostile ». Elle marque une pause et poursuit :  » En fait, j’ai vraiment commencé à m’épanouir quand je suis arrivée à la Fac ». L’Université va la réconcilier avec l’effort. Elle passera ses examens haut la main.

Parallèlement à ses études universitaires, Nathalie est surveillante dans un lycée. C’est à cette période que son amour des planches va se dévoiler. Elle organise des activités artistiques pour les élèves. Elle se met au gospel, créé des spectacles. Sa créativité est stimulée.  Elle finit par intégrer une troupe de théâtre amateur. La scène agit sur elle comme un catalyseur. «  Souvent, je jouais dans des pièces et je me retrouvais à devoir improviser car il y avait des problèmes inattendus. Par exemple, un jour j’ai craqué ma robe au moment de m’asseoir dans un canapé. C’est comme si j’attirais malgré moi les situations comiques. J’adorais ces moments de liberté joyeuse « , sourit-elle.

A la fin de ses études, Nathalie choisit le secteur des ressources humaines.  Une opportunité se présente et elle est amenée à prendre des responsabilités. Le challenge la ravit. Elle découvre qu’elle aime organiser, bâtir et manager une équipe. Mais elle fait les choses à sa manière. Avec humour, dérision et légèreté.  Une façon d’être qui détonne et qui ne plaît pas forcément à tout le monde. Les personnes qu’elle encadre ne comprennent pas toujours cette façon de travailler : » « En France, un patron cool et drôle, ça ne passe pas toujours, même auprès des salariés. Moi, je ne pouvais pas travailler sans humour. Pour moi c’était vital. Cela permet de lâcher prise sur le stress lié aux délais, aux objectifs. J’étais une directrice un peu atypique, un peu rebelle « .

Nathalie  suit donc un parcours en entreprise tout à fait classique. Elle relève les défis. Mais une fois les objectifs atteints, elle s’ennuie. Entre temps, elle est devenue mère de famille. Une vie tellement bien remplie qu’il n’y a plus de place pour le théâtre dans son emploi du temps surchargé.

Et puis, en septembre 2012, un licenciement économique vient mettre fin à cette vie confortable et bien réglée. C’est d’abord un choc, mais Nathalie l’assure, cette épreuve a été une chance : «  Sur le moment, un licenciement , tu le vis comme un échec, voire un rejet. Mais je me suis dit très vite que si cela arrivait c’était parce que quelque chose de mieux m’attendait. Sans savoir quoi précisément, d’ailleurs. Dans la vie, on a toujours deux solutions : soit on reste dans la galère, soit on fait le bilan et on se concentre sur ce qu’on veut « , m’explique-t-elle.

Le déclic !

Nathalie ne se laisse pas abattre. Une fois licenciée, elle fait le bilan de ses compétences et souhaite mettre à profit ses années d’expérience dans le milieu de la formation. Elle décide de se former à la PNL, une discipline d’accompagnement au changement dans le but d’aider des chefs d’entreprise à mieux communiquer. Au cours de cette formation en PNL, Nathalie travaille d’abord sur elle. C’est le principe du développement personnel, il faut tester sur soi-même les outils qu’on va ensuite enseigner à d’autres. Au fil des jours, Nathalie découvre avec étonnement, de nouvelles parties d’elle-même. Une aspiration négligée par le passé est en train de se rappeler à elle, par surprise.

 Elle découvre alors que ce qu’elle aime, c’est monter sur scène et faire rire. L’humour a toujours été son moteur. Et elle commence à imaginer son avenir avec des pinceaux tous neufs. Une image s’imprime sur la toile : elle veut créer et jouer ses propres spectacles.

« A 40 ans tu fais le bilan de ta vie, et tu sais que tu es à mi-parcours. Tu sais qu’il te reste peut-être 40 ans à vivre. Le temps passe. Je me suis dit que je voulais  faire de ce temps là quelque chose de bon pour moi« , médite-elle ,tout haut, pour expliquer ce qui a au fond motivé sa quête.

Quelques années auparavant  les questions du sens de la vie avaient déjà frappé à la porte de son esprit confus, sans pour autant apporter de réponses précises.

« A l’époque, je  traversais une crise sentimentale. Mon meilleur ami m’avait alors offert un livre  » L’homme qui voulait être heureux  » , de Laurent Gounelle », relate-t-elle.  Ce livre agit  alors comme un révélateur : «  Après avoir achevé ce livre, je me suis dit que moi aussi j’avais droit au bonheur », précise Nathalie.  Elle ne sait pas encore comment y arriver. Mais la certitude qu’elle y a droit s’ancre tranquillement au fond de son coeur. Une première prise de conscience qui se renforce après son licenciement : » J’ai été gentille pendant 40 ans. J’ai fait ce qu’on attendait de moi.  Quand j’ai perdu mon boulot, je me suis dit qu’à présent, je voulais juste être moi ».

 » Vais-je y arriver ? « 

« Tout est allé très vite. J’ai suivi ma formation en PNL en septembre 2012 et en février 2013, je commençais à me frotter au réel pour voir comment je pouvais concrétiser ce désir de devenir comédienne et de faire rire. J’ai commencé par contacter des gens qui étaient arrivés là où je voulais aller. On m’a parlé d’une école de one man-show à Paris. J’ai postulé. Pour y entrer, il fallait d’abord réussir l’épreuve de l’audition « , raconte-t-elle. Elle poursuit :  « J’ai travaillé mon sketche. Je l’ai répété plusieurs fois devant différentes personnes.  Je savais bien qu’on ne me raterait pas. Dans cette école, les élèves ont une vingtaine d’années. J’ai dit au directeur :  » A mon âge on fait ça parce qu’on est plus que motivée. C’était un peu l’heure de vérité. J’allais me confronter pour la première fois à des professionnels ».

Sa motivation paye. Quand elle monte sur scène, le jour de l’audition, elle se sent dans son élément. Elle est bien. Elle se dit que si cela ne marche pas, d’autres portes s’ouvriront ailleurs. Elle a préparé ce moment avec application. Et le résultat est à la hauteur de son engagement et de son détachement. Elle est prise.

C’est loin d’être un aboutissement, d’ailleurs. C’est juste le début d’une aventure dont Nathalie ne connaît  pas l’issue. » Est ce que ça va marcher ? Je ne sais pas. Je sais que le métier de comédien est un métier difficile, mais je sais qu’en allant au bout de ce chemin, je n’aurai pas de regrets, je sais qu’il m’emmènera quelque part, quoi qu’il arrive. Et puis, je veux aussi montrer à mes enfants que ça vaut la peine de se donner les moyens de réaliser ses rêves« , explique Nathalie.

Et maintenant ? Très concrètement,  4 jours par semaine, pendant un an, elle va rejoindre Paris pour faire ce qu’elle aime, tout en continuant à travailler parallèlement dans le secteur de la formation. Elle est prête, me dit-elle à relever le défi.

D’où lui vient cette assurance ? Comment peut-elle savoir que tout ceci n’est pas une illusion d’optique ? Nathalie prend une courte inspiration et développe sa réflexion : « Tu sais, je me suis combattue pendant des années. J’ai fini par accepter mes défauts, mais le plus dur a été d’accepter mes qualités et d’entendre que j’étais quelqu’un de bien, et que je méritais la vie dont je rêvais. La confiance, c’est facile de l’avoir quand tout va bien. Je ne sais pas où je vais, mais je sais que j’ai assez confiance en moi aujourd’hui pour y aller quand même. Je me connais suffisamment. C’est l’avantage de la maturité.  J’ai acquis une sécurité intérieure. Faire rire, c’est vraiment ce qui me fait vibrer. Je ne me suis jamais sentie aussi bien que sur scène. Je donne et je reçois. Mon objectif est d’apporter de la légèreté aux autres. C’est une manière de donner de l’amour ».

Et si cela ne marche pas ?

La perspective d’un échec n’est pas à exclure. D’autres rêves précieux se sont déjà heurtés au mur du réel, avec violence, éclatant en mille morceaux. Nathalie le sait bien. Elle est consciente que le chemin qu’elle poursuit peut ne pas aboutir à la destination qu’elle imagine.  » Je sais bien que je peux échouer, mais je me dis que quoi qu’il arrive cette expérience me sera utile. Peut-être que mon désir de faire rire prendra finalement une autre forme, peut-être que je ne monterai pas sur scène, que je ne finirai pas comédienne, mais je sais que je ferai quelque chose de tout ça. Ce n’est pas du temps perdu. Il faut aussi savoir être flexible, suivre les opportunités qui se présenteront. Pendant des années, je suis entrée dans le moule.  Aujourd’hui j’ai envie de casser tout ça. Quand on me dit que ce que je m’apprête à faire c’est de l’inconscience, je n’écoute pas. J’évite les ondes négatives, car ceux qui me connaissent  savent que lorsque j’évoque mon projet, je suis dans ma vérité. Ma famille, mes amis, m’encouragent. Pour eux, c’est évident, je suis dans mon élément. Pour avancer, il faut aussi savoir s’entourer de personnes qui croient en toi  . « 

Qu’est-ce qui a vraiment changé au fond entre la Nathalie d’avant et celle d’aujourd’hui ? :  » Avant, j’avais toujours besoin d’obtenir la validation des autres pour faire quelque chose. J’attendais qu’ils me disent ce qui était bon pour moi. Aujourd’hui, je sais que la seule personne qui sait ce qui est bon pour moi, c’est moi ! « , conclut-elle.

Au fond, c’est cela une révolution intérieure. Changer de point de vue sur soi-même, découvrir son potentiel inexploité, apprendre à s’écouter, à se faire confiance et avancer. Pas à pas. Sans savoir où ce chemin  mènera.

Tout processus de transformation intérieure comporte des étapes, mais aussi une part de mystère. La chenille ne sait pas quelles fleurs elle va butiner une fois devenue papillon, mais elle sait que viendra ce moment, où elle s’enroulera dans son cocon, pour ensuite éclore à une vie nouvelle. Cela fait partie de son chemin. C’est écrit dans ses gènes.

 » Notre destination n’est jamais un lieu, mais plutôt une nouvelle façon de regarder les choses « , écrit l’auteur américain, Henry Miller.

Grâce à Nathalie, je viens de comprendre la puissance de cette inspiration. Alors, aujourd’hui, j’ai juste envie de lui dire :  » Merci « !

©larevolutioninterieure.com

PS : Merci à la formidable photographe québécoise Anne Jutras pour avoir encore une fois accepté de collaborer à ce blog  !

Publicités

Des vidéos qui donnent le sourire!

Bonjour à tous et merci de votre soutien !!

N’hésitez pas à laisser vos commentaires en haut à gauche sur la page !

En attendant la publication d’un article consacré à ma rencontre avec Harlyn Geronimo, arrière petit-fils du célèbre apache, voici de quoi patienter pour rester sur de belles ondes positives !!

Des vidéos inspirantes

Avec le tour du monde très spécial du jeune américain , Matt Harding , un ancien cancre , devenu  créateur de jeux vidéos et qui pour briser sa routine , après l’échec d’un de ses projets décide de découvrir le monde….à sa manière. Son concept  ? Se filmer en train de danser partout dans le monde! Certaines de ses vidéos dépassent les 4 millions de vue sur Youtube! Un phénomène rendu possible grâce aux  réseaux sociaux.

Regardez plutôt:

 

Autre découverte :

Les performances de Charlie Veitch. Cet anglais cartonne sur Youtube avec des vidéos  drôles et émouvantes qui réveillent les coeurs endormis!

Charlie Veitch est aussi un trentenaire, qui a perdu son job en 2009 à cause de la crise. Un épisode qui a totalement bouleversé sa petite vie d’anglais. De son propre aveu, son existence était rythmée jusque là par le bureau, les soirées au pub et les filles. Pas satisfaisant finalement. La perte de son travail, l’a poussé à retrouver du sens et à révéler sa créativité !

Enfin pour terminer, voici juste une petite expérience réalisée par des anonymes dans le métro de Berlin. Le rire peut-il être contagieux dans un univers fermé , le matin, dans un lieu aussi commun qu’une rame de métro?

Réponse en vidéo:

Vous voyez où je veux en venir ? Imaginez que nous soyons tous connectés à cette énergie positive qu’est le rire? Le monde ne serait-il pas plus lumineux?