Comment devenir l’artiste de sa vie ?

 » Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure » Otto Rank

L'atelier intérieur "

Ecrire. Peindre. Créer juste pour le plaisir de créer.  Ces activités si naturelles et spontanées dans l’enfance sont souvent délaissées à l’âge adulte. A tort. La créativité parce qu’elle nous reconnecte à notre monde intérieur est un vecteur très puissant de changement. C’est ce que j’ai découvert en participant la semaine dernière à Moissac dans le Tarn-et-Garonne à  » L’atelier intérieur », un stage  animé par Sandrine Rouillon, art-thérapeute et énergéticienne.
Récit d’un voyage intérieur à la rencontre de notre pouvoir créateur.
L'ancien carmel de Moissac.

L’ancien carmel de Moissac

Il y a d’abord ce lieu. Magique. L’ancien carmel qui surplombe la ville de Moissac est un havre de paix. Il héberge tout au long l’année les pèlerins en route vers Saint-Jacques de Compostelle. Autant vous dire qu’il y a ici une énergie particulière qui d’emblée vous plonge dans un espace méditatif bienfaisant. Pendant trois jours nous allons nous retirer ici pour rencontrer à travers différentes pratiques artistiques nos aspirations profondes. Nous sommes sept. De tous âges. Entre 35 et 60 ans. Réunis ici le temps d’une retraite créative. Nos motivations sont diverses mais notre désir de nous recentrer est identique. Carole, est maman de trois enfants, au quotidien, elle jongle entre une activité professionnelle très prenante et une vie de famille bien remplie. Elle est venue ici pour se ressourcer : » J’avais besoin de prendre du recul, de ralentir, de prendre du temps pour moi. Je ne le fais jamais. « , m’explique-t-elle. Annabelle quant à elle cherche à recontacter sa source de créativité pour se remettre en mouvement :  » Je suis ici parce que je cherche une nouvelle voie professionnelle « . Les attentes sont différentes mais l’expérience va être la même pour tous. Nous avons besoin de stopper le disque rayé qui tourne parfois en continue dans nos têtes pour enfin nous écouter vraiment.

Sandrine Rouillon, art thérapeute, animatrice de l'atelier intérieur

Sandrine Rouillon, art thérapeute, animatrice de l’atelier intérieur

Sandrine Rouillon nous a préparé un programme où il ne sera pas question de réfléchir mais bien de ressentir. Difficile de faire le point sur soi, quand autour de vous tout s’agite en permanence. Sandrine, va nous offrir une pause. Un tête-à-tête avec nous-même. Un espace de création libre de tout jugement. Comment ? En laissant les couleurs nous parler. En nous invitant à coucher sur le papier ces mots qui ne demandent qu’à être entendus pour de bon. Sans nous soucier du résultat. Déconstruire le connu pour explorer l’inconnu. Voilà l’aventure à la fois individuelle et collective qui nous attend. Et pour accueillir tout cela nous allons utiliser un outil qui est loin d’être anodin : le mandala.
"L'atelier intérieur "

« L’atelier intérieur « 

Qu’est-ce qu’un mandala ? A l’origine, ce mot sanskrit signifie « cercle « . Et plus précisément  » pensée contenue dans le cercle « . Le dessin centré a été utilisé à travers les âges par de multiples cultures.  On le retrouve dans les temples bouddhistes, dans  les roues de médecine amérindiennes, dans les cathédrales du 13ème siècle sous la forme de magnifiques rosaces.  Et ce n’est pas un hasard. Le cercle est le symbole de la vie. Ce mouvement vital qui traverse  tout être humain oscille entre l’expansion et le retour au centre. Cette forme primordiale évoque la Terre, le Soleil, la Lune. Le cercle est un tout. C’est aussi une forme rassurante dans laquelle nous allons exprimer notre recherche d’équilibre personnel.

Le mandala est un puissant outil de recentrage, dans lequel nous allons projeter et organiser notre monde intérieur du moment.  » Au cours de tout processus créatif, il est important de débrancher notre cerveau gauche analytique, pour nous reconnecter avec notre cerveau droit qui est le siège de notre intuition et de notre imagination. Le mandala permet d’exprimer sa créativité en toute sécurité et d’accueillir différentes parties de nous-même qui peuvent être en conflit. La manifestation des couleurs et des formes est déjà un acte guérisseur. Notre esprit analytique ne comprend pas mais notre corps sait. La création devient alors un acte de réparation inconsciente« , précise Sandrine Rouillon.

atelier intérieur novembre 037Se rencontrer à travers les formes, les mots et les couleurs est une odyssée des profondeurs. Sandrine nous prépare au voyage en nous proposant des marches méditatives dans la forêt voisine. Durant ces instants de solitude nous partons à la recherche de tous les trésors que nous portons en nous : nos succès, nos talents, ce que nous aimons faire. L’idée est de laisser venir les sensations, les souvenirs pour ensuite les mettre en couleurs et en mots. Premier constat : ce n’est pas forcément simple d’accéder au meilleur de soi :  » Si autre chose se présente, c’est que vous venez de contacter ce qui vous empêche d’atteindre votre objectif de bien-être », nous rassure Sandrine. La lumière et l’ombre dansent ensemble . Lorsque nos désirs véritables émergent, la liste de nos incapacités à les réaliser nous assaillent d’emblée. Les prises de conscience s’enchaînent cependant au fur et à mesure de nos échanges en groupe. Comment se sentir heureux et vivant sans utiliser nos talents, notre enthousiasme, notre vitalité pour créer une vie qui nous ressemble ?  Qu’est-ce qui peut bien nous empêcher d’exprimer notre plus haut potentiel relationnel, affectif, créatif, professionnel ? Les réponses se révèlent dans nos témoignages respectifs. Nous sommes prisonniers de croyances limitantes héritées de notre éducation et de nos expériences passées. Florence par exemple si volubile dans son travail, nous confie ses difficultés à exprimer ce qu’elle ressent dans la sphère intime: «  Dans ma famille on ne montrait pas son amour avec des mots« , partage-t-elle. Annabelle qui a pourtant passé 6 mois avec ses enfants à voyager en Asie, n’arrive pas à se défaire de son passé d’enfant dyslexlique . La peur du jugement. La terreur du rejet. La frayeur de trahir les contrats inconscients transmis par nos ancêtres.  Voilà l’origine de ces blocages qui se montrent au grand jour pour être transformés. En mettant ensuite des mots et des couleurs sur nos aspirations véritables,  nous nous recréons.  La feuille blanche devient alors la métaphore d’une renaissance. Si nous étions libres d’être ce que nous sommes qui serions-nous ? La création spontanée nous ouvre alors la voie vers ce qui nous anime en profondeur et qui définit notre individualité dépouillée des conditionnements extérieurs.

A chacun son mandala !

A chacun son mandala !

Nos mandalas nous ramènent à l’essentiel. Ils sont surtout la preuve vivante du magnifique potentiel de beauté et de créativité qui réside en chacun d’entre nous. A l’issue de ces trois jours d’exploration notre vie ne va sans doute  pas changer du jour au lendemain, mais de nouvelles graines ont été semées, les mauvaises herbes ont été défrichées. Etienne l’un des participants se sent « revigoré et en mouvement « . Dominique a envie « d’être plus gourmande de la vie « . Sophie-Armelle a retrouvé  » son enfant intérieur, libre , créatif , inspiré « . Quant à moi je m’émerveille du pouvoir libérateur d’un partage authentique dans un esprit de co-création.  Voyez-vous nous ne sommes pas si différents derrière nos masques. Nous sommes confrontés aux mêmes questions et aux mêmes limites. Que cherchons-nous au fond ? Peut-être un peu plus de liberté. Peut-être à nous rapprocher de notre vérité. Créer sa vie c’est oser laisser derrière soi tout ce qui nous empêche de nous sentir en cohérence et en harmonie avec nous-même. C’est choisir les couleurs qui nous font du bien pour peindre un monde qui nous ressemble. Si je dois retenir une seule pensée de cette expérience je choisirai celle-ci : tout part de notre centre pour ensuite rayonner dans l’espace. Et non l’inverse. Pas de changement extérieur possible sans changement intérieur. En restant centré sur nos priorités, nos désirs, nous ne sommes ni égoïstes, encore moins égocentriques. Nous devenons des créateurs, prêts à offrir au monde notre rayonnement unique.

Sandra C.

Plus d’infos sur l’association « Eclore « ? C’est par ici.

Vous y trouverez des infos sur les ateliers bonheurs et le journal créatif.

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D’où vient le sentiment de solitude ?

« La solitude se présente sous deux formes. Quand elle est désirée, c’est une porte que l’on ferme sur le monde. Mais quand c’est le monde qui nous rejette, la solitude, alors, devient une porte ouverte, inutilisée. »

 Dean Koontz, écrivain américain 

"Solitude" par Sandra C.

« Solitude » par Sandra C.

Je me promenais sous la pluie à Paris et mon regard a été attiré par cette improbable chaussure de femme perdue au milieu de la rue ruisselante. Les passants que j’observais semblaient indifférents à cette curiosité, tout occupés qu’ils étaient à presser le pas, en maudissant ce crachin automnal qui brouille la vue et glace le sang avec tant de ferveur ces derniers jours. Je me suis cependant arrêtée pour réaliser cette photo, touchée par la poésie de cette image. Qui pouvait bien avoir perdu cet élégant escarpin dans ce quartier huppé du 8ème arrondissement de Paris un jour de pluie ? Quelle Cendrillon avait bien pu courir si vite qu’elle en aurait oublié sa pantoufle de vair avec pour écrin les gracieux pavés parisiens ?
Le mystère reste entier mais il m’a inspiré ce billet.
Quand je regarde cette photo, je ressens une drôle de tristesse. Cette tristesse qui n’appartient à personne et que tout le monde ressent un jour où l’autre. La tristesse de la perte. Vous perdez quelque chose ou quelqu’un et vous voilà dépossédé d’un morceau de vous. Incomplet. Mutilé. Cela peut être un amour, un objet cher à votre coeur, un ami parti trop tôt. Quand vous perdez quelque chose d’important pour vous, le vide se remplit d’un douloureux sentiment de solitude.
Le sentiment de solitude n’a finalement rien à voir avec la solitude elle-même. Nous avons tous besoin d’être seuls parfois pour réfléchir, pour méditer, pour écrire, travailler, pour nous concentrer. Dans ces moments là, la solitude devient une amie bienveillante qui nous enveloppe de sa généreuse présence bienfaisante. Nous sommes si sollicités par le monde extérieur. Les bruits du dehors ne cessent de nous détourner de notre monde intérieur. Il y a les enfants qui réclament notre attention, les sollicitations professionnelles, amicales, familiales. Toutes ces obligations qui nous détournent de ce tête à tête avec nous-même. Il est pourtant nécessaire à mes yeux de célébrer régulièrement ce rendez-vous pour éviter de nous perdre parmi les besoins des autres.
Oeuvre : Marcos Bontempo.  Artiste argentin.

Oeuvre : Marcos Bontempo.
Artiste argentin.

Etrange paradoxe que la solitude. Nous pouvons en avoir besoin pour nous écouter, respirer et en même temps elle peut devenir insupportable lorsque nous nous sentons exclu d’un groupe. La peur du rejet est sans doute la peur la plus archaïque et la plus profonde de l’être humain. A l’origine des temps, il était impossible pour un être humain de survivre seul au milieu d’un environnement sauvage et naturellement hostile. Les dangers étaient partout. La force du groupe garantissait la sécurité  et assurait une protection nécessaire à la survie de tous. Le progrès nous a rendu un peu plus libre de choisir notre vie. Nous ne sommes plus obligés de vivre avec nos parents, nous pouvons choisir le métier qui nous plaît, nous pouvons également décider de nous marier ou non, d’avoir des enfants ou pas.  Nous vivons aujourd’hui dans une société individualiste, ce qui n’est peut-être pas mauvais en soi et en théorie nous devrions être plus libres que jamais.
En 2014, nous n’avons jamais eu autant de choix. Alors pourquoi ressentons -nous pourtant cet inexplicable sentiment de solitude parfois même au milieu des autres, alors même que nous vivons une vie bien remplie ?
Ma grand-mère s’est mariée à 18 ans avec le premier homme qui lui a demandé sa main. Elle m’a confié un jour qu’elle n’avait jamais aimé mon grand-père et elle regrettait secrètement de ne pas avoir osé choisir celui qui faisait battre son coeur. Je vous laisse imaginer les ravages d’une telle situation dans l’arbre généalogique familial. Le message envoyé a été le suivant : si vous n’arrivez pas choisir entre deux hommes, les filles, choisissez la sécurité pas l’amour ! Ma grand-mère était une femme de devoir. Elle a élevé ses neuf enfants, enchaînant les grossesses et elle a été une femme malheureuse. Et très seule. Pourtant, elle a toujours fait en sorte que la famille se réunisse autour d’elle et après la mort de mon grand-père, elle n’a cessé d’organiser de grandes fêtes de famille le 14 juillet à l’occasion de son anniversaire. Pour l’enfant que j’étais alors ces fêtes avaient la saveur épicée des barbecues géants et la joyeuse folie des guinguettes d’un autre temps. On s’amusait bien chez mamie Colette. Elle invitait tout le village et il y avait plus de rires chez elles qu’au bal populaire du bourg. La fanfare finissait toujours par jouer chez elle tout en vidant des canons de rouge que ma grand-mère offrait généreusement après avoir économisé toute l’année pour créer des souvenirs heureux à tous les assoiffés des alentours. Si entourée qu’elle était, son regard n’en restait pas moins toujours voilé par cet air triste qui m’a toujours interpellée. On pouvait donc être au centre de l’attention et se sentir seul quand même. L’enfant que j’étais alors  ne comprenait pas comment c’était possible. Je me sentais alors rarement seule car à 7 ou 8 ans, la solitude est le terreau fertile de l’imaginaire et le mien était peuplé de toutes sortes de personnages de fiction qui nourrissaient abondamment mes jeux et ma créativité.
Mais les années passent et être adulte, c’est sérieux. Terminé les jeux et les mondes imaginaires. Il faut entrer dans la vraie vie. Affronter le monde.  Je pense que nous perdons le lien avec nous-même au moment même où nous perdons le contact avec ce qui nous anime de l’intérieur. Notre âme d’enfant, notre capacité à créer, à nous émerveiller, à ressentir le monde vient d’être sacrifiée sur l’autel du monde extérieur. Et c’est la souffrance liée à la perte de cette partie de nous-même  qui est à mes yeux à la source de notre inconsolable sentiment de solitude. Nous passons alors notre à combler ce vide en réclamant  l’attention des autres. Nous cherchons constamment à l’extérieur, ce qui nous manque à l’intérieur.
Quand on retrouve son âme d’enfant, libre, créatif et joyeux, il est impossible de se sentir seul. Nous sommes alors en lien avec nous -même. Nous devenons notre meilleur ami. Et naturellement nous attirons à nous des êtres qui ont envie de jouer avec nous pour inventer de la Vie.
A qui sommes -nous fidèle en faisant nos choix aujourd’hui ?
Nous avons oublier de rêver. Nous avons oublié d’écouter le bruissement triste des papillons de nuit. Nous avons oublié  la saveur des baisers sucrés. Nous ne savons plus créer pour le plaisir de créer. Nous ne savons plus inventer le monde à partir des racines de notre sensibilité.
C’est cela qui nous tue.
Pas la solitude.
Sandra C.
©larevolutioninterieure.com

L’intelligence collective au service de la co-création !

 » Seul on va peut-être plus vite, mais ensemble, on va plus loin « 

Proverbe africain

Une session de formation sur le thème " Travailler en intelligence collective "  chez Imfusio

Une session de formation sur le thème  » Travailler en intelligence collective  » à Imfusio

C’est un fait. La crise , parce qu’elle vient bouleverser nos schémas de pensée, nous invite à explorer de nouvelles de façon de vivre mais aussi de travailler ensemble. Pour avancer une société à besoin d’innover. Et pour trouver des idées nouvelles, il est nécessaire de stimuler la créativité. Mais comment créer cette synergie qui permettra à de nouvelles solutions d’émerger ? Peut-être  en nous appuyant sur notre intelligence collective. Ce concept popularisé par le chercheur français Jean – François Noubel, nous propose de nous reconnecter avec une intelligence originelle qui s’appuie sur les forces de chaque individu réuni au sein d’un collectif.  Travailler en intelligence collective , c’est faire l’expérience de la co-création en développant un esprit de collaboration. C’est ce que j’ai découvert en participant à une session de formation à Paris à Imfusio, l’un des premiers cabinets spécialisés dans la transformation des organisations via l’intelligence collective.

yoga du rire 030

Premier contact et premier constat. Avant de travailler ensemble nous allons apprendre à nous connaître. Pendant deux jours Sanaa, Sylvia, Françoise, Cyrille, Amélie, Anaïs et moi-même allons expérimenter différents outils d’intelligence collective. Nous sommes issus de milieux professionnels différents, Sylvia travaille dans les ressources humaines, Anaïs et Cyrille gèrent une association, Sanaa et Amélie sont encore étudiantes à l’Ecole Centrale de Paris mais dans quelques mois elles seront amenées à travailler dans de grandes entreprises. Face à nous, Audrey et Elise, les « facilitatrices en intelligence collective » nous ont concocté un programme plutôt ludique. Ce sont elles qui vont nous guider tout au long du processus. Nous commençons par nous présenter mais d’une manière tout à fait originale. Tour à tour, nous sommes invités à choisir deux photos mises à disposition dans la pièce qui représentent d’une part, notre état d’esprit du moment et d’autre part nos attentes par rapport à cette formation.

Toute approche en intelligence collective nécessite une phase de connexion entre les participants. Nous sommes installés en cercle et ce n’est pas un hasard, cette disposition spatiale favorise naturellement la communication. Nous définissons ensemble le cadre de nos échanges en répondant à cette question : qu’est-ce qui favorise la collaboration ? Le plaisir, la bienveillance, l’ouverture, la confiance, l’écoute active, le respect, l’absence de jugement. Nos réponses fusent. Voilà donc les règles qui vont encadrer nos interactions pendant ces deux jours de formation.

C’est l’une des premières leçons de l’intelligence collective. Pour créer les conditions favorables à l’émergence d’un esprit de collaboration, il est important de fixer des règles approuvées par tous. La créativité a besoin de liberté pour s’exprimer, mais elle a aussi besoin d’un cadre. C’est dans cet espace que vont pouvoir se déployer des idées nouvelles.

Du chaos à la convergence !

Ecouter les idées des autres, sans les juger, est sans doute la règle la plus difficile à respecter. Une idée n’est pourtant ni bonne, ni mauvaise, elle sert ou non un objectif. Voilà ce que nous explique-t-on en toute simplicité. Travailler en intelligence collective, c’est donc d’abord, libérer la parole. Et la parole se libère plus facilement, lorsque nous sommes en mouvement. Nous sommes donc invités à naviguer entre différents espaces de travail, puis à réfléchir à la mise en place d’une réunion collaborative.

Tout processus d’intelligence collective connaît différences phases : dans un premier temps, les idées fusent. L’objectif est vraiment d’abord de les accueillir toutes. Cette phase-là est plutôt chaotique. C’est la phase de divergence. Nous ne sommes pas d’accord et il semble difficile de trouver de la cohérence à toutes nos propositions. Cette phase est cependant nécessaire pour libérer la créativité. Après le chaos, nous entrons ensuite dans la phase de convergence. Cette étape nous ramène à l’objectif et tout ce qui ne sert pas l’objectif est laissé de côté. La clarification de l’objectif est la clé de l’efficacité. Ce qui est très intéressant, c’est de constater que les idées des uns nourrissent les idées des autres. Elles s’ajoutent, se transforment, évoluent.

Nous faisons tous l’expérience au cours de notre vie professionnelle de ces interminables réunions de travail dont nous sortons souvent épuisés sans savoir pour autant ce que nos managers attendent de nous. La France est d’ailleurs la championne du monde de la réunionite. Nous organisons des réunions pour tout, mais elles sont souvent inefficaces. Les grandes idées émergent bien plus facilement devant la machine à café et ce n’est pas un hasard. Détachées de la pression du groupe, libérées de la peur du jugement, les meilleures idées naissent dans un contexte dégagé de toute pression inutile.

De l’esprit de compétition à l’esprit de collaboration

Au cours de la formation nous explorons différents outils : l’aquarium, les triades, les tables inspirantes, la marche dialoguée. Autant d’expériences qui nous incitent à écouter l’autre et à le laisser s’exprimer. Laisser l’autre développer sa pensée jusqu’au bout demande un effort, tant nous sommes tentés de réagir aux premiers mots partagés. En laissant de l’espace à l’autre, nous permettons cependant à un champ plus vaste d’exister. C’est ce que nous découvrons ensemble au fil des expériences proposées.

L’esprit de compétition nous pousse à confronter nos idées. Cette démarche suppose une division du monde entre les perdants et les gagnants. L’esprit de collaboration nous pousse au contraire à partager les idées dans une optique de gagnant-gagnant. Un groupe se fédère autour d’un projet et si le projet aboutit, tout le monde en retire les bénéfices.

Cette vision a de quoi perturber les schémas traditionnels mis en application au sein de la majorité des entreprises, essentiellement construites sur un mode pyramidale. Concrètement un petit groupe de dirigeants impose à la base une direction et des objectifs. La base n’est pas consultée et pourtant ce sont bien les exécutants qui devront mettre en œuvre les projets, les concrétiser et les organiser sur le terrain. Mais comment matérialiser les idées d’un petit groupe de dirigeants, souvent déconnectés du terrain ? Comment motiver les troupes sans les impliquer ? Est-ce réellement la meilleure solution pour obtenir des résultats positifs ?

Sylvia est formatrice en Ressources Humaines dans le Nord de la France. Elle s’interroge sur l’avenir de son secteur car elle a observé que les besoins des entreprises évoluent : « Je suis venue ici par curiosité. Les RH cherchent aujourd’hui des façons innovantes de former les collaborateurs. On veut sortir des carcans. On se rend bien compte que pour motiver les équipes, il est nécessaire de trouver de nouveaux outils. Cette nouvelle approche crée de la surprise et de l’implication dans des projets. C’est ce que recherchent d’ailleurs nos jeunes collaborateurs, qui ont grandi avec l’émergence des réseaux sociaux. L’esprit de collaboration fait déjà partie de leurs vies : ils vivent en colocation, ils partagent leurs infos via facebook ou twitter. Pour motiver cette génération de salariés nous devons donc nous adapter à ce changement. Cela permettra de créer aussi du lien entre différentes générations. De nombreuses entreprises désirent s’appuyer sur la force du collectif pour avancer, cependant elles ne savent pas comment le faire, concrètement, au quotidien ».

Cyrille Tessard fait partie de cette génération connectée. A 24 ans, fraîchement diplômé d’HEC, il a préféré délaisser le secteur de la finance où il aurait pu faire carrière, comme la plupart de ses camarades de promotion, pour mettre son expertise au service des organisations non gouvernementales. Avec Anaïs, il a ainsi créé Videaux une association qui met en relation des professionnels de la communication et de l’image et des ONG qui disposent de peu de moyens. L’intelligence collective l’a tout de suite inspiré. C’est pour cette raison qu’il est venu se former : « Je pense qu’il est plus efficace d’avoir trente personnes qui réfléchissent ensemble à une solution que dix experts qui vont penser les solutions pour les autres.

Je gère 50 bénévoles. On essaie de co-construire un projet. Ma problématique en tant que président de videaux.org, c’est d’impliquer mes bénévoles. Que vont-il gagner à venir offrir leurs compétences gratuitement ?

J’ai observé également qu’un tour de table classique ne suffit pas à faire émerger des idées.

Ici, j’ai appris des outils ludiques, qui amènent du mouvement et de la créativité. Avant, je me positionnais en chef, responsable d’un groupe. Aujourd’hui j’ai plutôt envie de me positionner en accoucheur d’idées. Je peux avoir mes idées. Mais mes idées et les idées des autres peuvent déboucher sur de nouvelles idées. Et c’est très intéressant ».

Ecoute. Partage. Tolérance. Ouverture. Voici les piliers qui favorisent l’émergence de notre créativité. Après deux jours de formation, nous sommes agréablement surpris de ce que nous avons réussi à produire ensemble : nous avons construit des stratégies, des plans d’action, autour de cas pratiques et concrets. Nous repartons plus confiants, plus enjoués. Créer ensemble a été un vrai plaisir. Et pourtant, quarante-huit heures auparavant, nous étions de parfaits étrangers les uns pour les autres issus d’environnements professionnels totalement différents. Ce qui a été possible ici n’est pas une utopie de plus, mais bien la démonstration concrète du pouvoir de la collaboration.

Imaginez votre entreprise, votre service, votre structure en train de tenter l’expérience que je viens de vous décrire.

Imaginez en tant que salarié ce que cela vous ferait de vivre le changement dans des conditions où la bienveillance et le respect de l’expertise de chacun sont les lignes directrices du futur.

Et si vous êtes chef d’entreprise, imaginez que vos salariés soient réellement motivés, engagés, présents en énergie et en créativité pour nourrir votre vision et la concrétiser avec vous.

Est-ce que cela ne changerait pas positivement votre expérience du travail ?

Quand les vieilles recettes du passé ne fonctionnent plus, rien ne sert de s’obstiner, il faut peut-être juste changer de point de vue. Chercher l’innovation. Avancer.

L’intelligence collective n’est sans doute pas la réponse à tous nos problèmes économiques, mais elle est porteuse d’une énergie rafraîchissante. Un air frais dont nous avons bien besoin dans nos entreprises asphyxiées.

Alors pourquoi ne pas essayer ? Il n’y a rien à perdre, et certainement beaucoup à gagner.

 

Pour aller plus loin :

Toutes les bonnes idées pour développer la coopération et la convivialité au travail sont à découvrir sur le site de l’association  » Entreprise et convivialité « . Une vraie mine d’or positive et inspirante !

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Les héroïnes du présent !

Héroïne : Sens 1 : Femme qui fait preuve d’un grand courage

                   Sens 2 : Femme qui tient le rôle principal dans une histoire

Dictionnaire Larousse

" La joueuse de Saz " Wontner ( 1857-1930)

 » La joueuse de Saz  » Wontner ( 1857-1930)

N’est-il pas saisissant ce portrait de femme ? J’y vois une femme déterminée à jouer sa propre musique. Elle est belle,  un peu mystérieuse, évanescente, présente. Les oeuvres des artistes agissent souvent comme des miroirs. On y plonge sans trop comprendre pourquoi et quelque chose s’allume en vous. C’est le vrai pouvoir de l’art. Une oeuvre n’a pas besoin d’être expliquée. Elle résonne en vous ou elle vous laisse indifférent. Ce qui compte ce n’est pas ce qu’on en pense ou ce qu’on devrait en penser mais ce que ça nous fait.

Notre sensibilité devrait être notre seule boussole, car elle est toujours vraie pour nous.

Quand je pense aux héroïnes de l’Histoire, je pense immédiatement à Jeanne d’Arc. Ne me demandez pas pourquoi. Peut-être parce que j’admire cette femme forte qui a réussi à mener une armée, pour libérer la France, sur la base d’une vision. Malheureusement, elle a terminé son existence au milieu des flammes d’un sinistre bûcher. Pas très positif tout ça.

Une héroïne ? A qui pensez-vous en premier ? Moi, je pense aussi à Simone de Beauvoir, parce qu’elle a osé briser des tabous à une époque où les femmes n’étaient pas libres d’être juste l’égale des hommes, et puis je pense aussi à Lucie Aubrac, résistante pendant la seconde guerre mondiale, elle s’est engagée pour la paix et a fermement milité contre l’utilisation de l’arme atomique. Il y en a tant d’autres. Combien sont-elles à continuer à vivre au sein de notre inconscient collectif ?

Il y a ces héroïnes du passé, inspirantes, fragiles et déterminées, courageuses : elles sont la somme de la beauté et de la force des femmes à travers les âges. Et puis, il y a les héroïnes du présent, qui n’apparaîtront jamais dans les livres d’Histoire, ces femmes dont on ne parle pas et qui pourtant portent le monde avec leur joie, leur courage et leur amour de la vie. Vous en connaissez au moins une autour de vous. C’est peut-être votre mère, votre voisine, votre grand-mère, une amie ou peut-être juste vous.

" Les trois âges de la femme " Klimt

 » Les trois âges de la femme  » Klimt

J’ai la chance d’en connaître quelques-unes autour de moi. Laissez-moi vous parlez d’elles.

Il y a Larissa, d’abord. Je l’ai rencontré devant l’école où nos filles respectives sont scolarisées. Larissa a fui la Tchétchénie avec sa petite, il y a quelques années. Elle parle un français hésitant. Je ne comprends pas toujours ce qu’elle me dit, mais elle est très expressive, alors on s’en sort. Nous rions souvent. Cette femme est un soleil. Toujours le sourire. Et pourtant sa vie a été dure. Elle a connu la guerre. Un jour, elle m’a raconté, avec des mots hésitants, son histoire. Je ne comprenais pas un mot, tant son français était submergé par les larmes qu’elle ne s’étaient jamais autorisée à verser. Elle s’est mise alors a dessiner sur une feuille blanche qui traînait sur la table de mon salon : les chars, l’école bombardée, en pleurant, elle me raconte qu’elle a vu mourir des enfants.  C’est ce qui l’a poussé à partir, à prendre le risque de l’exil, sans papiers, elle est arrivée en France dans l’espoir d’offrir à sa fille, une vie meilleure. Elle se bat avec une force qui me laisse souvent sans -voix.

Je me souviens de ce jour où paniquée elle m’a demandé de garder sa fille, car elle devait se rendre quelque part en urgence. Je n’ai pas tout compris mais j’ai accepté tout de suite. Pour me remercier, elle a sonné chez moi avec un sac rempli de ces victuailles qu’elle reçoit régulièrement du Secours Catholique. Larissa vit dans un hôtel, dans une chambre avec sa fille en attendant que sa demande de régularisation soit examinée. Elle vit avec très peu d’aides. Et là voilà qui vient m’offrir le peu de choses dont elle dispose.

Parfois elle n’a pas le moral, elle pleure, proche du désespoir, je me contente de l’écouter, et puis elle retrouve l’énergie, elle essuie ses larmes et elle rit, en disant «  S’il vous plait Dieu  » en levant les yeux au ciel, et puis on éclate de rire, car elle me fait penser au mime Marceau, elle ne comprend pas et on rigole quand même, parce que quand la vie est dure et triste il n’y a que les larmes ou les rires qui libèrent le coeur de cette insupportable détresse.

Il y a Larissa, mais il y a aussi toutes ces femmes qui élèvent leurs enfants seules, abandonnées par des maris infidèles, et qui gardent la tête haute, offrent leur aide, partagent leurs repas, avec les voisines, se préoccupent du petit vieux du quartier.

Je les vois, je les observe. Je discute de temps en temps avec elles, au parc, à la boulangerie. J’aime les écouter. Je suis comme ça.

Ce sont des femmes simples, qui ont eu leur lot d’épreuves, de souffrances, de désillusions, mais qui sont toujours debout. Ce ne sont pas forcément des guerrières, bien sûr elles pleurent, elles sont angoissées, elles subissent l’injustice, mais elles ont en elles, cette lumière, cette force de vie qui fait que de leurs larmes naissent des oasis, où l’on vient se ressourcer avec bonheur. Elles donnent avec leur âme, elles donnent avec leur coeur. Leur sacrifice a fait grandir des enfants conscients de la valeur des choses.

Ce sont des femmes entourées d’amour. Il y a toujours quelqu’un pour leur rendre visite toujours quelqu’un pour les dépanner. Le sacrifice. La souffrance. Combien de femmes connaissent le vrai sens de ces deux mots ? Nos mères et nos grands-mères nous ont transmis leurs douleurs intimes au creux de tous les non-dits de nos alcôves féminines, mais elles nous ont également transmis la force et le courage, la joie et le sens du partage.

Aujourd’hui plus que jamais, c’est aux femmes d’aujourd’hui de leur rendre hommage, en étant totalement et complètement elles-mêmes. C’est la prochaine étape de l’histoire des Femmes. Incarner la femme libre, la créative, la mystérieuse, la mère, la guérisseuse, la visionnaire, l’amoureuse. Tous ces archétypes du féminin qui nous composent et nous montrent la voie. C’est à nous aujourd’hui de choisir la femme que nous voulons être.

Un mouvement est en marche. Il ne s’arrêtera pas. J’ai une amie chorégraphe Iaro qui va travailler cette année sur  » Les héroïnes du présent« , une création chorégraphique ouverte à toutes et qui démarre en octobre à Paris, et que je vous invite à découvrir : http://www.bare-dance.com/. C’est un très beau projet, qui va revisiter les figures mythiques du féminin pour en extraire l’essence à travers la danse.

J’ai une autre amie, Hélène, qui a l’intention de créer «  L’encyclopédie des femmes « , des capsules destinées aux entreprises pour ouvrir les esprits sur la thématique de l’égalité Hommes-Femmes.

Regardez autour de vous. Les femmes s’investissent chacune à son niveau. Et c’est très beau à observer. Ce renouveau.

 

"Le baiser " Constantin Brancusi ( 1876- 1957 )

« Le baiser « 
Constantin Brancusi
( 1876- 1957 )

Et nous les Hommes me direz-vous chers lecteurs ? Ne voyez pas dans ces lignes, un pugilat féministe. Le féminin n’est pas le féminisme. La guerre est finie. L’heure est à la réconciliation. On ne veut plus prendre votre place, mais trouver notre place à vos côtés, afin de marcher ensemble dans la même direction.

En aimant les femmes pour elles-mêmes, en vous laissant toucher, en acceptant votre propre sensibilité et en exprimant vos émotions, vous deviendrez plus fort, plus complet. Quand à nous les Femmes en devenant plus autonomes, en nous réalisant dans le monde, en libérant notre créativité, nous deviendrons nous aussi plus complètes, plus unifiées. L’animus et l’anima, théorisés par Carl Jung, enfin réconciliés.

En acceptant chacun en nous-même nos forces masculines Et féminines, nous pourrons faire alliance et nous engager non plus dans un combat mais dans la coopération, dans le partage, dans la créativité.

Imaginez ce que serait le monde, si nous étions tous les héros et les héroïnes de nos existences. Si nous écrivions les scénarios de nos vies non plus en répétant les schémas du passé, sur la base de cette incessante lutte entre dominant et dominé, entre victime et bourreau, qu’est-ce qui changerait ?

On serait peut-être un peu plus libres.

La liberté se gagne avec la conscience.

Arrive un moment où il faut choisir. Regarder en soi. Repérer les répétitions inconscientes, les scènes que nous rejouons fidèles à nos ancêtres, puis décider en conscience de lâcher tout ça, et juste d’être soi.

Je rends hommage aux femmes qui se relèvent, aux femmes qui continuent d’aimer malgré les désillusions, aux femmes vulnérables, aux courageuses, qui cherchent la lumière, quand tout autour il fait noir. Ces femmes qui apprennent à devenir des femmes en s’aimant et en aimant les Hommes.

Je rends hommage aux hommes qui pleurent, aux hommes qui reconnaissent leurs erreurs, aux hommes qui regardent à l’intérieur, écoutent leur intuition alors qu’ils se heurtent à des préjugés d’un autre âge, des hommes qui apprennent à devenir des hommes en s’aimant et en aimant les Femmes.

Ne  sommes-nous pas  avant tout des êtres humains, avant d’être des hommes ou des femmes ?

Puissions-nous chercher à nous comprendre et créer ensemble, un monde meilleur.

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Comment réussir à être soi-même ?

 » Qu’est- ce que la réussite ? Se lit-elle dans le regard des autres ? Ou dans celui que l’on jette sur soi-même ? Ai-je tenu les promesses que je m’étais faites ? L’enfant que j’étais est-il fier de l’adulte qu’il est devenu ? « 

 Smaïn Fairouze extrait de   » Je reviens me chercher  » ( 2011 )
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J’aime bien photographier mes ombres. Elles m’apprennent toujours quelque chose de nouveau sur moi-même.
Quand je regarde celle-ci, je vois une personne affirmée, qui regarde la vie bien en face, tout en s’appuyant sur ce qui est là, présente.
Cette partie  de moi qui se révèle dans l’ombre, me fait souvent défaut ses derniers temps. J’aurai besoin d’elle plus souvent. Ou peut-être a-t-elle juste besoin que je lui permette d’exister, afin qu’elle prenne sa place dans le monde. Peut-être vient-elle me dire qu’il est temps de lui donner des couleurs, de la faire vivre au grand jour, de l’animer d’un souffle de vie et de la laisser s’exprimer pleinement.
Qu’est-ce que réussir ? Voilà une question qui me fait sortir de ma bulle silencieuse. Quand je pense à la réussite, je pense immédiatement au sourire satisfait de mes parents, si fiers de moi,  le jour où j’ai décroché mon Bac avec mention. Je pense au soulagement de ma grand-mère, le jour où j’ai décroché mon CDI. Je pense à mon banquier, qui a commencé à être d’une extrême amabilité, le jour où il m’a vu à la télé, à l’époque où j’étais journaliste et relatait en trente secondes des nouvelles pourtant pas toujours très positives .
J’avais alors le sentiment d’avoir réussi. On reconnaissait mon parcours scolaire, mon statut, mon image . Et pourtant ces honneurs ne m’ont jamais totalement comblée. Au fond de moi, quelque chose me soufflait, que ce sentiment de réussite n’était pas juste, n’était pas en accord avec ma vérité. Je jouais un rôle. Le rôle qu’on m’avait attribué.  Pendant des années, j’ai dépensé beaucoup d’énergie pour répondre aux attentes des autres, totalement déconnectée de mes propres besoins et de mes aspirations profondes. Pas de regrets, bien sûr. Chaque étape du chemin est nécessaire à la suite du voyage. A l’époque je ne me posais pas trop de questions. J’avais réussi. Alors à quoi bon aller chercher autre chose ? Qu’est-ce qui pouvait bien me manquer ?
Ce n’est que plus tard, que j’ai pu mettre des mots sur cet étrange malaise intérieur qui ne me laissait pas de répit. Ce qui me manquait, c’était non pas la réussite, mais le sentiment de m’être réalisée. Se réaliser, c’est matérialiser dans le monde son plein potentiel. C’est un sentiment de plénitude qui se traduit par des émotions positives. Mais avant de pouvoir se réaliser, encore faut-il savoir qui on est. Et c’est là que la quête intérieure commence.
Le regard des autres ne devrait pas nous façonner. Il y a quelque chose de contre-nature dans ce schéma de fonctionnement. Nous faisons tant de choses pour quelques miettes d’attention, pour un peu de reconnaissance. Jusqu’à nous renier tout entier. Nous faisons tant de choses qui ne nous correspondent pas, car un jour nous avons appris que pour être aimé, il fallait répondre aux attentes des autres. Nous sommes des affamés d’amour. Alors nous avons accepté sans sourciller d’honorer ces contrats inconscients  sans les remettre en cause.
Voilà la source de nos souffrances, de nos conflits intérieurs, de nos douleurs, de nos blessures intimes.
Nous sommes morcelés. Arrive un moment où cet éclatement devient insupportable.
Le reconnaître, c’est déjà commencer à guérir. C’est faire un premier pas vers l’unité.
Lâcher la peur de décevoir, la peur d’être rejeté. Faire de la place à la confiance, à l’amour de soi, au bonheur de partager ce que nous sommes en toute simplicité.  Oser montrer  nos forces et nos faiblesses car elles font de chacun d’entre nous des êtres uniques. Cela paraît presque facile, dit comme ça.
Qu’ apprécions-nous chez les enfants ? Leur spontanéité, leur innocence, leur créativité.  Le drame, c’est qu’une fois devenus adultes, nous voilà remplis de peurs. Nous n’osons plus nous dévoiler. Nous devenons des créatifs bloqués. Nous avons perdu le fil qui nous reliait à nos rêves et donc à notre vérité. Nous nous vidons de notre substance vitale à partir de cet instant-là. L’existence devient triste, morne, sans but. Nous errons alors comme des fantômes dans le monde. Exilés.
Deux visages.

Les trois visages de l’être.

J’aime bien cette photo, car elle exprime, ce que je ressens parfois au coeur de mon monde intérieur.

Au sein de notre espace intime, j’ai compris que nous n’étions jamais tout à fait seuls. Il y a qui je suis à droite.  Il y a une  fille en colère à gauche. Il y a un début de visage prêt à me gronder encore plus à gauche.

Quand je ressens de la colère, de la frustration, je sais que c’est la petite fille blessée qui s’exprime.

Quand je doute de moi, quand  je perds confiance, quand je parle négativement de moi-même, c’est le gros bonhomme pas commode qui hausse le ton et qui me juge et me critique à chacun de mes pas.

Mais quand je crée et que j’exprime ce que je ressens, – ce que je me suis autorisée à faire en  prenant cette photo par exemple et en la publiant -, je suis juste moi. Un moi dépouillé, transparent, présent à ce qui est là.

Tout le chemin consiste à répondre cette question : qui parle , quand je parle  ?  L’investigation en vaut la peine. Elle permet d’éclairer d’une lumière nouvelle nos relations. Elle permet de faire des choix différents. Plus nous devenons conscients de nous-même, plus nous gagnons en clarté.

Nous ne sommes pas obligés de faire plaisir à tout le monde. Nous ne sommes pas obligés de gagner l’amour des autres en nous conformant à leurs désirs. C’est cette prise de conscience, qui marque le début d’une véritable révolution intérieure.

Une révolution intérieure, commence toujours par une révolte de l’âme.

C’est une intuition qui émerge un jour et vous dit : tu as le droit d’être toi-même et d’offrir au monde tes talents uniques. Tu en as même le devoir. Tu n’es pas condamné à continuer à faire ce boulot que tu n’aimes pas. Tu n’es pas obligé de supporter la négativité de ta famille.  Tu n’es pas obligé de faire semblant d’être quelqu’un d’autre. Tu es parfait tel que tu es. Il n’y a rien à perdre, rien à gagner. Juste apprendre à être toi. Et observer où cela t’amène.

Alors démarre la quête de soi. C’est un beau voyage rempli de surprises. Il suffit d’être attentif aux signes, aux rencontres et de faire confiance à la vie. Et le processus suit son cours naturellement.

En ces temps troublés, où nous traversons de multiples crises :  crise économique, crise de sens, crise écologique. Il est temps de revenir à soi, pour savoir ce qui compte vraiment. Revenir à l’essentiel. Découvrir ses propres valeurs et les incarner. Créer sa propre définition du mot : réussir.

Oui, c’est possible. Il suffit juste de faire un pas vers soi. S’écouter. Se nourrir d’énergie positive. Toujours garder confiance. Focaliser notre attention sur ce que nous aimons faire.  Accueillir notre vulnérabilité. Attendre que nos rêves nous trouvent. Nous murmurer des mots doux quand nous nous sentons fragiles. Refuser de nous connecter à la violence du monde. Nous retirer dans nos cocons lumineux. Et attendre la métamorphose, car elle arrive toujours.

Sandra C.

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Comment trouver son chemin ?

 » Il faut parfois toute une existence pour parcourir le chemin qui mène de la peur et l’angoisse au consentement à soi-même. À l’adhésion à la vie. »  Charles Juliet

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C’était l’année dernière. En septembre, plus précisément. Je venais de m’installer à Paris, de quitter un poste et une vie qui ne me convenaient plus pour plonger la tête la première dans l’inconnu. Je marchais dans la rue près de chez moi, quand mon regard a été happé par ce message inscrit au sol. Il semblait avoir été écrit pour moi, tant il résonnait avec ce que je vivais. Je venais d’arriver à Paris et hésitais à suivre un projet professionnel qui sur le papier semblait riche de promesses, mais qui au fond ne me satisfaisait pas pleinement. Le message était clair. Je n’étais pas sur le bon chemin.  Mon coeur le savait déjà, mais ma tête refusait de l’entendre. Il a fallu quelques pas dans cette rue un matin de septembre pour réconcilier ma raison et mon intuition. « Dans la vie il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous » , nous dit le poète Paul Eluard.

Les mots des poètes ne sont pas justes beaux à écouter, ils ont vraiment du sens. Alors j’ai écouté ces mots laissés par un poète inconnu sur un bout de trottoir parisien avec attention et quelque chose en moi s’est détendu. J’ai donc refusé ce projet qui au fond ne me convenait pas mais auquel je m’accrochais car il n’y a rien de pire que l’incertitude. Dire non, sans savoir si autre chose de mieux se présentera est source d’anxiété. Nous sommes habitués à vouloir contrôler notre vie. Depuis deux ans que j’anime ce blog la révolution intérieure, j’ai appris pourtant, que s’attendre au meilleur crée des miracles. Alors j’ai fait un pas de plus vers la confiance. J’ai dit non à ce projet et je pense que j’ai bien fait.

Savoir ce qu’on ne veut plus est une chose plutôt facile à identifier. Tout votre corps dit stop. Arrive un moment où l’incohérence entre  qui on est et ce que l’on fait devient si insupportable que toute votre âme dit  » non « . Il n’y a plus d’envie, il n’y a plus de vie tout court. Tout en vous se serre. La gorge, le coeur, le ventre. Tout votre corps crie : » ça suffit ! » C’est ce  qui m’est arrivée un an auparavant.

J’étais journaliste, j’occupais un poste très bien rémunéré au sein d’une télévision régionale publique, je bénéficiais de la sécurité de l’emploi. Un statut en or que de nombreuses personnes m’auraient enviée. Pendant des années, j’ai travaillé à ce poste sans me poser de questions, heureuse d’avoir atteint l’un de mes objectifs de vie. Je bénéficiais de la sécurité de l’emploi et j’exerçais le métier qui me plaisait. J’aurai dû être heureuse. Accomplie. Remplie d’énergie. Cela a duré un temps.Et puis au fil des années quelque chose a changé.

J’ai commencé à m’intéresser à des tas de sujets : la psychologie, le développement personnel. J’ai travaillé sur moi. Beaucoup. J’ai appris à me connaître mieux, à m’accepter, à m’apprivoiser, à prendre conscience de mes besoins et de mes valeurs profondes. Ce genre de travail n’est pas sans conséquences, il bouscule votre petit monde intérieur et arrive un moment où si l’extérieur ne reflète pas ce changement, un conflit intérieur se met en place.

Pendant des années, j’ai été coupée en deux. Ma tête m’indiquait une direction, mon coeur me murmurait autre chose. J’ai mis du temps à vraiment écouter mon coeur. Je ne me fiais qu’à mon intellect, totalement déconnectée de mes émotions et de mes aspirations, je suivais la route qu’on m’avait apprise à suivre. La voie de la raison. Le problème c’est qu’au bout d’un moment, la raison ne vous aide plus. Le coeur sanglote de ne pas être entendu. Et la souffrance s’installe, sans que votre intellect ne comprenne pourquoi. Et puis un jour quelque chose s’est passé et a amorcé un changement qui allait s’avérer radical.

Un jour donc où je me rendais sur le terrain pour réaliser un reportage tout à fait banal à la demande d’un de mes chefs, quelque chose de déterminant s’est manifesté en moi. A peine arrivée sur le lieu du reportage, j’ai commencé à sentir monter en moi une angoisse terrible qui m’a coupée le souffle. C’était totalement irrationnel. J’avais déjà fait ce genre de reportage des centaines de fois, sans me poser de questions, en bonne élève, j’éprouvais la satisfaction du devoir accompli. Mes chefs étaient contents de moi, c’était l’essentiel. Mais ce jour là, cette angoisse asphyxiante a pris toute la place. Et ce que j’entendais en moi disait : » Si tu continues, tu vas mourir « . Ce ne sont pas des mots anodins.  A ce moment, j’étais si fébrile, que je n’ai pas eu d’autre choix que  de m’asseoir en  laissant le soin à mon collègue caméraman de faire les images nécessaires à notre reportage . Et c’est là que mon collègue que ne je remercierai jamais assez, a fait une chose totalement irrationnelle lui aussi et que j’ai découvert une fois rentrée au bureau, en salle de visionnage.

Ce moment est resté gravé en moi. Alors que je regarde les images de ce sujet, une autre image est apparue.  C’est moi.  Je suis assise sur la marche d’un escalier, recroquevillée, les yeux vides, le visage pâle comme une vierge morte. Et cette image de moi-même habitée par l’angoisse m’a fait l’effet d’un électrochoc.

Nous vivons tous des moments d’angoisse à un moment ou à un autre, mais nous nous prenons rarement en photo à ce moment là. La sensation d’anxiété est avant tout une sensation intérieure, que l’on perçoit avec les yeux du dedans. Me voir dans cet état avec le recul de l’observateur a été une chance. Je me suis dis :  » Tu ne peux pas continuer à faire ça comme ça « . Quelque chose devait changer.

J’ai compris que le message intérieur qui venait à moi ne devait pas être négligé. Il était vital. Pourquoi mon collègue avait- t-il fait cela ? Pourquoi me filmer à ce moment là ? Lui-même n’a jamais su me l’expliquer. Il a agi comme par réflexe. Et m’a offert une belle occasion d’avancer sur mon chemin. J’ai donc  appris à dire non. Plusieurs mois après cette expérience, je négociais mon départ de cette entreprise et décidais de m’installer à Paris. Nouvelle vie. Nouvelles perspectives. Nouveaux défis. Une multitude de chemins possibles. Mais comment trouver le bon ?

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Marcher tout droit ?

La vie serait tellement plus simple, s’ il suffisait de suivre une ligne droite pour arriver à la plénitude. Notre éducation nous enseigne qu’ en respectant les règles nous arriverons à la réalisation : bien travailler à l’école, être discipliné, collectionner les diplômes, répondre en bon petit soldat aux demandes de nos supérieurs. Tout cela devrait suffire à nous épanouir.  Il suffit d’observer la réalité du monde du travail pour comprendre à quel point ce n’est pas  vrai. Des sur-diplômés ne trouvent pas d’emploi. Des employés dévoués qui ne comptent pas leurs heures ne sont jamais augmentés. Le sacrifice amène rarement à la reconnaissance. Quelque chose cloche entre la théorie et la pratique. L’expérience de la vie nous enseigne bien plus de choses.

Un chemin tout tracé nous éviterait bien des errances. Si les choses se passaient comme elles devraient se passer en théorie alors il n’y aurait pas de drames, pas de souffrances. Un chemin tout tracé n’est-il pas l’assurance de la sécurité maximum ?

Si je suis cette ligne droite, il ne pourra rien m’arriver. D’ailleurs en existe-t-il une autre ? C’est peut-être probable mais il est risqué de sortir du cadre et de faire un pas de côté pour aller explorer le reste du monde pour la trouver. Et pourtant.  Tous les explorateurs font l’expérience de la peur. Leur courage est à la hauteur de leur angoisse d’affronter seul l’inconnu.

Qu’est- ce qui pousse les explorateurs à tenter l’aventure malgré tout ? L’inconscience ? Ou la conscience ? La conscience qu’un autre monde existe , une autre vie, une autre façon d’être au monde, un autre chemin qui mène à une terre fertile et abondante ? Comment en être sûr ? Il n’y a aucune certitude. Il faut donc apprendre à faire confiance ou s’arrêter. Mourir d’immobilisme ou mourir de peur ? A chacun de choisir sa mort. Quoiqu’il arrive, quelque chose va mourir.

Tout changement  entraîne la perte de repères, la déconstruction de nos croyances. Quelque chose doit mourir, pour que quelque chose d’autre puisse renaître. Je dis bien renaître et pas naître. Car tout est déjà en nous. Et tout le chemin consiste finalement à accoucher de cette autre partie de nous, qui désire être en cohérence avec le monde.

On peut l’appeler comme on veut. Moi je l’appelle l’âme. J’utilise ce mot en dehors de tout courant religieux spécifique. Le mot âme vient du latin anima qui signifie « animé« . Laisser parler l’âme , c’est libérer la voix de ce qui nous anime en profondeur. Le dictionnaire Larousse nous éclaire encore davantage avec cette définition :  » L’âme est le siège de l’activité psychique et des états de conscience de quelqu’un, ensemble des dispositions intellectuelles, morales, affectives qui forment son individualité, son moi profond ; esprit, intellect, cœur, conscience « .

L’âme est unité, pas séparation. Peut-être que le chemin consiste à relier des points lumineux pour lui faire de la place dans ce monde. Après avoir dit non à quelque chose, il est  nécessaire de dire oui à quelque chose d’autre. Pas un oui timide mais un oui qui vient du coeur. Le oui du coeur, c’est le cri de joie de l’âme.  Cela explose en-dedans comme un soleil. Cela éclaire vos yeux d’une étrange lumière. Il n’y a que les enfants qui offrent ce rayon au monde en toute innocence. C’est la lumière de l’émerveillement. De la joie pure.

Une fois approuvée l’idée du oui il faut cependant encore répondre à cette question : un oui d’accord, mais un oui , à quoi ?

 

Un petit pas lumineux

Un petit pas lumineux

Depuis ce  » non  » qui m’a invitée à respecter le rythme de ma quête intérieure de sens, de nombreuses choses positives se sont présentées dans ma vie. Le chemin que j’emprunte est toujours incertain, mais sur la route, des puits de lumière m’ont confortée dans l’assurance que j’avais fait le bon choix.

Cela ne signifie pas que le voyage est facile. Je prends des détours, j’avance, je recule, je me perds et d’un coup je retrouve ma route, comme si des anges bienveillants s’arrangeaient pour me faire rencontrer certaines personnes au bon moment juste pour m’aider à avancer. La liste des rencontres improbables et essentielles ne cesse de s’allonger.  La magie de la vie se déploie à mesure que je fais de la place à mon coeur.

La vie m’a fait de jolis cadeaux sur le chemin et en même temps j’ai été obligée avant de récolter ces fruits d’abondance de passer par une période de chaos où tous mes schémas se sont effondrés.  Il me faudrait plus d’espace pour tout vous raconter. Cela viendra sûrement.

Honnêtement, quand j’ai créé ce blog la révolution intérieure, j’avais surtout besoin d’air, d’oxygène pour laisser libre cours à ma curiosité, à mon inspiration, à ma quête de sens. Je ne pensais pas une seconde à cet instant que ce titre « la révolution intérieure  » qui s’est présenté à moi , -un matin au réveil comme une évidence-, j’allais par la suite le vivre en profondeur dans différents  aspects de ma vie : sur le plan professionnel ET personnel. Mais c’est une autre histoire. Ou plutôt le prolongement de celle-ci. Et cet article est déjà bien long. Alors je vais m’arrêter là.

Tout ce que je peux vous dire, c’est que je suis pour le moment toujours journaliste. Je collabore avec un magazine positif et inspirant : Happinez. Vous pourrez lire certaines de mes contributions dans le numéro de juillet.  D’autres projets sont en cours et même incertains ils remplissent déjà mon coeur de joie. J’y crois ! Je crois qu’il est possible de vivre la vie qui nous ressemble !

Ce que je sais aujourd’hui c’est que l’artiste en moi à besoin d’exister. Créer est devenu pour moi aussi vital que respirer. Si vous me suivez sur Facebook vous comprendrez mieux mes inspirations du jour ! J’aime tant écrire ! J’aime tant partager. Il ne s’agit pas d’imposer une quelconque vérité. Ce monde est fait de vérités multiples. Il s’agit juste de partager un peu de lumière. Un peu d’énergie positive.

Je connais la valeur des moments heureux, des instants lumineux, car j’ai traversé de nombreuses ombres. J’ai été touchée par des gens qui ont affronté bien des épreuves et sont toujours vivants. Leurs témoignages m’ont apporté tant de lumière ! Tant de clarté ! A mon tour, j’ai envie de la partager.

J’espère vous transmettre cette énergie à travers mes mots. Vos nombreux retours positifs m’encouragent à poursuivre ce blog et surtout à continuer d’écrire. Mon rêve est de publier. Ecrire. Créer. Inspirer. Laissez- moi faire cela. Laissez -moi être cela et je rendrai grâce. Je serai heureuse. Je serai enfin totalement moi. Voilà ce que j’ai envie de dire à Dieu s’il existe ! Peut-être qu’il m’entendra ! Alors, je vais avancer pour concrétiser cette idée.

Et vous ? Où dort votre rêve ? Nous irons le chercher  pour le réveiller !

Nous sommes tous sur le chemin. Et je pars devant en éclaireur. Tout ce que je découvrirai. Je le partagerai. Pourquoi faites-vous ça me direz-vous ? Parce que quand je fais ça, je me sens en accord total avec l’Univers. En paix. En joie. Reliée à vous, reliée à tout. Et cette sensation, je vous le dis, pour moi, c’est ce que j’appelle, le bonheur.

Oui je sais,c’est un peu mystique tout ça, surtout n’ayez pas peur. J’ai les deux pieds bien ancrés dans la Terre. Je lève les yeux au ciel, parfois. Comme un arbre, je me déploie. Et vous êtes avec moi chers lecteurs. Entre ciel et terre. Une forêt de papillons lumineux. Voilà ce que nous sommes ensemble, lorsque nous nous permettons de rayonner notre lumière. N’est-ce pas cela que nous cherchons ici -bas ?

 

Lumineuses pensées à tous.

Sandra C.

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Je suis née dans un baobab !

 » La force du baobab est dans ses racines  » Proverbe africain

" Baobab prayer "

 » Baobab prayer  » by Sandra C.

Me voilà de retour du Sénégal. J’ai un peu hésité avant de choisir cette photo pour illustrer cet article. La peur de se dévoiler totalement peut-être. Et pourtant cette photo résume tout. L’Afrique m’a nourrie au-delà de mes espérances. J’ai le sentiment d’avoir été bercée par les bras de la Terre.

Quand on évoque ce continent  dans nos médias, ce sont  les guerres, la pauvreté extrême, la famine qui se déploient sur nos écrans de télévision. Ce n’est pas de cette Afrique -là dont je vais vous parler aujourd’hui. En me rendant au Sénégal, pour rejoindre des amis qui y vivent, j’ai vécu ma propre expérience et c’est de cette expérience- là dont je vais vous parler.

 J’avais juste envie de partager  ce que j’ai ressenti là-bas.

Quand j’ai décidé de partir au Sénégal, j’avais besoin de clarté, d’énergie, d’inspiration pour poursuivre ma route. Et ce pays a exaucé mes prières. J’y ai vécu des instants magiques. C’est pour ne pas les perdre que j’écris, c’est pour les ancrer en moi, que je tape sur ce clavier. Toute notre vie n’est qu’une succession d’instants uniques. Ils s’évaporent si les mots ne les retiennent pas. Alors je vais vous raconter cette histoire, pour ne pas oublier, pour ne pas m’oublier et pour continuer à faire vivre la magie de ces instants précieux.

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Les nourritures africaines

Il y a d’abord cette chaleur, enveloppante, réconfortante. Je viens d’arriver dans le Saloum, une région située à 4 heures de route au sud de Dakar. Je suis avec Coly, mon guide. Coly est un ami de mes amis français. Nous avons le même âge, et nous avons eu le temps d’apprendre à nous connaitre à Dakar. Il va m’accueillir chez lui à Samba Dia pour quelques jours. Me voilà donc aux portes de son village et je suis transportée par la beauté de la Nature qui m’entoure. Cette terre rouge qui explose au soleil, les baobabs majestueux qui peuplent l’horizon aride, m’offrent leur bienfaisante énergie dès les premières secondes de mon arrivée. Je marche au ralenti et pourtant tous mes sens sont en éveil. Il me semble que je n’avais jamais utilisé mes sens avant ce jour. Les habitants portent tous des tenues colorées. Le noir semble réservé à la nuit. Dans ce village, la vie coule comme une rivière arc-en -ciel.  Me voilà donc arrivée dans la maison où vivent la mère de Coly, ses soeurs et ses neveux et nièces. Je suis un peu intimidée, je rencontre ces gens pour la première fois, mais ils me reçoivent comme si j’avais toujours été là. Je suis accueillie avec chaleur mais ma présence ne perturbe pas le rythme de la vie quotidienne. Les enfants jouent tranquillement à l’ombre du manguier qui trône fièrement au centre de la cour. Des poussins téméraires s’approchent de mes pieds poussiéreux en sautillant. Je souris de leur impertinence. Des éclats de rires s’échappent des gorges généreuses des femmes. Elles sont toutes d’une beauté sauvage. Je suis fascinée par la spontanéité de leurs regards, la luminosité de leurs sourires. Leurs corps tout en courbes se déplacent dans l’air avec légèreté. Leurs présences discrètes rayonnent dans l’espace.

Je prends quelques secondes pour m’adapter à ce nouvel environnement. Tout est tellement simple. Tellement naturel. On ne se perd pas en formules de politesse. Cette simplicité me libère d’emblée. Je me sens bien. Je me sens tellement bien, qu’ à peine arrivée, me voilà allongée sur un matelas en mousse posé à même le sol. Mes résistances d’occidentale soucieuse de faire bonne impression ont sauté en quelques minutes. Mon corps n’a qu’une envie c’est de s’abandonner en toute confiance à ce berceau improvisé. Nous ne parlons pas. Les mots sont de trop quand ils n’ont rien à dire d’essentiel. Ici, le silence ne fait pas peur. Ici le silence, permet d’entendre la respiration de la Terre. Chacun respire à son rythme et laisse l’autre respirer à son rythme. Ces inconnus viennent de m’offrir un cadeau inestimable : ils me laissent être moi-même, sans me juger, sans m’évaluer, sans rien attendre de moi. Il n’y a rien à faire, rien à dire. Juste être là. Juste être soi. Suivre le souffle naturel des heures qui passent, en étant totalement présent à ce qui est là.

Me voilà donc allongée sur ce matelas de mousse. Je ne pense plus, je savoure. Je me sens tellement en confiance, que je me mets à somnoler. Je sens que mon esprit perçoit les bruits alentours mais mon corps est totalement anesthésié. Je suis incapable de bouger. Ma conscience ensommeillée reste cependant alerte aux mouvements de la vie qui  coule tout autour de moi. Il y a le rire des enfants, le gloussement des poules, le vent qui ébouriffe délicatement les branches du manguier. Une profonde détente s’installe dans chaque parcelle de mon corps. La chaleur de l’air m’enveloppe. J’ai la sensation d’être  blottie dans le ventre de la Terre, comme si je retrouvais la chaleur du ventre maternel. Je me sens bercée par le souffle soyeux du vent. En totale sécurité dans cet environnement pourtant totalement nouveau. Je n’ai jamais ressenti un tel bien-être aussi rapidement où que ce soit. La terre africaine est notre mère à tous. Nous sommes tous issus d’elle.Voilà les pensées qui me traversent au moment où mon esprit s’apprête à voyager en dehors de moi, dans le pays mystérieux des rêves.

 

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Coly et moi

Coly le Baye-Fall

Il y a des rencontres qui semblent avoir été préparées depuis la nuit des temps par des anges facétieux. Quand j’ai rencontré Coly,  j’ai senti que je retrouvais un frère. Notre connexion a été immédiate. Comme une évidence. Nous sommes de la même génération. Nous sommes nés à la fin des années 70. Nous ne sommes plus des adolescents et pourtant, nous partageons cette spontanéité joviale qui nous caractérise tous les deux. Je m’émerveille de toute chose courant ici et là. Il veille sur moi, protecteur.  » Ton amie me tuera s’il t’arrive quelque chose « , rigole-t-il. Alors il fait en sorte qu’il ne m’arrive rien. Il éloigne les serpents d’une prière, me présente à tout le monde, s’assure que je ne manque de rien. Coly n’est pas vraiment un homme comme les autres. Il occupe une fonction que je ne connaissais pas jusqu’à ce jour. Coly est un Baye-Fall. C’est un homme qui a choisi une voie spirituelle issue de l’islam à laquelle il est totalement dévoué. Son travail consiste à servir la communauté. Il offre sa présence et ses prières. On l’appelle pour bénir les nouveaux-nés, pour célébrer les mariages et accompagner les mourants. Un Baye -Fall est une sorte de gardien de l’humanité. Sa mission consiste à faire le bien autour de lui. Ses prières ne sont pas réservés aux musulmans. Coly prie pour tous les êtres humains indépendamment de leurs religions ou de leurs croyances.  » Nous sommes tous de la même famille et nous avançons ensemble sur le chemin de la vie« , me répète-t-il. Pour Coly, le centre spirituel de l’Homme se situe dans le coeur. La tolérance, la solidarité, le partage, l’amour sont les valeurs qu’il porte en lui et qu’il essaye chaque jour d’incarner au mieux. J’ai rarement rencontré une personne aussi lumineuse. Sa présence est rayonnante. Quand je suis à ses côtés, j’ai la sensation d’être au contact d’un arbre. Coly est toujours très calme. Il peut rester des heures sans dire un mot. Je ne perçois jamais aucun signe d’impatience sur son visage. Il prend là vie comme elle vient, sans chercher à la contrôler. Souvent, il semble absorbé dans son monde. Coly est à la fois dans le monde et hors du monde. Une partie de lui est toujours en train de prier à tout moment de la journée.

Nous avons passé de longs moments ensemble à parler de la vie et du sens de l’existence. Le décor se prête à ce genre de conversations. La nuit la lune mange le ciel et baigne le village d’une douce lumière argentée. Ici, les constructions respectent le cosmos. D’un seul coup d’oeil, vous voilà relié à l’univers tout entier. Je n’ai jamais embrassé autant d’étoiles d’un regard auparavant. L’air exhale une odeur enivrante. L’encens local, le tchou-rai brûle dans chaque maison et se mélange aux effluves sucrées des plantes. Le village tout entier se transforme ainsi en temple sacré. Des oiseaux conversent à grands cris dans la nuit. La lune ronde comme la Terre veille amoureusement sur le village. Coly me parle au coin du feu. Je l’interroge :  » Comment vivre dans ce monde si complexe ? ». Il me répond qu’il n’y a rien à faire d’autre que de rester soi-même.  » Le plus important c’est d’apprendre à se connaître, d’être authentique, de se respecter et de respecter les autres. Comment peux-tu aimer les autres, si tu ne t’aimes pas ? De toutes les créatures terrestres, c’est l’être humain que Dieu aime le plus. Notre mission c’est d’être bégué   » , me répond-il.

Bégué . Ce mot en wolof signifie bonheur. Pour Coly, le but de l’existence, c’est la recherche du bonheur. Et pour lui pas de bonheur sans paix, sans tolérance, sans respect de soi et des autres. Le bonheur n’est pas un idéal, c’est un chemin à incarner au quotidien, en suivant son coeur, en considérant chaque personne comme son égal. Je lui demande : « Et quand la vie nous secoue ? » Il me répond alors ceci : » Il faut garder confiance. Transformer le négatif en positif. Faire de son mieux. Il y a des événements qu’on ne peut pas contrôler. L’humilité, c’est accepter de lâcher-prise. Si quelque chose ne fonctionne pas comme tu veux, ce n’est pas une punition. Quelque chose de mieux t’attend ! « .

" Baobab night "

 

Le baobab

J’ai pris cette photo blottie au creux d’un baobab. Ces arbres fantastiques poussent très lentement. Les plus imposants d’entre eux sont de vieux papys de presque 1000 ans. Autant vous dire qu’on se sent tout petit à leur contact. Ils semblent contenir en eux une sagesse ancestrale. Me voilà donc adossée au tronc de ce baobab. Il m’encercle de sa douce et généreuse chaleur. Mes pieds plantés dans la terre, allongée dans ce qui ressemble à un lit douillet, je me sens soutenue par sa force bienveillante. Mon regard se perd dans la brousse. Je suis seule. C’est un moment rien que pour moi. Dans les bras réconfortants de ce baobab, soudain, une vague d’émotion m’envahit. Et je me mets à pleurer comme un nouveau-né, le corps traversé d’irrépressibles sanglots. Mes yeux mouillés plongent dans le crépuscule et j’ai la sensation d’être lavée, nettoyée, baignée, éclaircie par mes larmes. Je déroule le fil de ma vie à cet instant précis et je revois  tous les moments difficiles qui ont traversé mon existence, tous les deuils qu’il a fallu faire, tous les chagrins, les trahisons, les échecs et les humiliations qui comme des aiguilles ont lacéré mon coeur au fil des expériences. Nous  connaissons tous ces moments de chaos au creux de notre monde intime. Aucun être humain ne peut se vanter de n’avoir jamais souffert. Nous portons tous en nous des blessures. Cela fait partie de notre condition humaine.

Alors, repliée dans les bras de ce baobab, j’ai décidé en conscience, que je laisserai ici au pied de cet arbre, toutes mes peines, tous ces chagrins. Il était temps de laisser tout cela derrière moi. Il était temps de me libérer de toutes ces émotions du passé, de les rendre à la terre, pour qu’elle puisse recycler mes peines. Et alors, mes larmes ont changé de couleur. Elles sont devenues  brillantes comme des gouttes de rosée. Mon coeur a explosé comme un soleil. La gratitude s’est alors installée en moi. Je me suis dit alors :  » Toutes ces peines  m’ont conduite jusqu’à ce jour, au creux d’un baobab, au milieu de cette beauté majestueuse.  » Et là quelque chose en moi a dit : » Merci. Merci la vie de m’offrir tant de beauté à cette seconde précise« .

Qui sait où la vie nous conduit ? Une porte se ferme et une autre s’ouvre. Changer, c’est plonger les yeux bandés dans l’inconnu. C’est accepter de faire confiance. Le chemin de la transformation nous impose de laisser derrière nous tout ce qui nous alourdit, tout ce qui ne nous sert plus. Ne pas s’accrocher aux vieilles colères, aux chagrins du passé. En les laissant mourir, en les mettant en terre, nous nous autorisons à voir le monde dans l’instant présent avec des yeux neufs. Voir les choses telles qu’elles sont et non plus à travers le filtre d’émotions anciennes. Ne plus rejouer de vieux scénarios mais créer sa vie en accord avec le chant de son âme.

J’ai trouvé la sérénité au creux d’un baobab. En réalité, je suis née dans le ventre d’un baobab. Ici, en Afrique, je me suis reconnectée à la simplicité et à la beauté de la vie. La douceur et la gentillesse des personnes que j’ai rencontré m’ont démontré que le monde n’était pas que souffrance et lutte de pouvoir.  Je n’ai cessé à la fin de mon voyage de témoigner ma gratitude à mes amis africains, cela a fait sourire Coly.  Il m’a dit alors :  » Le Sénégal t’a donnée ce que tu cherchais, parce que tu étais ouverte et curieuse de découvrir notre pays. C’est toi que tu dois remercier.  » J’ai levé un sourcil, étonnée. Il est vrai qu’on ne se remercie jamais assez des cadeaux que nous acceptons de recevoir de la Vie.

Et maintenant que je termine ce récit. Je dois avouer que c’est la nostalgie qui s’infiltre en moi. Tous les instants magiques de notre existence passent en un battement de coeur. Ce sont ces instants qui donnent pourtant du sens à nos souffrances.

Alors comment poursuivre la route à présent ? En puisant dans la beauté, l’harmonie, la créativité, la confiance, la lumière, la liberté, la joie, la simplicité. Ce sont mes racines. Ce sont nos racines. Les racines de notre humanité. C’est ce qui nous nourrit en profondeur. Alors nous serons tous des baobabs. Alors nous serons enfin nous-mêmes.

©larevolutioninterieure.com

 

 

 

 

 

 

 

 

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