Sur la route du bonheur!

 « N’ayez jamais peur de la vie, n’ayez jamais peur de l’aventure, faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée. Partez, allez conquérir d’autres espaces, d’autres espérances. Le reste vous sera donné de surcroît. »

Henry de Montfreid  (1879-1974)

Cet écrivain français, aventurier légendaire, a hanté pendant près de quarante ans les rivages de la mer Rouge et de la corne de l’Afrique.

Festival Nomade in Metz septembre 2011

Au moment où sort sur les écrans  français le film de Walter Salles Sur la Route  adapté du roman de Jack Kerouac, l’inspiration du jour me conduit à porter mon attention sur l’intérêt de s’abandonner à l’inconnu. Un voyage, c’est finalement toujours une invitation à lâcher ses croyances et à s’ouvrir aux surprises de l’existence. Partir, signifie également pour moi , quitter l’ancien pour le nouveau et cette seule perspective met toujours mon coeur en joie.

Ce que je préfère dans les voyages, ce sont  les rencontres. Déconnectés de nos repères traditionnels, nous sommes souvent obligés à l’étranger, de retirer nos  manteaux de protection pour nous adapter à un nouvel environnement. Nous nous trouvons alors dans un état d’ouverture qui permet d’attirer à nous de belles rencontres. Certaines expériences m’ont démontrées que l’être humain est  fondamentalement plus altruiste et plus généreux qu’on ne le pense.

Sur la route de Budapest!

Il y a quelques années, mon compagnon et moi-même avions décidé de découvrir la Hongrie .

Au départ de Paris, nous voilà dans un bus Eurolines en route pour  Budapest. Nous sommes en décembre.  L’hiver est glacial. Dans le bus, nous nous amusons à apprendre quelques rudiments de langue magyare avec  le dictionnaire franco-hongrois que je viens d’acheter. Notre prononciation hasardeuse semble faire sourire un jeune hongrois, d’une trentaine d’années, installé devant nous. Il porte les cheveux longs, et des lunettes rondes. Il parle très bien français. Nous échangeons quelques mots. Il nous explique qu’il est obstétricien et qu’il travaille dans l’un des hôpitaux publics de Paris. Le voyage se déroule ensuite sans davantage  de contact.

Nous arrivons à Budapest, le guide du routard en main. Nous n’avons rien réservé de précis. C’est alors que le jeune médecin, se tourne vers nous, et murmure timidement dans un français parfait :  » Si vous ne savez pas où dormir, je peux vous inviter chez moi, j’ai de la place« .   Mon conjoint et moi-même nous regardons avec étonnement. L’effet de surprise passé, nous décidons d’accueillir les bras ouverts cette nouvelle aventure. Nous voilà dans le métro en route vers l’inconnu, aux côtés d’un jeune homme que nous connaissons à peine.

Daniel, notre hôte, ne nous a posé aucune question. Tout au long du parcours, je me sens obligée de lui donner quelques informations sur nous, mais il ne semble pas s’en  préoccuper. Au bout d’une petite heure de trajet,  nous arrivons dans un quartier populaire de Budapest. Au 3ème étage d’un immeuble évoquant l’ère soviétique , Daniel nous invite à entrer dans un petit appartement lumineux. « Il appartient à ma mère. J’y viens de temps en temps, quand je ne suis pas en France »,  précise-t-il. Une brève visite et il nous indique notre chambre:   » Vous dormirez ici dans le salon, moi je ne serai pas souvent là, je suis ici pour un stage de tango » . Ce garçon est décidément surprenant. Nous allons dormir chez un gynécologue  hongrois travaillant à Paris, danseur amateur de tango argentin. La vie nous offre parfois des rencontres improbables.

Dans ce salon qui sera notre chambre, mon regard s’arrête sur une rangée de livres : la collection complète des romans de Zola.  » Je les ai tous lu, j’adore Zola », sourit-il. Intérieurement j’admire sa culture, il lit parfaitement le français, maîtrise le russe, et le hongrois, quand moi-même  je dois fournir un effort pour retrouver au fond de ma mémoire un vague souvenir scolaire de Germinal.

«  Voici les clés , vous êtes ici chez vous« , nous lance-t-il. Nous ne le reverrons quasiment pas de la semaine. Il part tôt, rentre tard. Chaque jour, nous faisons l’objet d’ une petite attention. Une paire de gants, un matin.  La veille, j’avais relevé,  histoire de bavarder, que le vent était glacial. Le lendemain, nous nous réveillons avec un petit-déjeuner déjà servi. Daniel, tel une bonne fée prend soin de ses invités surprises avant de partir chaque matin aux aurores. Nous sommes restés chez lui 5 jours.

A l’issue de notre séjour, il finit par accepter une  invitation au restaurant. Nous lui sommes tellement reconnaissants !  Discret, voir timide, Daniel a du mal à se livrer davantage. Nous n’en saurons pas beaucoup plus sur lui!

Avant de reprendre le bus, nous échangeons nos coordonnées. Nous le remercions encore chaleureusement : « N’hésite pas à venir nous voir Daniel, tu es le bienvenu  chez nous« . Il ne nous a jamais rappelé, et nous ne l’avons jamais revu. Des années après cette rencontre, nous essayons de  rendre à notre tour, ce que Daniel nous a donné. Nous avons plusieurs fois prêté notre appartement à de lointaines connaissances. Mais la vie ne nous a pas encore offert  l’opportunité d’accueillir  un voyageur, rencontré au hasard.

La  générosité désintéressée de Daniel m’a profondément marquée.

Cette expérience m’est revenue en mémoire lors de ma découverte il y a quelques semaines  du  livre du professeur en psychologie français Jacques Lecomte paru en mai dernier et  intitulé  » La Bonté humaine« . Dans ce livre il démontre que la bonté s’exprime dans des situations où l’on s’attendrait bien plus à la violence et à l’égoïsme.

 

« La bonté, la beauté et la vérité furent les idéaux qui ont illuminé ma route et qui, jour après jour, m’ont redonné le courage d’affronter la vie dans la bonne humeur ». Albert Einstein

11 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Jean Luc Monsempes
    Juin 13, 2012 @ 08:51:43

    Merci sandra d’avoir parlé d’Henry de Montfreid dont je suis un grand admirateur (aventurier, commercant, écrivain, peintre, ami de Teilhard de Chardin…etc), que j’ai eu le plaisir de rencontrer, et qui a inspiré plusieurs de mes voyages autours de la Mer Rouge.

    Répondre

  2. malouk
    Juin 13, 2012 @ 16:48:46

    Bonjour a tous,
    C’est avec grand plaisir que je laisse ici ce premier commentaire, qui en appelera certainement beaucoup d’autre de ma part…
    Pour être tout a fait honnête, il sera empreint d’une certaine subjectivité, marquée par mon affection pour Sandra, que je cotoie avec plaisir depuis de nombreuses années. La voie prise ici par Sandra ne m’étonne guère, son intérêt et le plaisir à partager ses découvertes, ses questionnements, sont la suite logique du cheminement personnel qui l’anime…
    Bravo Sandra pour ces premiers pas, j’ai particulièrement appécié cette rencontre avec Daniel, « le taiseux »… pour autant, ces actes et sa générosité parlent pour lui…
    La discrétion, l’humilité, à n’en pas douter sont des vertues essentielles mais dans notre monde où le paraître, la compétitivité priment, elles sont difficillement élever comme telles…
    Laisser le silence se répandre… prendre le temps… un ami me disait un jour ,  » il est plus facile de parler que d’écouter « … laisser la place à l’autre, à sa parole est sans conteste un acte généreux mais aussi profitable puisque riche des expériences qui nous seront alors confiées…
    Merci Sandra pour ton oreille sans cesse en éveil, à l’écoute… Continue de nous abreuver de ces expériences, à les partager…
    … Le partage, comme essence de la vie…
    Avec mon affection.
    Malik

    Répondre

  3. Demilde
    Juil 20, 2012 @ 06:21:10

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  4. Sandra C.
    Juil 25, 2012 @ 16:19:42

    thank you for stopping by !

    Répondre

  5. Camille
    Août 07, 2012 @ 03:46:11

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  6. Sandra C.
    Août 07, 2012 @ 20:19:25

    thank you for visiting my blog🙂 you will be always welcome here !!!!

    Répondre

  7. Julia
    Sep 18, 2012 @ 09:54:40

    Bonjour Sandra,

    Je suis tombé par hasard sur ton blog en cherchant.
    Je suis Hongroise et ca fait longtemps que je cherche un gynécologue hongrois sur Paris. Est ce que c’est possible de récupérer des coordonnés de Daniel?

    Merci beaucoup,

    Julia

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    • Sandra C.
      Sep 18, 2012 @ 11:17:17

      bonjour julia je suis désolée car je ne saurai t’aider ..;j’ai perdu le contact avec daniel. dans mon souvenir il travaillait dans les hopitaux de paris assistance publique…peut-être que tu peux appeler les services de gynéco et demander si parmi les médecins certains sont hongrois! je ne suis plus en contact malheureusement avec daniel depuis plusieurs années!!!! bonne recherche !

      Répondre

  8. Billa Marc
    Nov 29, 2012 @ 18:08:58

    🙂 Cool ❤

    Répondre

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